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close this bookL'urbanisation en Afrique de l'ouest : mécanismes et logiques, Club du Sahel, 1993
close this folder5. L'urbanisation et le changement social
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View the document5.1 Legs colonial et
View the document5.2
View the document5.3 Transformations
View the document5.4 Revenus et pauvreté urbaine
View the document5.5 la structuration sociale urbaine
View the document5.6 Crise et conjoncture

5.4 Revenus et pauvreté urbaine

La connaissance des revenus des populations urbaines se heurte à la diversité de l'origine et du rythme d'acquisition de ces revenus. Leur mesure réelle est rendue difficile par l'existence de consommations non-monétarisées et de transferts divers entre catégories de population et milieux de vie. De surcroît, la variabilité du "ménage" en tant qu'unité de consommation introduit une imprécision irréductible.

La connaissance insuffisante de la répartition des revenus (qui contribue notamment à occulter la concentration du capital et des revenus) est difficilement contournable dans un contexte marqué par la grande diversité des activité et des statuts, où les activités occultes, l'usage des prêtes-nom familiaux, la recherche de monopoles plutôt que de compétition et l'utilisation des relations sociales (ou politiques) pour accéder à la rente, sont très répandues.

Seules les enquêtes de budget-consommation, trop rares, permettent dans ces conditions d'approcher la réalité, d'autant plus éloignée des données sur les revenus qu'on s'écarte du revenu médian. Encore les données ainsi recueillies traduisent-elles mal une concentration extrême et manifeste des ressources et une évasion d'épargne notable, qu'il faut pourtant prendre en compte non seulement pour avoir une appréciation plus juste des disparités, mais pour avoir une vue réaliste de l'économie.

A la première génération, la pauvreté en milieu urbain revêt une spécificité dynamique. Elle doit être appréciée dans le contexte social du processus d'urbanisation. Elle relève d'une situation ressentie comme inévitable et transitoire (et donc, en dernière analyse "espérée"), de migrants en voie d'insertion dans le système urbain, avec l'aide (intéressée) de la famille ou de la communauté. Jusqu'au début des années 80, la croissance urbaine de l'ordre de 7 % par an alimentait un contingent de "nouveaux urbains" installés depuis moins de cinq ans" représentant environ un quart de la population urbaine. Ce contingent est en voie de réduction rapide avec le ralentissement de la migration. C'est déjà et ce sera sans doute de plus en plus la situation de jeunes ou de ménages nés en ville arrivant sur le marché du travail dans de mauvaises conditions