
| L'urbanisation en Afrique de l'ouest : mécanismes et logiques, Club du Sahel, 1993 |
| 3. La production et la gestion urbaine |
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Dans les pays francophones de la région, les instances locales mises en place pendant la période coloniale ont été presque totalement supprimées par les autorités nationales, au profit d'une gestion très centralisée de l'urbanisation. Relativement performante pour ce qui est des services marchands (eau potable, électricité et téléphone) cette gestion a été quasi inopérante pour les réseaux non marchands (voirie, drainage et assainissement) et a gravement détérioré la capacité d'entretien des investissements réalisés en la matière sur des budgets nationaux ou sur financements extérieurs.
Le mouvement de décentralisation engagé un peu partout depuis une dizaine d'années est encore trop récent pour en tirer des conclusions définitives. Les évaluations faites montrent cependant une nette amélioration de l'implication des nouveaux responsables locaux à l'égard de la gestion de leur ville. Les progrès en matière de recouvrement des coûts et surtout des impôts locaux sont plus modestes, a fortiori la collecte de ressources nouvelles.
Dans les pays anglophones, l'autonomie locale, issue de l'indirect rule, s'est maintenue et la gestion des faibles ressources locales y est mieux assurée. Pour autant le niveau de service est très généralement bas et une agglomération comme Lagos, qui rassemble pourtant près de 70 % de l'activité industrielle du Nigeria est loin de faire face aux problèmes de son fonctionnement. Il est vrai que la maîtrise urbaine est rendue particulièrement difficile par le droit reconnu aux autorités coutumières de gérer à leur guise les terrains ancestraux.