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close this bookLe désherbage des cultures triopicales, Maisonneuve et Larose, 1988
View the document(introduction)
View the documentAvant-propos
View the documentI. Mauvaises herbes et herbicides
View the documentII. Connaissance des mauvaises herbes
Open this folder and view contentsIII. Les méthodes de désherbage
Open this folder and view contentsIV. Appareils utilises pour l'epandage des herbicides
Open this folder and view contentsV. Les herbicides
Open this folder and view contentsVI. Désherbage des cultures tropicales annuelles
Open this folder and view contentsVII. Désherbage des cultures perennes
Open this folder and view contentsVIII. Cas particuliers
Open this folder and view contentsLexique
View the documentBibliographie sommaire

I. Mauvaises herbes et herbicides

Les mauvaises herbes ou adventices constituent un problème plus ou moins grave selon les plantes; mais toutes les cultures leur paient un tribut important.

Les estimations moyennes de pertes de récolte dues aux adventices se situent autour de 25%, peuvent atteindre 50 et 80 % sur certaines cultures vivrières.

Jusqu'à une époque récente la lutte contre les mauvaises herbes consistait en travaux de binage, sarclage, houage, hersage et autres façons aratoires

La forme la plus ancienne de désherbage est l'arrachage manuel. Progressivement les techniques se sont perfectionnées, avec l'emploi d'outils de mieux en mieux adaptés à cette tache. Au XVIII e siècle, on a eu l'idée de profiter des semis en lignes pour détruire les mauvaises herbes à l'aide de machines tirées par des chevaux. Le désherbage mécanique était né et il se perfectionna jusqu'à nos jours pour prendre la forme des sarclages motorisés que nous connaissons. Parallèlement, de nouvelles voies de recherches s'ouvrirent dès la fin du XIX e siècle et les propriétés herbicides de substances minérales simples furent reconnues. Ces produits tuaient les adventices à feuilles larges présentes dans les cultures céréalières. Ainsi en France, on découvrit en 1896 l'action du sulfate de cuivre sur Sinapis arvensis, en 1897 fut mis en évidence l'effet herbicide du sulfate de fer et on utilisa dans le même but un mélange d'acide sulfurique et de nitrate de cuivre. A la même époque des découvertes semblables étaient faites en Allemagne et aux Etats-Unis. Ce n'est cependant que vers 1920 que l'utilisation de telles substances se développe en Europe avec les travaux sur les propriétés herbicides de l'acide sulfurique et la mise au point de son utilisation pour le désherbage du blé.

La découverte du premier herbicide de synthèse le 2,4 D, suivie bientôt par une pléiade de spécialités, provoqua une véritable révolution dans les techniques agricoles. Mais ce changement a été surtout bénéfique aux pays industrialisés dont l'agriculture était déjà très mécanisée et dont le niveau et la valeur de production pouvaient supporter le coût de ces produits.

Les progrès ont été beaucoup plus timides dans les pays en voie de développement et les raisons en sont nombreuses

- d'abord le petit paysan ne possède pas l'équipement nécessaire et hésite devant le coût de son acquisition;

- les herbicides sont des produits relativement onéreux;

- la main-d'œuvre familiale n'entraîne pas de débours pécuniers et même la main-d'œuvre salariale n'est pas à un niveau très élevé.

D'autre part les prix agricoles payés aux producteurs restent trop bas et en cas de surproduction, il n'est pas rare que les denrées soient bradées.

Certaines spécialités phytosanitaires ne sont pas sans danger pour les utilisateurs.

Cet ensemble de raisons fait qu'on constate un blocage vis-à-vis de leur emploi.

Cette attitude, si elle est négative, se comprend quand on admet que

l'utilisation des herbicides ne peut remplacer le travail manuel et n'intervient qu'en complément ou dans le cas de situation critique.

Mais en face de ce tableau sans complaisance on soulignera que les herbicides ont fait une percée surtout dans les cultures de rente.

Les difficultés de main-d'œuvre déjà perceptibles dans nombre de pays ne pourront qu'accélérer leur utilisation.

Et s'ils sont employés avec discernement ils contribueront à alléger l'ingrat travail de la terre.