Eurêka N° 24/25 - Publication Trimestrielle du CNRST - La société Dagara, «une société contre l'état?». (Documents du Burkina Faso, Mars - Juin 1998, 20 p.)
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La rage est la plus redoutable des maladies transmises à l'homme par l'animal. Cette maladie s'attaque au fonctionnement du système nerveux et perturbe les neurones, notamment ceux qui régulent la respiration et l'activité cardiaque. Elle provoque chaque année la mort de dizaines de milliers de personnes dans le monde. Selon l'OMS, la rage demeure une menace dans 87 pays et le nombre total de personnes ainsi exposées s'élève à 2,4 millions.

Dans bien des régions de la planète, on manque de données sur la rage, d'où la difficulté de mesurer au plus près son impact sur la santé humaine et animale. On estime généralement que chaque année, cette maladie tue au bas mot 40 000 personnes et ce chiffre est porté à 70 000 si l'on se fonde sur des estimations de cas pour les pays très peuplés d'Afrique et d'Asie où elle est endémique. La rage se transmet le plus souvent à l'homme par morsure, griffure ou léchage d'un animal infecté: chien, chat, renard, mangouste, mouflette, chacal, loup ou chauve-souris. Même le bétail peut contracter la rage et la transmettre à l'homme. L'Asie est le continent le plus touché avec 95 % des cas mondiaux. Juste derrière vient l'Afrique avec quelques 5 000 décès. Ce chiffre n'est qu'une estimation établie à partir du peu de données collectées dans cette région. Comme en Asie et en Amérique latine, le chien est en Afrique, à l'origine de la plupart des décès par rage.

Le chien atteint de rage devient agressif et mordeur, contrairement aux animaux sauvages qui, malades, se laisseront facilement approcher par l'homme et le contamineront par contact. Dans certaines régions de l'est et du centre de l'Afrique, la croissance de la population canine est plus rapide que celle de l'homme. Ce constat pour le moins inquiétant constitue une préoccupation sérieuse pour les spécialistes de la rage. Faute de programmes de vaccination de masse des chiens domestiques et d'élimination des chiens errants, le problème de la contamination de l'homme par le chien restera entier.

Course contre la montre

Chaque année, plus de 10 millions de traitements antirabiques sont administrés à des personnes qui ont été en contact avec des animaux soupçonnés d'avoir la rage. L'une des particularités de la maladie est qu'elle peut être prévenue par vaccination après contamination, mais à condition que le vaccin soit injecté le plus rapidement possible: dès que les premiers symptômes apparaissent, l'issue fatale est certaine en moins de dix jours. Le traitement antirabique, mis au point par Pasteur en 1895, consiste en une série de vaccins étalés sur une période de 90 jours et coûte environ 100 dollars. Autant dire qu'il est souvent inaccessible aux plus pauvres. Mais certains spécialistes, notamment en Thaïlande, ont expérimenté avec succès un nouveau protocole en pratiquant des injections intradermiques en plusieurs points du bras. Cette méthode permet de diminuer de 80 % les doses nécessaires aux injections intramusculaires classiques. D'autres travaux sur différents protocoles d'injections intradermiques sont en cours pour tenter de diminuer le coût du traitement. C'est, selon les spécialistes, la seule voie possible pour abaisser le prix de revient puisque les nouveaux vaccins, dits de la troisième génération, restent toujours très onéreux et techniquement difficiles à produire.