
| Le cotonnier en Afrique tropicale, Maisonneuve et Larose, 1986 |
Lorsqu'il est acheté, le coton-graine est transporté vers des usines d'égrenage, qui sont implantées le plus possible au centre des régions de production. Il passe dans des machines dites «égreneuses» qui séparent la graine de la fibre en arrachant celle-ci au moyen de scies tournant à grande vitesse. La fibre est ensuite pressée en balles en vue de son transport vers les usines textiles qui l'auront achetée. La graine, tout au moins celle qui n'est pas conservée pour la semence, est triturée pour obtenir de l'huile et du tourteau (voir fig. 31).
La valorisation du coton cultivé en Afrique fait l'objet de progrès continuels. La fibre, qui était autrefois surtout exportée à l'état de matière première, est de plus en plus utilisée dans des industries textiles locales. Quant à la graine, qui autrefois servait de combustible, d'engrais ou de complément de nourriture des bovins, ou encore était exportée vers des huileries d'Europe ou du Japon, elle est maintenant transformée localement: son huile est entièrement consommée par les habitants, tandis que le tourteau est, soit exporté, soit utilisé dans le pays même, pour l'alimentation du bétail.
La culture de variétés de cotonniers «glandless» (= sans glandes à gossypol toxique) permettrait de nouveaux progrès dans la valorisation de la graine: augmentation du rendement en huile raffinée, et surtout production, au lieu de tourteaux avec cellulose, de farines protéiniques utilisables en alimentation humaine. Ce progrès serait particulièrement apprécié dans les pays où l'on a à résoudre des problèmes de faim et de malnutrition.
Le schéma de la figure 31 sera à modifier lorsqu'on traitera des graines «glandless» dans des huileries adaptées: à partir de 280 kg d'amandes, on obtiendra alors environ 165 kg de farine à 60 % de protéines, et 100 kg d'huile raffinée.