| Spore - Bulletin du CTA - No. 54 (CTA, Décembre 1994, 16 pages) |
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Cet ouvrage imposant (250 pages) est le fruit de huit années de travail sur les petites et moyennes retenues d'eau du Burkina Faso. Deux projets consécutifs, financés par la Commission des Communautés Européennes entre 1983 et 1991, se sont en effet consacrés d'abord à un inventaire des retenues d'eau (diagnostics écologique et socio-économique sommaires) puis à la «Valorisation du Potentiel Halieutique du Burkina Faso» (projet VPH).
Une masse considérable d'informations ont été relevées. Sur le plan écologique les caractéristiques physico-chimiques et biologiques des eaux ont été étudiées. Un inventaire des espèces de poissons a souligné la diminution de la diversité biologique; la retenue la plus riche compte trente espèces, mais une bonne dizaine d'espèces présentes en 1968 ont disparu aujourd'hui de l'ensemble des lacs. Cette évolution est plutôt liée aux sévères conditions d'étiage qu'à une surexploitation. Les critères de croissance et de reproduction des principales espèces ont également été étudiés, en vue de déterminer les conditions optimales de gestion piscicole des retenues.
Mais le volet recherche de ce projet était directement appliqué à l'exploitation piscicole. C'est pourquoi les auteurs ont également insisté sur les données techniques et socio-économiques concernant les groupes de pêcheurs, allant jusqu'à mettre en place une structure de commercialisation propre au projet, passée ensuite sous contrôle privé. Ainsi, les gains horaires des pêcheurs ont été calculés en fonction de la technique de pêche, du lieu, de l'expérience, etc. Ces revenus varient entre 400 et 800 F CFA/heure, chiffre à comparer avec les 36 F CFA/heure pour une activité d'agriculture pluviale.
L'importance économique de la pêche est donc primordiale pour la population, et depuis quelques années, le volume des prises augmente, les prix diminuent et la consommation par habitant est en nette augmentation. Les auteurs soulignent également que «c'est la seule production animale qui n'engendre pas d'effet négatif sur l'environnement».
Parmi les difficultés, on observe parfois, une concurrence pour l'utilisation de l'eau entre maraîchers et pêcheurs ou encore des tensions au sein même des groupements de pêcheurs. Mais dans l'ensemble, la pêche, activité saisonnière complémentaire de l'agriculture, semble promise à un bel avenir. Les auteurs proposent d'ailleurs plusieurs améliorations (techniques, législatives, organisationnelles, etc.) qui favoriseraient une production durable de poissons.
Aspects hydrobiologiques et piscicoles des retenues d'eau en zone soudano-sahélienne. Le cas du Burkina Faso - Etienne Baijot et al, 1994, 250 pages - CTA - Postbus 380 6700 AJ Wageningen - PAYS-BAS