La mosaïque Africaine du manioc - De la connaissance de la maladie à son contrôle - Yamoussoukro, Côte d'Ivoire, 4-8 Mai 1987 - Rapport de séminaire. (CTA, 1990, 50 p.)
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View the documentAvant propos
View the documentI. La place économique du manioc dans le monde et en Afrique
View the documentII. Le manioc, sa culture et ses maladies situation en Afrique
View the documentIII. Les causes de la mosaïque le virus et son vecteur
View the documentIV. De la «diffusion naturelle» à la «diffusion agricole»
View the documentV. Les relations virus - vecteur - plante
View the documentVI. Propagation et répartition des mouches blanches dans un champ
View the documentVII. La résistance du manioc à la mosaïque
View the documentVIII. Des méthodes pratiques de contrôle la lutte sur le terrain
View the documentÉléments bibliographiques
View the documentListe des participants

La production mondiale de manioc en 1985 est estimée à 136 millions de tonnes (équivalent racines) (1), en hausse de 3% par rapport à l'année précédente, selon les données de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO). Avec 57 millions de tonnes de manioc, l'Afrique reste le principal producteur mondial, en augmentation de 4 millions de tonnes, soit l'essentiel de la croissance totale enregistrée en 1985; viennent ensuite l'Asie (51,7 millions) et l'Amérique latine (28 millions).

(1) Rapport et perspectives sur les produits 1985-86, FAO, coll. «FAO: Développement économique et social», n° 40, Rome, 1986.

Depuis le début des années 70, le manioc est devenu un produit d'exportation notamment demandé par la C.E.E. qui en a importé 5,5 millions de tonnes en 1985. (soit + 5% par rapport à 1984, sous forme de tapioca et surtout de farine pour l'alimentation du bétail). Le principal pays exportateur reste la Thaïlande (95% du total mondial) avec 7 millions de tonnes vendus principalement en Europe, au Japon et en Israël; l'Indonésie et la Chine suivent, avec moins de 300 000 tonnes. L'Afrique n'exporte pas de manioc.

En dépit de l'augmentation de la demande d'importation, les cours du manioc baissent depuis plusieurs années. En 1985, ils étaient tombés en valeur réelle au niveau le plus bas depuis dix ans, en raison du niveau des stocks et de la concurrence du mais (- 15%).

Première région du monde productrice de manioc, l'Afrique ne participe donc pas à son commerce international. Il est, dans cette région, une culture vivrière largement auto-consommée, même si, dans la plupart des pays du continent, le marché urbain constitue un débouché secondaire non négligeable.

L'avenir économique du manioc est difficile à définir: deviendra-t-il pour le continent africain une ressource financière appréciable? L'évolution de l'alimentation animale dans les pays industriels semblerait ne pas devoir favoriser ce destin. Le manioc n'en reste pas moins une des toutes premières cultures vivrières en Afrique tropicale et un atout alimentaire incontestable pour une région de moins en moins autosuffisante sur ce plan. Il est cultivé dans toute la zone intertropicale, de Tombouctou (600 millimètres de pluie par an) à Buéa, au pied du Mont Cameroun (8000 millimètres) par exemple.

Compte tenu de l'importance agricole, alimentaire et parfois économique du manioc, les parasites qui affectent sa croissance affectent par contrecoup les populations de nombreux pays en voie de développement qui consomment ou exportent le manioc, que ces pays soient situés en Amérique latine, en Asie ou en Afrique (2). Dans ce dernier continent en particulier, la mosaïque africaine du manioc est une maladie encore mal maîtrisée, très mal connue jusqu'à ces dernières années et qui frappe toutes les zones de culture, réduisant la productivité dans des proportions variables situées, selon les cas, entre 5% et 95%. Des progrès récents ont été enregistrés dans la connaissance de la maladie, qui ont donné lieu à un Séminaire International réuni, du 4 au 8 mai 1987 à Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire (voir encadré «Le Séminaire International de Yamoussoukro»).

(2) La mosaïque frappe la totalité des cultures africaines. Elle affecte également l'Inde et le Sri-Lanka. En revanche, l'Amérique latine semble indemne.

LE SÉMINAIRE INTERNATIONAL DE YAMOUSSOUKRO
(4-8 mai: 1987)

Le Séminaire International de Yamoussoukro (Côte d'Ivoire), réuni du 4 au 8 mai 1987, avait pour objet de faire le point des connaissances acquises sur la mosaïque africaine du manioc, tant sur le plan des causes de la maladie que sur celui des moyens à mettre en œuvre pour la maîtriser. Organisé sous l'égide du Ministère Ivoirien de la Recherche Scientifique, par le Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale (CTA), avec te concours de l'Organisation des Nations-Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), de l'Institut Français de Recherche Scientifique pour le Développement en Coopération (ORSTOM), de l'Institut International pour l'Agriculture Tropicale (IITA) et du Comité Phytosanitaire Interafricain (CPI), il a réuni des chercheurs, des représentants nationaux de 22 pays africains producteurs de manioc, des représentants d'organismes internationaux, d'instituts de recherche (CIAT, CIRAD, GTZ, ODA) et d'organismes de développement (CEE, CRDI. FAC, ISTRC, USAID, OUA...).

Ce séminaire international avait pour but de regrouper les connaissances acquises au cours de ces dernières années dans les différents centres de recherche travaillant sur la mosaïque africaine du manioc, de réunir toutes les compétences existantes pour tenter de diminuer les effets de cette virose sur une culture essentielle à l'Afrique. Les objectifs se situaient donc à plusieurs niveaux:

- Faire le point de la situation relative à la mosaïque africaine du manioc;

- Dresser un bilan des connaissances scientifiques dans ce domaine et établir un inventaire du matériel végétal tolérant disponible;

- Dégager des méthodes de lutte, des programmes de recherche et d'action pour contrôler la maladie.