Les échanges entre les marchés frontaliers: le cas du Burkina Faso. (Club du Sahel, 1989, 16 p.)
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2.1. Le comportement des produits et des producteurs sur le marché
2.1.1. les producteurs céréaliers

Les producteurs observent deux périodes de vente situées immédiatement après et avant les récoltes.

- après: intervention massive des produits et des producteurs sur les marchés. Ce tir groupé crée une impression plus ou moins fausse d'abondance de l'offre qui conduit souvent à une braderie des prix au profit des commerçants.

- avant: le nombre des vendeurs ainsi que les quantités à vendre sont nettement réduits. En effet, le paysan s'assure d'abord que la prochaine récolte est gagnée. Cette seconde vente résout en partie un problème de stockage. On vide les greniers des restes de la récolte précédente pour recevoir celle à venir. Le paysan sélectionne les produits à vendre et les place sur le marché dans un ordre chronologique donné (CRDE-IAP, 1987). Les céréales qui entrent dans l'alimentation de base seront vendues en dernier lieu, c'est-à-dire immédiatement avant la récolte suivante.

La clientèle se compose essentiellement de ruraux. 76% des quantités écoulées sur les marchés du Poni, ont pris cette destination, contre 23 enlevés par les commerçants. Cela s'explique par l'inégalité de performances d'un agriculteur à l'autre au cours de la campagne et par l'accroissement des achats pendant la saison sèche, avec l'entrée massive des femmes dans les activités commerciales, notamment la vente de la bière de mil.

2.1.2. les produits échangés

Les marchés frontaliers en proposent une gamme variée et en quantités plus ou moins importantes:

- des céréales (sorgho, mil, maïs, riz local);

- des produits maraîchers (tomate, oignon);

- du bétail;

- des articles divers (cola, sel, farine de manioc, graines de néré, amandes de karité, poisson).

Les anciens produits caravaniers connaissent des fortunes diverses. La circulation du sel et du poisson s'inverse de nord-sud à sud-nord. Celle de la cola s'est intensifiée avec l'accroissement de la demande et la mise en oeuvre de moyens de transports plus importants.

Le bétail relève également des échanges traditionnels entre le Sahel et les pays de la côte. Son trafic est tributaire de la demande et de la situation monétaire (Nigéria, Ghana).

Les céréales peuvent être regroupées en trois catégories suivant la profondeur de leur pénétration de l'interland de l'espace frontalier.

- riz local: Forte pénétration. La consommation transcende les habitudes alimentaires des groupes socio-culturels. Mais ses exigences agro-climatiques en localisent géographiquement la production. Le Ghana: principal fournisseur.

- maïs: Pénétration moyenne. Contraintes agro-climatiques. Le Ghana: principal producteur bon an mal an.

- sorgho et mil: Aire de consommation relativement limitée par rapport aux deux premiers. Faible pénétration (Burkina Faso excepté). Alimentent surtout les échanges intralocaux ou zonaux. Le Burkina est fournisseur de la Côte d'lvoire en pays Lobi. En revanche, sa contribution est marginale dans le Gourma où les rapports du Togo et du Ghana pèsent nettement plus dans la balance. Le tonnage commercialisé est 6 à 7 fois supérieur (800 contre 5 à 6 000) à celui du Poni.

Toutefois, aucune tendance ne semble définitivement orientée parce qu'aucun des pays concernés ne peut prétendre à la maîtrise de sa production agricole. Les aléas agro-climatiques y induisent de fortes variations, d'où la direction tous azimuts des flux.

Parmi les produits maraichers:

- les tomates et oignons cultivés au bord de la Voila Blanche au Burkina Faso, sont à l'origine de flux à destination des zones frontalières mais aussi du Ghana et du Togo.

Il faut également signalé à la frontière Burkina Faso/Côte d'Ivoire/Ghana:

- la farine de blé: moins chère en Côte d'Ivoire, la farine de blé entre frauduleusement au Burkina Faso où elle est vendue en dehors des marchés; le carburant: beaucoup moins cher au Ghana qu'au Burkina Faso et surtout en Côte d'Ivoire, le carburant est l'objet d'une intense circulation entre les trois pays. Le trafic des hydrocarbures est extrêmement lucratif pour les commerçants.

Le tableau ci-après dresse la liste des principaux produits; en indique les principales provenances et destinations; évalue les quantités approximatives échangées.

Produits échangés, provenance, volume et destination pour l'année 1988, dans les entrepôts et marchés de Dapaong, Bawku, Bittou, Cinkansé

Pays importateur

Produits

Pays exportateur ou principal ou principal acheteur vendeur


désignation

tonnages


Burkina-Togo

sorgho-mil

8 000

Burkina-Togo

Ghana



Ghana

Burkina-Togo

riz local

2 500

Ghana

Burkina

farine de

600 à 800

Ghana-Togo manioc

Ghana-Togo

tomate

700 à 800

Burkina

Ghana-Togo

oignon

2 000

Burkina

Burkina-Togo

maïs

1 500

Ghana

Burkina-Togo

poisson

700

Ghana-Togo

Togo-Burkina

Cola

370

Ghana

Burkina

tabac

180

Ghana

Burkina

sel

270

Ghana

Burkina

igname

2 000

Ghana-Togo

Togo

bétails

1 500

Burkina


(bovins)

(têtes)


2.2. Les politiques nationales face à la circulation des produits

Elles englobent un ensemble de mesures tarifaires douanières ou monétaires prises par les gouvernants pour réglementer la vie économique et notamment la circulation des produits qui se présentent aux frontières. Ces politiques varient d'un pays à l'autre et à l'intérieur d'un même pays, en fonction des options économiques ou des contraintes du moment.

2.2.1. les textes

Ainsi en novembre 1976, le Burkina Faso prend un arrêté interdisant la sortie des céréales. Une disposition contraire le suspend en 1986 afin de pouvoir écouler des excédents enregistrés.

L'importation des céréales au Burkina est un monopole d'Etat exercé par la Caisse de péréquation depuis novembre 1985 (arrêté N° 1628 du 25 novembre), tout comme celui de la collecte et de la distribution internes concédé à l'Office National des Céréales (OFNACER).

Toutefois, si on analyse la répercussion de l'ensemble des taxes prélevées, ce pays est relativement ouvert aux produits étrangers. Il se place derrière le Togo (option de ré exportation) et devant le Ghana dont le marché est théoriquement le plus protégé de l'espace frontalier. Les céréales acquittent à l'entrée de ce pays 25 à 30% de droits de douane sur le prix CAF contre 0% au Togo et au Burkina Faso.

La situation se présente différemment au regard des faits. Prenons un exemple: le maïs ghanéen entre officiellement au Togo, mais aussi au Burkina Faso, en dépit des textes contraires. Soit les textes burkinabé sont inadaptés à la situation et aux enjeux actuels des échanges: il faudrait alors envisager de les réactualiser; soit ils sont pertinents mais avec un dispositif de mise en oeuvre défaillant. Ce qui revient au même puisque dans un cas comme dans l'autre, ils sont vidés de leur substance.

Un cas de figure:

Pour freiner l'exportation de son bétail, le Burkina Faso prélève une taxe de 13 % sur la valeur à la sortie du territoire. Cette mesure a été habilement contournée par les commerçants de bétail avec la bienveillante complicité des éleveurs.

En 1987, le poste de douane burkinabé de Cinkansé a enregistré 50 têtes de bovins déclarées à l'exportation; le bureau togolais d'en face, la distance d'un pont à passer, en comptait 35 fois plus à l'importation en provenance du Burkina Faso. Dans le lot figurent (de là vient la supercherie) des troupeaux officiellement passés au Togo pour pâturer et qui ne repasseront pas la frontière.

2.2.2. les prix

Issa Drabo rapporte un troisième fait montrant l'imbroglio des situations au niveau des frontières.

Il illustre à la fois les effets pervers de la concession de monopole (aux GMB pour la distribution de la farine de blé) et la disparité des politiques nationales en matière des prix.

Le sac de 50 kg de farine de blé en 1987 variait pratiquement du simple (6 500 FCFA) au double (12 250 FCFA) entre a Côte d'Ivoire et le Burkina Faso.

Un aussi grand écart ne pouvait que susciter et entretenir la fraude. En effet, alors que le poste de douane de Kampti n'enregistrait que moins de deux tonnes (1.91) saisies en deux ans (1986-1987) nos estimations effectuées sur la base de la consommation (boulangerie, fours, fabricants de beignets) s'élevaient annuellement à près de 140 tonnes (139, 275kg).

Aussi, attribue-t-on à juste titre la grande instabilité des prix, non seulement aux variations saisonnières du volume et de la nature des produits, mais surtout aux subventions ou non à la consommation et au niveau de vie des Etats.

A la même période de l'année, le kilogramme de sorgho et de maïs coûte respectivement: 52 et 48 FCFA à Batié (Burkina Faso), 50 et 35 à Lawara (Ghana), 65 et 55 à Kalamon (Côte d'Ivoire). Soit une différence moyenne de 10 FCFA par kilogramme sur chaque produit entre Batié et Kalamon, distants seulement de 25 Km.

Le taux d'inflation (écart de prix entre période de récolte et période de soudure) varie également du simple au double entre le Burkina Faso (31%) et la Côte d'Ivoire (65 %). Les deux pays appartiennent à un même système monétaire: la zone Franc.

La place prépondérante du Ghana, principal fournisseur de nombreux produits, repose sur d'incontestables atouts agricoles, mais paradoxalement, au moins autant sur la faiblesse de sa monnaie.

L'inconvertibilité et la chute libre du cours du Cedi de 213,65 à 1,17 FCFA entre 1977 et 1988, rendent les produits ghanéens très compétitifs. La monnaie ghanéenne fait par ailleurs l'objet d'un trafic fructueux au marché noir. Les manipulateurs jouent sur la différence du taux de change à l'achat et à la vente.

Les opérations se déroulent à l'intérieur du triangle -Cinkansé-Bawku-Guelwongo, alors que jumassi en retrait injecte les fonds. L'institution d'une licence "S" qui donne l'initiative au détenteur de trouver lui-même les devises nécessaires au financement de ses opérations expliquerait en partie (Bio Goura) le développement du trafic.

La baisse du cours du Naïra de 284 à 80 FCFA entre 1981 et 1986 a produit l'effet contraire: le marché nigérian a cessé d'attirer les négociants en bétail de Pouytenga.

La vision cloisonnée de l'espace frontalier des Etats s'oppose à celle globalisante et fonctionnelle des commerçants.

2.3. Les stratégies des commerçants
2.3.1. la conquête des pouvoirs

Les transactions frontalières font miroiter des occasions de gain facile, d'où l'attrait irrésistible qu'elles exercent sur une multitude d'acteurs. Entre le producteur ou le vendeur et le consommateur ou le destinataire ultime, la marchandise transite souvent par de nombreuses mains; ce qui n'est pas sans conséquence sur le prix de revient. Le commerce frontalier fait vivre ainsi une kyrielle d'intermédiaires et de comparses qui brouillent à souhait les cartes des attributions dans les échanges. Ceux qui ont tenté d'en établir une typologie ne s'accordent pas toujours sur le découpage. Cependant, un consensus semble se faire sur ceux qui jouent les premiers rôles: les gros commerçants.

Ils figurent au registre du commerce de leurs pays respectifs et opèrent donc de façon très officielle. Mais ils ne sont pas légion. Bio Goura en compte 160 sur 1 350 exerçant habituellement sur le marché de Cinkansé. Parmi ces réguliers se recrutent les "gros bonnets", ceux qui "tirent les ficelles" ou "distribuent les cartes". Cette élite de 2 à 3 négociants au grand maximum dispose d'une confortable surface financière et sert de support à la formation de groupes de pression, voire des confréries concurrentes. Elle s'emploie à conquérir, par l'argent et le mécénat, les leviers de commande des pouvoirs qui confèrent de la préséance et de l'influence:

Pouvoirs: religieux, traditionnels, politiques.

A certains, ces pouvoirs ont servi de tremplin pour se hisser au sommet des affaires. D'autres dont la fortune passe par des voies différentes en font un objectif majeur pour consolider leur position et s'y maintenir.

La quête des pouvoirs a des enjeux multiples:

- la notoriété qu'ils confèrent est un capital de confiance qui se monnaie dans les affaires. A défaut d'écriture pour authentifier les actes, la parole et la pression morale d'un notable en tiennent lieu.

- la notoriété sert aussi parfois, sinon souvent, à couvrir au besoin des opérations illicites. Que faire lorsque les traces d'un trafiquant conduisent au domicile d'un honorable et respecté chef religieux ou coutumier, "au-dessus de tout soupçon"?.

Dans ces conditions, le trafic "clandestin" est un "secret de polichinelle": il se pratique au vu et au su de tout le monde.

Impuissance ou complaisance, les autorités administratives des régions frontalières, pour ne pas les nommer, en butte à des ruptures de stocks ou à l'insuffisance budgétaire, ont elles aussi parfois recours à des trafiquants pour assurer leur ravitaillement.

Cette collaboration forcée et fortuite entre la puissance des textes et la connaissance du terrain donne à réfléchir. La seconde a toujours une longueur d'avance sur la première.

2.3.2. sous le couvert de l'Islam

Malgré la croissance démographique des opérateurs économiques engendrée par la multiplication des sources de financement, le commerce frontalier demeure une affaire de tradition et de professionnels.

L'islam et le commerce continuent comme par le passé de faire bon ménage. A telle enseigne qu'on en arrive, à tort ou à raison, à vider le pèlerinage à la Mecque de son contenu religieux pour n'en voir que des visées mercantiles. Simple coïncidence? Des faits indiscutables corroborent les insinuations: le El Hadj d'aujourd'hui n'est-il pas, à bien des égards, le répondant du Dioula d'hier, désigné par deux traits caractéristiques indissociables: musulman et commerçant?

La religion délivre le premier passeport pour s'intégrer dans le monde des affaires dominé par un fort esprit de clan. En effet, la communauté de commerçants qui se forme autour et dont elle cimente les liens, est solidaire vis-à-vis de ses membres qu'elle recrute par cooptation. Par contre, elle rejette et combat par tous les moyens tout élément susceptible de la concurrencer.

Dans le cas précis du Poni, des anciens combattants ou des chefs de canton se sont aventurés sans lendemain dans les transports. Si on s'accorde facilement sur le constat d'échec, on l'est beaucoup moins sur les causes, à mi-chemin entre les versions occultes et celles plus objectives et palpables liées à l'inexpérience et donc à la mauvaise gestion des nouveaux venus.

2.2.3. le savoir-faire des familles de tradition commerçante

Issa Drabo s'est intéressé à l'origine socio-culturelle des commerçants sur le marché de Batié. Les 78 enquêtés se répartissent de la façon suivante:

- Mossi: 74
- Dioula: 3
- Lobi: 1

* 1er constat: il se confirme par l'absence des populations autochtones frontalières dans les transactions en dehors des ventes directes de leurs propres productions. Cela se vérifie aussi bien en pays Gourma que chez les Lobi.

* 2ème constat: cette situation laisse le champ libre aux commerçants immigrés.

Quand on regarde de près la structure du groupe mossi, on se rend compte qu'il comporte un noyau dur constitué essentiellement de Yarsé.

Or, Yarsé et Dioula se rejoignent dans le même moule: la grande famille mandé, commerçante de tradition.

Le cas des Yarsé mérite une attention particulière en ce qu'il permet de comprendre l'articulation des échanges entre la zone frontalière et le reste du pays. Yarsé et Dioula poursuivent des objectifs similaires mais avec des stratégies différentes.

Numériquement très minoritaires, les Dioula n'en sont pas moins actifs et dominateurs. Ils ont réussi à imposer leur langue comme celle du commerce par excellence, à tout l'ouest du Burkina Faso. Mais ils ont toujours vécu en petites communautés plus ou moins fermées par rapport au milieu ambiant.

Les Yarsé qui les supplantent largement aujourd'hui sur divers plans procèdent autrement. Leur foyer originel au Burkina Faso recouvre les provinces actuelles du Passoré et du Yatenga avec comme principales villes Yako et Ouahigouya.

Ils contrôlent aujourd'hui et à leur manière l'espace national et toutes les voies mènent au contrôle des affaires:

- Par l'agriculture, il s'intègrent à la population de la zone d'accueil dont ils apprennent la langue, même s'ils ne s'en servent pas souvent. Ils s'assurent ainsi de solides relations patiemment construites. On en trouve même qui sont producteurs et/ou négociants en ignames dans le village de Passana à la frontière ivoirienne.

- Par le commerce au micro détail ou la prestation de petits services qui apparemment suffisent à peine à assurer le repas quotidien. Mais c'est ainsi qu'ils constituent le capital de départ. L'apprenti commerçant ne recule devant aucune épreuve. Il fréquente assidûment les marchés ruraux négligés par les grands du métier, sans mesurer sa peine aux possibilités de recettes.

La période initiatique dans les deux cas a une durée indéterminée: 5, 10, voire 15 à 20 ans. Mais ceux qui la réussissent connaissent dans les affaires une ascension rapide, si fulgurante que le modeste capital patiemment accumulé ne saurait la justifier, d'autant que les petits commerçants ne sont pas enclins à déposer leurs avoirs en banque ou à y avoir recours pour obtenir des crédits.

D'où viennent donc les fonds?

On ne saurait le dire avec précision. Toutefois, la filière des céréales remonte jusqu'aux "gros bonnets", tous pouvoirs confondus.

Le Yatenga et le Passoré étant très fréquemment déficitaires en céréales, le ravitaillement de la population repose sur l'efficacité de l'organisation de la collecte au niveau national. Par ailleurs, les deux provinces fournissent les plus forts contingents de migrants ruraux. Ces derniers en quête de terres de culture se fixent à l'ouest, au sud-ouest et à l'est du pays.

L'immigration agricole Mossi dans le Voun Hou, sud-ouest de la Kossi, est suivie de la formation de communautés musulmanes importantes et d'un essaimage de commerçants et d'artisans le long des grands axes de circulation (ORSTOM, 1976).

Les gros commerçants s'appuient par affinité et de préférence sur ces structures en place pour constituer des réseaux d'information et de collecte de céréales. Ils sont, en effet, régulièrement renseignés sur la situation des campagnes agricoles et des prix aux différents points névralgiques du Burkina Faso.

Ils pèsent ensuite de tout leur poids dans la circulation des céréales entre zones excédentaires et zones déficitaires. Ils sont seuls à pouvoir transporter de gros tonnages sur de longues distances, tout en maintenant les prix à un niveau abordable.

Le rapport CRDE-IAP révèle que les commerçants brassent 3 à 4 fois plus de céréales que les services publics de commercialisation (OFNACER) dans les zones déficitaires et 10 fois plus dans les autres zones. Sur le comportement des producteurs, le rapport constate: "ils déclarent de 'bonne fol' préférer vendre à l'OFNACER ou aux banques de céréales, mais s'adressent plutôt aux commerçants.