| Le Courrier ACP - No. 139 - Les facteurs du développement (Commission Européenne, 1993, 100 p.) |
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«L'homme est la ressource la plus précieuse d'une nation»
Lorsque qu'il s'est adressé à Bruxelles aux membres
de la Commission du développement du Parlement européen, le Dr Mahbub ul Haq du
Programme des Nations Unies pour le Développement, a évoqué plusieurs défis:
comment garantir la «participation des peuples» aux décisions qui
touchent leur avenir, comment régler le problème d'une «relance économique
qui ne crée pas d'emploi» et, enfin, comment créer un nouveau cadre
institutionnel capable de gérer les questions économiques et environnementales à
l'échelon global - ce qui constitue probablement le défi le plus ambitieux.
Dr Haq, qui fut le ministre des finances et de la planification du gouvernement pakistanais de 1982 à 1988 après avoir été responsable de la planification stratégique à la Banque Mondiale. à également fait passer un message, assez sévère à l'égard des pays industrialisés concernant leur rôle dans la détérioration de l'environnement mondial et le rôle de leurs banques face à l'argent dérobé par certains dirigeants corrompus du Tiers Monde.
· Dr Haq, quels sont, selon vous, les facteurs les plus importants du développement ?
- Je crois que c'est l'homme qui est la plus grande richesse d'une nation et que c'est en investissant dans l'homme qu'elle peut opérer son redressement économique. Il faut également des ressources naturelles et certains pays, telles les économies bénéficiant de réserves pétrolières et minières, ont enregistré une bonne performance sur cette base. Mais vous constaterez que la plupart de ces pays, en dépit de leurs revenus élevés, ne sont pas parvenus à institutionnaliser la croissance - laquelle se présente davantage comme une aubaine que comme un revenu permanent. C'est la raison pour laquelle je crois qu'il faut investir dans l'homme, le capital humain étant la ressource la plus précieuse d'une nation.
Les modèles de développement s'appuyant sur cette base viennent, à mon avis, du Japon et du sud-est asiatique. Cette région a innové en la matière et nous voyons aujourd'hui le Président Clinton chercher à suivre cet exemple aux Etats-Unis en investissant dans l'homme ou pour reprendre son expression, en lui donnant la première place. Cette approche implique un recyclage des travailleurs, un investissement dans la technologie et l'octroi de bourses d'études. Son programme est largement calqué sur le succès du Japon et du sud-est asiatique. Cet investissement dans l'homme est, comme vous le savez, le thème central de nos rapports sur le développement humain; il n'est guère surprenant, dès lors, que je le cite comme le principal facteur de développement.
· Dans votre allocution au Parlement européen, vous avez parlé du « besoin urgent des peuples de participer aux événements qui façonnent leur vie». Pourriez-vous préciser la manière de répondre à ce besoin ?
- Il existe plusieurs réponses possibles. Il faudra, premièrement, pour satisfaire le besoin des peuples de participer aux événements et processus qui déterminent leur destinée, changer le concept même de développement. En d'autres termes, l'orienter davantage vers le développement humain et pas uniquement vers la croissance économique.
Deuxièmement, il conviendra de décentraliser le gouvernement et de le rapprocher du peuple Les gens ne sont plus disposés à se plier à des ordres venus de loin. On assiste aujourd'hui à un éclatement ethnique et à une violence politique mais, en définitive, les gens cherchent surtout à partager le pouvoir politique et économique. Une décentralisation efficace du pouvoir devient donc, à mon avis, absolument impérative. Hélàs, selon notre analyse de la situation dans dé nombreux pays en développement, quelque 10 % seulement des dépenses sont actuellement décentralisées alors que le chiffre est de l'ordre de 40 % dans les pays industriels - il y a donc encore du chemin à faire.
Troisièmement, je crois qu'il faut conférer un rôle beaucoup plus important aux organisations non gouvernementales, qui concrétisent souvent les efforts au niveau des communautés et sont capables de mobiliser l'enthousiasme et l'aide bénévole des populations.
Mais, au-delà de tout ce que je viens de décrire, la véritable réponse au besoin des peuples de participer réside dans la démocratie politique et économique. La démocratie s'articule autour des institutions de la société civile, de la suprématie du droit, de la responsabilisation, de la transparence et des bonnes pratiques de gestion de l'Etat. Elle doit mettre en place un climat dans lequel les citoyens sentent qu'ils peuvent influencer le cours des événements. Il s'agit alors d'une démocratie qui ne s'appuie pas seulement sur un recensement des votes mais sur une réelle participation de la population. Vous remarquerez que les citoyens des sociétés industrielles elles-mêmes ne se sentent plus en mesure aujourd'hui d'influencer les processus qui les touchent. Cette situation est source de désillusions et écarte les électeurs des urnes. Ici, aux Etats-Unis, il nous a été donné d'assister au phénomène Ross Perot, qui a galvanisé l'opinion publique. Les partis politiques ont dû réagir au cours de la campagne en se rapprochant des gens au travers de «talk shows» et de meetings électoraux. Le Président Clinton tente d'impliquer des gens qui ont le sentiment d'avoir été marginalisés par rapport aux pouvoirs publics. Il ne s'agit donc pas simplement d'instaurer un système de partis multiples: il faut faire réellement participer la population aux institutions de la société civile. Tel sera l'un des grands thèmes de notre prochain Rapport sur le Développement humain qui paraîtra en mai.
En ce qui concerne la démocratie économique, il est naturel que les gens veuillent participer à la croissance économique, à l'emploi et aux marchés, or nous constatons le manque de convivialité de nombreux marchés. Il faut donc les réformer en vue de créer l'égalité de chances pour tous. Cette réforme doit couvrir l'éducation et l'accès au crédit pour que les règles du marché deviennent réellement équitables.
Nous constatons par ailleurs que bon nombre de gens ne participent pas à la croissance économique faute d'une création suffisante d'emplois. Ce phénomène se retrouve partout en Europe, comme vous le savez, et nous l'étudierons également dans notre prochain Rapport. Il y a eu en Allemagne et en France plus spécialement, une très forte augmentation de la production depuis le milieu des années 1970 - je crois qu'elle a plus que doublé au cours de la période 1975-1990 - et les niveaux d'emploi ont pourtant baissé. Dans une perspective optimiste, on pourrait dire que cela signifie que le rendement humain augmente et qu'il faut s'en réjouir. Mais, d'autre part, il est regrettable que trop peu de gens bénéficient de ces gains de productivité. Ceux qui sont laissés pour compte ne veulent pas vivre des allocations de chômage et de la sécurité sociale. Ils sont complètement désenchantés. Il est impératif que le monde occidental s'attaque au problème de la croissance sans emploi - et qu'elle lui trouve une solution.
Le débat revient à la question de l'emploi
· Permettez-moi d'aller un peu plus loin avec vous sur cette question. Etant donné le coût de la main-d'uvre et le rôle majeur de la concurrence dans la philosophie de l'économie libérale qui prédomine aujourd'hui, croyez-vous qu'il soit réaliste d'espérer des réorientations qui donneraient la priorité à l'emploi?
- Oui, je le crois. Au cours des années 1930, après la grande crise et la révolution keynesienne, le plein emploi est devenu une priorité de politique économique, en particulier dans le monde industriel. Il fut, en définitive, au cur même du New Deal du Président Roosevelt. Et nous avons connu, après la seconde guerre mondiale, une époque de quasi-plein emploi. Puis, d'une manière ou d'une autre, l'attention s'est portée davantage sur la croissance, les nouvelles technologies et les marchés. Mais je pense que le débat qui intervient actuellement en Europe - notamment en Grande-Bretagne, en Allemagne et en France - est à nouveau axé sur l'emploi. Il est certain qu'aux Etats-Unis, le débat témoigne d'une préoccupation à l'égard d'un redressement économique sans emploi. Les Américains constatent que la reprise s'opère mais que le nombre d'emplois créés n'est pas suffisant. C'est pourquoi le Président Clinton a lancé un train de mesures de relance baptisé « stimulus package », qui prévoit l'investissement dans les hommes (en ce compris la formation des travailleurs), dans les compétences et dans les technologies de demain. Je pense que cette stratégie peut réussir. Voyez, après tout, les expériences pour le moins contrastantes du Japon et de la plupart des autres pays de l'OCDE. Depuis 1975, le chômage n'a pas enregistré plus de 2 % y alors que le taux s'est situé, en Europe, entre 7 et 10 %. Pourquoi ? Parce que le Japon a veillé à investir dans l'homme et dans la formation. Il a préparé les travailleurs à la prochaine génération d'industries et les a soigneusement recyclés en vue de l'ajustement structurel afin qu'ils puissent être systématiquement dirigés vers d'autres secteurs. La situation s'est présentée très différemment aux Etats-Unis et en Europe, où l'on a assisté à une énorme résistance au changement du fait que les travailleurs des industries plus anciennes craignaient de perdre leur emploi.
· Vous avez parlé de l'Etat-nation comme étant « trop grand pour les petites choses et trop petit pour les grandes choses ». Vous avez couvert le premier aspect en évoquant la nécessité d'une décentralisation, pourriez-vous revenir un peu plus en détail sur le second ?
- Permettez-moi effectivement de préciser ma pensée lorsque je dis que l'Etat-nation est trop petit pour les grandes choses. Voyez les taux d'intérêt. Ce ne sont plus les nations qui les fixent. Chaque jour, plus d'un billion de dollars traverse les frontières internationales: il suffit d'appuyer sur quelques touches d'ordinateurs. Aucun gouvernement n'est en mesure de fixer ses taux d'intérêt indépendamment des tendances mondiales car les capitaux se déplacent. Voyez les taux salariaux. Même les pays en développement sont désormais tenus de fixer les salaires minima, les conditions de travail, etc. A ce titre, les politiques de croissance de nombreux pays en développement doivent acquérir une forte densité de capitaux à une époque où la main d'uvre disponible est importante. Elles sont donc largement déterminées par les tendances globales. Et voyez encore des questions telles que la pollution de l'environnement. Aucune nation n'est capable de gérer seule un problème d'une telle envergure: une coopération de tous les pays s'impose. Voyez des problèmes tels que la drogue, la migration ou le terrorisme: ils sont souvent «globalisés » au point que seule une collaboration efficace entre les Etats-nations permettra de les maîtriser. Bref, le problème de la pauvreté croissante et de la prospérité décroissante sont des problèmes mondiaux: ils traversent les frontières sans aucun passeport.
· En rapport avec ce qui précède, vous avez également évoqué, lors de votre allocution à la Commission du développement du Parlement européen, la mise en place d'une sorte de « Conseil de sécurité » économique ou du développement sous les auspices des Nations Unies. Avez-vous une idée de la forme concrète que pourrait prendre cette institution?
- Oui, j'en ai parlé et cette idée est reprise dans notre Rapport sur le Développement humain. Notre suggestion s'appuie sur le fait que la plupart des problèmes liés à la sécurité de l'homme dans le nouvel ordre mondial se situent dans des domaines tels que l'emploi l'éducation, la santé et l'environnement. Ces problèmes ne relèvent pas des compétences du Conseil de sécurité politique. Il s'agit de situations d'urgence - mais pas de celles qui doivent être réglées par des soldats en uniforme. Elles exigent des experts en socio-économie. Qui peut donc les gérer? Les Etats-nations eux-mêmes, bien entendu; mais que devient alors l'échelon global ? Cette responsabilité incombe, dans la structure actuelle des Nations Unies, au Comité économique et social (ECOSOC). Mais il comprend 54 membres et manque de maniabilité. Quant au Conseil de sécurité économique ou du développement, il existe plusieurs manières d'envisager sa création. La première, qui n'exigerait même pas de modification de la Charte, consisterait à prendre l'ECOSOC existant et à former un bureau restreint: un comité exécutif de 15 à 20 membres offrant une bonne représentation des pays en développement et des pays développés? de même que des économies en transition, mais sans possibilité de veto. Car on ne peut opposer un veto à des besoins humains. On peut imaginer de recourir au veto sur certaines questions portant sur l'équilibre des forces mais il est impensable de l'appliquer à des besoins aussi critiques que la protection de l'environnement ou la sécurité alimentaire des populations.
· Envisageriez-vous un comité de ce type prenant ses décisions à la majorité simple ?
- Nous proposons, en ce qui concerne le Conseil de sécurité du développement, un système d'automatismes régulateurs. Les pays développés n'approuveront pas les décisions des Nations Unies s'ils n'obtiennent pas certaines garanties quant à la protection de leurs intérêts. Sinon, les pays en développement pourraient faire bloc et décider demain d'une annulation des dettes, par exemple. Mais certains mécanismes peuvent être intégrés sans avoir nécessairement recours à un veto individuel. On peut concevoir un système dans lequel, pour être ratifiée toute décision doit obtenir la majorité simple des pays en développement et des pays industriels considérés en deux groupes distincts, de sorte qu'aucune décision ne passera sans qu'un consensus ait été atteint. Il existe plusieurs formules possibles sans accorder pour autant un droit de veto à chacune des nations.
· Vous avez également laissé entendre qu'à partir du moment où il existe des systèmes de taxation des riches au sein de chaque pays, il n'y a aucune raison de ne pouvoir procéder de même à l'échelon global. Pouvez-vous détailler un peu votre pensée ?
- J'ai effectivement suggéré un système global de taxation, considérant que la globalisation de la pauvreté et de la richesse impose une solution à ce niveau. J'ai le sentiment que la première forme de taxation mondiale interviendra dans le domaine de l'environnement. Car l'environnement - pour ne pas dire la tentative de survie - nous unit tous. Il est possible aujourd'hui, et nous l'avons proposé, d'appliquer une taxe énergétique directement à la source. Nous avons suggéré un chiffre de un dollar minimum par baril de pétrole, ce qui permettrait en soi d'engendrer des ressources supplémentaires de 50 milliards de dollars environ. Un dollar au baril n'est sans doute pas un taux réellement dissuasif sur le plan de la consommation mais il pourrait être progressivement augmenté en vue d'assurer à la fois une conservation de l'énergie et une source importante de revenus permettant aux pays en développement d'accélérer leur croissance - de manière écologique, bien entendu.
Une autre idée est celle des permis négociables. Les nations polluent actuellement l'environnement sans avoir à en payer le prix. Le principe du pollueur payeur est déjà accepté à l'intérieur des frontières nationales. La prochaine étape serait d'accepter un principe selon lequel à l'échelle globale, les nations polluantes paieraient. De quel droit les nations riches émettent-elles 80 % de la pollution mondiale alors qu'elles ne comptent que 20 % de la population? Dans l'hypothèse où elles devraient le payer, il y aurait transfert automatique de ressources vers les pays défavorisés qui n'ont pas encore atteint ce stade et qui pourront, à leur tour, prendre les mesures nécessaires pour éviter l'adoption de technologies polluantes. L'idée des permis négociables, qui seraient attribués en fonction de la population et du PNB, et que les nations pourraient acheter et vendre, se fonde essentiellement sur l'application des principes du marché à l'environnement. Un pays souhaitant accroître ses émissions devrait acheter des permis supplémentaires et il existerait un marché - une sorte de bourse internationale qui fixerait le prix. Sans l'instauration d'amendes sur la pollution et de récompenses pour bonne conduite, toutes les discussions sur la protection de l'environnement n'aboutiront à rien.
Comment pouvez-vous profiter de l'argent déposé par des dirigeants corrompus et faire ensuite des discours aux pays en développement à propos de la corruption?
· De toute évidence, le PNUD est aujourd'hui une source prolifique de réflexions novatrices. Puis-je vous demander si cette réflexion porte également sur une autre question que vous avez soulevée à Bruxelles, à savoir le dépôt de fonds par des fonctionnaires ou des politiciens corrompus de pays en développement. Vous avez fait remarquer à juste titre, que des milliards de dollars sont déposés dans des banques occidentales. Pensez-vous qu'il existe une manière concrète de restituer cet argent à ceux qui le méritent ?
- Oui. Si nous pensons réellement ce que nous affirmons concernant les droits de l'homme dans les pays en développement, et si ce n'est pas une simple rhétorique, l'une des manières de protéger ces droits consiste à empêcher les gouvernants corrompus de déposer de l'argent dans des banques occidentales, et à rendre les fonds déjà déposés - qui atteignent des milliards de dollars - aux pays en question. Il s'agirait d'un transfert exceptionnel de ressources pouvant être consacrées au développement humain. Cette procédure pourrait s'effectuer par l'intermédiaire d'ONG afin d'éviter que cet argent soit à nouveau détourné par des gouvernements corrompus. Les manières de procéder sont multiples. Il est certain qu'une transparence accrue devrait être instaurée en ce qui concerne les dépôts que certaines cliques au pouvoir dans les pays en développement effectuent dans des banques occidentales. Car à partir du moment où ils déposent plus d'un certain montant - quelques milliers de dollars - il est évident qu'il ne s'agit plus de leurs propres salaires et que, par conséquent, il ne s'agit plus de comptes privés. C'est de l'argent qui a été dérobé aux plus démunis. Aucune personne ayant un minimum de bon sens ne peut croire, lorsque certains de ces dirigeants déposent des millions, voires des milliards, de dollars dans une banque occidentale, que cet argent vient de leurs fonds personnels. Alors pourquoi ne pas exiger que ces comptes soient divulgués? C'est aussi simple que cela. Vous qui, dans le monde occidental, cherchez à ce que l'on ne parvienne plus à blanchir l'argent de la drogue et tentez de mettre en place des mécanismes à cette fin, vous devriez avoir une préoccupation similaire en ce qui concerne l'évasion des capitaux des pays en développement. Comment pouvez-vous profiter de l'argent déposé par des dirigeants corrompus et faire des discours sur la corruption aux pays en développement?
J'ajouterai à ce propos qu'un organisme appelé « Transparency International » est actuellement créé - apparemment en réponse à la proposition que nous avions formulée dans le dernier Rapport sur le Développement humain de constituer une ONG baptisée « Honesty International » et qui fonctionnerait selon les mêmes principes que l'actuel «Amnesty International». Il parait donc que des groupes se sont constitués et j'espère que cette initiative parviendra à ébranler certains gouvernements en multipliant les révélations à propos des flux d'argent entre les dirigeants corrompus et les banques occidentales.
· Croyez-vous encore en l'avenir du développement humain alors que, de l'avis général, l'égoïsme prévaut toujours davantage tandis que les pauvres et les nécessiteux sont marginalisés ?
- Je garde foi dans l'esprit de l'homme. Je pense que c'est lui qui, en définitive, a triomphé à toutes les époques. Même si cela parait loin aujourd'hui, il fut un temps où l'on craignait la fin du monde par un suicide nucléaire. J'ai toujours cru, cependant, que, confrontée à un défi, l'humanité ferait preuve d'assez d'ingéniosité pour y faire face. C'est pourquoi j'estime qu'il nous appartient, en tant que spécialistes, idéalistes et penseurs, de scruter sans cesse des opportunités pour l'avenir, d'accroître les prétentions humaines et de voir l'aspect positif des choses. Je crois personnellement que le pessimisme est un luxe que nous n'avons pas les moyens de nous offrir. Je reste donc délibérément optimiste quant à l'avenir de l'humanité.
Interview par Simon HORNER