Cover Image
close this bookInsectes nuisibles aux cultures vivrières et maraîchères Tome 1: Notions de base, Maisonneuve et Larose, 1988
View the document(introduction)
View the documentLe technicien d'agriculture tropicale
View the documentRemerciements
View the documentAvant-propos
Open this folder and view contentsPremier volume - notions de base
View the documentAgence de coopération culturelle et technique
View the documentLe centre technique de coopération agricole et rurale (C.T.A.)

Avant-propos

Plusieurs pays africains, en particulier ceux du Sahel, vivent une tragédie permanente dont l'issue n'apparaît la faim chronique.

L'aide alimentaire s'accroît, ce qui les place en position d'assistés. Les nouvelles habitudes alimentaires prises par les populations, surtout en ville, ne peuvent que contribuer à perpétuer cette dépendance. Renverser cette situation implique une volonté politique, claire et affirmée, de vouloir arriver à l'autosuffisance, objectif que les techniques agricoles modernes permettent d'atteindre.

Depuis des siècles, le paysan a perpétué un mode de culture traditionnel: superficies restreintes (moins d'un hectare), semences à faible rendement mais bien adaptées aux facteurs adverses, climatiques et parasitaires. L'accroissement notable des rendements qu'apportent la maîtrise de l'eau, l'adoption de meilleures pratiques culturales et de semences sélectionnées ainsi que l'application de fertilisants apparaît inutile si celui-ci se trouve, en partie, ou totalement, perdu à la suite de maladies, d'attaques de ravageurs ou par la nuisance des mauvaises herbes.

La protection des cultures sur pied et après récolte représente une nécessité vitale que les progrès constants accomplis dans les sciences physiques, chimiques et biologiques, permettent de satisfaire. Toutefois, son adoption et sa vulgarisation font appel à des méthodes et à une technologie qui doivent tenir compte des conditions locales spécifiques, des mentalités, des traditions, ainsi que des possibilités de financement limitées des agriculteurs ou des gouvernements.

La mise en œuvre d'une protection phytosanitaire (contre les insectes, les vertébrés, les maladies, les mauvaises herbes,...) s'avérera moins coûteuse qu'une augmentation souvent difficile, et écologiquement contestable, des surfaces: il ne faut pas, en effet, oublier la fragilité du milieu et les risques d'érosion et de latéritisation.

La résistance du milieu paysan aux techniques nouvelles qui permettraient de passer progressivement à une agriculture plus intensive, le faible niveau d'encadrement et d'instruction, constituent un frein au développement de la lutte.

«Les ressources naturelles et techniques existent bien souvent pour permettre d'envisager un ajustement global acceptable de l'offre à la demande alimentaire dans ces régions du monde si frappées par les déficits, et pourtant on constate que la concrétisation des possibilités tarde à se manifester» (Michel LABONNE).