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close this bookLe porc, Maisonneuve et Larose, 1994
close this folderV. Principes de nutrition et ressources alimentaires en zone tropicale
View the document5.1. - Introduction
View the document5.2. - Les substances énergétiques
View the document5.3. - Les protéines
View the document5.4. - Les élements minéraux
View the document5.5. - Les vitamines
View the document5.6. - L'eau
View the document5.7. - Facteurs anti-nutritionnels
View the document5.8. - Ingestion volontaire
View the document5.9. - Composition des rations
View the document5.10. - Les ressources alimentaires

5.4. - Les élements minéraux

5.4.1. - Introduction

Si les aliments protéiques et énergétiques sont censés favoriser la croissance et le rendement, il suffit de légers déséquilibres ou de carences dans les sels minéraux pour que ces apports coûteux demeurent sans effet. Les besoins des porcs en éléments minéraux sont difficiles à préciser en raison des interactions entre certains d'entre eux et du fait que tous ceux contenus dans les aliments ne sont pas digestibles.

5.4.2. - Besoins

On trouvera dans l'appendice A une estimation des besoins en minéraux pour quelques grandes catégories de porcs. Citons, parmi les principaux éléments minéraux contenus dans l'alimentation:

5.4.2.1. - Le calcium et le phosphore

Une carence en calcium ou en phosphore se traduit par une mauvaise calcification des os, qui deviennent fragiles et se brisent facilement. Elle provoque des cas de rachitisme (chez les jeunes porcs) et d'ostéomalacie (chez les porcs plus âgés). Si le calcium et le phosphore sont insuffisants dans l'alimentation des truies qui allaitent, celles-ci prendront sur leurs réserves dans le squelette, avec pour conséquence une boiterie, une paralysie des pattes arrière ou le «syndrome de la truie couchée», lorsque leur état ne leur permet plus de se lever.

Le rapport calcium/phosphore dans l'alimentation est lui aussi très important. Il ne devrait pas dépasser 1,7 :1 pour les porcs de moins de 20 kg; 2,0 :1 entre 20 et 50 kg et 2,4 :1 pour les animaux de plus de 55 kg.

5.4.2.2. - Le magnésium

Une carence se traduira par un retard dans la croissance, des pattes courbées et une démarche raide appelées «syndrome de la marche». Il est rare toutefois que le magnésium vienne à manquer dans l'alimentation, surtout si le régime est à base de maïs et de soja.

5.4.2.3. - Le sodium et le chlore

Ils sont généralement ajoutés ensemble aux rations du porc sous la forme de sel de table (NaCl). C'est pourquoi nous les envisagerons conjointement. Dans les pays chauds, le sel est d'une importance primordiale dans l'alimentation, car une carence se traduit par un manque d'appétit et une faible consommation d'eau, qui affectent bien évidemment le développement de l'animal.

Un autre problème susceptible de se poser, si le porc ne reçoit pas d'eau en quantités suffisantes, est celui de l'intoxication, qui survient lorsque la proportion de sel dans les matières sèches de l'alimentation atteint 2 %. Le porc manifeste alors des signes de faiblesse et de nervosité. Il souffre de convulsions, il titube et finit par mourir.

Dans certaines régions, surtout en cas de sécheresse, la qualité de l'eau peut être affectée par une trop forte concentration de sel. Les risques d'intoxication en sont accrus, et le porc ne boit pas suffisamment. Il est parfois nécessaire, dans ces circonstances, de traiter l'eau avant de la donner aux animaux.

5.4.2.4. - Le cuivre

Une carence en cuivre engendre de l'anémie et affaiblit les pattes, et ce, probablement, en raison de l'interaction cuivre-fer.

L'intoxication par le cuivre n'est à redouter qu'au niveau de 500 mg par kg de matière sèche dans l'alimentation, soit environ 125 fois la proportion que l'on juge nécessaire. C'est pourquoi le cuivre est souvent administré par les éleveurs en quantités bien supérieures au minimum requis, afin de favoriser la croissance.

Il faut cependant être prudent en ce qui concerne les jeunes porcs, pour lesquels une teneur en cuivre de 300 mg/kg risque de s'avérer toxique, surtout si les quantités de zinc et de fer sont peu élevées.

5.4.2.5. - Le fer

Les porcs qui manquent de fer deviennent anémiques, se développent peu et présentent une robe aux soies rugueuses. C'est un problème spécifique aux porcelets, qui naissent avec de faibles réserves de fer et n'en trouvent qu'un apport très réduit dans le lait de la truie. C'est pourquoi, dans les élevages intensifs, lorsque les porcelets n'ont pas accès à la végétation, il faut prévoir une source complémentaire de fer, soit par voie orale, soit par injection (cf. chapitre VIII).

5.4.2.6. - Le zinc

Une carence en zinc conduit à un état connu sous le nom de parakératose, qui se manifeste sous la forme de croûtes rougeâtres sur la peau, recouvrant finalement le corps tout entier. La faible croissance et le manque d'appétit en sont d'autres symptômes.

5.4.2.7. - Le manganèse

Lorsqu'elle survient en période de croissance, l'insuffisance en manganèse provoque une paralysie chez les porcs. Les truies déficientes donnent naissance à des porcelets malingres. Toutefois, une telle carence est rare dans une alimentation normale.

5.4.2.8. - L'iode

Les principaux symptômes d'une carence en iode sont le goitre et l'hypertrophie de la thyroïde. Les truies produisent des porcelets faibles et glabres.

5.4.2.9. - Le sélénium

En raison de leurs interactions, il faut envisager conjointement le sélénium et la vitamine E. Si l'un d'eux vient à manquer, l'utilisation de l'autre par l'organisme en sera affectée. Les trois principaux états induits par une carence sont: la maladie cardiaque du mûrier, l'hépatose diététique et la dystrophie musculaire. La maladie cardiaque du mûrier affecte d'ordinaire des porcs âgés de trois semaines à quatre mois et se manifeste principalement par une mort brutale consécutive à une crise cardiaque. Les examens post-mortem font apparaître des lésions des muscles cardiaques. L'hépatose diététique se déclare également à l'âge de trois semaines à quatre mois: elle est caractérisée par un oedème généralisé, puis la mort survient. On observe également une coloration bleue des oreilles. Les porcs atteints de dystrophie musculaire sont affectés d'une démarche chancelante et sont dans l'incapacité de se redresser. Cette maladie survient généralement chez les porcs à croissance rapide entre 30 et 60 kg de poids vif.

Exposée à des températures trop élevées, la vitamine E se décompose par oxydation. Le climat tropical la rend assez instable et, à moins que les rations des porcs ne soient complétées par un antioxydant, on peut craindre de voir une carence se développer. C'est précisément ce qui se produit quand l'alimentation est pauvre en sélénium - par exemple, lorsque le régime se compose d'un mélange de farines de maïs et de sojaou quand elle contient trop de graisses insaturées.

5.4.3. - Assimilabilité

C'est en premier lieu la source de l'apport minéral qui le rend plus ou moins assimilable. Ainsi, le phosphore présent dans l'alimentation sous la forme de phytate reste combiné au calcium; ce qui réduit considérablement son assimilation. Par ailleurs, le métabolisme de l'animal affecte également l'assimilabilité des minéraux. On a pu établir que l'assimilation du calcium et du phosphore avait tendance à décroître avec l'âge et la taille des porcs, pour passer de 85 et 80 % pour un poids vif de 5 kg à, respectivement, 45 et 65 % lorsque l'animal atteint 90 kg de poids vif.

5.4.4. - Interactions

On ne saurait négliger, dans l'utilisation des minéraux par l'organisme, le rôle essentiel des interactions. Celles-ci concernent aussi bien les minéraux entre eux que les minéraux et les vitamines et les minéraux et d'autres éléments nutritifs. Ainsi, un ingrédient de l'alimentation est en mesure de freiner ou de renforcer l'action d'un autre. Citons, parmi les principales interactions:

- calcium, phosphore et vitamine D;

- vitamine E. sélénium et teneur en graisse;

- calcium et phosphore agissant sur le métabolisme du zinc; cuivre et zinc;

- cuivre et fer;

- fer, vitamine E et sélénium.