| La culture du caféier d'Arabie au Burundi (AGCD - Coopération Belge, 1988, 196 p.) |
L'exécution d'un labour profond demande un investissement très important en heures de travail. Il peut présenter l'inconvénient de ramener en surface des horizons peu fertiles. Très souvent, on lui préfère la trouaison c'est-à-dire l'ameublissement du sol limité aux emplacements qui seront occupés par les caféiers. Si la trouaison a été bien faite, ceux-ci disposeront, pour leur système radiculaire, d'un volume de terre meuble suffisant à leur développement.
Contrairement au labour profond la trouaison permet l'amendement, par une fumure organique (et/ou minérale), de la terre du trou de plantation.

Les dimensions des trous varient en fonction de la nature du sol. En moyenne, on pratique une trouaison de 60 cm de diamètre sur 60 cm de profondeur (Fig. 10.1). Lorsque l'étude du sol a montré la présence d'un horizon plus ou moins compact de concrétions latéritiques ou de graviers à moins de 1 m de la surface, il est indispensable d'effectuer des trous de 80 à 90 cm de profondeur afin de permettre le développement en profondeur des racines fixatrices du caféier.
La trouaison a lieu au moins un mois avant la plantation. La terre des horizons superficiels est séparée de celle moins fertile du sous-sol. Celle-ci est éparpillée en surface entre les emplacements de caféiers.
Le moniteur passe aussitôt après pour contrôler la profondeur des trous. Ceux-ci sont ensuite remblayés endéans les 2 à 3 jours maximum pour éviter la dessiccation et le durcissement des parois des trous, par une exposition prolongée à l'air et aux rayons solaires, et pour permettre le tassement de la terre.
La terre de surface est seule utilisée. Elle est préalablement enrichie de fumier ou de compost à raison de 5 à 10 kg par caféier (Fig. 10.2).

L'affaissement de la terre de remblayage, dû au tassement, est compensé en prévoyant une butte d'une dizaine de cm de hauteur.
Un deuxième passage de piquetage est réalisé ensuite pour réaligner les piquets.