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close this bookLe rôle de l'information pour le développement rural des pays ACP, CTA, 1996
close this folderPartie 1: Actes du séminaire
close this folderConclusions et recommandations
View the documentDéfis et enjeux
View the documentUn rôle nouveau pour l'information et la communication dans le développement rural
View the documentLes acteurs de la recherche et du développement: de nouvelles façons de travailler ensemble
View the documentDe l'information à la communication: de nouveaux métiers, de nouveaux rôles
View the documentL'articulation des échelles d'intervention

Un rôle nouveau pour l'information et la communication dans le développement rural

Il y a dix ans, la priorité était de mettre à la disposition des pays ACP une information scientifique et technique adaptée, souvent disponible en Europe. Les bénéficiaires de cette information étaient les acteurs centraux ou intermédiaires: planificateurs, chercheurs, formateurs, vulgarisateurs, documentalistes. Depuis, les besoins en information et communication, les acteurs impliqués, le rôle des professionnels de l'information et les techniques ont profondément évolué.

1. On ne peut plus parler de bénéficiaires ou groupes-cibles des politiques d'information, mais d'acteurs ou de partenaires. Les nouvelles stratégies doivent reposer sur une circulation rapide de l'information entre des acteurs tour à tour offreurs et demandeurs. La population rurale devient un acteur majeur dans la production et la diffusion d'informations pour le développement, notamment par l'intermédiaire d'associations et de groupements professionnels.

2. Les stratégies d'information doivent s'élargir à de nouveaux publics: associations, organisations non gouvernementales (ONG), entreprises, collectivités locales. Elles doivent répondre à des besoins de plus en plus nombreux, spécifiques et diversifiés. Les acteurs intermédiaires ne sont plus un point de passage unique dans les stratégies d'information. Celles-ci doivent aussi toucher directement les acteurs du développement rural, avec un accent particulier sur les nouveaux acteurs économiques (associations ou entreprises) et les nouveaux centres de décision (collectivités locales).

3. Il faut passer de l'information scientifique et technique à l'information pour le développement rural, c'est-à-dire une information qui inclut les aspects économiques, techniques, sociaux et culturels du développement. Les produits et services d'information doivent répondre à un double besoin:

" celui d'outil de connaissance: faire circuler les savoirs, les innovations, les expériences au niveau local, national, régional et international;

" celui d'outil d'aide à la décision: faciliter les choix opérationnels et stratégiques des acteurs, à tous les niveaux, depuis les acteurs de terrain jusqu'aux décideurs.

4. Il convient d'élargir la notion d'information à celle de communication pour le développement. Les acteurs n'ont pas seulement besoin de produits et de services d'information adaptés. Le dialogue, les débats, les relations entre acteurs jouent un rôle majeur dans les dynamiques de développement. Ce processus de communication entre les différents acteurs du développement doit être favorisé à tous les niveaux: local, national et régional.

5. Une implication plus forte des médias et du secteur privé et associatif dans la communication pour le développement rural, à l'échelle nationale ou locale, est indispensable. Les processus traditionnels de diffusion de l'information, par les vulgarisateurs et les centres de documentation, doivent être complétés par d'autres systèmes de communication et d'information. Le secteur privé de services aux producteurs ruraux comme le secteur associatif joueront un rôle croissant dans la production et la diffusion d'informations pour le développement. Les médias et les maisons d'édition devraient être davantage associés dans la communication et l'information pour le développement rural.

6. Les nouvelles technologies de l'information, en particulier les réseaux électroniques ou de stockage numérisé, multiplient les capacités de transfert d'information et de communication Nord-Sud ou Sud-Sud. Ces technologies modernes offrent des perspectives nouvelles et multiples: un accès à l'information beaucoup plus rapide et important; la création de réseaux de communication directe entre acteurs. Un service de veille technologique serait nécessaire pour suivre l'évolution de ces technologies, et aider les pays ACP à en tirer le meilleur profit.

7. La décentralisation de l'accès à l'information, la création de produits et services locaux d'information et de communication doivent accompagner le mouvement actuel de décentralisation des responsabilités. Ces services locaux doivent être diversifiés: centres locaux de documentation et d'information, radio et presse communautaires, etc.

8. Des politiques ou stratégies globales d'information et de communication sont indispensables. C'est à l'échelle nationale qu'elles seront les plus efficaces. Ces politiques nationales devraient permettre de clarifier les rôles et fonctions entre un secteur privé de l'information qui a besoin de croître et de trouver son marché et un secteur public garant de l'accès de tous à une information de qualité.

9. L'offre européenne n'aura de réel impact que si elle est relayée par une production et une diffusion nationales ou régionales d'information. L'offre européenne continuera à jouer un rôle important de production et diffusion d'informations utiles au développement rural des pays ACP. Mais il est aussi indispensable de consolider la chaîne des producteurs, médiateurs et diffuseurs d'information au sein des pays ACP, qu'ils appartiennent au secteur public, privé ou associatif.