Cover Image
close this bookOptions de vulgarisation agricole en Afrique tropicale, CTA, 1994
close this folder1. Pourquoi choisir?
View the document(introduction)
View the documentLa crise actuelle
View the documentLes fonctions de la vulgarisation
View the documentLa demande en vulgarisation
View the documentLa nécessité des choix

(introduction)

Dans sa conception traditionnelle, la vulgarisation agricole est d'abord perçue comme un moyen de fournir une information aux agriculteurs, comme une mission en relation avec le transfert de technologies officiellement subventionnées, développées par une société commerciale ou un ministère. Il y a vingt ans, quiconque aurait écrit au sujet des options de vulgarisation aurait eu principalement à traiter des questions de méthodes: médias ou visites d'exploitations, approches individuelles ou collectives, et ainsi de suite. Mais aujourd'hui les choix semblent concerner des questions plus fondamentales comme le rôle de la vulgarisation agricole, le type de services créés pour remplir ces fonctions, les conditions de travail, les moyens dont on dispose et les relations avec d'autres unités au sein d'un processus commun pour trouver, adapter et diffuser les nouvelles technologies.

Cette nécessité d'élargir la perspective provient des nombreuses options institutionnelles qui ont maintenant trait d'une manière ou d'une autre à la vulgarisation agricole. On rencontre désormais sur le terrain des projets de développement rural intégré, des campagnes d'alphabétisation fonctionnelle, des équipes d'animation (en Afrique francophone), des paquets techniques mis en œuvre par les ministères de l'Agriculture, des régies chargées de la gestion d'une culture particulière, des systèmes décentralisés et planifiés par district, des conseils de villages, des campagnes de lutte contre la peste bovine, des programmes «food for work», des centres de services agricoles, des projets de technologie appropriée et bien d'autres programmes spécialisés. On compte dans la plupart des pays entre dix et vingt principaux types d'exploitations rurales (cultures, bétail et ressources naturelles). Ces pays reçoivent en outre une aide de la part de vingt à trente bailleurs de fonds différents. En fait, le contexte institutionnel africain est généralement très diversifié, même dans de tout petits pays comme, par exemple, le Malawi ou le Sénégal. Aussi existe-t-il quantité d'organisations concurrentes qui se disputent les fonds publics et l'attention des paysans, probablement plus qu'on n'en rencontrerait dans les pays à économie développée. Le paradoxe est ici d'avoir aidé des pays fondamentalement pauvres à mettre en œuvre des réseaux complexes d'institutions de services qui dépassent ce que l'économie locale est en mesure de supporter.