
| L'eau et la santé dans les quartiers urbains défavorisés, GRET, 1994 |
| De nombreuses initiatives à travers le monde |
![]() | Thème 4: Financement et gestion des opérations |
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Une nouvelle donne institutionnelle clans les quartiers défavorisés de Yaoundé
CONTEXTE
La ville de Yaoundé (600000 habitants) réunit quatre communes indépendantes au sein d'une communauté urbaine. N'konldongo, qui appartient à la commune IV située au sud-est, est très représentative des quartiers moyennement ou faiblement équipés. Ce quartier ne dispose d'aucune borne-fontaine publique. Les habitants achètent l'eau potable à ceux, plus aisés, qui disposent d'un branchement Snec (300 US$); bien entendu, cette revente privée rend l'eau plus onéreuse pour les plus démunis. La moitié des familles, qui n'a pas les moyens d'acheter ainsi l'eau, utilise les points d'eau traditionnels (les puits et les sources) souvent pollués faute d'aménagements de qualité.
Le service d'assainissement des ordures ménagères, organisé par la communauté urbaine et sous-traité à une entreprise privée jusqu'en 1991, est actuellement sous la responsabilité des communes qui l'assument difficilement faute de ressources.
De petites entreprises privées offrent des prestations de ramassage d'ordures qui ne sont accessibles qu'à une partie aisée de la population. Les habitants ne pouvant y recourir s'efforcent de transporter leurs ordures vers des dépôts sauvages en attendant une hypothétique intervention de la commune ou de la communauté urbaine.
DESCRIPTION DE L'ACTION
Un espace de dialogue et de négociation, a été instauré entre les associations du quartier et les institutions. Un dispositif de suivi des actions a été mis en place, le Groupe opérationnel de Yaoundé IV, afin de mettre les instances locales en position de maître d'ouvrage.
HISTORIQUE
Le Gret et l'Afvp ont entamé un travail de développement urbain en 1991 à N'konldongo. Ce projet faisait suite à des demandes adressées à l'Afvp par le maire de la commune de Yaoundé IV et une association de base implantée dans le quartier.
La première demande, transmise à un bailleur de fonds spécialisé dans le secteur hydraulique, le Syndicat des eaux d'Ile de France (Sedif), portait sur la desserte en eau potable du quartier.
Mais la situation du quartier justifiait la mise en place d'autres actions visant plus spécifiquement l'émergence de nouveaux opérateurs locaux et de nouveaux mécanismes de gestion urbaine. Ce projet a été financé par le ministère français de la Coopération.
OBJECTIFS
L'accompagnement et l'encouragement des initiatives individuelles ou de groupes est le principe de base à partir duquel ont été définis plusieurs objectifs: avancer dans la compréhension des dynamiques urbaines (différentes des dynamiques rurales), identifier et promouvoir les acteurs les plus énergiques et les leaders du développement local; aider la population à surmonter sa résignation à l'égard des services publics; tester au travers d'actions concrètes des mécanismes alternatifs de gestion des services publics; réunir différents acteurs (commune, Ong etc.) et mettre en place des dispositifs pérennes de concertation.
Il s'agit de promouvoir les structures locales (associations de jeunes, de femmes, de quartiers) qui peuvent jouer un rôle dans le développement des services publics à faible coût et adaptés aux besoins: la gestion des bornes-fontaines par des comités d'usagers (contrôlant le vendeur d'eau qui est souvent un artisan privé); l'assainissement du bas-fond grâce à des travaux communautaires réalisés par des jeunes du quartier qui veulent installer un terrain de foot; l'amélioration des points d'eau existants (puits et sources) en mobilisant les énergies communautaires et l'épargne locale.
Le projet a également pour objectif de promouvoir le renforcement et la création d'Ong ou de bureaux d'études locaux spécialisés dans l'ingénierie urbaine.
RÉSULTATS OBTENUS
Le quartier de N'konldongo a montré un dynamisme extraordinaire. Par exemple, les jeunes du quartier ont formé des associations de 30 à 50 personnes pour s'occuper du bas-fond.
Cette explosion du mouvement associatif dans toute la commune résulte du succès des opérations, qui a prouvé aux habitants leur capacité à réaliser des ouvrages.
PROBLÈMES RENCONTRÉS
Les actions tests (passerelles, bas-fond, sources) ont bien été appropriées par la population. Faute de moyens, elles restent cependant limitées. Il est temps que les partenaires institutionnels prennent le relais. Les négociations avec certains partenaires institutionnels incontournables (Snec, Mairie, Minuh) ont été très serrées. L'aboutissement de certaines actions comme les bornes-fontaines (successivement fermées par la Snec), l'aménagement du bas-fond (qui nécessite une requalification foncière), ou le ramassage des ordures, a été notablement ralenti par un immobilisme certain des services techniques centraux.
LEÇONS À TIRER DE L'EXPÉRIENCE
Pour relancer la "machinerie sociale" dans des quartiers comme N'konldongo, il faut avant tout s'attacher à répondre à la demande des populations, les aider à surmonter leur résignation à l'égard des services d'Etat, les convaincre de leur propre capacité à entreprendre. Ce genre de projet exige la mobilisation d'opérateurs spécialisés sur le terrain, comme le Cass, qui a fourni un travail considérable.
Créer des lieux de médiation entre les différents partenaires (communes, services techniques nationaux) et permettre aux représentants des quartiers défavorisés de se faire écouter est indispensable.
PERSPECTIVES
Face au poids des événements les institutions ont dû céder et se montrent beaucoup plus ouvertes à une collaboration à des actions de développement soutenues par les populations.
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Localisation: Yaoundé (commune n o 4), Cameroun
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Contacts
- Isabelle DE BOISMENU, architecte urbaniste, GRET, 213 rue La Fayette 75010 Paris (France). Tél: (33-1) 40.05.61.61. Fax: (33-1) 40.05.61.10.- Bernard COLLIGNON, hydrogéologue, 145 rue de Lourmel 75015 Paris (France). Tél et fax: (33-1) 45.54.01.53.