| Les antibiotiques (Centre pour la Promotion de la Santé - Congo, 1998, 291 p.) |
Ce texte sur les antibiotiques, les antipaludiques et les antiparasitaires, ainsi que sur leurs usages, est loin d'être complet. Il existe de nombreux manuels sur ces sujets. On trouvera quelques références à la fin de ces pages.
La plupart des manuels donnent des conseils thérapeutiques basés sur la culture des germes et sur l'antibiogramme. Nous le savons par expérience, ces examens sont souvent difficiles et parfois inaccessibles à la majorité des médecins.
Que faire alors? Des moyens de diagnostic simples sont heureusement à notre portée. Ils permettent souvent une approche valable. C'est le cas de la coloration de Gram par exemple.
Les antibiotiques cités ici le sont pour différentes raisons
· ils sont efficaces, faciles à se procurer et relativement bon marché: c'est le cas de la pénicilline, de la tétracycline, du chloramphénicol, des sulfamidés...· ils sont indispensables dans certains cas, surtout lors d'infections graves s'il n'y a pas d'autre alternative. Malheureusement, ils sont souvent chers ou difficiles à trouver. Il faut bien les connaître pour les utiliser judicieusement. C'est le cas
- de la plupart des médicaments actifs contre les staphylocoques coagulase positif
- de certains antibiotiques actifs sur les anaérobies
- d'autres encore, comme les aminoglycosides actifs sur des bacilles Gram· certains sont prescrits par de nombreux médecins, mais parfois de façon peu judicieuse. C'est le cas des céphalosporines. Ces derniers-nés de l'antibiothérapie ont de grandes qualités, mais ils sont chers. De plus, leur efficacité varie selon les composés du groupe; elle doit être bien connue avant de prescrire. En fait, les céphalosporines sont rarement indiquées dans un premier choix chez les malades ambulatoires. A l'hôpital, elles sont réservées à des cas bien précis qui sont repris dans ce manuel.
La rifampicine est un autre exemple: elle doit être strictement réservée à la tuberculose et à la lèpre.
Les choix thérapeutiques sont adaptés dans la mesure du possible à la situation en Afrique. Chacun devra prendre ses décisions selon les possibilités locales et la pathologie rencontrée.
Plus loin, nous regroupons la description des médicaments utilisés dans le traitement du paludisme et de nombreuses affections parasitaires (trypanosomiase, amibiase, etc.), de même que dans diverses verminoses.
Ce sont pour la plupart des affections courantes et leur traitement doit être bien connu de tous, que ce soit du médecin spécialiste dans un hôpital de ville ou d'un médecin isolé en zone rurale. Tous doivent se familiariser avec les médicaments qu'ils utilisent: indications, effets indésirables, précautions d'emploi, doses...
Le choix du traitement sera basé sur des connaissances solides. On ne manquera pas de faire entrer en ligne de compte le coût du traitement. Celui-ci peut varier d'une région à l'autre: les stratégies de soins de masse, par exemple dans les verminoses, en tiendront compte.
Un médicament nouveau n'est pas nécessairement meilleur qu'un autre plus ancien: les modes sont trompeuses.
La quinine, le plus ancien antimalarien, reste encore le meilleur dans l'accès aigu malin. La chloroquine demeure inégalée sauf dans les régions de résistance décrite et prouvée.
M. De
Clerck