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close this bookLes exportateurs d'Afrique de l'ouest se regroupent et agissent, vol.3 - n°1, Reseau de L'entreprise en Afrique de L'ouest, 1995
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Séminaires de la banque mondiale sur la situation du développement du secteur prive en Afrique

7 ET 8 DECEMBRE 1994 - NAIROBI, KENYA -

Cet événement majeur s'est tenu à Nairobi, au Kenya, à l'initiative de la Banque Mondiale. Pour la première fois, la Banque a accepté de discuter un nouveau programme pour un développement économique durable des pays d'Afrique qui repose sur le secteur privé africain, moteur de la croissance et un partenaire à part entière de la Banque et des Autorités africaines. Plus de cent cinquante chefs d'entreprises de toutes les régions d'Afrique, tous les chefs de service de la division pour l'Afrique de la Banque Mondiale, des représentants de nombreuses agences de coopération étaient présents: ODA, CFD, IMF, IFC, AFDB, PNUD, Fondation Aga Khan, L'Union Européenne et le Ministère français de la Coopération. Trois membres du Réseau de l'Entreprise en Afrique de l'Ouest y participaient au nom du Réseau: Abdoulaye NDIAYE (Sénégal), Ibrahima MAKANGUILE (Mali) et Ken OFORI-ATTA (Ghana). En outre, les discours d'ouverture ont été prononcés par Ken OFORI-ATTA, membre du Comité Exécutif du Réseau de l'Entreprise et Mr. Edward JAYCOX, Vice Président de la Banque Mondiale pour l'Afrique.

Cette conférence de deux jours a été centrée sur la compétitivité de l'industrie africaine, l'environnement des affaires en Afrique, le rôle du secteur financier africain et l'établissement d'un partenariat entre le secteur privé en Afrique et la Communauté Internationale. Des ateliers de travail étaient organisés pour examiner de façon critique des questions telles que les obstacles à la privatisation, la forme et la mise en place des politiques gouvernementales à l'égard du secteur privé, la création des institutions nécessaires pour aider au développement du secteur privé. En résumé, tous les participants ont convenu que l'Afrique avait clairement les capacités humaines et l'esprit d'entreprise nécessaires pour assurer son développement économique. Plus encore les participants ont reconnu que les relations biaisées entre la Banque et les autorités des pays africains n'avaient fait qu'accroître la marginalisation du secteur privé africain.

Monsieur Jean François Rischard (vice président des Finances et du développement du secteur privé à la Banque Mondiale) a fait une allocution sur les forces gouvernant l'Economie mondiale. Sa présentation a été particulièrement perspicace et captivante et a permis de montrer les capacités de l'Afrique à court-circuiter les étapes du cycle du développement. Les questions fondamentales, à son avis, sont l'Education et la Technologie, une force de travail susceptible d'être formée, des systèmes de communication fiables, un système de santé publique qui fonctionne, des ressources naturelles, des syndicats moins présents qu'en Occident et des pays qui ne sont pas encombrés par des systèmes de sécurité sociale coûteux comme en Europe. Le chaînon manquant au développement de l'Afrique est, par contre, une conduite éclairée et une bonne gestion.

La réunion s'est terminée par un résumé des discussions des séminaires et les propositions de Mr. Edward Jaycox concernant les prochaines étapes. Il a reconnu le besoin de (1) rechercher des moyens pour que la banque Mondiale puisse interagir plus directement avec le secteur privé; (2) créer de nouveaux moyens financiers pour aider le secteur privé; et (3) examiner les Articles du Traité IDA afin de faciliter l'accès aux prêts pour le secteur privé.

Il a reconnu que, dans toutes les activités de la Banque, le succès ne serait atteint que si des réponses sont apportées par le secteur privé. Il est par conséquent de l'intérêt de la Banque Mondiale de mettre en oeuvre une stratégie de réforme avec assez de courage et de conviction pour permettre de maintenir la nouvelle idéologie de partenariat à l'ordre du jour. Les opérateurs du secteur privé ne seront pas les seuls à en tirer profit. Tous les acteurs y compris les gouvernements, la Banque et le secteur privé en bénéficieront.

Le résumé du rapport de la Banque fait ressortir les trois enseignements généraux suivants:

a) une nouvelle génération d'entrepreneurs apparaît en Afrique. Elle est convaincue de l'absolue nécessité d'accélérer le processus de libéralisation politique et économique. C'est un changement qui vient à point après les années de résistance aux réformes. Cette nouvelle génération d'entrepreneurs est beaucoup plus optimiste quant aux perspectives de développement du secteur privé africain. Elle est persuadée que, sous réserve de la mise en place d'un environnement adéquat, elle sera en mesure d'être compétitive sur les marchés extérieurs;

b) les entrepreneurs veulent participer à l'élaboration et à la mise en oeuvre des politiques économiques. Compte tenu des malentendus et d'un manque de confiance mutuelle entre les agents du secteur public et la communauté des affaires, les entrepreneurs souhaitent que des débats soient organisés et que le secteur privé soit systématiquement consulté tant dans la phase d'élaboration que pendant la mise en oeuvre de ces politiques

c) les participants ont accordé une importance essentielle à l'établissement d'un environnement macro économique stable, à la nécessité d'accélérer le processus de privatisation (considéré comme un indicateur essentiel de la volonté de réforme des autorités), à la soumission à un Etat de droit, et en règle générale à une gestion nettement améliorée dans tous les secteurs de la vie économique. Sur ce dernier point les participants considèrent que bien peu de progrès ont été réalisés. Du point de vue du secteur privé, tels sont les domaines sur lesquels la Banque devrait concentrer ses efforts.

Nous pensons que le Réseau de l'Entreprise constitue une force solide qui permet d'élaborer des politiques qui concernent le développement du secteur privé. C'est la seule institution qui s'est révélée capable de réunir une élite de 300 hommes et femmes d'affaires dans la sous région. Abdoulaye Ndiaye, coordonnateur du Réseau du Sénégal a présenté ces points de façon très convaincante pendant la réunion. Le Réseau a joué un rôle essentiel pendant cet événement, il continuera à jouer un rôle moteur dans toutes les réunions à venir de ce type. Vive le réseau!