Compte-rendu de la réunion annuelle du Réseau pour la prévention des crises alimentaires au Sahel. Rome (Italie). (Club du Sahel, 28-29 Novembre 1996, 26 p.)
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View the documentPrincipales conclusions
View the documentI. Les résultats définitifs de la campagne agricole 1995-96
View the documentII. Le déroulement de l'hivernage et le bilan prévisionnel de la campagne 1996-97
View the documentIII. Résumé de la situation dans les pays côtiers d'Afrique de l'ouest
View the documentIV. La situation alimentaire mondiale
View the documentV. L'aide alimentaire en faveur des pays du CILSS
View the documentVI. Le programme d'aide alimentaire de l'USAID
View the documentVII. La politique d'aide alimentaire de l'Union
View the documentVIII. L'évaluation de l'aide alimentaire programme de l'Union Européenne
Open this folder and view contentsIX. L'évaluation de l'application de la charte de l'aide alimentaire au Sahel
View the documentX. L'internalisation des coûts des outils de la sécurité alimentaire par les Etats: l'exemple du Mali
View the documentXI. Les profils d'aide alimentaire au Niger et au Burkina Faso
View the documentXII. Le projet PREGEC du CILSS
View the documentXIII. L'état d'avancement des travaux du groupe de réflexion CILSS/Club du Sahel sur les systèmes d'information. Présentation du séminaire régional 1997
Open this folder and view contentsAnnexes
View the documentNotés

Il. Le déroulement de l'hivernage et le bilan prévisionnel de la campagne 1996-97 2

L'évaluation préliminaire des récoltes céréalières de 1996 dans les neuf pays du CILSS a été établie à partir des informations présentées par DIAPER, suite aux missions organisées durant la seconde moitié d'octobre 1996. Celles-ci comprenaient des experts du SMIAR, du projet DIAPER III et du Centre régional Agrhymet de Niamey (en Gambie, seule la FAO a participé à la mission). Les chiffres présentés proviennent des services nationaux de chacun des pays du CILSS et ont fait l'objet d'une seconde validation à la réunion technique des experts du CILSS tenue à Niamey du 4 au 8 novembre 1996 3.

Malgré des périodes sèches dans plusieurs pays en juin-juillet, alors que les pluies avaient été précoces dès le mois de mai 1996 dans le sud, et grâce aux conditions satisfaisantes de développement des cultures céréalières en fin de saison, la région sahélienne devrait bénéficier au total de récoltes estimées à 9,4 millions de tonnes, très légèrement supérieures (+1,5%) à la moyenne des cinq dernières années et à celles constatées en 1995 (+3%).

Les productions sont supérieures à la moyenne en Mauritanie (+31%), au Niger (+7%) et au Sénégal (+10%), proches de la moyenne au Burkina Faso, en Gambie et au Mali, inférieures au Cap Vert (-88%) ainsi qu'au Tchad (-6%) et en Guinée Bissau (-6%) 4. La situation des pâturages est bonne en général, sauf au Cap Vert. De même, la situation phytosanitaire a été plutôt favorable dans la plupart des pays exceptés la Mauritanie et le Cap Vert.

La production brute par habitant (189 kg) sera du même ordre de grandeur que celle de la campagne précédente (188 kg), mais du fait de l'accroissement démographique, elle sera inférieure de 6% par rapport à celle de la période 1991-95 qui était de 200 kg/hab.

La récolte céréalière brute devrait permettre de disposer d'une quantité nette de 7.695.000 tonnes. En tenant compte des exportations, des importations et des variations de stocks prévues, les neuf pays du CILSS pourraient disposer au total de 9.755.000 tonnes de céréales face à des besoins globaux évalués à 10.085.000 tonnes; le déficit atteindrait donc 330.000 tonnes. Toutefois, ce déficit pourrait être réduit si les programmes d'importation commerciale et d'aide alimentaires étaient revus à la hausse. En attendant, les prévisions d'importations portent sur 1.255.000 tonnes, soit une baisse sensible de 20% par rapport aux réalisations de 1996. Elles comprennent essentiellement du riz (50%) et du blé (43%). Les importations commerciales s'élèveraient à 1.121.000 tonnes alors que l'aide alimentaire attendue (165.000 tonnes) représente 13% du programme d'importation total.

Les stocks céréaliers disponibles auprès des paysans, des commerçants et des offices céréaliers sont évalués à 805.000 tonnes, et pourraient en fin d'exercice 1996-97 revenir à 463.000 tonnes. Toutefois, l'état des stocks nationaux de sécurité (SNS) est très différent selon les pays du CILSS, comme l'indique le tableau suivant:

Etat des SNS au Sahel (selon les informations disponibles en novembre 1996)

Pays

SNS actuel

SNS souhaité

Commentaires

Burkina Faso

12 915 t + stock financier pour 25.000 t.

35.000 t


Cap Vert

n.d.

n.d.


Gambie

n.d.

n.d.


Guinée Bissau

0 t.



Mali

18.000 t. + 17.000 t. par achats locaux

58.500 t. dont 23.500 t. en stock financier et 35.000 t. en stock physique

Pas d'engagement des donateurs pour le stock financier

Mauritanie

565 t.

en cours de discussion


Niger

3.000 t. + appel d'offres pour 30.000 t. avec stock financier disponible

40.000 t. + 40.000 t. en stock financier


Sénégal

4.000 t.

15.000 t.


Tchad

0 t.

25.000 t.

Engagements très partiels de reconstitution par les donateurs

Quant aux prix des céréales, même si l'on observe en fin d'année 1996, une tendance à la baisse ou à la stagnation par comparaison avec la période de soudure, on ne prévoit pas une diminution substantielle et prolongée sur les marchés.

En conclusion, après plusieurs années de relativement bonnes récoltes, la situation des approvisionnements céréaliers au Sahel devrait demeurer globalement satisfaisante en 199697. Cependant, du fait des mauvaises récoltes au Cap Vert, dans la région sahélienne du Tchad et en Mauritanie la situation des populations rurales risque d'être précaire, comme celle des populations toujours vulnérables des zones à déficit de l'intérieur de plusieurs Etats. Les systèmes d'alerte précoce (SAP), quand ils existent, ont déjà ou doivent préciser les besoins et les mesures nécessaires.

Les participants à la réunion ont commenté les faits présentés et ont demandé au Réseau de suivre avec attention l'état des stocks nationaux de sécurité, particulièrement au Tchad qui vient de connaître une seconde récolte médiocre et qui se retrouve avec un stock national de sécurité réduit à zéro, pour lequel des engagements de reconstitution par les donateurs sont encore très insuffisants. Enfin, l'ensemble des participants ont demandé que le Réseau suive avec attention l'état des stocks nationaux de sécurité.

Suite à cette présentation, la discussion a porté sur la fiabilité des estimations avancées. La question des normes de consommation utilisées pour l'établissement du bilan céréalier a été abordée. A ce sujet, le projet DIAPER III vient de terminer une étude statistique sur la comparaison des consommations apparentes et des normes 5. Un autre point d'incertitude porte sur l'ampleur du commerce régional et notamment des exportations des pays sahéliens vers les pays côtiers. Diverses observations ponctuelles indiquent que ces exportations de céréales sont significatives et devraient avoir un impact certain sur le niveau du déficit céréalier tant définitif que prévisionnel.

Le passage du bilan céréalier au bilan alimentaire a été évoqué. Plusieurs participants soulignent les difficultés techniques et l'ampleur de la tâche, en particulier pour chiffrer les données concernant les tubercules dont la place s'accroît dans l'alimentation des Africains de l'ouest. Comment, toutefois, prendre en compte ces bouleversements que connaissent les habitudes alimentaires, depuis la dévaluation notamment, alors que les enquêtes datent pour la plupart du milieu des années 80 Enfin, plusieurs participants se sont étonnés des différences observées dans les volumes d'aide alimentaire comptabilisés dans les bilans céréaliers du CILSS et ceux enregistrés par le PAM ou la FAO: la différence s'explique par le fait que le calcul d'un bilan céréalier nécessite de ne prendre en compte que les céréales qui "entrent" dans les pays du CILSS, sous forme physique, alors que les statistiques d'aide alimentaire du PAM ou de la FAO prennent en compte l'ensemble des opérations notamment financières qui aboutissent à des achats locaux et qui ne donnent pas systématiquement lieu à une aide alimentaire en nature en provenance de l'extérieur 6. Pour le donateur, l'aide alimentaire a un sens différent de celui utilisé pour l'établissement du bilan céréalier.