Eurêka N° 24/25 - Publication Trimestrielle du CNRST - La société Dagara, «une société contre l'état?». (Documents du Burkina Faso, Mars - Juin 1998, 20 p.)
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close this folderOpinion - Mondial 98 - Bilan et perspectives pour les équipes africaines
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View the documentRonaldo, Platini et consorts
View the documentMédiocrité et amateurisme
View the documentNon à l'improvisation
View the documentDans la cour des "grands"
View the documentRigueur et sérieux
View the documentFlatteries et flagornerie
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View the documentManque de réalisme et d'humilité
View the documentLions indomptables
View the documentPréparation insuffisante
View the documentQue faire?

En effet, ces derniers temps, on note une transformation progressive et même de plus en plus rapide de l'état d'esprit des footballeurs africains de l'élite, suite à un certain nombre de performances face aux grandes nations de football. On peut citer les performances de la Tunisie à Argentine 78 suivies de celles du Cameroun et surtout de l'Algérie à Espagne 82, les prouesses du Maroc qui atteint le deuxième tour (une première pour une sélection africaine) à Mexico 86, l'excellent parcours des Lions indomptables en 1990 en Italie et, enfin l'émergence du Nigeria au Mondial américain et son installation dans la cour des "grands" lors du tournoi olympique d'Atlanta.

Les meilleurs footballeurs africains évoluent dans les meilleurs clubs du monde. On observe même, de plus en plus, une sérieuse hémorragie au niveau du continent. Tous les meilleurs talents sont systématiquement exportés dans les clubs huppés du Nord. Toute une horde de managers et de spécialistes des transferts, si ce n'est quelquefois une maffia bien organisée, se charge des différentes opérations.

Par ailleurs, les équipes bénéficient d'une excellente dotation matérielle par le biais de nombreux sponsors et contrats divers sans oublier les différentes primes (au niveau national comme de la FIFA). En plus, aucun pays africain qualifié pour France 98 n'a lésiné sur les moyens financiers à dégager pour préparer sa sélection.

L'ensemble des sélections a bénéficié d'une préparation de haut niveau avec des stages et des tournois même en dehors du continent et cela en respectant un environnement favorable à la concentration (infrastructures et hébergement notamment). Bref, on observe, dans l'ensemble des sélections, un environnement matériel et technique comparable à celui de leurs homologues européens et américains.

Sur le plan du jeu technique, tactique et stratégique, la plupart des joueurs africains n'ignorent plus rien des exigences du football moderne, eux qui évoluent, pour l'essentiel, dans des championnats très relevés. Le seul point d'ombre reste la question de l'efficacité offensive que seuls les Nigérians semblent à même de résoudre partiellement.

À côté de ces indéniables atouts, il faut souligner, cependant, des insuffisances de taille qui constituent le noeud gordien du football africain, même au niveau de l'élite.


La défense nigériane en difficulté face aux attaquants bulgares.

Ainsi, l'instabilité des sélections nationales et de leur encadrement constitue une tare à guérir définitivement. Mieux, l'incapacité de confier l'encadrement et le management des équipes à des valeurs nationales, et cela plus de quarante ans après les "indépendances", témoigne du "sous-développement" de ce football africain qui est à l'image de nos États. Ce fait met à nu l'inorganisation et le manque derigueur dans la conduite et la direction du football en Afrique malgré les efforts importants déployés par la CAR

Les sélections africaines ne disposent pas ou ne semblent pas vouloir acquérir un encadrement national digne de ce nom; de plus, et c'est là le comble, ce n'est qu'à quelques semaines du mondial que les responsables font des pieds et des mains pour leur trouver, dans la précipitation et de façon hasardeuse et subjective, des encadreurs miraculeux et autres sorciers. En dehors des sélections marocaine et tunisienne, les autres sélections africaines, pour France 98, n'ont pu disposer définitivement d'un encadrement et d'un staff technique qu'au mois de mars 1998. Une telle situation ne favorise pas la sérénité et un état d'esprit propice à une bonne préparation pour une compétition aussi importante que la Coupe du monde.