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close this bookDéveloppement des systèmes de production laitière sous les tropiques, CTA, 1989
close this folder2.0 Les problèmes majeurs
View the document2.1 La demande en lait et en viande
View the document2.2 Répartition des éléments nutritionnels
Open this folder and view contents2.3 Interactions entre le génotype et le milieu
View the document2.4 Allaitement des veaux
View the document2.5 Reproduction

2.2 Répartition des éléments nutritionnels

La différence entre les bovins laitiers et à viande s'explique par le fait que les nutriments sont utilisés pour la production de lait ou de tissus corporels (Figure 2.2). Par conséquent, c'est l'aptitude à la production de lait (l'énergie convertie en lait est fonction de l'énergie ingérée) qui est améliorée par la sélection. Mais cette sélection n'aura que peu d'effet sur l'efficacité de transformation générale (c'est-à-dire l'énergie contenue dans le lait et les tissus en fonction de la quantité totale d'énergie ingérée), si ce n'est indirectement (par exemple suite à une augmentation de la taille corporelle et dès lors de l'ingestion d'aliments). Les données présentées aux Figures 2.3 et 2.4, extraites de travaux de recherche effectués en Grande-Bretagne et à Cuba confirment cette hypothèse. Une «bonne» vache (sur le plan de la production laitière) de race Frisonne a donné plus de lait, à alimentation égale, qu'une «mauvaise» vache, mais par contre cette dernière a donné plus de viande.


FIGURE 2.4 A consommation d'aliments pratiquement identiques, la répartition des nutriments a eu lieu presque exclusivement au profit du lait chez des vaches Holstein de pure race, mais équitable ment en lait et en tissus corporels chez les vaches croisées Holstein x zébu (J. Ugarte et T. R. Preston, données non publiées).

Les résultats obtenus avec des animaux croisés (race laitière x race allaitante) et comparés à ceux obtenus avec des races purement laitières étaient, tant dans l'exemple britannique que dans l'exemple cubain, analogues à ceux obtenus avec de «bonnes» et de «mauvaises» vaches de race Frisonne.

Il est possible ici d'établir une certaine analogie avec les résultats de la «révolution verte» où la production accrue de céréales avec de nouvelles variétés «naines» réflétait une utilisation accrue des nutriments au profit des graines plutôt que de la paille et des racines, mais sans aucun changement dans le rendement global de la photosynthèse (Evans 1983).

En conséquence, les races ou certaines souches de vaches laitières très spécialisées ont la capacité d'orienter préférentiellement leurs nutriments pour la synthèse de lait plutôt que de tissus corporels. Comme la synthèse du lait exige bien plus de nutriments de qualité (acides aminés et précurseurs du glucose) que la synthèse des tissus (3.3), l'animal à haut potentiel laitier doit disposer d'aliments de haute digestibilité, riches en amidon et protéines. Les ressources alimentaires des pays industrialisés, où priment les céréales, les tourteaux d'oléagineux riches en protéines et les fourrages cultivés, procurent ces nutriments. Les pays en développement, en particulier les pays tropicaux, ne disposent pas de ces ressources, et c'est pourquoi une alimentation inappropriée est l'une des principales causes d'échec lors du transfert (d'Europe ou d'Amérique du Nord) de programme de production laitière dans ces pays en développement.