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close this bookAgro-sylvo-pastoralisme. L'expérience du projet RCS-Sahel, Institut du Sahel / CILSS, 1997
close this folderChapitre III Acquis du projet
close this folder3.1 Résultats techniques
close this folder3.1.1 Caractérisation et fonctionnement du Milieu
View the document3.1.1.1 Introduction
View the document3.1.1.2 Cartographie de l'utilisation et de l'occupation actuelle des terres
View the document3.1.1.3 Etude phyto-écologique de la végétation post-culturale
View the document3.1.1.4 Etude de la structure et de la dynamique de la végétation post-culturale
View the document3.1.1.5 Etude de la dynamique des gommeraies naturelles
View the document3.1.1.6 Système racinaire des ligneux
View the document3.1.1.7 Mortalité des ligneux dans la zone de crue de la mare d'Oursi

3.1.1.7 Mortalité des ligneux dans la zone de crue de la mare d'Oursi

Contexte de l'étude

Le Burkina Faso a connu une pluviométrie exceptionnelle durant la saison pluvieuse 1993/1994. Ainsi, la zone d'Oursi qui appartient à la zone sahélienne, a reçu à plus de 550 mm alors que la moyenne est de 340 mm. La chute d'une telle quantité d'eau en une saison pluvieuse a engendré une crue exceptionnelle. La superficie de la mare qui est de 1200 hectares en moyenne s'est étendue surplus de 2500 hectares, emblavant du même coup toutes les formations ligneuses des bordures avec des lames d'eau atteignant parfois plus d'un mètre et cela pendant plus de 5 mois. Il s'est alors produit une forte mortalité des ligneux dont l'importance varie suivant les espèces, leur taille, leur profondeur et la durée de la submersion. Cette étude a pour objectif de faire l'état de la mortalité des ligneux dans la zone de crue, résultant de la crue exceptionnelle de 1994.

L'évaluation de la mortalité des ligneux dans les zones de crue a été faite par place aux de 50 cm de côté, rapportés à un hectare. Dans ces place aux est effectué un comptage des pieds morts par espèce. La mortalité est également étendue en relation avec la hauteur de la lame d'eau et la hauteur des arbres.

Résultats

Il convient de noter que cette situation exceptionnelle a provoqué un phénomène ponctuel que toutes les limites qu'il convient de donner à unetelle étude.

L'augmentation de la mortalité est constatée aussi bien en zones exondées qu'en zones inondées.

L'étude fait ressortir la sensibilité de toutes les espèces à l'inondation, notamment à la hauteur de l'eau et à la durée de la submersion. Cette sensibilité à l'inondation est variable suivant les espèces et la profondeur de la lame d'eau. Pour Acacia raddiana par exemple, la mortalité varie entre 62,9 % et 100 % pour des profondeurs allant de 0,5 m à 1,19 m. Ensuite viennent respectivement Acacia seyal, Balanites aegyptiaca et Bauhinia rufescens. La résistance de certaines espèces à la submersion a été observée. C'est le cas de Acacia nilotica var. Adansonii avec une moratlité de 10,8 % correspondant à une profondeur d'eau de 1,56 m et de 51,1 % à 1,70 m. Les plus fortes mortalités sont enregistrées sur les sols sableux. Les observations ont également montré que la résistance des espèces est fonction de la taille des individus. En effet les arbustes et les arbres jeunes sont les plus touchés par cette mortalité.

Cette mortalité exceptionnelle est venue s'ajouter à celle due aux sécheresses chroniques successives de ces dernières années. L'état de la pluviométrie, la crue et les activités anthropiques et zoogénes jouent un grand rôle dans la régénération et l'évolution de la végétation des mares.

Conclusions partielles

La ceinture ripicole de la mare d'Oursi a une importance capitale dans la protection de cette dernière contre l'ensablement et l'envasement. La mortalité massive des espèces ligneuses des bordures (56,6 %) liée à la crue exceptionnelle de 1994 est une menace supplémentaire pour sur la pérennité de la mare d'Oursi.

Compte tenu de l'importance de cette mare pour l'équilibre écologique et socio-économique de la région, il est indispensable que des solutions soient envisagées, notamment le reboisement de la zone par des espèces adaptées, la fixation des dunes, la réalisation des banquettes anti érosives et une végétalisation des glacis, en vue de ralentir le ruissellement et atténuer les crues.