
| Le désherbage des cultures triopicales, Maisonneuve et Larose, 1988 |
| VII. Désherbage des cultures perennes |
Les bananiers, en culture pure, supportent très mal la concurrence des adventices.
Dans le passé, l'utilisation d'un mulch épais constituait une solution efficace mais le coût d'une telle méthode la rend obsolète.
Il convient d'ailleurs de distinguer les différents stades végétatifs de la plantation pour savoir comment progresse l'enherbement.
Quand les bananiers sont jeunes, le sol reste découvert et la concurrence des adventices est à ce moment la plus dangereuse. Lorsque les bananiers grandissent leurs couronnes foliaires forment écran et définissent des aires ombragées de plus en plus importantes qui limitent la poussée des mauvaises herbes.
Les recépages successifs créent dans les mois suivants des situations de semi-éclaircies qui favorisent à nouveau l'extension des adventices. Après 2-3 ans la bananeraie peut être considérée comme adulte et le couvert est permanent. Le problème essentiel est donc d'assurer un bon départ à la culture.
Les agriculteurs désirent donc des interventions rapides et dont les effets soient assez prolongés pour aller au-delà de la période critique où les jeunes feuilles du bananier sont à moins de un mètre du niveau du sol. Au moment de la plantation, on dispose de 6 à 8 semaines au cours desquelles un herbicide ne peut être nocif au niveau des racines. On utilisera donc ceux qui ont une rémanence assez faible, et en pré-levée. Le diuron a été utilisé à 4,5-5 kg m.a./ha dans 4501 d'eau, ainsi que la simazine (2 à 3,5 kg m.a./ha). Ces traitements sont efficaces, mais avec une durée trop courte en général.
Quoique la flore adventice des bananeraies présente de nombreuses espèces communes à des pays parfois très éloignés les uns des autres (Cynodon dactylos, Digitaria velutina entre autres, Paspalum scrobiculatum, P. conjugatum, Cyperus rotundus, Sida carpinifolia, Commelina de plusieurs espèces, etc...), souvent sa composition en première phase est très variée et on doit en tenir compte pour les traitements: associations simazine (2 kg m.a.) + amétryne (1 kg m.a.), simazine (2 kg m.a.) + dalapon 5 kg m.a.), monolinuron (3 kg m.a.) + amétryne (5 kg m.a.).
Il faut signaler que le bananier est assez sensible aux toxicités des substances herbicides, plus semble-t-il par voie télétoxique racinaire que par des atteintes foliaires (le 2,4-D cependant agit fortement par voie foliaire à très faible dose). Dans les essais de l'IRFA, on porte la comparaison jusqu'à 4 fois la dose normale indiquée par les fabricants, par précaution, les effets de toxicité étant souvent dues à des conditions naturelles
(nature du sol, climatologie) ou des erreurs fréquentes dans l'application. Pour le diuron par exemple la phytotoxicité existe ou non selon les auteurs, et il semble qu'à 2 kg m.a./ha, en se tenant à la partie centrale des interlignes le risque soit minime.
Lorsque malheureusement on se trouve avoir un fort enherbement dans une bananeraie qui débute sa production feuilles-racines (2 à 4 mois), les interventions réclament de grandes précautions et il est souvent préférable d'opérer manuellement ou mécaniquement + manuellement. En utilisant de bons déflecteurs, on peut cependant utiliser des herbicides de contact, le paraquat en particulier dont l'usage est le plus fréquent ultérieurement, en seconde phase. Les doses variant de 1 à 2,3 l/p.c./ha dans une quantité d'eau variant de 70 litres (débit réduit) à 400 l.
Les traitements en bananeraie adulte sont effectués à l'aide d'appareils portés. Ils peuvent intervenir sur la surface entière-enherbement diffus; le paraquat est le plus communément employé, soit sur des taches ponctuelles enherbées de vivaces, auquel cas le dalapon 5-8 kg/ha est utilisé.
En bananeraie intensive, l'usage du glyphosate tend à se généraliser.