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close this bookPour une meilleure gestion du peuplement et de l'aménagement du territoire en Afrique subsaharienne, Club du Sahel, 1992
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Open this folder and view contents1. Où vivront les africains en 2020?
Open this folder and view contents2. De quoi vivront les ménages et à quoi ressembleront les économies des pays d'Afrique sub-saharienne d'ici trois décennies?
Open this folder and view contents3. Comment l'investissement nécessaire a la mise en place du peuplement pourra-t-il être finance?
Open this folder and view contents4. Pour une stratégie de développement centrée sur la gestion du peuplement et l'aménagement du territoire

Introduction

L'objectif de cette note est de montrer que, sur la longue durée, la capacité de l'Afrique sub-saharienne à retrouver une croissance économique soutenue et "soutenable" dépendra fortement des conditions dans lesquelles la nécessaire redistribution de la population africaine pourra se poursuivre, au rythme imposé par la croissance démographique globale de la région. L'aide publique au développement a, dans ce domaine, un rôle déterminant à jouer dans la longue durée.

En 1930, la population africaine s'élevait à environ 130 millions d'habitants. Elle dépasse aujourd'hui 500 millions d'habitants. Même si des progrès rapides et significatifs sont accomplis en matière de maîtrise de la fécondité, nous savons que, sauf catastrophe, la population africaine franchira le cap du milliard d'habitants d'ici 20 ou 25 ans et que le chiffre de 1.500 millions sera sans doute atteint aux alentours de 2030. En un siècle, c'est-à-dire en l'espace de quatre ou cinq générations, la population de l'Afrique sub-saharienne aura donc plus que décuplé.

Plaçons nous dans l'hypothèse où tout est mis en oeuvre pour que le taux de croissance démographique globale de l'Afrique sub-saharienne soit abaissé aussi rapidement que possible, de sorte que le milliard d'habitants ne sera atteint qu'après 2010 (mais sûrement pas après 2020) et que le milliard et demi d'habitants ne sera atteint qu'après 2030 (mais probablement pas plus tard que 2060). Faisons d'autre part l'hypothèse plausible que, à ces horizons somme toute pas très éloignés, l'Afrique sub-saharienne ne sera pas un enfer et que les Africains seront encore bien vivants.

Dans le cadre ainsi fixé et en tenant compte des évolutions constatées au cours des trois dernières décennies, essayons d'apporter des éléments de réponse à trois questions simples concernant cette région. La première question qui vient à l'esprit est: où vivront un milliard d'Africains en l'an 2010 ou 2020 ? La deuxième question que l'on doit se poser est: quels seront à l'époque les besoins exprimés par les diverses catégories de ménages africains, d'où proviendront les revenus qui permettront les dépenses des ménages et autres institutions et quelles activités fourniront les biens et services utilisés par la population? Enfin, la troisième question qu'on ne peut éluder, a trait à l'accumulation de capital impliquée par le décuplement de la population africaine en moins d'un siècle: quels investissements auront dû être réalisés pour favoriser et accompagner ce peuplement et permettre le développement des activités correspondantes et comment ces investissements auront-ils été financés?