| II. Les femmes et la recherche scientifique et technologique |
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2.1.1. Statistiques
En 1995-1996, au niveau universitaire, dans le domaine des sciences (toutes confondues), on comptait 8.607 étudiants dont 6.529 hommes et 2.078 femmes soit respectivement 76% et 24%.
Tableau I: Données statistiques des effectifs de femmes scientifiques dans les différents instituts de formation ou de recherche.
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LIEU |
UO + Bobo-Dioulasso |
Koudougou |
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Année |
1996 |
1999 |
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Filières |
Sciences |
CAPES |
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Filles |
2.078 |
7 |
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Garçons |
6.529 |
42 |
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Rapport (%) |
32 |
17 |
2.1.2. Situation observée:
On constate qu'une minorité de femmes sont engagées dans la recherche et la technologie. En effet, peu de femmes embrassent la carrière de la recherche scientifique et technologique. Plusieurs raisons expliquent cette faible présence de la femme dans ce domaine d'activité.
1. Le faible taux de scolarisation des filles: c'est la principale cause de la faible représentativité des femmes dans les carrières scientifiques de la recherche. Ce taux de scolarisation, faible en général, l'est encore plus dans les provinces.
2. Les préjugés socio-culturels: la société africaine et burkinabè en particulier est imprégnée de normes et de valeurs qui régissent les activités des deux sexes. Ces normes, enracinées dans la culture, influencent la structure psychologique des deux sexes.
· Dans l'esprit de beaucoup de gens, les disciplines scientifiques sont difficiles et conduisent à des professions d'hommes souvent pénibles. Une telle approche n'est pas de nature à encourager les filles à opter pour ces disciplines.· Une idée communément répandue veut aussi que les femmes soient fragiles et ne devraient pas être astreintes à des travaux pénibles. De telles opinions définissent forcément les activités pour garçons et filles.
· Les manuels scolaires, les médias véhiculent des idées sur une image de femme objet, ou toujours assimilée au ménage: la jeune fille est accablée par les occupations ménagères.
· La responsabilité de la femme chercheur dans la gestion du foyer entrave son efficacité professionnelle.
· Les filles ont peu d'occasions de contact avec les femmes qui ont réussi dans les filières scientifiques et exercent avec succès des professions scientifiques: c'est là l'importance des modèles.
· La société tend à marginaliser la femme instruite d'un certain niveau.
3. Les facteurs biologiques des filles:
- Les risques de grossesse et le besoin précoce de fonder une famille sont des handicaps à la poursuite de longues études par la fille comme l'exige la carrière de chercheur.- Les filles optent pour les professions médicales ou paramédicales s'expliquant par une sorte d'altruisme se traduisant par un désir de s'occuper d'autrui et de se mettre à son service.
- Compte tenu de la longueur des études en sciences, les filles préfèrent s'orienter vers les filières courtes afin de préserver le délai de procréation.
- Au niveau des familles, peu de choses sont faites pour faire comprendre la nécessité de donner aux filles non seulement une instruction, mais également de veiller à la répartition des tâches domestiques entre les deux sexes (le garçon ne lave pas les plats, ne balaie pas,...).