| Les exportateurs d'Afrique de l'ouest se regroupent et agissent, vol.3 - n°1. (Reseau de l'entreprise en Afrique de l'Ouest, 1995, 10 p.) |
La deuxième réunion du sous - réseau des exportateurs s'est tenue à Abidjan, en Côte d'Ivoire les 18 et 19 février 1995. Quinze exportateurs de huit pays différents s'étaient déplacés.
Les principales décisions prises à l'issue de cette réunion ont été les suivantes:
Les participants ont convenu de créer deux structures:
- une société commerciale sous forme de SA pour développer les relations d'affaires et les échanges commerciaux. Le principe de création d'une société "NETEXPORT S.A.", a été formellement adapté le 19 Février. Elle prendra la forme d'une Société Anonyme dont l'objet est de "créer une dynamique et favoriser une synergie entre les partenaires pour la production, la transformation et la commercialisation des produits africains". Le prix de chaque action a été fixé à 500000 FCFA. Le siège de NETEXPORT SA sera à Bamako.- une association qui permettra au sous-réseau de mener des activités d'intérêt général, des études et des actions de formation entre autres. L'association appelée AFRINET, sera formellement créée à la réunion des Coordonnateurs qui se déroulera à Dakar du 24 au 26 Mars 1995. Un projet de statut a été discuté et sera adopté à cette occasion. L'association, d'un commun accord, a été ouverte aux exportateurs mais aussi aux producteurs, transformateurs de produits africains. L'objet de l'association est de "créer et développer un cadre spécifique de dialogue sur les politiques et stratégies en matière de promotion des exportations agricoles dans la sous région et vers le reste du monde".
Les participants ont estimé qu'il était difficile de faire des affaires sans traiter des problèmes des échanges régionaux. Cette question est particulièrement importante pour les fruits et légumes périssables, fréquemment bloqués par les douanes. Les participants ont mis l'accent sur l'importance des actions de lobby auprès des Etats et de la CEDEAO. Mais les ambitions du sous-réseau doivent rester modestes. Il conviendra de cibler les actions, les produits, de définir un timing précis de ces actions, et de renforcer les capacités de négociations des exportateurs. Ces activités devront s'appuyer sur le Réseau de l'Entreprise au travers des plans d'action nationaux et régionaux.
Le principe d'une participation à la constitution et au fonctionnement du Centre d'Information du réseau de l'Entreprise en Afrique de l'Ouest a été admis:
M. Bill Guêtron, MSI, a présenté les résultats de l'étude des besoins en information qui vient d'être réalisée sur financement de l'USAID. Mr. Guêtron distingue:
- les sources d'information secondaires, disponibles facilement telles que les annuaires d'entreprises, les règlements et législation douanières, les informations sur les prix agricoles, le transport aérien et maritime, les publications commerciales;- les sources d'information primaires que les membres du réseau devront collecter concernant les prix des intrants dans les pays concernés.
Durant les débats il a été précisé que le centre devait démarrer modestement. Dans un premier temps la collecte sera limitée aux emballages, semences, engrais, pour lesquels il sera intéressant également de savoir si des stocks sont disponibles.
En plus des informations sur les prix et les emballages, il est demandé de collecter des données sur les normes et caractéristiques, les quantités de produits disponibles, par zone géographique ainsi que le fret (tarifs et horaires) et les coûts de change. Ces informations devront être recoupées entre elles. Les données concerneront aussi bien le commerce sud/nord que sud/sud.
Il a été clairement précisé que si les membres du réseau attendent de recevoir des services du Centre d'information, ils devront participer également activement à la collecte des informations.
M. Jonathan Metzger qui intervenait dans le cadre de la même étude a ensuite présenté les différents moyens de communication utilisés dans la région et les possibilités offertes par le système de courrier électronique. M. Metzger a rappelé les principes d'utilisation du courrier électronique. Les avantages sont les suivants:
- coût réduit: coût d'une communication locale pour se connecter au réseau international comptabilisation uniquement des caractères et compression des mots qui limitent le temps de connexion (économie en temps de 70 % par rapport au fax), possibilité de taper un message sur n'importe quel ordinateur (utilisation du matériel existant)- meilleure qualité: l'ordinateur identifie les parties illisibles et les corrige automatiquement
- amélioration des communications sud/sud via une boîte à lettres locale, possibilité de dialoguer avec tous les pays du monde au moyen d'une adresse individuelle.
Le système de courrier électronique est particulièrement important pour le bon fonctionnement du Centre d'Information. Quel que soit le pays où le Centre est implanté il sera en effet possible:
- d'échanger des messages de personne à personne
- d'échanger des messages avec tous les membres du réseau en même temps
- d'interroger et envoyer des informations au Centre d'informations
Sur les onze pays d'Afrique concernés par le Réseau, huit disposent de systèmes fiables;
Au Tchad, Bénin, Nigéria une solution pourra cependant être trouvée en attendant le développement d'un système.
L'utilisation du courrier électronique nécessite un changement d'habitudes de communication. Le système est simple mais il faut acquérir une pratique.
Le sous-réseau participera à l'étude sur les avantages comparatifs avec l'équipe AIRD.
Mme Lynn Salinger, AIRD, a présenté les principes de l'étude sur les avantages comparatifs des produits africains, financée par l'USAID. L'objectif de l'étude est d'évaluer la compétitivité des produits pour l'échange régional, d'un point de vue financier et économique. Il s'agira d'étudier par produit la filière du producteur au consommateur final en relevant pour chaque intermédiaire les prix financiers (prix du marché fixé en fonction de l'offre et de la demande) et les prix économiques (comprenant les subventions et taxes). Après calculs des coûts et analyse des goulots d'étranglement, on en déduira l'avantage comparatif d'un produit donné. Ces informations seront utiles pour améliorer le fonctionnement de la filière.
Après discussion 6 produits ont été choisis en fonction de la diversité des pays, de l'importance du marché et du caractère traditionnel ou non des produits. Les produits suivants seront étudiés:
- la pomme de terre
- le poisson sec et le mil au Sahel
- l'oignon tchadien
- L'huile de palme ghanéenne
- les fruits frais côtiers
- le maïs béninois
Des équipes composées de membres du Réseau ont été constituées. Elles travailleront en liaison avec les experts AIRD. L'ensemble des enquêtes demandera 30 jours de travail répartis sur une période de quatre mois.
La prochaine réunion du sous-réseau des exportateurs se tiendra à Dakar, le 24 Mars 1995, à l'occasion de la réunion trimestrielle des coordonnateurs du Réseau de l'Entreprise en Afrique de l'Ouest.
La réunion d'Abidjan s'est déroulée dans un excellent climat de confiance et de travail. Chacun des acteurs présents avait pris en charge lui même ses frais de voyage et d'hébergement à Abidjan apportant ainsi la preuve, si besoin était, de l'intérêt des actions en cours pour créer une association régionale de professionnels de l'exportation.