| La culture du caféier d'Arabie au Burundi (AGCD - Coopération Belge, 1988, 196 p.) |
Dans sa contrée d'origine, l'arabica se trouve en sous-bois. Son architecture aérienne est façonnée au gré de son environnement. Il prend un faciès différent de celui qu'il a en culture. Les fonctions génératives sont réduites et sa productivité est faible.
Si on l'écarte des conditions naturelles de son milieu d'origine, et notamment si on le place dans des conditions d'éclairement plus intense, le caféier fleurit et fructifie plus abondamment.

Entre la faible productivité sous couvert forestier et les fortes productions obtenues en l'absence totale d'ombrage il peut être fait appel à un ombrage adéquat qui permette de mieux maîtriser la fructification du caféier.

Au début de l'expansion de la caféiculture au Burundi, l'ombrage a été introduit dans les caféières et une des principales essences utilisées fut l'Albizzia (A. stipulata Boir., A. moluccana Miq., A. lebbeck (L.) Benth.,...). Au fil des années, les résultats observés furent de plus en plus décevants. La productivité des caféiers diminua fortement. En cause, les effets de l'excès d'ombrage par des arbres devenus trop volumineux, à la ramure forte et à l'élagage extrêmement difficile et dangereux. Depuis une trentaine d'années, l'ombrage a été virtuellement abandonné et la quasi totalité des caféières en sont dépourvues.
Cependant, un ombrage bien conçu et bien conduit est une pratique culturale qui n'est pas dénuée d'intérêt. Il constitue, à quelques mètres du sol, un écran qui assure une meilleure régulation thermique et hygrométrique du microclimat de la caféière. L'action modératrice de l'ombrage sur les floraisons et les fructifications est bien connue et elle pourrait apporter une première ébauche de solution à l'atténuation des amplitudes cycliques des productions annuelles observées au Burundi.

L'ombrage reste cependant une pratique diversement appréciée. Quoiqu'il en soit, un très léger ombrage peut, a priori, avoir un rôle bénéfique à jouer.
Depuis peu, des caféiculteurs burundais montrent un regain d'intérêt pour l'ombrage de leurs caféières. Albizzia stipulata et Grevillea robusta A. Cunn. notamment font leur réapparition. Malheureusement, ces deux essences ont l'inconvénient de prendre un trop grand développement et de devenir assez rapidement incontrôlables. L'ombrage devenant excessif, la productivité va être fortement affectée. De plus, on ne peut sous-estimer la concurrence hydrique envers les caféiers, principalement en saison sèche (Fig. 14.1 et 14.2).
Parmi les essences d'ombrage, Leucaena leucocephala réunit beaucoup de qualités (Fig. 14.3). L'arbuste adulte atteint 3 à 4 m de hauteur. Le houppier qu'il développe en hauteur est de faible volume, son couvert léger est facilement contrôlé par la taille. Son système radiculaire est pivotant et profond, n'exerçant aucune concurrence ni en eau ni en éléments minéraux, même sur les caféiers très proches. Le Leucaena est également utilisé pour la réalisation d'un dispositif antiérosif sous la forme de haies continues permanentes (voir p. 69). Un des aspects positifs de l'ombrage de Leucaena établi au départ des haies antiérosives est la grande souplesse de son installation et ultérieurement de son contrôle. Au départ, lors d'une taille d'entretien des haies, on réserve environ 650 tiges par ha, uniformément réparties. Ainsi, dans le schéma ci-dessous (Fig. 14.4), le premier ombrage est formé de jeunes tiges à l'écartement de 3 m sur 5 m. Le nombre de tiges est réduit progressivement à 300, voire moins, selon la couverture désirée. L'entretien de l'ombrage consiste, deux fois par an, à sectionner les pousses et rejets apparaissant sur le tronc des Leucaena et à diminuer, selon les nécessités, l'importance du houppier par enlèvement des branches charpentières excédentaires. Dans l'éventualité d'une suppression totale de l'ombrage, les tiges sont aisément recépées sans risque d'endommager les caféiers. En l'absence de haies antiérosives de Leucaena, l'ombrage peut être obtenu par semis en poquets ou de préférence par la plantation de jeunes plants de Leucaena éduqués en sacs plastiques.
Densité de plantation: 2 666 caféiers/ha (2, 50 m x 1, 50 m)
Densité arbres d'ombrage: environ 333 Leucaena/ha (6 m x 5 m)
