
| Le cotonnier en Afrique tropicale, Maisonneuve et Larose, 1986 |
| V. Les techniques culturales |
Même s'il est souvent difficile pour le cultivateur de semer le cotonnier en temps opportun à cause de la priorité accordée à juste titre à ses cultures vivrières, il est bon qu'il sache qu'en zones soudano-sahélienne et soudanienne les chances de rendement diminuent très fortement lorsqu'on sème trop tard. Les dates indiquées à la dernière colonne du tableau 2 (§ 3. I) sont des dates limites.
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La prévision de début de la saison sèche détermine la date de
semis: le cotonnier a besoin, suivant les zones, d'une période pluvieuse de 105
à 125 jours pour former ses capsules. |
Dans les zones situées plus au sud, où la saison des pluies est plus étalée, les conséquences du retard au semis apparaissent moins graves, parce que l'arrivée de la saison sèche y est moins brutale: la formation de capsules peut s'y poursuivre tant bien que mal, notamment à la faveur des rosées matinales. Mais l'intérêt économique des semis de fin juin par rapport aux semis de fin juillet y est reconnu, même en faisant les frais d'un traitement insecticide supplémentaire nécessité par un cycle de végétation plus long.
Le cultivateur se trouvant dans les zones où les pluies sont étalées sur 7 mois et plus, ou en «double» saison des pluies, peut se trouver face au dilemne suivant: ses vivriers précoces et son cotonnier de fin de saison doivent-ils être semés sur des parcelles différentes ou se succéder sur le même terrain, avec dans ce dernier cas un semis du cotonnier forcément plus tardif que dans le premier? Ce cultivateur, lorsqu'il aura pu, grâce à des pluies précoces, mettre en place son avant-culture sans retard, choisira très souvent la deuxième solution, à savoir vivrier suivi de cotonnier. En effet il considérera avec raison que la perte de rendement entraînée par une mise en place plus tardive du cotonnier est compensée économiquement par les effets positifs de la double culture: travail du sol moins important, limitation de l'enherbement, économie d'un traitement insecticide, fixation d'azote profitant au cotonnier si l'avant-culture est une arachide ou un niébé précoces. Mais il a tout de même intérêt à réduire le retard au semis du cotonnier en le complantant dans le vivrier quelque temps avant sa récolte, et surtout en semant celui-ci le plus tôt possible.