
| Développement des systèmes de production laitière sous les tropiques, CTA, 1989 |
| 3.0 Alimentation et production laitière dans les pays tropicaux |
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La nutrition est la première contrainte pour la production laitière dans la plupart des pays tropicaux en développement. Pour comprendre cet état de fait et concevoir des programmes de production adaptés à ces pays, il est nécessaire d'analyser comment se présentent les ressources alimentaires de base disponibles dans ces pays, et de les comparer
1) aux régimes alimentaires classiques pratiqués, pour les vaches laitières, dans les pays industrialisés
2) aux besoins nutritionnels théoriques recommandés pour la production laitière.
Les aliments bon marché pour ruminants les plus disponibles dans les pays tropicaux en développement sont les prairies naturelles, les déchets de récolte et, dans une moindre mesure, les sous-produits agro-industriels. Les sources d'azote non protéique comme l'urée et l'ammoniaque sont également faciles à obtenir et leur prix est compétitif avec deux des protéines (par unité d'azote), car elles sont en général les principales sources d'engrais azotés. Les aliments coûteux et souvent indisponibles (ou exportés) sont les aliments protéiques obtenus par traitement des oléagineux (tourteaux) et des tissus animaux (farine de viande et de poisson), ainsi que les issues de meunerie.
Les aliments bon marché disponibles sont donc principalement des sources de glucides et d'azote qui ne sont utilisables que par fermentation digestive. Ce fait confère un avantage immédiat aux ruminants qui, lorsqu'ils sont nourris et élevés correctement, jouent un rôle franchement synergique dans la satisfaction des besoins du rumen. La différence avec l'utilisation des ressources alimentaires pour les ruminants dans les pays industrialisés vaut d'être soulignée, car cette utilisation (où dominent les céréales riches en amidon et les tourteaux d'oléagineux) dépend dans une bien moindre mesure d'un bon fonctionnement du rumen. En fait, ces types d'aliments sont mieux mis à profit par des animaux monogastriques et/ou lorsqu'on les donne à des ruminants sous une forme qui minimise leur fermentation dans le rumen (par exemple, en favorisant le transit des glucides et des protéines du rumen de manière à ce qu'ils soient digérés dans l'intestin).