Compte-rendu de la réunion annuelle du Réseau pour la prévention des crises alimentaires au Sahel. Rome (Italie). (Club du Sahel, 28-29 Novembre 1996, 26 p.)
close this bookCompte-rendu de la réunion annuelle du Réseau pour la prévention des crises alimentaires au Sahel. Rome (Italie). (Club du Sahel, 28-29 Novembre 1996, 26 p.)
close this folderIX. L'évaluation de l'application de la charte de l'aide alimentaire au Sahel
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View the document1. Evaluation de l'application de la charte de l'aide alimentaire en Mauritanie
View the document2. Faut-il mettre à jour le texte de la charte adopté initialement en février 1990 à Bissau?

Systèmes d'informations

L'information fournie par le bilan céréalier reste peu fiable et relativement controversée par les donateurs (normes, importations, prévisions de production)

· Le Projet Informations Rurales (PIR) de la FAO, tente de créer un cadre de réflexion au niveau de trois grands chapitres: le suivi de la campagne agricole, le suivi des prix sur les marchés de céréales et du bétail et le suivi des zones et groupes à risques. Cependant, l'état d'avancement est encore faible et le projet se termine dans 6 mois.

· Le suivi de la campagne agricole ne se passe pas sans problèmes: retards, et surtout faible couverture, celle-ci ne concernant que 35% des disponibilités céréalières de la Mauritanie.

· Le suivi des marchés de céréales est partiellement accompli, mais les résultats ne sont pas assez fréquemment et largement divulgués. Le suivi des marchés du bétail est à l'état de projet.

· Absence d'un système d'alerte précoce.

Dans l'ensemble, ces dispositifs sont encore embryonnaires et peu efficaces.

Coordination

Entre les donateurs

Elle semble relativement correcte parmi ceux représentés à Nouakchott. Cependant, l'aide ayant fortement diminué, les occasions de coordination sont plus rares. Il faut par ailleurs noter l'absence de coordination avec les coopérations non présentes en Mauritanie et qui sont des donateurs réguliers comme l'Italie et le Japon.

Entre les structures nationales

Sur les dispositifs d'informations, le cadre institué par le PIR semble clarifier théoriquement les activités et les responsabilités de chacun. Cependant, les discours tenus par les organes intéressés ne montrent pas autant de clarté dans l'attribution des responsabilités. Par ailleurs, le PIR est peu cité et son produit (le bulletin mensuel d'information) semble méconnu.

Sur la partie aide alimentaire, le CSA est l'organe principal centralisant la gestion de la majorité de l'aide alimentaire en Mauritanie.

Entre les structures nationales et les donateurs

La situation relativement conflictuelle entre le CSA et les donateurs il y a quelques années, semble s'être améliorée du fait notamment que l'aide ayant diminué, les sources de conflits se sont aussi amoindries. Par ailleurs, il semble exister une volonté nouvelle d'ouvrir le débat et de créer un espace de discussion.

La mise en oeuvre de l'aide

Il existe toutes les formes d'aide alimentaire en Mauritanie.

L'aide programme

L'aide programme a diminué ces dernières années du fait de la défection de la France et de la Commission Européenne (CE) dans ce domaine. Cette forme d'aide reste pratiquée essentiellement ces dernières années par le Japon et l'Italie.

Les fonds de contrepartie ne sont pas inscrits dans le budget de l'Etat et les projets financés ne font pas forcément partie des plans annuels d'investissements. Par ailleurs, de 1989 à 1994, seuls 8% des fonds ont été affectés à des projets de sécurité alimentaire (22% pour le développement rural, 25% pour le crédit agricole et 27% pour le fonctionnement du CSA).

La France et la CE, ayant largement diminué voire cessé leur aide programme, ont proposé deux solutions alternatives: l'une permettant de vendre par adjudication l'aide alimentaire au port d'embarquement auprès d'importateurs privés, l'autre impliquant une aide alimentaire de substitution (dons de devises stockées à la Banque centrale, achetées par les importateurs de céréales). Ces deux alternatives écartent le CSA de la vente de l'aide alimentaire. Aucune n'a été mise en pratique aujourd'hui.

L'aide projet

Le PAM est le principal acteur d'aide projets. Il est responsable d'un programme à objectifs multiples à trois volets dont un est géré par le CSA, et d'un programme cantines scolaires. Pour ces deux programmes, le PAM souhaite actuellement améliorer le ciblage qu'il estime peu efficace aujourd'hui.

La CE a cessé son aide programme depuis 1993; mais elle continue d'approvisionner les programmes à objectifs multiples du PAM et de cantines scolaires..

L'aide d'urgence

Aucun donateur important n'a récemment délivré de l'aide alimentaire à titre d'urgence. Quelques distributions gratuites ont été opérées par le CSA, largement dépendant des volumes d'aide alimentaire délivrés par les donateurs

Des populations maliennes sont réfugiées dans l'Est du pays. Un programme d'approvisionnement en vivres existe sous la responsabilité du PAM et géré par le CSA.

Le bilan céréalier prévisionnel 1996/97 montre une récolte attendue supérieure à la moyenne des quatre dernières récoltes (92 à 95). Cependant, elle est inférieure aux résultats des deux dernières campagnes agricoles séparément, qui déjà montraient un déficit céréalier de 17 et 8 kg/habitant respectivement, après importations et aide alimentaire. Le déficit 96/97 est prévu à hauteur de 23 kg/habitant. Même en invoquant, le manque de fiabilité du bilan, ce déficit annoncé à caractère récurrent est suffisamment important cette année pour qu'on l'observe de plus près. Rappelons que la richesse est particulièrement mal répartie en Mauritanie, laissant des ménages particulièrement démunis et aux stratégies d'adaptation faibles dans l'insécurité alimentaire.

Il devient urgent que les parties concernées par l'aide alimentaire en Mauritanie se penchent sur le choix des aides alimentaires les plus efficaces et sur les moyens d'estimer et d'atteindre correctement et efficacement les populations vulnérables.