(introduction)
Nous avons eu l'occasion d'examiner précédemment la concordance
profonde existant entre les formes artisanales de production et les impératifs
d'une économie autocentrée. Cependant, sur le terrain, l'expert qui, pour la
première fois, se penche sur ce problème se trouve désorienté dans la mesure où
il a l'impression que tout se passe aussi bien sans lui. Autant en agronomie
l'intervention d'un spécialiste peut être tangible, gratifiante et les résultats
rapidement évaluables, autant un ingénieur peut élaborer des projets industriels
bien identifiables, autant "l'artisanologue" éprouve l'impression, au premier
abord, d'une grande dispersion et d'une utilité incertaine. L'artisanat n'étant
pas a priori une activité-moteur dans l'économie, puisque ses fonctions ont
toujours un caractère modeste au service de la consommation individuelle, de
l'agriculteur et de l'industrie, il importe de bien connaître avant tout
l'importance des buts et les limites d'une politique
artisanale.