Cover Image
close this bookGestion de terroir : le concept et son développement, PNUD /UNSO, 1994
close this folderI. le concept et son environnement
View the documentLa dégradation de l'environnement au Sahel
View the documentLe concept de Gestion de Terroirs
View the documentOrigine de l'approche
View the documentBâtir sur les acquis
View the documentLa Gestion de Terroirs en pratique
View the documentEléments clés de la Gestion de Terroirs

La dégradation de l'environnement au Sahel

Le concept de Gestion de Terroirs est apparu ces dernières années en Afrique de l'Ouest sahélienne en réponse au problème de la dégradation de l'environnement mis en évidence par différents phénomènes tels que: la dégradation des sols suite à l'érosion éolienne et hydrique, le déclin de la fertilité des sols, le réduction de la densité du couvert végétal, une vulnérabilité accrue à la sécheresse, ainsi qu'une réduction générale de la diversité des espèces végétales et animales. Ces problèmes d'environnement peuvent considérablement varier d'un endroit à l'autre; ils résultent, en effet d'un grand nombre de facteurs locaux, nationaux et régionaux (UNSO, 1992).

La zone Sahélienne a, dans son ensemble, connu une baisse importante du niveau de précipitations annuelles au cours des 30 dernières années. Hulme (1992) fait état, dans une comparaison de relevés pluviométriques, d'une diminution d'au moins 30 % entre les normales pluviométriques pour les périodes 1931-1960 et 1961-1990.

Sur cette toile de fond, un ensemble de facteurs économiques, démographiques et institutionnels se sont greffés, exerçant une forte pression sur les sols, les ressources en eau, les pâturages et les forêts de la région. Il n'a pas toujours été facile d'apprécier l'importance relative de ces différents facteurs, comme le prouve le fastidieux et stérile débat sur la "désertification" et son origine anthropique ou climatique, ni même de préciser l'importance réelle de la dégradation des ressources dans un endroit donné; ceci est, en partie du à l'insuffisance d'observations à long terme à partir desquelles on pourrait déduire des tendances claires concernant, par exemple, l'épaisseur ou la qualité des sols.

On a de plus en plus de preuves du caractère dynamique et flexible des systèmes sahéliens, dont les niveaux de couverture végétale et de productivité ainsi que leur composition en espèces, sont fortement affectés par l'importance et la répartition de la pluviométrie (Behnke et Scoones, 1992; Hiernaux, 1992). Par ailleurs, il est clair que les régions les plus touchées se trouvent dans des zones agricoles où les densités de population élevées et les défrichements subséquents sont les causes principales de dégradation des ressources naturelles.

La "progression du désert" comprise comme étant le déplacement inexorable de dunes de sable vers le sud n'est pas un problème significatif pour la région Soudano-Sahélienne dans son ensemble. Là où des problèmes localisés de déplacement de dunes existent, ils ne sont pris en compte que dans la mesure où ces mouvements menacent des biens d'importance majeure - tels des routes, des champs ou des villes. On dispose maintenant de nombreux éléments permettant d'inverser l'image classique du pasteur nomade responsable de la dégradation catastrophique de l'environnement au Sahel (Bonfiglioli, 1992). Ainsi, on reconnaît de plus en plus que ces systèmes pastoraux sont adaptés et méritent une attention et une aide accrue leur permettant d'assurer une production animale pérenne sur les pâturages faiblement arrosés du Sahel.

Une gestion et une utilisation plus efficaces à long terme des ressources naturelles du Sahel sont particulièrement importantes, étant donné la forte dépendance des populations pour qui elles sont sources d'emploi, de revenus, de sécurité alimentaire, mais aussi à cause de l'importance des exportations de coton, d'arachides et de bétail pour les économies nationales. La réduction récente des possibilités d'emploi et de revenus dans les pays côtiers, le renforcement contrôle des migrations et la réduction de l'activité économique ont accru l'intérêt des migrants pour le retour au village.