Le Courrier ACP - No. 175 - Le Développement durable du Tourisme - Reportage Tchad (Commission Européenne, Mai-Juin 1999, 118 pages)
Soixante-quatre. Soixante-huit. Soixante-deux. Les chiffres de la
reconnaissance pour Ousmane Sow, artiste africain exposé depuis le 20
mars sur le pont des Arts à Paris. A soixante-quatre ans, le sculpteur
sénégalais se fait, malgré lui peut-être, porte-parole des artistes du
continent, fatigués d'être cantonnés par les critiques dans le rôle de
«producteurs de tradition» Ici, pas de masques, pas de
«naïveté»: un corps à corps avec la matière brute, un choix de thèmes
qui a conduit l'artiste, dans ses soixante-huit uvres, à explorer des
histoires d'ailleurs. C'est ce qu'affirme Ibrahim Loutou,
Président d'Afrique en Créations; Le fait qu'Ousmane Sow ait
souhaité cette fois entrer en dialogue avec l'Amérique et ses nations
indiennes atteste aussi d'une ouverture au monde que l'Afrique
revendique toujours au travers de valeurs permanentes qui la relient à
l'humanité et contribuent chaque fois à son ressourcement. Le génie
d'Ousmane Sow nous offre le bonheur d'une émotion partagée intimement
avec la terre entière; il permet à l'Afrique de se projeter dans ce
qu'elle a d'excellence, de noblesse et de vaillance. (...) Par cet
engagement aux côtés d'un des plus grands artistes du continent africain et
avec lui, nous espérons aussi rendre visible la création africaine
aujourd'hui en mouvement, matrice d'une infinité d'expressions
culturelles novatrices, conjuguées au présent, offensives, mieux comprises, et
enfin entendues.

«Scène familiale» par Ousmane
Sow.
Des hommes et des bêtes, de la matière exposée en plein air
pendant soixante-deux jours, pour le plus grand plaisir des néophytes et des
amateurs.
A.K.