(introduction)
Dans sa conception traditionnelle, la vulgarisation agricole est
d'abord perçue comme un moyen de fournir une information aux agriculteurs, comme
une mission en relation avec le transfert de technologies officiellement
subventionnées, développées par une société commerciale ou un ministère. Il y a
vingt ans, quiconque aurait écrit au sujet des options de vulgarisation aurait
eu principalement à traiter des questions de méthodes: médias ou visites
d'exploitations, approches individuelles ou collectives, et ainsi de suite. Mais
aujourd'hui les choix semblent concerner des questions plus fondamentales comme
le rôle de la vulgarisation agricole, le type de services créés pour remplir ces
fonctions, les conditions de travail, les moyens dont on dispose et les
relations avec d'autres unités au sein d'un processus commun pour trouver,
adapter et diffuser les nouvelles technologies.
Cette nécessité d'élargir la perspective provient des nombreuses
options institutionnelles qui ont maintenant trait d'une manière ou d'une autre
à la vulgarisation agricole. On rencontre désormais sur le terrain des projets
de développement rural intégré, des campagnes d'alphabétisation fonctionnelle,
des équipes d'animation (en Afrique francophone), des paquets techniques mis en
uvre par les ministères de l'Agriculture, des régies chargées de la gestion
d'une culture particulière, des systèmes décentralisés et planifiés par
district, des conseils de villages, des campagnes de lutte contre la peste
bovine, des programmes «food for work», des centres de services agricoles, des
projets de technologie appropriée et bien d'autres programmes spécialisés. On
compte dans la plupart des pays entre dix et vingt principaux types
d'exploitations rurales (cultures, bétail et ressources naturelles). Ces pays
reçoivent en outre une aide de la part de vingt à trente bailleurs de fonds
différents. En fait, le contexte institutionnel africain est généralement très
diversifié, même dans de tout petits pays comme, par exemple, le Malawi ou le
Sénégal. Aussi existe-t-il quantité d'organisations concurrentes qui se
disputent les fonds publics et l'attention des paysans, probablement plus qu'on
n'en rencontrerait dans les pays à économie développée. Le paradoxe est ici
d'avoir aidé des pays fondamentalement pauvres à mettre en uvre des réseaux
complexes d'institutions de services qui dépassent ce que l'économie locale est
en mesure de
supporter.