Les échanges entre les marchés frontaliers: le cas du Burkina Faso. (Club du Sahel, 1989, 16 p.)
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View the documentIntroduction
View the document1. L 'espace frontalier
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View the documentConclusion

Les régions frontalières du sud du Burkina Faso fonctionnement comme des zones de libre-échange. Dans ces deux secteurs, les échanges reposent sur plusieurs facteurs, en premier lieu sur la forte solidarité ethnique entre les Gourma qui sont installés de part et d'autre des frontières Burkina Faso/Ghana/Togo, et entre les Lobi qui sont présents sur les frontières Burkina Faso/Ghana/Côte d'Ivoire. Les échanges dépendent également de la proximité de zones monétaires différentes. L'utilisation simultanée de deux monnaies, le cedi et le FCFA, confère une certaine autonomie à la région par rapport aux Etats.

A la frontière Burkina Faso/Ghana/Togo, ces facteurs jouent le rôle de stimulants pour la production agricole et pastorale. Il en résulte le développement des périmètres rizicoles dans le district urbain de Bawku au Ghana et la promotion de l'élevage bovin et ovin dans le secteur de Pouyenta au Burkina, à partir d'opérations concertées entre éleveurs et commerçants.

L'essor de ces activités agro-pastorales et commerciales contribue à une structuration spatiale. Celle-ci se matérialise par l'émergence de nouveaux centres urbains qui constituent de véritables pôles de développement, comme Cinkansé, Widana et Yargatenga, et par la valorisation des vieilles agglomérations caravanières de Dapaong et Bittou. L'espace transfrontalier s'organise également à partir du développement exceptionnel des marchés périodiques parmi lesquels certains fonctionnent comme des centres de collecte primaire (Dapaong et Bawku), de transit (Widana et Bittou) et de redistribution (Cinkansé et Guelwongo).

A la frontière Burkina Faso/Côte d'Ivoire/Ghana, la structuration spatiale des échanges est moins marquée. Il n'existe des magasins que dans les centres urbains comme Bouna, Gaoua, Lawra, Wa...; les marchés ruraux ont un faible rayon d'action. Les transactions portant sur la farine de Côte d'Ivoire et sur le carburant ghanéen génèrent des revenus importants, notamment pour les commerçants. En revanche les échanges de produits agricoles interviennent essentiellement pour la satisfaction des besoins des populations frontalières et contribuent à la sécurité alimentaire de la région.