La participation des femmes aux projets de logements sociaux (HABITAT, 1986, 77 p.)
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View the documentDirectives a l'intention de l'instructeur
View the documentIntroduction
View the documentChapitre 1 : La formulation des critères de sélection
View the documentChapitre 2: Le recrutement des bénéficieras
View the documentChapitre 3: La planification de l'établissement
View the documentChapitre 4 : La planification de l'infrastructure
View the documentChapitre 5 : La planification du logement
View the documentChapitre 6: Le financement du logement
View the documentChapitre 7 : Les femmes et la construction
View the documentChapitre 8: La construction en auto-assistance et les entrepreneurs
View the documentChapitre 9: L'entretien du projet
View the documentChapitre 10: Le recouvrement des coûts
View the documentBibliographie

Etant donné leur faible capacité de paiement, les habitants concernés par les projets de reclassement de squatters et les projets de trames d'accueil ne peuvent souvent pas se permettre plus que les fontaines publiques, les fosses d'aisance, des chemins de terre battue et des drains à ciel ouvert. En vue de la modicité des budgets disponibles, il est d'une importance vitale que les priorités définies par les femmes soient dûment considérées, en ce qui concerne les infrastructures et les services élémentaires.

D'abord, les femmes ont l'habitude d'effectuer des travaux domestiques sans services publics, et, par conséquent, ce sont elles qui peuvent le mieux définir l'infrastructure de première nécessité. Deuxièmement, le travail de la femme peut être négativement affecté par l'introduction d'une nouvelle infrastructure qui ne répondrait pas à ses besoins. Consulter les femmes permet de trouver un juste milieu entre les besoins et les services fournis, en ce qui concerne le projet lui-même, la technologie appliquée, l'emplacement choisi, etc.

Travaux domestiques

L'absence d'infrastructures adéquates alourdit les travaux domestiques et peut provoquer une énorme pression physique et mentale sur la femme. A Queretaro (Mexique), les femmes sont obligées de travailler dans des conditions si rudimentaires que leurs journées sont de 30 à 40% plus longues que celles des hommes. Dans le Sahel, les femmes doivent porter l'eau dans des jarres sur leur tête, ce qui peut provoquer des troubles pelviques, responsables de complications lors des accouchements (IWTC, 1982).

En général, les femmes arrivent à se débrouiller en l'absence de services d'infrastructures, ou en cas d'insuffisance de ces services. Toutefois, leurs solutions impliquent souvent une grande fatigue et une perte de temps: les femmes emmènent leur linge à l'extérieur de l'établissement pour le laver dans des rivières ou des réservoirs; elles jettent ou brûlent leurs ordures loin de leur maison. Tout ce travail, qui va de pair avec le manque de temps, les empêche d'effectuer les autres travaux du ménage et de participer aux activités communautaires.

Infrastructures

(a) Pompes à eau

Dans de nombreux pays, les principaux porteurs d'eau dans la communauté sont les femmes et les enfants. Cependant, les pompes à eau introduites dans le but de fournir de l'eau saine aux pauvres sont fréquemment conçues pour les hommes. Il arrive souvent que les femmes et les enfants cassent le bras de la pompe car ils ne sont pas en mesure de faire fonctionner celle-ci correctement (IWTC, 1982).

Les femmes ont l'habitude d'effectuer les travaux domestiques sans services d'infrastructure fondamentaux; ce sont donc elles qui sont les mieux placées pour décider des infrastructures de première nécessité.

(b) Les ordures

A Lusaka, les planificateurs de projets ont trouvé que la plupart des familles jetaient très peu d'ordures. En conséquence, ils ont prévu que les habitants se partageraient les poubelles, ce qui faciliterait aussi le travail des éboueurs. Cependant, les gens rendaient les poubelles, et insistaient pour qu'on leur fournisse des poubelles individuelles (Martin). Si les femmes, en qualité de principales ouvrières domestiques, avaient été consultées, on aurait peut-être évité cette situation.

(c) Assainissement

Les femmes bénéficiaires d'un projet en Amérique Centrale refusaient d'utiliser les toilettes conçues et construites par des ingénieurs hommes, parce qu'un espace avait été laissé au pied du mur, ce qui exposait leurs pieds, et constituait pour elles une offense à la discrétion (IWTC, 1982). Cet exemple illustre non seulement comment on peut complètement oublier les femmes et aussi comment on peut gaspiller les investissements.

Les décisions avaient été prises sans considération pour les femmes, et il en était résulté que la moitié de la communauté ne faisait pas usage des services d'infrastructure.

Dans certains pays, l'assainissement reçoit une priorité extrêmement faible, parce que tout le poids du travail lié à l'hygiène échoit aux femmes et parce que les hommes, contrairement aux femmes, n'ont pas besoin de la même discrétion pour faire leurs ablutions.

Au Bangladesh, les femmes qui n'ont pas de cabinets privés convenables ne peuvent se soulager qu'avant le lever ou après le coucher du soleil, ce qui peut provoquer de graves problèmes d'ordre médical. A Bombay, les femmes qui vivent dans les bidonvilles ont aussi besoin de toilettes privées. Autrement, elles sont obligées de se soulager dans des endroits isolés où elles sont particulièrement vulnérables aux viols et aux brutalités (Agarwal et Anand).

RECOMMANDATIONS

Services

Les priorités définies par les femmes à l'égard de certains types d'infrastructures sont plus importantes pour les projets de logement que celles des hommes. On devrait veiller à observer une discrimination en faveur des femmes en matière de services d'infrastructure. Ceci implique:

(i) de consulter les femmes, tant aux réunions publiques organisées à leur intention que par des visites de porte à porte, faites par le personnel du projet, pour connaître leurs priorités en matière de services d'infrastructures; et de discuter en détail des avantages et des inconvénients des divers types d'installations possibles.

(ii) de consulter les femmes à du modèle approprié, en faisant usage de dessins ou, encore mieux, de petites maquettes en trois dimensions pour que des aspects tels que les dimensions et la forme des bras de pompe puissent être mis à l'épreuve (si possible, les responsables du projet devraient essayer d'incorporer les suggestions des femmes dans le choix et la conception de la technologie).

QUESTIONS

(a) Travaux pratiques

(1) Les hommes et les femmes ont-ils des priorités différentes en ce qui concerne la planification des services d'infrastructure?

(2) Dans votre projet, comment décide-t-on de la nature et du type de services d'infrastructure à mettre en place dans l'établissement?

(b) Sujets de discussion

(1) Comment réaliser un juste milieu entre les besoins de services d'infrastructure et les possibilités?

(2) Quelle est la meilleure manière de s'assurer que les femmes participent à la prise des décisions relatives aux services et à l'infrastructure de la communauté?

(3) Est-il préférable d'intégrer les femmes dans les comités qui existent déjà ou de créer de nouveaux comités de femmes?