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close this bookLe rôle de l'information pour le développement rural des pays ACP, CTA, 1996
close this folderPartie 2: Etudes préparatoires
close this folderSynthèse des réalisations du CTA depuis le séminaire de Montpellier 1 (1984)
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View the documentIntroduction
View the documentDix ans au service de l'information pour le développement rural
View the documentLes principales recommandations du séminaire de Montpellier 1
View the documentSynthèse des différents programmes et actions du CTA
Open this folder and view contentsAnnexes

Dix ans au service de l'information pour le développement rural

De Lomé II à Lomé IV: d'une Convention à l'autre

Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) est un organisme paritaire ACP-UE créé lors de la Convention de Lomé II, le 31 octobre 1979. Il a débuté ses activités en 1983.

La Convention précise: «Le CTA est mis à disposition des Etats ACP pour leur permettre un meilleur accès à l'information, à la recherche, à la formation ainsi qu'aux innovations dans les secteurs du développement et de la vulgarisation agricole dans le monde rural.»

La Convention de Lomé IV (15 décembre 1989) confirme ce mandat donné au Centre. Elle ajoute un objectif supplémentaire: «Favoriser le développement par les Etats ACP, tant au niveau national que régional, de capacités propres en matière de production, d'acquisition, et d'échanges d'informations scientifiques et techniques dans les domaines de l'agriculture, du développement rural et de la pêche.» (cf. annexe 1). Elle précise que «le Centre s'appuie sur les réseaux d'information décentralisés existant au niveau régional ou national. De tels réseaux seront mis en œuvre de façon progressive au fur et à mesure de l'identification des besoins».

Ces deux grands objectifs structurent les interventions du CTA. Ses activités sont organisées autour de ces deux axes principaux:

" faciliter l'accès des utilisateurs des pays ACP à l'information pour le développement rural en produisant et faisant circuler des informations adaptées aux besoins;

" consolider les capacités nationales et régionales de production et diffusion d'informations pour le développement rural; favoriser l'intégration de l'information scientifique et technique dans les stratégies de développement rural des pays ACP.

Ces deux objectifs sont aussi inscrits dans l'histoire du Centre. Ils correspondent à deux phases qui ne sont marquées par aucune rupture d'activités, mais par une évolution vers une meilleure adéquation des programmes du Centre aux besoins des pays ACP.

Une première phase centrée sur l'amélioration de l'accès à l'information des pays ACP et sur la circulation et la diffusion de l'information

De 1984 à 1989, le CTA s'est attaché à faciliter l'accès des pays ACP à l'information scientifique et technique, à promouvoir des produits adaptés, à diffuser l'information utile et à faciliter sa maîtrise et son utilisation dans les pays ACP. Pour cela, le CTA a mis en place une gamme de moyens diversifiés.

Des études et des séminaires: comprendre et échanger

Les études permettent d'analyser des questions clés du développement rural, d'identifier les besoins en information et les types de réponses envisageables. Elles servent souvent de base à l'organisation de séminaires régionaux ou internationaux où sont réunis des experts et des praticiens d'Europe et des pays ACP. Ces séminaires sont l'occasion pour eux de construire des façons différentes de travailler ensemble et de tisser des réseaux de relations.

Accéder aux références et aux documents, mieux utiliser l'offre disponible

Des stages de formation de documentalistes renforcent leurs compétences pour collecter, traiter et diffuser l'information scientifique et technique. Au cours de cette première phase, les formations sont orientées vers une capacité renforcée des documentalistes à utiliser les sources d'information internationales et nationales. Les centres de documentation des pays ACP sont aidés pour accéder aux banques de données internationales et dotés d'un équipement en CD-Rom et en matériel informatique et de reproduction.

Les centres de documentation, de recherche et de développement sont abonnés à des publications périodiques (magazines ou revues scientifiques, bibliographies).

Fournir l'information à la demande

Le service questions-réponses du CTA permet un accès direct et personnalisé des demandeurs à l'information. Il fournit plusieurs milliers de réponses chaque année (réponses techniques ou envoi de publications).

Traiter, éditer, diffuser et faire circuler l'information

Le magazine Spore permet une circulation rapide d'informations sur le développement rural auprès d'un public francophone, anglophone et lusophone qui comprend aussi bien des responsables du développement agricole que des animateurs de terrain.

Enfin, le CTA édite, coédite et traduit des ouvrages spécialisés et des manuels de vulgarisation qu'il diffuse gratuitement. Cette diffusion concerne aussi des ouvrages édités par d'autres.

Décentraliser les interventions pour mieux ajuster l'offre et la demande d'information

En 1987, afin d'améliorer l'efficacité de son intervention, le CTA commence à décentraliser une partie de son activité et crée deux bureaux régionaux, l'un au Pacifique, dans le cadre de l'IRETA, l'autre aux Caraïbes, dans le cadre du CARDI, à Trinité-et-Tobago. Ces bureaux prennent en charge une partie du service questions-réponses, la diffusion de publications techniques, la réalisation, avec le CTA, de stages de formation, la diffusion des ouvrages et publications du CTA, la remontée d'informations et demandes vers le CTA.

Une évolution progressive des activités pour permettre une meilleure appropriation des stratégies et activités d'information dans les pays ACP

En 1988, le CTA fait réaliser une évaluation à mi-parcours de son activité. Elle conclut que le Centre a «bien rempli sa mission, au-delà des objectifs qui lui étaient assignés». En 1989, la Convention de Lomé IV élargit les champs d'action du Centre. Elle met l'accent sur trois fonctions essentielles:

" consolider les compétences nationales de production, traitement et diffusion de l'information;

" aider à mieux intégrer l'information scientifique et technique dans les stratégies de développement rural des pays ACP;

" fournir un appui aux pays ACP pour qu'ils élaborent des programmes d'information.

L'évaluation à mi-parcours, les termes de la Convention de Lomé IV et le bilan que tire le CTA de ses interventions conduisent le Centre à donner une nouvelle inflexion à ses activités. Celle-ci n'amène pas le CTA à modifier ses programmes antérieurs, mais à les orienter en fonction des six exigences suivantes:

· cerner de façon plus précise la demande et les besoins en information dans les pays ACP, selon les zones géographiques et les types de public concernés;

" fournir des produits et services d'information adaptés de façon spécifique à cette diversité de besoins;

" poursuivre les dynamiques de décentralisation engagées, au niveau régional et national, de manière à favoriser une meilleure intégration de l'IST dans les politiques régionales et nationales de développement;

" renforcer les actions en faveur d'une meilleure communication entre les différents acteurs qui composent la chaîne de l'information: décideurs, chercheurs, vulgarisateurs, documentalistes, journalistes, producteurs, etc.;

" consolider et valoriser les compétences nationales de production et diffusion d'informations;

" aider à la définition et mise en œuvre de stratégies et programmes globaux d'information pour le développement rural à l'échelle nationale et régionale.

Ces exigences se traduisent par une évolution des programmes de travail du CTA.

1. Les activités d'appui et de service documentaire pour les chercheurs, documentalistes et agents de déve loppement rural sont complétées par deux programmes qui visent à apporter une réponse précise et fine aux besoins en information:

" une diffusion sélective d'informations (DSI) auprès des chercheurs, après une analyse de leurs centres d'intérêt. Ils reçoivent des bibliographies et des documents ciblés sur leurs besoins. Le programme de DSI prend son essor à partir de 1991, après une phase pilote de 1988 à 1990;

" le programme DORA (Diffusion d' ouvrages de référence en agriculture) a pour objectif de décentraliser l'accès à l'information et de fournir des documents aux services d'information agricole des pays ACP, notamment en zone rurale. Les centres et services d'information agricole choisissent eux-mêmes les documents qu'ils souhaitent recevoir;

" en 1994, le CTA démarre un projet pilote sur E-mail au bénéfice des centres de recherche agricole d'Afrique orientale pour permettre une communication et une circulation directes d'informations entre eux et avec les centres internationaux grâce à l'utilisation des réseaux électroniques.

2. Les activités de renforcement des compétences nationales de traitement et diffusion de l'information sont renforcées et élargies:

" les formations des documentalistes sont orientées vers une meilleure gestion et un «marketing» de l'information: il ne s'agit plus seulement de mieux utiliser les sources existantes, mais d'apprendre à aller au devant des demandes des utilisateurs, de concevoir des produits adaptés à leur demande, de trouver les bons circuits pour diffuser l'information, et non pas la stocker en attendant le «client»;

" des stages de formation des chercheurs et des agents de développement rural sont organisés afin de les aider à concevoir et produire des documents d'information, et ainsi valoriser et mettre en circulation leurs connaissances.

3. Un programme d'appui aux radios rurales est initié en 1990 (suite à des études réalisées en 1987 et un ate lier en 1989). L'objectif est d'améliorer les liens chercheurs-journalistes-populations rurales et de fournir aux producteurs locaux une information technique adaptée. Il consiste en des stages de perfectionnement des journalistes, et l'envoi de dossiers techniques, écrits et sonores.

4. Le séminaire d'Arnhem, en 1991, sur la promotion du livre technique en Afrique insiste sur la nécessité de renforcer les capacités locales d'édition et de diffusion. Le séminaire de La Villette, organisé en 1994, souligne l'importance d'une formation des agents de développement à l'animation de séances de communication basées sur l'utilisation de supports audiovisuels.

Le CTA donne à partir de 1991 une ampleur nouvelle à la décentralisation de ses activités:

" il entreprend une série d'études en Afrique, par région géographique, pour identifier les besoins précis en information, ainsi que les ressources en information disponibles;

" des Comités régionaux d'évaluation, de programmation et de suivi des activités d'information agricole (CREPS) sont mis en place dans trois régions: Afrique centrale, de l'Est et de l'Ouest. En Afrique australe, il est décidé que le Saccar sera la base d'un futur CREPS régional;

" des points focaux nationaux sont identifiés, au sein d'institutions africaines, pour favoriser la circulation de l'information au niveau national et aider à la réalisation de certaines activités du CTA, de façon plus proche du terrain.

Perspectives

Tout en poursuivant ses programmes antérieurs, Le CTA souhaite dans l'avenir renforcer ses activités de ter rain ainsi que ses liens avec les pays ACP. Notamment:

" assurer la formation de formateurs dans les domaines de la documentation et de la radio rurale;

" encourager la publication et la diffusion d'ouvrages dans les pays ACP, par les sociétés et organisations locales.