Incitations, avantages comparatifs et échanges régionaux de céréales dans le sous-espace ouest - Cas de la Guinée, du Mali et du Sénégal, (Institut du Sahel / CILSS, 1991, 36 p.)
close this bookIncitations, avantages comparatifs et échanges régionaux de céréales dans le sous-espace ouest - Cas de la Guinée, du Mali et du Sénégal, (Institut du Sahel / CILSS, 1991, 36 p.)
close this folder4- Le secteur des céréales sèches
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Open this folder and view contents4.1 Les céréales sèches au Mali
Open this folder and view contents4.2. Les céréales sèches au Sénégal
Open this folder and view contents4.3 Le maïs en Guinée
View the document4.4 Comparaison des pays par niveau de commercialisation et systèmes de production

A la lumière des résultats de compétitivité, il apparaît que les pays étudiés disposent d'un avantage comparatif dans la production de céréales sèches. Cependant, la compétitivité de ces céréales consommées dans les zones de production diffère selon les techniques. Si l'on se réfère à la production de maïs dans les différents pays, on notera que les techniques dont les rendements sont les plus élevés par l'usage d'engrais sont les plus compétitives. Ceci implique que, si ces différents pays comptent maintenir leur niveau de compétitivité pour les céréales sèches, il faut encourager les cultures intensives en engrais afin d'accroître les rendements. En outre, des investissements dans la recherche de techniques améliorées doivent être une priorité afin non seulement d'obtenir des gains de productivité, mais aussi de stabiliser la production nationale. L'adoption des techniques améliorées dépendra de la capacité des producteurs à générer des profits financiers.

L'analyse des résultats de compétitivité révèle qu'à technique de production équivalente, le Mali et la Guinée sont aussi compétitifs l'un que l'autre. Ces deux pays semblent être plus compétitifs que le Sénégal pour une même technique de production. Ainsi, les systèmes manuels améliorés du Mali et de la Guinée sont plus performants que le système extensif de la Casamance, sur la base des hypothèses retenues. Il en est de même pour la culture améliorée du mil/sorgho du Mali par rapport au système extensif du Sénégal; cela suggère que le Sénégal doit veiller à mieux utiliser ses ressources.

Malgré la similarité entre les systèmes de production de la Guinée et du Mali, ces deux pays diffèrent en ce qui concerne la performance de leurs produits sur les marchés urbains. En effet, les céréales maliennes sont très compétitives à Bamako alors que celles de la Guinée se caractérisent par leur incapacité à être compétitives à Conakry dans les conditions actuelles de commercialisation. Si le maïs guinéen n'est pas compétitif à Conakry, il se pourrait en revanche qu'il le soit dans la partie orientale du Sénégal dont les céréales sèches sont à la limite de la compétitivité. Ainsi, la Moyenne Guinée qui est très proche de la frontière sénégalaise pourrait être un le pourvoyeur du Sénégal oriental en céréales traditionnelles. Dans le même ordre d'idées, les céréales maliennes qui sont très compétitives à Bamako pourraient être compétitives dans la frange occidentale du Mali, et même au-delà de cette zone. De même, étant donnée la forte compétitivité des céréales maliennes, elles pourraient aussi alimenter la Haute Guinée, grande consommatrice de céréales. La compétitivité des céréales maliennes pourrait constituer la base de courants d'échange entre la Guinée et le Mali, comme le montrent d'ailleurs certaines observations (IRAM, 1989). Ainsi, des possibilités d'échange de céréales existent entre les trois pays, qui pourraient contribuer à une plus grande sécurité alimentaire dans la sous-région. Ces possibilités seraient encore plus grandes si des politiques visant à stabiliser et à valoriser les productions de céréales locales étaient entreprises.