Cover Image
close this bookTechniques d'impression à coût modéré, GRET, 1986
close this folder2. Les procèdes appropriables
View the document2.1- La duplication au stencil
View the document2.2 - La duplication a l'alcools et l'hectographie a l'eau
View the document2.3 - La serigraphie
View the document2.4 - L'offset
View the document2.5 - La reliure

2.1- La duplication au stencil

Le "stencil" est l'élément intermédiaire utilisé dans ce procédé. Dans le duplicateur, l'encre traverse le stencil aux endroits poreux avant d'être absorbée par le papier. Un stencil vierge est plein et ne laisse donc pas passer l'encre. Il faut le "graver", c'est-à-dire le rendre poreux aux endroits voulus. On distingue le stencil usuel, gravé à la main ou à l'aide d'une machine à écrire, et le stencil électronique, qui nécessite l'usage d'un appareil spécial.

Il existe une grande variété de modèles de duplicateurs sur lesquels doit être fixé le stencil, du duplicateur plan que 1' on peut bricoler soi-même, au duplicateur électrique qui est une machine assez complexe.

S'il y a des choix possibles au niveau du stencil et du duplicateur, la nature de l'encre et du papier sont par contre bien définies. Le procédé impose en particulier un type de papier très absorbant, et pratiquement réservé à cet usage, heureusement courant.

LA GRAVURE DU STENCIL

Le stencil usuel

Le stencil usuel est principalement composé d'une feuille de papier spécial à longues fibres, enduit d'une matière cireuse imperméable à l'encre. A l'endroit des tracés correspondant à l'image à reproduire, la cire est écartée et laisse passer l'encre, qui est absorbée par le papier à imprimer.

Cette feuille est fixée sur un support de papier relativement fort qui comporte sur le haut une bande d'accrochage, (tête), présentant des perforations destinées à fixer le stencil sur le duplicateur lors du tirage.

Un carbone léger est éventuellement placé entre le stencil et le support. Si la face grasse du carbone est tournée vers le support, le tracé effectué sur le stencil apparaît sur le support. On peut alors relire et noter sur celui-ci les corrections à exécuter sur le stencil. Si la face grasse du carbone est tournée vers la feuille cireuse, le tracé apparaît alors sur celle-ci; cela facilite la lecture de ce que l'on est en train de dactylographier.

La feuille cireuse dispose le plus souvent de cadres de mise en page (marges et repères) préimprimés.


Fig. 7: Eléments d'un stencil usuel.


Fig. 16: Coupe d'un stencil usuel.

La perforation dactylographique

C'est la façon de faire la plus courante et elle est généralement bien connue. Rappelons cependant quelques conseils qui peuvent améliorer la qualité du travail.

Lors de la frappe, le stencil et son support sont introduits ensemble dans la machine.

Le ruban de la machine à écrire doit être écarté. C'est évident, mais on l'oublie parfois, gâchant ainsi définitivement un stencil.

Avant de commencer à dactylographier, il est prudent de vérifier si les caractères n'ont pas été encrassés par des dépôts provenant de précédentes frappes. Il est facile de les nettoyer avec une vieille brosse à dents, par exemple. Frapper les caractères de face avec un mouvement tournant du poignet, pour atteindre les dépôts au fond du creux des lettres. Répéter ce brossage après la dactylographie de quelques stencils.

Une machine à écrire électrique permet de faire un meilleur travail: sa force de frappe est plus régulière que celle d'une machine mécanique. Cette force est de plus réglable, au cas où elle disposerait de caractères plus ou moins tranchants.

Une machine électrique à caractères interchangeables (à sphère ou à; marguerite) est évidemment encore préférable: on peut alors faire ressortir des mots ou phrases entières en changeant de caractères.

Ces machines permettent aussi de placer soit 10 caractères sur 25,4 mm (25,4 mm =i un pouce), on parle du pas Pica, soit 12 caractères sur un pouce: c'est le pas Elite. Chaque sphère ou marguerite est´ faite pour être utilisée avec l'un ou l'autre de ces pas.

Certaines machines récentes offrent encore d'autres possibilités: centrage automatique, caractères gras, espacement proportionnel. Mais quelles que soient les ressources de la machine, l'art du (de la) dactylographie est de les exploiter au mieux pour livrer une page qui attire l'oeil et un texte agréable à lire.

Pour les titres, il est pratique d'utiliser sur la machine IBM à sphère le caractère Orator. Mais il faut alors veiller à retaper deux fois chaque lettre, sinon le stencil n'est pas bien percé, et ménager un espace supplémentaire entre chacune, sinon elles se touchent.

Il est fréquent de continuer la dactylographie trop bas sur le stencil. De fait les marques pré-imprimées sont souvent trop faibles pour attirer l'attention. Le meilleur moyen d'éviter cela est de tracer à l'endroit correspondant au bas de la page à imprimer une ligne horizontale de deux à trois centimètres au vernis correcteur rouge, avant d'introduire le stencil dans la machine. Ce repère saute aux yeux.

Avant d'appliquer le stencil sur le duplicateur, il est bon de vérifier une dernière fois que les perforations sont bien réalisées, en regardant une source lumineuse à travers celui-ci. Sinon on risque de croire qu'il n'y a pas assez d'encre et d'en pomper trop, au risque d'encrasser toute la machine.

En somme, la qualité de reproduction d'un texte dactylographié dépend très largement de la qualité de la frappe de la machine utilisée.

La gravure des illustrations

Il existe pour la gravure manuelle d'illustrations différents types d'instruments.

Le stylet se présente comme une plume à pointe simple (pointe sèche, souvent terminée par une petite boule) ou comme une plume à molette (roulette). Il est conseillé de travailler sur une surface légèrement granuleuse (plaque de verre dépoli, plaque métallique vendue à cet effet, plaque émerisée...). En effet il s'agit d'écarter la cire sans couper ni déchirer les fibres du papier. Le stencil est très fragile et la plus petite déchirure a des conséquences graves au tirage.

Le stencilographe est un crayon muni en son extrémité d'une pointe qu'un électroaimant fait vibrer à la cadence de 3000 frappes à la minute. Le vibreur se met en marche quand on incline la pointe vers le bas. Il s'arrête quand on la relève.

Le stylo à bille vide, préconisé par certains, déchire très facilement le stencil, la bille sèche ne roulant plus.

Ces instruments permettent de graver du texte et des dessins au trait. Ceux-ci sont rendus dans de bonnes conditions s'ils sont sobres et sans détails trop fins.

Pour donner l'illusion d'une trame sur des surfaces plus ou moins étendues, il est possible d'utiliser les plaques précédemment citées ou de la toile émerisée. Placer alors le stencil face recto contre la plaque en question et frotter le verso avec un capuchon de stylo à bille par exemple.

Les aplats sont reproduits difficilement. De plus le papier duplicateur collerait sur la toile d'encrage ou le tambour, car il y aurait trop d'encre. Il est donc conseillé d'éviter les titres aux lettres trop épaisses. L'usage des hachures ou des lettres "vides" peut se substituer à celui des aplats.


Fig. 8: Lettres "pleines" et lettres vides ou "éclairées".

Le stencil électronique

Le stencil destiné à être gravé électroniquement est traité de façon particulière. Il peut être carboné ou plastifié. A la différence du stencil usuel, il est collé sur son support de papier fort.

La gravure électronique se prête à la reproduction de tous types de documents, manuscrits, dactylographiés, dessinés, imprimés, et d'images traits, textes, demi-tons. Même les photographies peuvent être reproduites. Il est préférable d'y appliquer une fine trame avant de les faire analyser par le graveur. Mais ce n'est pas nécessaire si la photo est bien contrastée et pas trop sombre.

La qualité de gravure du stencil électronique dépend d'une part de la qualité de l'original et d'autre part de ce que l'on appelle la définition du graveur lui-même, c'est-à-dire de la densité de l'analyse du document qui s'exprime par le nombre de lignes analysées au centimètre (elle s'échelonne de 50 à 300 lignes) (fig. 9). Plus la définition est élevée, meilleure est la qualité de reproduction.

L'acquisition d'un tel appareil est sujette à réflexion du fait de l'investissement qu'il représente. Ces mêmes organismes acceptent souvent de fournir, contre paiement, le stencil électronique. Sous-traiter à un organisme qui dispose d'un graveur électronique la réalisation du stencil qu'on fixe ensuite sur son propre duplicateur est d'autant plus facilement envisageable que dans bien des villes secondaires africaines, écoles, missions ou mairies en ont à leur disposition.


Fig. 9: Principe du graveur électronique de stencil.

Sur un cylindre rotatif sont fixés à gauche le document à reproduire et à droite le stencil à graver.

Un faisceau lumineux balaie ligne par ligne le document à reproduire et est reçu par une cellule photoélectrique qui le convertit en impulsions électriques. Ces impulsions, variant d'intensité selon l'image rencontrée, sont transmises à un stylet. Celui-ci émet des étincelles qui brûlent le stencil en une multitude de petits trous.

La perforation manuelle et la perforation électronique peuvent être combinées à l'aide de montages. Cette combinaison trouve sa meilleure application pour les en-têtes de lettres, logos d'association ou autres parties constantes qui peuvent être faites à façon. Il suffit de scotch pour assembler entre elles les différentes parties de stencils.


Fig. 10: Montage combinant un logo gravé électroniquement à un stencil usuel dactylographié.

Remarques particulières concernant les stencils

Le format le plus fréquent est le A4 (21 x 29,7 cm), mais il existe aussi des variantes ("DIN", "Folio"...).

Les stencils, fournitures et équipements destinés à leur gravure sont vendus par les fabricants de duplicateurs et leurs concessionnaires dont les adresses sont signalées en annexe. Ils sont également le plus souvent commercialisés par les grandes librairies et papeteries des villes principales et secondaires en Afrique. Les stencils sont vendus par paquets de 48 ou de 96 feuilles. Ceux qui sont destinés à être gravés électroniquement coûtent plus cher que les stencils usuels et leur qualité d'une marque à l'autre est variable (faire des essais). Par ailleurs les stencils vieillissent mal en climat tropical: la cire sèche et laisse une multitude de petits trous invisibles à l'oeil nu. Le stencil est alors devenu poreux. A l'impression apparaîtront des milliers de petits points noirs. Il faut donc éviter de constituer des stocks pour des années et se méfier des boites de stencils offertes à des prix "imbattables": ils sont souvent poreux.

Le vernis correcteur permet d'obturer certains endroits puis de les dactylographier à nouveau. Chaque fois que la surface est importante et qu'il n'est pas nécessaire de frapper à nouveau, on peut économiser le vernis en collant simplement du ruban adhésif. Une autre façon d'économiser le vernis, très volatil, est de refermer le flacon après chaque usage!

Les stencils préparés sont fixés sur le duplicateur par une bande d'attache perforée qui se trouve en tête. Cette bande est différente suivant les marques. Mais si les perforations d'une tête ne correspondent pas à une machine, il est facile de la remplacer en agrafant une autre tête appropriée à la machine. On n'est donc pas lié à une marque de stencil déterminée.

LE MATERIEL DE DUPLICATION

Il existe une grande variété de duplicateurs, de ceux que l'on peut construire soi-même à des machines relativement sophistiquées, beaucoup plus rapides et automatiques. Ils ont en commun de ne pas poser de gros problèmes de maintenance et de ne requérir qu'un savoir-faire limité de la part de l'opérateur.

Les duplicateurs que l'on peut construire soi-même

On a parfois tendance à n'accorder qu'une valeur "folklorique" à ces appareils réalisables sur place, à ne les considérer que comme des gadgets de bricoleurs. Ils méritent pourtant mieux, car ils peuvent se révéler très utiles à ceux qui n'ont pas les moyens d'acquérir un duplicateur mécanique à cause de son coût élevé.

" Le duplicateur plat à rouleau

Principe: Le stencil est fixé sur un cadre en bois de façon suffisamment lâche pour lui permettre de s'incurver et de venir s'appliquer contre les feuilles à imprimer (Fig. 11). L'encre est étalée au moyen d'une simple pièce cylindrique en bois ou métal (le rouleau). L'encre est forcée à travers le stencil par le rouleau.

Utilisation: le stencil gravé est attaché à l'aide de punaises ou de pinces sur les petits côtés du cadre en bois. Il faut veiller à ce qu'il ne soit pas trop tendu, de façon à permettre au rouleau de rouler librement sur toute la longueur du stencil, dans un mouvement de va et vient sur les montants latéraux du cadre. Mais le stencil doit être assez tendu pour ne pas se plisser! Poser une pile de feuilles (jusqu'à 100) sur le tableau, sous l'image du stencil, en la "calant" au besoin avec deux ou trois petits morceaux de carton épais (5 mm d'épaisseur). Appliquer un peu d'encre à chaque bout du stencil. Etaler un film léger d'encre sur toute la surface de l'image en passant le rouleau entre le stencil et le cadre, puis en le roulant à nouveau vers soi. Les premiers tirages ne seront sans doute pas lisibles du fait que le rouleau soit passé deux fois de suite (l'image sera donc doublée). Lorsque l'encre est régulièrement répandue sur toute la surface du stencil, retirer la feuille supérieure de la pile et renouveler l'opération en ne passant plus qu'une seule fois le rouleau (profiter de cette occasion pour vérifier si l'image est bien cadrée, l'encrage régulier. Si certaines zones ont un encrage plus faible ne surtout pas remettre d'encre à cet endroit précis mais seulement du côté de la charnière, à la tête du stencil).


Fig. 11: Fabrication d'un duplicateur stencil à socle plat.

Matériel nécessaire:

- tige métallique ou en bois de section ronde (diamètre maxi - 5mm, longueur mini = 25 cm)
- 4 tasseaux de bois 2,5 x 5 cm
- 1 plaque de contreplaqué 42,5 x 54,5 cm
- vis
- une paire de charnières
- punaises ou pinces

1 - Confectionner le cadre avec les quatre tasseaux et les vis. Pour imprimer sur du papier A4, les dimensions du cadre doivent être 22,5 x 34,5 cm. De façon générale, le cadre doit avoir une largeur légèrement supérieure à celle des feuilles de papier à imprimer, mais une longueur inférieure à celle du stencil lui-même.

2 - Fixer le cadre au plateau avec les deux charnières.

La pression du rouleau doit être forte et constante.

La présence d'une pile de feuilles est importante, elle permet d'offrir une résistance souple à cette pression. Une fois la feuille imprimée, relever le cadre et enlever cette feuille qu'on laissera sécher à l'abri de la poussière.

Avec un peu d'habitude, on peut éviter que les bords extérieurs du rouleau se salissent d'encre: il faut en effet garder les mains propres pour pouvoir retirer les feuilles, une à une, après chaque passage du rouleau!

Après une séance d'impression, il est conseillé d'essuyer le rouleau pour éviter que l'encre n'y sèche en formant des aspérités qui gêneraient le travail suivant. L'impression feuille par feuille réserve ce procédé à des tirages courts. Il est, semble-t-il, assez largement répandu en Afrique francophone et anglophone.

Ce type de duplicateur est également disponible dans le commerce (adresse en annexe 6).

" Variante du même principe: le duplicateur plat à bouteille

Il existe un autre type de duplicateur à socle plat autoconstructible dont une brève description est donnée ci-dessous.


Fig. 12: Le duplicateur plat à bouteilles.

Il s'agit d'un duplicateur utilisant une couverture et une simple bouteille (il aurait été mis au point en Ouganda): sur un plateau de bois, sensiblement plus vaste que le stencil, est fixée une couverture qu'on imbibe d'encre. Le stencil lui-même est ensuite punaisé sur le socle lui-même, comme l'indique le schéma ci-contre. Puis on applique le recto du papier à imprimer sur la face verso du stencil. La pression assurée par la bouteille roulée une fois seulement sur le papier, de bas en haut, suffit à faire passer l'encre au travers des perforations du stencil.

" Le limographe

Ce duplicateur à socle plat utilise une toile fine, comme le duplicateur rotatif à deux cylindres (voir plus loin). La toile est fixée sur un cadre, mais elle joue le même rôle d'intermédiaire entre l'encre et le stencil.

Trois parties composent ce duplicateur:

- un socle sur lequel on dépose une petite quantité de feuilles de papier (vingt à la fois environ). La partie centrale de la face supérieure de ce socle est recouverte d'une feuille de Formica, pour qu'elle soit bien lisse et plate et pour que la toile reste bien tendue Jusqu'à la dernière feuille. On peut aussi faire ressortir cette surface centrale, généralement faite en contreplaqué de 2 mm.

- un cadre intermédiaire sur lequel on fixe une toile fine par du ruban adhésif large, du genre de celui qu'on emploie pour fermer les cartons. La toile doit être tendue.

- un couvercle, pour faciliter le transport. En position ouverte, on peut aussi s'en servir pour ranger les feuilles après impression.

Ces trois parties sont solidaires grâce à des charnières latérales.

Il faut également une raclette en bois dans laquelle est coincée une bande rigide de caoutchouc (vieux pneu). La façon de construire une telle raclette est détaillée p. 78


Fig. 13: Le limographe (schéma).

Un menuisier un peu adroit est parfaitement capable de réaliser l'ensemble, sans grands frais, au format désiré par le client. On peut s'inspirer utilement des conseils donnés en Annexe pour la fabrication d'un écran de sérigraphie.

Pour imprimer:

- ouvrir le couvercle et soulever le cadre intermédiaire.

- placer une vingtaine de feuilles de papier sur la plaque de formica.

- déposer le stencil gravé et détaché de son support sur le paquet de feuilles, la face verso sur le papier, et refermer le cadre.

- verser ou appliquer de l'encre de duplicateur dans le creux du cadre, et faire quelques mouvements de va et vient avec la raclette pour enduire convenablement la toile d'encre. Attention: ne pas mettre l'encre avant d'avoir posé le stencil!

- soulever le cadre intermédiaire: le stencil se soulève en même temps, car l'encre dont il est maintenant enduit le fait adhérer à la toile. Retirer la première feuille qui a servi de brouillon d'essai.

- redéposer le cadre et faire un mouvement avec la raclette inclinée à 60°.

- soulever le cadre, retirer la feuille imprimée et la poser (par exemple) dans le creux du couvercle.

- redéposer le cadre et recommencer.

Avec un peu de dextérité et d'habitude, on peut aller très vite. Mais ce système n'est intéressant que pour de petits tirages.

Il n'y a aucun risque de se salir les mains, ni d'abîmer le stencil, et aucun entretien n'est nécessaire, sauf de racler l'encre de la toile à la fin du travail.

Il est possible d'imprimer jusqu'à quatre stencils à la fois en les posant côte à côte sur un cadre à la taille nécessaire.

" Le duplicateur à un cylindre "LIPIKAR"

Le duplicateur en bois dont le descriptif est donné en annexe a été mis au point par le Dr. Salahuddin, les industries LIPIKAR au Bangladesh et revu par la section "Industrial Services" d'I.T.D.G (annexes).

Principe du duplicateur en bois

Il comporte un seul cylindre, lui-même recouvert d'un matériau absorbant sur lequel est placé le stencil. Un rouleau de pression est tourné manuellement, il fait rouler le papier de tirage contre le stencil et l'encre est plaquée contre le papier. Le rouleau de pression et le cylindre porte-stencil sont reliés entre eux par des courroies de caoutchouc. Deux plateaux de bois, qui servent aussi de protection du duplicateur lors de son transport, permettent le stockage et la réception du papier.

Il n'est fabriqué pratiquement qu'avec du bois. Et sa confection requiert l'expérience et la pratique d'un très bon menuisier professionnel.

Son utilisation par contre, et son entretien peuvent être l'affaire de tous.

Fabrication et utilisation: voir annexe 4.

Remarques particulières

Du soin avec lequel le duplicateur aura été construit dépend l'homogénéité d'encrage des copies. La délicatesse de construction et d'utilisation de ce duplicateur ne le rend compétitif avec un duplicateur du même type disponible dans le commerce que dans des conditions géographiques et économiques particulièrement défavorables.

Les duplicateurs disponibles dans le commerce

" Le duplicateur à un cylindre, type Ronéo

Principe

L'encre est mise dans le cylindre lui-même et passe au travers d'une paroi perforée. Elle imbibe une "feuille" de feutre qui entoure la presque totalité du tambour.

Le stencil est fixé sur ce feutre et enroulé autour du cylindre.

Le papier passe entre le cylindre et le rouleau de pression placé en dessous du Cylindre.

On distingue des duplicateurs entièrement manuels dans lesquels le cylindre est commandé par une manivelle et l'alimentation en papier assurée à la main, feuille à feuille, et des duplicateurs semi-automatiques où la manivelle commande aussi l'avancée d'un patin qui pousse la feuille sous le cylindre.

Attention: le duplicateur à un cylindre n'utilise pas le même type d'encre que le duplicateur à deux cylindres.


Fig. 14: Duplicateur à stencil à un cylindre (schéma de principe).´

Ces machines n'existent qu'en format A4. C'est la présence sur la machine de dispositifs plus ou moins perfectionnés qui commande les différences de prix (ces prix sont donnés à titre indicatif en annexe avec l'adresse des fabricants et les réseaux de distribution en Afrique).

Couleurs

Ces duplicateurs une fois imbibés d'une encre d'une certaine couleur ne peuvent plus être utilisés qu'avec celle-ci. Mais au départ toutes sortes de couleurs peuvent être choisies. Il suffira seulement de changer de cylindre pour changer de couleur.

" Le duplicateur à deux cylindres

Principe

Un écran de soie poreux enserre les deux cylindres. Deux rouleaux encreurs tournent contre le cylindre supérieur, en glissant de gauche à droite. Ils sont alimentés par une pompe à encre et répartissent l'encre uniformément sur le cylindre supérieur. L'écran, toile sans fin qui tourne autour des cylindres comme une courroie, recueille cette encre. Le stencil est appliqué sur l'écran, parfois appelé "tamis de soie" ou "porte-cliché". Quand le papier passe entre le rouleau inférieur et le contre-rouleau de pression, l'encre est forcée à travers les perforations du stencil et se dépose sur le papier.


Fig. 15: Impression du papier dans un duplicateur à deux cylindres.

Manipulation

Le mouvement de rotation des cylindres peut être commandé par une manivelle ou de façon électrique. L'alimentation en papier se fait par des patins en caoutchouc.


Fig. 16: Duplicateur à stencil à deux cylindres.

Certains de ces duplicateurs sont manipulables à l'électricité seulement. Ils existent en format d'impression A4 et A3, mais il est possible de les régler pour imprimer des formats plus petits.

Une fois fixé le stencil sur la machine, encore solidaire de son support, mais débarrassé du carbone éventuel, faire tourner le duplicateur quelques fois. Appuyer la main légèrement et bien à plat sur le dos du support pendant ce temps, pour que l'encre pénètre bien le stencil.

Arracher ensuite d'une main le support, en maintenant fermement la tête du stencil dans ses attaches de l'autre main. Alors seulement embrayer le mécanisme d'introduction du papier.

Eviter de faire tourner la machine avec le mécanisme d'introduction du papier embrayé alors qu'il n'y a pas de papier: le rouleau de contre-pression serait entièrement enduit d'encre, il faudrait le détacher et le nettoyer soigneusement avant de reprendre le travail. Certains duplicateurs sont conçus de telle façon que cette fausse manoeuvre est quasi impossible.


Fig. 17: Schéma de principe du duplicateur à deux cylindres.

Couleurs

Le système d'encrage est ici complexe: le changement de couleur est donc long et délicat. La meilleure solution est en pratique d'avoir plusieurs machines, dont chacune assure l'impression en une couleur.

Entretien

Il est capital de maintenir très propres toutes les parties et pièces du duplicateur qui entrent en contact avec le papier à imprimer, pour éviter d'y déposer des tâches d'encre. Pour le reste, il n'y a pas de difficultés: l'encre est grasse et a donc un rôle lubrifiant et anticorrosif. Il faut cependant éviter des dépôts d'encre trop importants: ils sèchent lentement et peuvent à la longue gêner certains mécanismes.

Fabricants, réseaux de distribution et gamme de prix en annexe n° 6

Le prix d'un appareil dépend du degré d'automatisme, mais aussi de la marque (certaines font payer cher leur renom alors que bien souvent seul 1E! design de la carosserie change vraiment de l'une à l'autre), et de la politique d'importation du pays. En effet, aucun matériel de ce type n'est fabriqué en Afrique (et à titre indicatif, les taxes d'importation sur ces machines en Côte d'ivoire sont de 11,11 %; pour les fournitures, elles s'élèvent à 25 %). La facilité de communication à l'intérieur du pays intervient aussi: il faut savoir cependant que, pour des raisons commerciales, les représentants installés dans les villes secondaires peuvent fournir le matériel au même prix qu'à la capitale; ils prennent à leur charge le prix de son acheminement, et en cas de panne ne font marcher la garantie que sur le matériel qu'ils ont eux-même vendu.

Avant tout achat de ce type, il est important de s'assurer de la disponibilité d'un service après-vente et de pièces de rechange dont il n'est pas inutile de constituer un stock lors de l'achat. A cet égard, les pièces les plus vulnérables sont le plus souvent les pattes métalliques d'entraînement du cylindre et tous les éléments en caoutchouc, sensibles à l'humidité.´

LE TIRAGE EN DUPLICATION AU STENCIL

Les fournitures: papiers et encres

Les papiers utilisés en duplication au stencil doivent être absorbants pour éviter les bavures. Si le papier n'est pas assez poreux, l'encre n'est pas immédiatement absorbée et elle salit le dos de la feuille suivante quand elle vient se déposer sur la pile de feuilles imprimées. Lorsqu'on utilise pour les couvertures un papier plus fort, il est aussi plus lisse et moins absorbant. Il faut alors travailler suffisamment lentement pour avoir le temps d'intercaler à la main une feuille de papier duplicateur entre chaque couverture imprimée au fur et à mesure qu'elles sortent de la machine.

Les papiers pour duplicateur à stencil sont moins chers à l'achat que les papiers couchés et sont disponibles dans la plupart des villes africaines de moyenne et grande importance. Il existe trois catégories de papiers pour la duplication au stencil:

" papiers peu manipulés (circulaires par exemple): indice de force 60 gr.
" papiers manipulés: indice de force: 60 80 gr.
" papiers de qualité supérieure (indispensable pour les impressions recto-verso) indice de force: 70 à 90 gr.

Ces papiers existent dans plusieurs couleurs prises dans la masse (vert, jaune, bleu, orange...), mais toutes ne sont pas disponibles partout en Afrique.

Les encres sont spécifiques à ce type de duplication et sont vendues en cartouches ou en tubes; le conditionnement dépend du duplicateur utilisé. L'encre de couleur coûte de 20 à 50 % plus cher que l'encre noire. De nombreuses couleurs sont disponibles.

Le tirage en plusieurs couleurs

Les duplicateurs stencils ne peuvent imprimer qu'une couleur à la fois. Pour imprimer plusieurs couleurs sur une même page, il est nécessaire de préparer autant de stencils qu'il y a de couleurs. Sur chaque stencil ne seront gravés que les tracés correspondant à une même couleur. La même feuille passera autant de fois en machine qu'il y a de couleurs. Entre chaque passage, il faut changer le système d'encrage de la machine (il en faut donc un par couleur), -changer le jeu de cylindres (ou l'écran, selon le type de duplicateur utilisé) et changer le stencil, en ayant nettoyé minutieusement les pièces communes aux deux systèmes. Sur les duplicateurs à un cylindre-vendus dans le commerce, aucun nettoyage n'est nécessaire et le changement de cylindre est spécialement simple et rapide.

La reproduction des couleurs, dans les limites mentionnées plus haut (trait et demi-tons) ne présente donc pas de problèmes techniques. Le seul aspect délicat est celui du repérage lors d'un passage à l'autre de l'imprimé en machine. En effet, lors de son second passage, la feuille doit être parfaitement calée afin que les couleurs ne se chevauchent ni ne se disjoignent.

Le volume du tirage

Le volume du tirage varie d'un type de stencil à l'autre. Le stencil conçu pour être gravé à la main ou à la machine permet un tirage de 1 500 à 2 000 copies mais cela peut être plus ou moins suivant la marque et la qualité (les premières reçoivent toujours trop d'encre, un déchet d'une vingtaine de copies pour le réglage est à prévoir).

Les stencils pour graveurs électroniques de bonne qualité (ils ne le sont pas tous) permettent d'atteindre le chiffre de 10 000 copies par stencil.

Le stockage des stencils et leur retirage

La conservation des stencils gravés, en vue d'un retirage ultérieur est possible pendant au moins 1 an à condition d'intercaler une feuille de papier absorbant (journal) entre chaque stencil. Il existe aussi des "armoires à stencils" dans lesquelles ceux-ci sont suspendus verticalement, mais elles sont très coûteuses.

Il est facile de faire soi-même un rayonnage pour suspendre les stencils à conserver: placer deux barres longitudinales et y accrocher les stencils par de petits crochets façonnés en fil de fer passant dans les perforations des têtes des stencils.

Avantages

Chaque copie reçoit la même dose d'encre, il ne se posera donc pas le problème des copies qui pâlissent progressivement au fur et à mesure du tirage. C'est la dégradation du stencil lui-même en fin de parcours qui limite le tirage.

La couleur résiste bien à la lumière et au temps.

L'utilisation des duplicateurs à stencil n'exige qu'une faible formation de l'opérateur.

Le problème du séchage des copies ne se posant pas, l'espace requis pour le matériel proprement dit peut être réduit (mais le foliotage et le stockage demandent eux beaucoup de place).

Le stencil associé au graveur électronique permet de reproduire presque les mêmes originaux qu'en offset. Les différences de qualité qui en résultent, quant à la "définition" des caractères, sont essentiellement dues à la nature du papier de tirage utilisé.

Inconvénients

L'aspect peu lumineux des tirages au stencil est lié à l'emploi d'un papier poreux. Le choix des illustrations est limité par certaines contraintes techniques, qui excluent la reproduction de photographies en quadrichromie, limitent l'usage des photographies en noir et blanc... L'impression des textes ne rend pas toujours de bons résultats, mais ce sont alors les machines à écrire utilisées qui sont en cause. Les textes gravés électroniquement sur un stencil rendent moins bien, une fois imprimés, qu'en frappe à la machine; en effet, la décomposition du trait par lignes se voit légèrement.

2.2 - La duplication a l'alcools et l'hectographie a l'eau

PRINCIPE GENERAL

Le principe de l'hectographie consiste à reporter sur un papier de tirage une mince couche d'encre déposée sur un cliché par un carbone hectographique. Ce report est effectué grâce à de l'eau, ou bien grâce à de l'alcool, qui dissolvent la pellicule d'encre nécessaire.

En duplication à l'eau, l'image carbonée présente sur le cliché est d'abord transférée à une couche de gélatine humide. Pour être à l'endroit sur la copie, l'image doit être à l'envers sur cette couche, et donc à l'endroit sur le cliché. Il en résulte que lors du tracé de l'image sur le cliché, le carbone hectographique est placé au-dessus du cliché, face carbonée tournée vers celui-ci (Fig. 18).


Fig.18: Obtention du cliché en hecto- graphie à l'eau.,

Dans la duplication à l'alcool au contraire, il n'y a pas d'intermédiaire entre le cliché et la feuille de papier imbibée d'alcool qui va porter la copie. Pour être à l'endroit sur la copie, l'image doit donc être à l'envers sur le cliché. Lors du tracé de l'image, le carbone est donc placé sous le cliché face carbonée tournée vers le haut (Fig. 19).

A ce détail près, la préparation du cliché est la même dans les deux cas.


Fig. 19: Obtention du cliché par duplication à l'alcool.

PREPARATION DU CLICHE HECTOGRAPHIQUE

Le cliché hectographique et les carbones

Le cliché est une feuille de papier couché, ayant un côté brillant sur lequel s'effectue le transfert.

Les carbones hectographiques existent dans

7 couleurs: violet, bleu, rouge, rose, vert, jaune et bistre. Ils se présentent le plus souvent en feuilles:

- carbones en feuille, dont la surface décalquante est revêtue d'une pellicule de protection,

- carbones en feuille, avec bandes latérales dépourvues de matière décalquante (eu égard à sa nature salissante) mais aussi:

- carbones en ruban, prêts à être montés sur des machines à écrire équipées à cet effet,

- liasses comprenant le cliché et le carbone, et souvent également un dos en papier fort.

Les formats offerts sur le marché sont variables selon l'utilisation. Pour réaliser des fiches d'adresses, la liasse est longue et étroite, pour permettre le classement de ces fiches dans des casiers, et il n'y a qu'un petit rectangle de carbone hectographique inséré à l'intérieur. Après avoir dactylographié l'adresse sur la fiche, on détache le rectangle de carbone et le dos, devenus inutiles.

L'obtention des clichés

" Gravure manuelle

Le dessin est effectué au stylo à bille (pointe dure) sur le dos du cliché (à l'alcool), ou sur une feuille de brouillon posée sur le carbone (à l'eau). Placer la liasse sur une surface très dure. Il est toujours préférable de se limiter à la reproduction de dessins simples.

" Dactylographie des clichés

La feuille et le carbone hectographiques (et la feuille de brouillon dans le cas de l'hectographie à l'eau) sont insérés ensemble dans la machine à écrire. Celle-ci doit avoir des caractères relativement tranchants. Il faut éviter que la frappe soit trop forte, sinon trop de carbone est transféré au cliché et le texte est difficilement lisible à l'impression. Le ruban peut être maintenu en place afin de pouvoir faire une relecture. La frappe est de meilleure qualité si l'on place un support en plastique sous la liasse (par exemple une feuille d'acétate). De la régularité de la frappe dépend en partie l'homogénéité d'encrage de la feuille de tirage.

" Gravure des clichés à la machine

On peut obtenir des clichés à partir d'un copieur thermique. Cela suppose d'utiliser des "Thermopak" composés d'un carbone, d'un cliché, et d'un support protecteur en acétate. On peut en particulier reproduire ainsi des textes imprimés.

Remarques particulières

Les corrections peuvent être faites en grattant le cliché de façon à en retirer la pellicule de carbone ou en collant sur la partie à supprimer un morceau de papier. Les modifications sont effectuées avec un carbone vierge. Les demi-tons et les aplats sont impossibles à reproduire. On peut les remplacer en jouant avec les hachures.

Les couleurs: c'est dans ce domaine que l'hectographie présente un avantage indiscutable sur les autres procédés d'impression (dans les limites citées plus haut: textes et dessins au trait). En effet, il est possible d'obtenir des copies multicolores en un seul passage dans le duplicateur. Il suffit d'utiliser successivement des carbones de couleurs différentes sur le même cliché.

Dans ces conditions les problèmes de repérage ne se posent pas.

L'HECTOGRAPHIE A L'EAU: MATERIEL ET PROCEDE

L'image présente sur le cliché est transférée à une couche de gelée humide. On applique une à une sur celle-ci les feuilles de papier à imprimer qui absorbent chacune une partie des pigments. Les pigments descendent peu à peu dans la couche de gelée (Fig. 20).


Fig. 20: L'hectographie à l'eau, schéma de principe.'

Le mode d'emploi détaillé est le suivant.

1 - Préparer d'abord la surface de la gelée. Pour cela la mouiller avec une éponge imbibée d'eau fraîche. Quand la surface est bien saturée, enlever l'excès d'eau avec du papier absorbant.

2 - Placer le plateau de gelée et le cliché devant soi, l'image face au plateau. Appliquer progressivement le cliché sur la gelée, en commençant par l'extrémité du cliché la plus proche de soi. Ce faisant, évacuer délicatement vers les bords, avec les doigts ou un morceau de coton, les bulles qui peuvent se former entre le cliché et la gelée.

3 - Laisser le cliché sur la gelée 30 à 60 secondes.

4 - Oter le cliché, en commençant par l'extrémité la plus proche de soi (Fig. 21).


Fig. 21: Transférer l'image du cliché à la gelée.

5 - On voit alors l'image inversée dans la gelée. Si la gelée s'est déchirée en enlevant le cliché, c'est qu'elle est trop chaude ou que sa composition n'est pas bonne (pas assez de gélatine).

6 - Commencer aussitôt à imprimer. Poser une feuille de papier sur la gelée. Ne la laisser qu'une seconde et l'enlever immédiatement.

7 - Recommencer sans perdre de temps, car l'image descend lentement à l'intérieur de la gelée, et les copies deviendront moins nettes après une demi-heure.

8 - Quand l'impression est terminée, laisser reposer la gelée à température normale, pendant au moins deux heures de façon à ce que l'image soit absorbée par la gelée. Dès que la surface est propre, on peut recommencer.

Un matériel d'hectographie à l'eau est commercialisé par une entreprise anglaise (voir liste de fournisseurs p. 80).

Mais fabriquer soi-même le plateau ne présente aucune difficulté, et des recettes de gelée sont données en Annexe.

L'HECTOGRAPHIE A L'ALCOOL: MATERIEL ET PROCEDE

Ce sont des appareils manipulés à la main, et présentant une simplicité de conception suffisante pour que leur utilisation et leur entretien ne posent aucun problème. Ils sont beaucoup plus légers et transportables que les duplicateurs à stencil. Certains duplicateurs à alcool sont plats, mais la plupart sont rotatifs.

Duplicateurs à cylindre disponibles dans le commerce

" Principe

D'un duplicateur à l'autre, le principe est toujours le suivant: le duplicateur consiste en un cylindre sur lequel le cliché est fixé. Les feuilles à imprimer sont mouillées par l'alcool selon des dispositifs variables, et sont engagées entre le cylindre et un rouleau dé pression qui est en général en caoutchouc.


Fig. 22: Schéma de principe du duplicateur à alcool..

" Les différents types d'appareils

Les plus simples ont un système d'humectation par feutre (qui permet les tirages les moins importants) et un entraînement.

L'alimentation en feuilles peut être manuelle ou automatique.

L'humectation en alcool par rouleau permet une répartition plus régulière sur toute la surface du papier.

Ces appareils, dont fabricants et prix sont signalés en annexe n0 6, peuvent être munis de commande électrique et/ou de dispositifs de dosage de l'humectation ou de la force de pression.


Fig. 23: Exemples de duplicateur à alcool à .

Format: les équipements (comme les clichés eux-mêmes) sont conçus pour imprimer au plus en format A4.

L'entretien et la manipulation de ce type de duplicateurs sont spécialement aisés en raison de leur simplicité de conception.

Le mini duplicateur à manche, disponible dans le commerce (1)

(1) Sans doute est-il possible de le faire construire localement par un bricoleur ingénieux

" Principe

Il comprend un réservoir d'alcool métallique, dont le fond est perforé. Contre cette paroi, qui laisse filtrer très légèrement l'alcool, un feutre est collé. Il suffit donc d'imbiber le papier de tirage en passant le feutre sur sa surface, puis d'y déposer le verso du cliché, le tout est pressé à l'aide du rouleau de pression qui se trouve de l'autre côté du réservoir d'alcool.

Le dessin ci-dessous représente une des nombreuses versions qui existent sur le marché. Certains ont un réservoir ovoïde, d'autres n'ont pas de manche... Leur petite taille est générale, ce qui limite l'étendue de la surface à imprimer. En effet l'alcool sèche vite. Ce qui est gênant pour reproduire des clichés A4 car l'alcool sèche à peine étendu.

Ce procédé est donc particulièrement adapté à l'impression de fiches (bibliothèques), d'adresses... qui ne doivent être reproduites qu'en petit nombre.


Fig. 24: Mini-duplicateur à alcool. (a)


Fig. 24: Mini-duplicateur à alcool. (b)

" Succession des opérations

1/Imbiber légèrement d'alcool le papier de tirage à l'aide du feutre,

2/Appliquer immédiatement le cliché hectographique, côté carboné contre le papier.

3/Retourner l'appareil et presser le tout à l'aide du rouleau de pression.

4/Quand on a fini, retourner l'appareil avec le fond du réservoir d'alcool vers le haut.

LE TIRAGE EN DUPLICATION A L'ALCOOL

Les fournitures

" Alcool

Celui qui est utilisé en principe est spécialement conçu pour ce type de duplication par les fabricants de matériel hectographique. Mais en Afrique, c'est l'alcool à brûler qui est le plus souvent utilisé. Les tirages sont de qualité et de longueur inférieures. Mais il ne semble pas que l'usage de cet alcool détériore le duplicateur de quelque manière que ce soit.

" Papiers

Il existe des papiers de tirage spécialement conçus pour ce type de duplication. Mais ils sont plus chers et très rarement disponibles en Afrique. En fait n'importe quel papier peu absorbant peut faire l'affaire (trop absorbant, il épuise l'encre très vite).

D'une manière générale seuls les carbones, surtout de couleur, sont difficiles à trouver en Afrique.

Volume du tirage

La quantité comme la qualité des copies dépendent:

- de l'épaisseur de carbone déposée sur le cliché, c'est-à-dire de l'intensité de frappe de la machine à écrire ou de la force de la gravure manuelle ainsi que de la qualité du carbone utilisé. C'est sans conteste le violet qui permet les plus longs tirages: jusqu'à 500 copies. Pour les autres couleurs, ne pas compter sur plus de 200 copies lisibles par cliché,

- du type de papier de tirage: moins il est absorbant, plus il est possible d'obtenir de copies à partir d'un seul cliché,

- du dosage d'alcool et du réglage de la force de pression. Plus celle-ci est forte, plus la consommation de carbone est importante. Il est donc préférable, si la pression est réglable de la limiter au début et de la forcer progressivement sur les dernières copies.

Il ne faut imprimer qu'en recto. Un passage en verso risquerait en effet d'endommager le texte déjà imprimé au recto (ceci double donc la consommation de papier).
Les retirages ne sont pas envisageables du fait de la difficulté de conserver les clichés hectographiques sans que le carbone ne sèche.

Avantages

Les principaux avantages de ce procédé de duplication résident dans sa rapidité et sa simplicité d'exécution ainsi que dans la facilité d'impression de feuilles multicolores. Il suppose de plus un investissement de départ relativement limité.

Inconvénients

Les inconvénients, eux, sont liés aux manques de stabilité des couleurs qui pâlissent vite à la lumière; et au manque d'homogénéité d'une copie à l'autre.

Pour ces raisons et pour celles qui ont été précédemment mentionnées, ce procédé a tendance à être largement supplanté par la duplication au stencil et est de moins en moins répandu en Afrique. Le meilleur usage que l'on puisse faire de la duplication hectographique est un usage scolaire.

2.3 - La serigraphie

La sérigraphie utilise le principe d'impression du pochoir (voir encadré).


Fig 25 Le principe du pochoir

Le pochoir est un écran dans lequel ont été découpées certaines parties correspondant à l'image à imprimer. L'encre, retenue par les surfaces restées pleines du pochoir, ne passe qu'au travers des "fenêtres". 3 pochoirs sont nécessaires pour imprimer une image en 3 couleurs.

En sérigraphie, ce pochoir consiste en un cadre sur lequel est tendu un tissu à mailles très fines (soie ou nylon). Une partie de l'écran ainsi constitué est obturée, par des procédés chimiques ou mécaniques, de façon à ne laisser libres que les surfaces correspondant aux dessins ou textes à imprimer.

Au moyen d'une raclette, on fait passer à travers l'écran une encre sérigraphique qui reproduit sur la matière à imprimer le graphisme figuré par ces surfaces libres.


Fig. 26: Principe de la sérigraphie.

La sérigraphie est le procédé idéal pour imprimer des affiches éducatives et du matériel d'animation de grand format. Il peut aussi être conçu pour l'impression sur textile à des fins commerciales (T-Shirts). La combinaison sérigraphique et stencil permet avec un peu d'expérience d'envisager l'impression de journaux ruraux, en montant plusieurs stencils sur un même écran.

Ce procédé, qui a fait l'objet de programmes de développment en Afrique de l'Est, s'est révélé particulièrement bien adapté au monde rural africain, dans la mesure où il peut être entièrement conçu localement, l'équipement fabriqué par un artisan et son utilisation être à la portée de non-professionnels de l'imprimerie. Seul se pose, de façon cruciale, le problème de l'acheminement des fournitures sérigraphiques. Il est donc presque indispensable d'avoir un relais direct en Europe pour se les procurer.

En outre, il ne faut pas se faire d'illusion sur son coût: il est vrai que l'équipement est autoconstructible, mais les fournitures coûtent cher. Pour des affiches, il faut utiliser du papier assez fort. Une "boîte à images" (série d'affiches) réalisée selon le procédé sérigraphique coûte aussi cher qu'une série de diapositives (mais on n'a pas besoin d'électricité pour l'utiliser). Et à cause de son poids, il est très cher de l'expédier à longue distance.

LE MATERIEL DE SERIGRAPHIE ( voir Annexe n°5)

Le cadre

Il doit être fait à partir d'un bois très dur car il est destiné à supporter le tissu très tendu et des pressions importantes. Le tout est soumis à des lavages fréquents, on doit donc s'assurer que ce bois ne jouera plus sous l'effet de l'humidité.

Il doit être sans aspérités, les échardes risquant de déchirer le tissu. Ses dimensions peuvent être variées. Construire des cadres de différents formats permet une plus grande souplesse dans le choix des formats d'impression. Il est préférable cependant de choisir un format qui permette d'imprimer en un seul passage 2 ou 4 feuilles A4.

Les dimensions intérieures du cadre doivent avoir respectivement en largeur et en longueur 7 ou 8 cm et une quinzaine de centimètres de plus que le papier à imprimer.

Le tissu

Fermement tendu sur le cadre, il doit supporter les encres, films ou stencils qui vont former le pochoir. Ce tissu peut être un polyamide (nylon) ou un polyester (térylène). L'organdi (térylène) est généralement moins cher et particulièrement solide et résistant. Il s'adapte mieux que le nylon aux travaux d'impression exigeant un maximum de finesse. En plus de la qualité du tissu, l'ouverture des mailles est un facteur très important du tirage. La trame doit être en effet assez fine pour contenir des détails (plus les détails sont fins, plus la trame doit être serrée) mais suffisamment lâche pour laisser passer l'encre facilement. D'une manière générale, plus les traits à imprimer sont fins, plus la trame doit être serrée (notons qu'il existe également des toiles métalliques en inox qui permettent des repérages d'une extrême précision du fait d'une absorption d'humidité nulle. Mais leur prix est élevé et elles doivent faire l'objet de beaucoup de soin, tant pour la tension sur les cadres que pour leur emploi).

Le socle

C'est sur ce socle en bois que seront placées les feuilles lors du tirage. Il s'agit donc d'une planche de bois qui doit être parfaitement lisse et plane. L'idéal est une planche de formica: elle est facile à nettoyer. Un linteau de bois, fixé à une extrémité de ce socle, permet de maintenir l'écran lui-même auquel il est attaché à l'aide de charnières.

La raclette

C'est avec la raclette que l'on force l'encre à passer au travers de l'écran. Elle consiste en une lame de caoutchouc encastrée dans un "manche" en bois. Ces raclettes peuvent être achetées à des fournisseurs de matériel sérigraphique mais peuvent aussi être fabriquées aisément à partir de vieux pneus par exemple et ce dans toutes les tailles. Le caoutchouc doit être rigide, ses bords droits et parfaitement réguliers.

Remarques relatives au matériel de sérigraphie

Tout ce matériel autoconstructible peut également être acheté auprès de fabricants spécialisés (adresses en fin d'ouvrage). Les cadres eux-mêmes peuvent être métalliques. Ils existent dans les dimensions les plus variées, munis de systèmes de fixation et de tension du tissu réglables. Au sujet des pinces de tension, qui sont censées être utiles pour tendre le tissu, beaucoup de sérigraphes s'accordent en fait à dire qu'elles sont rarement pratiques et jouent mal le rôle de levier pour lequel elles sont conçues. C'est donc, à leur avis, une dépense superflue. Quoiqu'il en soit, il semble que le réseau de distribution de ce type de fournisseurs soit pratiquement inexistant en Afrique occidentale et centrale. Une solution, pour un utilisateur n'ayant pas de "contacts" en Europe, peut consister à s'entendre avec l'un de ces sérigraphes professionnels pour faire venir ce dont il a besoin.

Le format du cadre lui-même n'est limité que par la difficulté de manipuler un écran trop vaste. La dimension maximale de; cadres est de 160 x 200 cm environ (dimensions intérieures).

PREPARATION DE L'ECRAN

Il existe plusieurs façons d'obturer l'écran pour obtenir l'image à imprimer. Le choix à faire entre: le dessin direct sur écran, les films de découpe, le stencil, le report photographique, dépend d'une part de l'image à reproduire et d'autre part des matériels et fournitures disponibles localement. A chaque type de dessin correspond un ou plusieurs procédé(s) d'obturation de l'écran.

En règle générale cependant, il faut s'efforcer que l'image à imprimer soit assez simple, tant pour les traits (contours dessinés, lettres) que pour les plages de couleur. Sinon le résultat apparaîtra assez sale et embrouillé. D'ailleurs une image simple (non surchargée) est plus facilement comprise par son spectateur. Il faudra souvent pousser le dessinateur qui exécute le modèle à le simplifier, alors qu'il a souvent tendance à le fignoler en incluant de; détails. Il est en effet assez difficile pour un dessinateur de réaliser une bonne image avec un minimum de traits et de plages de couleur.

Ecriture directe sur écran

Le dessin est exécuté en positif. En effet, le tracé laissé sur l'écran correspond aux mailles qui ne seront pas obturées et par lesquelles l'encre doit passer. Le principe est le suivant: l'image à reproduire est dessinée avec un matériau qui doit protéger les surfaces correspondantes. Un liquide de remplissage est ensuite étalé sur l'ensemble de la surface de l'écran. Après séchage, le premier tracé est retiré, ce qui libère l'image positive. L'image à reproduire peut être tracée par deux procédés:

" Au crayon lithographique

Il s'agit d'un crayon particulièrement gras avec lequel on trace l'image positive sur la face intérieure de l'écran (celle qui forme cuvette), en appuyant suffisamment pour bien obturer les mailles de l'écran (celui-ci doit avoir été bien nettoyé) (Fig. 27).


Fig. 27: Tracé d'une image positive au crayon lithographique sur la face intérieure de l'écran.

Puis, avec un simple morceau de carton rigide, formant raclette, étaler, toujours sur la face intérieure de l'écran, un enduit de remplissage soluble à l'eau (il existe un enduit spécial à base de colle de poisson). Il doit être étalé en inclinant légèrement l'écran vers soi (Fig. 28).


Fig. 28: Etalement d'un produit de remplissage soluble.

Après 10 à 15 mn de séchage (suivre à ce sujet les indications du fabricant) retirer les tracés du crayon lithographique avec un solvant qu'on étale à l'aide d'un chiffon propre (il semblerait que le crayon lithograhique puisse être remplacé par une simple bougie de cire).

Le crayon lithographique permet d'obtenir des traits relativement fins. Il est préférable cependant de le réserver aux lettres de grande taille et aux dessins au trait. Les aplats risquent d'entraîner une consommation importante de crayons qui coûtent assez cher.

(Notons que, puisque le crayon lithographique est à base d'huile, et le produit de remplissage à base d'eau, l'encre d'impression utilisée lors du tirage avec le procédé devra nécessairement être à base d'huile).

" A l'encre latex

Elle s'étale à l'aide d'un pinceau, à main levée. L'image est aussi tracée en positif sur la face intérieure de l'écran.

L'opération est donc la même qu'au crayon lithographique mais le liquide de remplissage est à base de cellulose qui n'est soluble qu'avec un solvant cellulosique. Et l'encre elle-même se retire avec une gomme, par simple frottement.

L'usage de l'encre latex est réservé aux lettres et dessins aux traits larges et souples du fait de l'utilisation d'un pinceau. Les aplats sont aussi envisageables. L'encre est relativement onéreuse (l'encre d'impression utilisée après obturation de l'écran par ce procédé est nécessairement à base d'eau).

L'encre latex abîme vite les pinceaux. Il est donc préférable de les choisir de qualité ordinaire et de les protéger un peu en les trempant dans de l'eau savonneuse avant l'usage.

" Récupération de l'écran après usage

Après le tirage, dont les détails sont donnés au Chapitre 2.3, l'écran peut être nettoyé avec de l'eau tiède si l'on a utilisé un crayon lithographique, ou avec un coton imbibé d'acétone si l'on a utilisé de l'encre latex.

Il est possible de n'utiliser qu'un liquide de remplissage avec lequel on n'obturera que les parties qui ne doivent pas laisser passer l'encre.

Cela suppose donc de dessiner l'image négative. De la même manière que dans le cas précédent, on utilisera un liquide de remplissage à base d'huile pour impression avec de l'encre à base d'eau et inversement.

Utilisation d'un intermédiaire

" Films de découpe

Il s'agit d'enlever d'une feuille transparente les surfaces correspondant aux parties à imprimer. Le reste de la feuille, le négatif du dessin, est collé à l'écran, ainsi seules les mailles correspondant à l'image positive restent libres.

Il existe deux sortes de films de découpe suivant la nature de l'encre employée. Toutes les deux sont composées d'un support de plastique fort et transparent et d'une pellicule plus fine à laquelle il adhère; elle est également transparente mais colorée. Avec un stylet à lame fine, on entame la pellicule colorée en suivant les contours du dessin. Puis, on élimine les parties ainsi découpées qui correspondent aux surfaces à imprimer. Le support en plastique maintient entre elles toutes les parties négatives du film coloré jusqu'à ce qu'elles soient fixées sur l'écran.

Attention: dans les deux cas, le film est collé sur la face extérieure de l'écran. (Il est aussi possible d'utiliser un simple "papier de découpe". Il suffit d'extraire d'un papier rigide du format de l'écran, à l'aide d'un stylet bien tranchant, les surfaces correspondant à l'image positive à imprimer. L'image négative ainsi constituée est collée directement sur le côté extérieur de l'écran à l'aide de quatre morceaux de scotch).

Le film de découpe est un procédé d'obturation qui convient surtout à l'impression de grands aplats ou de lettres très épaisses (titres...). Il permet d'obtenir des lignes rigoureusement droites et la qualité des plages de couleur uniforme est parfaite.

" Typon (procédé de report photographique)


PREPARATION D'UN ECRAN EN VUE:


D'imprimer avec de l'encre à l'eau

D'imprimer avec de l'encre à l'huile

Tracé

Produit à base d'huile Ex: Crayon litho ou bougie

Drawing gum Ex: Encre latex

Remplissage

Liquide soluble à l'eau Ex: Gouache à l'eau ou colle d'écolier

Liquide cellulosique

Solvant du tracé

Solvant pour produit à base d'huile

Frottement Gomme dure par ex.

Récupération

Eau tiède

Solvant cellulosique Ex: Acétone

Chaque fabricant de matériel et fournitures sérigraphiques dispose de catalogues mentionnant les noms et références qu'il a donnés à chacun de ces ingrédients ainsi que la façon de les utiliser.

Le typon est une feuille transparente sur laquelle est réalisé le tracé tel qu'il sera imprimé. Le principe consiste toujours à boucher l'écran par endroit. Pour cela on utilise un procédé de report photographique.

Ce procédé de report photographique est en théorie accessible à tous; l'installation sous sa forme rudimentaire reste abordable et techniquement il ne présente pas de réelles difficultés. Mais il ne souffre pas l'à-peu-près ou le bricolage et demande un soin extrême. Sa technique n'exerce en principe aucune contrainte sur le choix du dessin et doit donc permettre d'imprimer des caractères relativement fins. Le tracé doit être fait sur le typon avec une encre opaque à la lumière.

FILMS CELLULOSIQUES POUR ENCRES D'IMPRESSION A BASE D'EAU

Lorsque le film est découpé, le placer sur une surface plane et souple (une pile de feuilles par exemple). Puis appliquer dessus la face extérieure de l'écran de telle sorte que tissu et film soient au contact l'un de l'autre


Surface plane

Passer une éponge ou un coton imbibé de solvant cellulosique sur toute la surface de l'écran (côté Intérieur) jusqu'à ce que le film, légèrement dissous, soit fixé au tissu.´


Solvant

Retourner alors l'écran, laisser sécher et retirer le support de plastique avec précautions (on peut faire des retouches avec un liquide de remplissage cellulosique).

L'écran est récupéré après usage avec un solvant cellulosique.

Préparation du typon lui-même

Le tracé de l'image à reproduire doit être réalisé avec une encre parfaitement photo opaque afin qu'elle intercepte les rayons U.V.

Le typon peut être préparé de différentes manières. C'est une feuille de KODATRACE (acétate de cellulose plastifiée de 9 à 10 centièmes de millimètres d'épaisseur, dépolie sur une face). On peut dessiner à la main, sur la face dépolie, avec de la gouache opaque. Utiliser de la gouache à l'eau permet de laver et donc de récupérer le Kodatrace qui coûte relativement cher. L'encre de chine convient aussi très bien pour ces dessins sur Kodatrace.

FILMS CELLULOSIQUES POUR ENCRES D'IMPRESSION A BASE D 'HUILE

Le procédé est plus économique puisqu'il ne nécessite aucun solvant.

Cette fois placer l'écran humide sur une table côté extérieur de l'écran au-dessus.´

Poser le film sur l'écran, couche découpée contre tissu.

Presser le film contre le tissu à l'aide d'une éponge humide qu'on déplace sur le support avec précautions.


Presser le film contre le tissu à l'aide d'une éponge humide

Retourner alors l'écran et laisser sécher.,

Puis retirer le support de plastique en le déroulant doucement à partir d'un coin.' Et laisser sécher parfaitement avant d'imprimer.

L'écran est récupéré en le plaçant dans une bassine et en l'arrosant d'eau chaude. Le film se décolle de lui-même.

LE REPORT PHOTOGRAPHIQUE

Une solution photo-sensible qui durcit sous l'impact des rayons ultra est répandue uniformément sur l'écran.' Le typon est posé entre l'écran et la lampe U.V. Il intercepte les rayons lumineux aux endroits dessinés à l'encre opaque.´ Ainsi ces tracés sont préservés de la réaction chimique. Et un simple lavage permet d'évacuer l'émulsion photo-sensible restée soluble à ces seuls endroits, libérant ainsi certaines mailles de l'écran qui peuvent laisser passer l'encre.


LE REPORT PHOTOGRAPHIQUE

Il est aussi possible d'utiliser des lettres autocollantes (ex: Letraset) mais elles sont relativement onéreuses, pas disponibles partout et se conservent mal. Dans le même ordre d'idées, il existe des trames autocollantes qui permettent de réaliser des plages de demi-tons de différentes densités, ou des rayures, des quadrillages. Ces trames présentent les mêmes avantages et les mêmes inconvénients que les lettres autocollantes.

Pour de longs textes, il n'est pas possible d'utiliser de machine à écrire car aucun ruban ne permet le transfert d'une encre photo-opaque.

Pour les plages importantes et uniformes il existe des films rouges inactiniques qui arrêtent les U.V. (type Rubylight). Ils sont également autocollants.

Enfin, et c'est le principal intérêt de ce procédé d'obturation par report photographique, on peut utiliser des films photographiques positifs. Cela suppose d'avoir un accès à une chambre noire et à un minimum de matériel photographique, et d'avoir un peu d'expérience dans ce domaine (à moins de sous-traiter cette opération à un photographe professionnel).

Partant d'un négatif classique, on réalise un positif à l'aide d'une tireuse qui permet d'effectuer les contretypes. Ou, si l'on a accès à un banc de reproduction (voir lexique en fin d'outrage) pour réaliser le négatif lui-même, il est possible de partir de tout original tracé à l'encre de chine sur papier blanc.

Ce procédé d'obturation permet de reproduire les demi-tons (photographies en noir et blanc par exemple). Il faut utiliser une pellicule tramée très contrastée.

Préparation de l'écran

Le procédé le moins coûteux, le plus facile à réaliser et le plus répandu en Afrique est le report direct.

En général, l'émulsion est achetée à l'état non sensible. Et c'est l'utilisateur lui-même qui procède à un mélange, suivant les indications du fournisseur, quelques instants avant d'entreprendre la préparation de l'écran. L'émulsion est rendue sensible par addition d'un certain pourcentage de bichromate d'ammonium. Mélange qui doit être opéré à l'abri de la lumière et qui ne se conserve pas très longtemps (utiliser la préparation avant 2 semaines).

Enduire l'écran au moyen d'une raclette creuse contenant un peu d'émulsion (ou avec un simple morceau de carton). Faire un 1/4 de tour à l'écran et passer une seconde couche perpendiculairement à la première, et ce, sur les deux faces de l'écran (fig. 30).


Fig. 30: Enduire l'écran ou moyen d'une raclettes.

Le laisser sécher 2 heures dans le noir (1/2 heure avec ventilateur), après avoir vérifié par transparence si l'ensemble de la surface était parfaitement recouverte. L'écran sensibilisé doit être utilisé dans les 24 heures.

Exposition

Le typon est placé sur une glace, côté lisible vers soi. L'écran (face extérieure) est plaqué fortement sur le typon. La netteté du tirage dépend en grande partie de la précision de cette opération. La source lumineuse est sous la glace (Fig. 31).


Fig. 31: Exposition par en-dessus.


Fig. 32. Exposition par en-desus .

On peut aussi imaginer un autre montage (si l'on utilise par exemple le rayonnement U.V. du soleil): le typon est posé à l'envers sur l'écran (côté lisible contre l'écran). La glace est posée sur le typon

Pour assurer une contrepression à celle de la glace, l'écran est posé "en équilibre" sur une planche de taille légèrement inférieure aux dimensions intérieures de l'écran, et d'épaisseur supérieure à la profondeur de l'écran.

Le temps d'insolation dépend d'une part de l'émulsion employée, d'autre part de l'éloignement de la source lumineuse, et enfin de la nature de cette source lumineuse. En Afrique, où les lampes U.V. sont presque introuvables, les lampes au néon qui sont utilisées à leur place demandent un temps d'insolation plus long. Tester son matériel.

Construction d'une table d'insolation: voir annexe 5.

Finitions

Toujours dans le noir ou à la lumière rouge, l'écran est nettoyé au jet d'eau tiède pure. Puis il est passé à l'eau froide pour finir de durcir la gélatine qui subsiste. Eventuellement absorber l'eau qui reste en tamponnant avec un chiffon propre du côté insolation, avec infiniment de précautions.

Laisser sécher l'écran en position verticale. Puis utiliser un produit de remplissage pour boucher les trous éventuels de l'émulsion.

Là encore, veiller à utiliser des liquides de remplissage (ou "bouche-mailles") cellulosiques en vue d'une impression avec de l'encre à base d'eau, ou à l'eau pour impression avec de l'encre à base d'huile.

" Stencils

Il s'agit ici d'une combinaison de la sérigraphie et de la duplication au stencil appelée limographie.

Le stencil, une fois gravé, est fixé sur l'écran qu'il obture aux endroits où il n'y a pas de tracés.

Préparation du stencil

Celui-ci est préparé exactement de la même manière que s'il s'agissait de duplication au stencil. C'est à dire soit au stylet ou au stencilographe, soit à la machine à écrire (l'usage d'un stencil gravé électroniquement est plus délicat avec ce procédé).

Fixation du ou des stencils sur l'écran

Il est tout à fait possible de fixer plusieurs stencils sur le même écran. Pour faciliter le montage, on peut tracer des lignes guides sur le tissu lui-même avec une règle et un crayon noir assez gras (2B).

Là encore les stencils sont posés sur la face extérieure de l'écran. On aura bien sûr retiré le support carboné du stencil et celui-ci sera retourné contre l'écran (côté positif contre le tissu). Il est fixé à l'aide de scotch comme l'indique le schéma ci-contre (il est essentiel de masquer avec du scotch les pourtours des stencils de façon à ce que l'encre ne s'infiltre pas entre eux). Si le scotch n'est pas disponible localement, on peut utiliser du papier non absorbant ou on collera les côtés des stencils à l'écran à l'aide d'une colle soluble à l'eau (fig. 33).


Fig. 33: Fixation de stencils sur l'écran

Attention

Veillez dès cette étape à positionner correctement les différentes pages qui seront imprimées sur une même feuille de tirage. Cette opération, appelée, imposition suppose de bien "calculer son coup".

Remarques particulières relatives à la limographie

Il est possible d'imprimer les feuilles recto verso. Là encore, tenir compte lors de l'impression du pliage de la feuille imprimée.

Il est possible d'imprimer des photos à partir d'un stencil gravé électroniquement. Il est parfois mieux de tramer la photo au moment de la gravure du stencil électronique, bien que ce tramage puisse au contraire nuire à la qualité de la reproduction, du fait de la superposition des deux trames, celle du stencil électronique lui-même et celle du tissu de l'écran. Faire des essais. Il est conseillé de sélectionner des photos assez simples, faciles à comprendre, et bien contrastées, c'est-à-dire que les noirs se détachent bien des gris clairs et des blancs. La qualité d'un texte imprimé par ce procédé n'égalera jamais celle qu'on peut obtenir par le report photographique d'un typon.

Les limites des domaines d'utilisation de la limographie sont celles de la duplication au stencil; à savoir l'impossibilité de traiter les surfaces pleines. On peut néanmoins jouer avec les hachures.

REMARQUES RELATIVES AU TIRAGE

Quel que soit le procédé d'obturation de l'écran choisi, une fois l'écran fixé à son socle et rabaissé, le texte ou l'image doit apparaître à l'endroit au travers des mailles du tissu. Le tirage lui-même consiste à faire passer une encre sérigraphique à travers les mailles restées libres, au moyen de la raclette.

Les fournitures

" Les encres

Qu'elles soient à l'eau ou à l'huile, les encres sérigraphiques vendues par les fabricants spécialisés doivent en général être diluées avant l'emploi au moyen du diluant approprié.

On utilise en sérigraphie des bases, appelées en général "extenders base" qu'on incorpore à l'encre dans une proportion pouvant atteindre 25 % et qui, moins chères que les encres et sans en changer la couleur, permettent d'en diminuer le prix. Utilisé dans des proportions plus importantes, ce produit permet d'obtenir une encre plus transparente. Ces mélanges doivent être effectués lentement jusqu'à ce qu'ils soient parfaitement homogènes et qu'ils aient la consistance d'une crème onctueuse. Insuffisamment diluées, les encres passent difficilement à travers le tissu, et trop diluées elles ne couvrent pas et les impressions manquent de netteté.

Les encres sont en principe différentes selon la nature du support d'impression (papier, tissu, plastique...) et selon le procédé d'obturation choisi (voir encadré p. 36). Se renseigner à ce sujet auprès des fabricants.

Les encres à base d'eau

Elles se présentent soit sous forme de concentré liquide, soit sous forme de poudre. Elles sont plus facilement disponibles que les encres à huile, coûtent moins cher à l'achat et ne nécessitent pas de dissolvants coûteux pour le nettoyage de l'écran puisqu'elles sont solubles à l'eau. Pour l'impression sur tissu, il est préférable d'utiliser des encres à l'eau (il faut les repasser une fois imprimées pour qu'elles tiennent). Pour l'impression sur papier de format ordinaire, elles conviennent tout aussi bien que les teintures à l'huile.

Les encres à base d'huile

Elles sont plus chères à l'achat mais elles présentent l'avantage d'offrir une gamme de couleurs plus étendue. Il existe des encres spéciales pour l'impression sur autres types de support que papier: plastique, verre, métal (il est préférable d'utiliser de la peinture à l'huile pour imprimer des affiches présentant de grands aplats).

L'usage de teintures "traditionnelles", fabriquées localement, est tout à fait envisageable. Il est conseillé de faire des expériences en utilisant une base de gomme arabique jusqu'à l'obtention de la bonne consistance: d'une manière générale, plus les détails de l'image sont fins et plus l'encre doit être fluide.

" Les supports d'impression

La sérigraphie permet d'imprimer sur tous types de supports. Papiers et cartons de toutes natures, plastique, tissus, métal... Il suffit que les encres et la trame de l'écran soient adaptées au support en question.

En République Centrafricaine, la Direction du Développement Communautaire (Bangui) imprime sur du papier Kraft (papier brun d'emballage).

La teinte brune intervient comme une des couleurs de la composition de l'image: cela produit un très bel effet.

Le procédé d'impression

Le cadre étant fixé au socle par les charnières, la position de la feuille à imprimer est déterminée par transparence. Cette position étant repérée, on pose des taquets (simples petits carrés de carton par exemple) de part et d'autre et au bas de la feuille. A chaque impression on fera buter la feuille contre les taquets. Ce problème du repérage se pose surtout, et de façon délicate, lorsqu'on imprime une même feuille en plusieurs couleurs, c'est-à-dire quand il faut la faire passer sous plusieurs écrans successifs. La présence de ces taquets présentant un relief va permettre d'assurer un "horscontact" de quelques millimètres (jusqu'à 5) nécessaire et suffisant pour assurer la netteté de l'impression. En effet, il est souhaitable qu'au "repos" le tissu ne soit pas en contact avec la feuille de tirage. Ce n'est qu'au fur et à mesure du passage de la raclette qu'il viendra s'y mettre pour s'en détacher aussitôt après.

Verser l'encre nécessaire à plusieurs impressions dans la partie supérieure du cadre, côté charnière (2). Avec la raclette qu'on ramène vers soi l'encre est étalée jusqu'à l'autre extrémité du cadre (3). La raclette ne doit pas former avec le tissu un angle droit. Elle doit être au contraire inclinée avec un angle d'environ 60° (plus l'angle est fermé, plus la lame de caoutchouc est souple et plus le passage d'encre est important).


Fig. 34: L'impression en sérigraphie.

Puis un mouvement de retour vers les charnières est effectué (4).

Lever alors l'écran et le maintenir élevé à l'aide du bras, le temps de retirer la feuille imprimée et d'en placer une autre. Il arrive que la feuille imprimée reste collée au cadre lorsqu'on le redresse. Pour pallier à cet inconvénient, le sérigraphe peut s'équiper d'un autre socle fixé cette fois à un coffre en bois. Le socle est percé de nombreux petits trous. Un aspirateur, ou le système aspirant d'un ventilateur, est placé dans le coffre, la succion exercée au travers des trous plaque le papier d'impression au socle lui-même. Cette base, qui est assez facilement réalisable localement, est vendue par les fabricants sous l'appellation de "base à vide".

Avec un peu d'astuce, des artisans sérigraphes ont mis au point un système de déclenchement automatique de l'aspiration dès que le cadre est dans sa position basse: en s'abaissant, il entraîne une languette métallique qui provoque un contact grâce à un système au mercure.


Fig. 35: Base à vide.

Les problèmes de séchage et d'espace

Le problème du séchage est loin d'être négligeable dès qu'on atteint des tirages d'une centaine de copies. En effet, l'encre sérigraphique forme un véritable dépôt sur la feuille imprimée. Le séchage est donc long. Deux solutions sont envisageables:

- de claies pour le séchage à l'air ambiant disponibles dans le commerce (1) (mais il est possible d'en construire en bois),

- un simple fil à linge et des pinces (2).

Si on travaille avec du papier de grand format (affiches), il est préférable de suspendre deux attaches. En effet, l'encre ramollit le papier qui risque alors de s'incurver et d'aller se coller sur l'affiche suspendue à côté, s'il n'y a qu'une attache


Fig. 36: Le séchage des tirages.,
.

Comme on pend du linge!

L'espace requis pour pratiquer la sérigraphie est donc relativement important. Elle doit de plus se pratiquer à l'abri de la poussière. L'usage de solvant pour le nettoyage des écrans après usage suppose également de disposer d'une pièce aérée.

Il faut préciser à ce sujet que les écrans, qu'ils soient ou non destinés à être conservés tels quels pour des retirages ultérieurs (1), doivent être nettoyés de leur encre avec un soin extrême dès l'impression terminée, afin que celle-ci n'en bouche définitivement les mailles. Pour les encres à base d'eau, ce nettoyage s'effectue sous un jet d'eau tiède additionnée d'eau de javel. Pour les encres à l'huile, l'écran est posé sur une pile de journaux (ou autre papier absorbant). Le solvant adéquat est versé abondamment à l'intérieur de l'écran (du "White Spirit" fait l'affaire). Frotter et éponger avec un chiffon jusqu'à ce que toutes les mailles soient libérées et laisser sécher.

(1) Voir plus loin "Volume des tirages".

Le personnel peut être formé sur le tas tant pour réaliser l'équipement que pour l'impression elle-même. On s'apercevra vite cependant que, à l'image de la vie de tous les jours, le fait d'être deux est un atout considérable pour la tension du tissu d'une part et pour le tirage: pendant que l'un des deux se salit les mains en étalant l'encre, l'autre les garde propres pour poser, enlever les feuilles de tirage, et les mettre à sécher.

La question des couleurs

Au trait et en aplats, elles ne sont pas difficiles à reproduire. Le seul point délicat est celui du repérage d'une couleur à l'autre, pour l'impression de feuilles multicolores. En effet, il faut préparer un écran par couleur et repasser l'imprimé autant de fois sous l'écran. Jusqu'à trois couleurs, ce problème n'en est pas vraiment un. Au-delà, il faut une expérience certaine et une installation plus sophistiquée (système d'aspiration pour maintenir la feuille à imprimer bien plaquée, par exemple), et un très grand soin.

La quadrichromie ne peut pas être envisagée à l'échelle artisanale, même s'il a pu être obtenu des films, avec sélection des couleurs, en sous-traitance.

Le volume des tirages

Tirages: il est difficile de donner un chiffre. Celui-ci dépend et du mode d'obturation de l'écran et du support à imprimer. On peut dire cependant que la cadence de tirage étant limitée par les manipulations demandées à l'échelle artisanale et purement manuelle, celui-ci pourra difficilement dépasser quelques centaines par cliché.

Retirages: les écrans peuvent être libérés après le tirage, mais ils peuvent aussi être conservés indéfiniment à condition d'aménager un local à cet effet.

Le procédé d'obturation photographique présente, lui, l'avantage de laisser le typon intact pour un retirage futur.


Schema recapitulatif des operations de serigraphie

2.4 - L'offset

On appelle offset "de bureau" des machines offset de taille et de capacité réduites et dont l'utilisation est simplifiée par certains automatismes.

Ces petites machines permettent de réaliser des travaux d'une très grande qualité (à l'exclusion toutefois de la quadrichromie) quand elles sont associées à une machine à traitement de texte et à un banc de reproduction.

Cependant l'investissement nécessaire est toujours un multiple de celui correspondant aux autres techniques présentées auparavant. De même la compétence nécessaire est plus élevée (il faut envisager plusieurs semaines à plusieurs mois de formation), la maintenance plus délicate, les conditions de fonctionnement plus restreintes (ce n'est pas du matériel de brousse).

Aussi l'équipement en offset "de bureau" ne peut intéresser en Afrique qu'une institution qui a de gros besoins d'impression de grande qualité, bien répartis tout au long de l'année pour amortir un investissement important.

Principe

Le principe est celui de l'offset, sommairement présenté dans la première partie. La forme imprimante est une plaque métallique ou en papier. Cette plaque n'est ni gravée, ni percée: son état de surface est modifié aux endroits de l'image, pour être répulsif à l'eau. Dans le duplicateur, la plaque est d'abord humectée: l'eau ne se dépose que sur les endroits non traités. Puis elle passe contre un rouleau encreur qui dépose de l'encre grasse sur les endroits non mouillés, c'est-à-dire ceux de l'image. Cette image encrée est d'abord déposée sur un rouleau intermédiaire en caoutchouc (le blanchet), qui la dépose à son tour sur le papier à imprimer.

La présence de deux fluides (l'eau et l'encre) et d'un double report de l'image (sur le blanchet, puis sur le papier), en font un procédé qui demande beaucoup de soin.


Fig. 37: Principe de l'impression offset.

LA REALISATION DE PLAQUES PAPIER

L'image est déposée directement sur les plaques papier par dactylographie (avec un ruban spécial), dessin au crayon gras, ou photocopie. Une plaque papier donne habituellement quelques centaines de copies, dont la qualité est intermédiaire entre celle du stencil et celle obtenue en offset par plaque métallique. N'utiliser un duplicateur offset qu'avec des plaques papier n'a pas d'intérêt économique, car le duplicateur à stencil permet une qualité à peine inférieure pour un investissement très inférieur et une plus grande facilité d'emploi.

Les plaques papier permettent donc à l'offset de faire tout ce que fait le stencil, mais un peu mieux, presque aussi simplement et pas plus cher... une fois amorti l'investissement de base. Elles ne se justifient donc qu'en complément de l'utilisation de l'offset avec les plaques métalliques.

LA REALISATION DES PLAQUES METALLIQUES

Les plaques métalliques sont photo sensibles. Exposées à la lumière à travers un film transparent portant une image, elles sont ensuite développées à peu près comme une photo.

Le film intermédiaire peut comporter des textes, éventuellement réduits ou agrandis, des dessins, des photos tramées, etc. Il peut éventuellement être composé de plusieurs morceaux réunis par du papier collant.

Il est par exemple possible:

- de dactylographier sur une feuille à part tous les titres d'un document et d'en tirer au banc de reproduction une copie agrandie sur film;

- de tirer au banc une copie légèrement réduite des textes;

- de tirer en agrandissement ou réduction les illustrations nécessaires, au trait ou en demi-tons;

- de découper et coller ces différents films pour en tirer le film à partir duquel sera impressionnée la plaque

Ce procédé assure la meilleure qualité graphique et permet une richesse de conception égale à celle que peut fournir une imprimerie professionnelle.

Mais le banc de reproduction est un appareil coûteux et délicat, qui suppose un local adapté, de l'électricité et de l'eau de qualité en permanence, et un opérateur très compétent.

On peut imprimer en plusieurs couleurs en réalisant autant de plaques et de passages en machine que de couleurs souhaitées. Passer d'une couleur à l'autre suppose de changer d'encre et de nettoyer l'unité d'encrage ou de la changer. Ce n'est pas une opération très complexe.

La parfaite superposition des différentes images n'est assurée que pour les machines à alimentation par succion, plus coûteuses que celles à alimentation par friction.

LA COMPOSITION EN TRAITEMENT DE TEXTE

Avant la récente apparition des machines électroniques à traitement de texte, la composition était réservée aux professionnels (composition au plomb ou photocomposition).

Ce n'est plus le cas aujourd'hui avec ces machines proposées par les principaux fabricants de machines à écrire et d'ordinateurs, pour un prix compris entre deux et dix fois celui des meilleures machines à écrire non électroniques.

Dans ces nouvelles machines, le texte frappé est d'abord mis en mémoire sur un support magnétique amovible (disquette). La frappe est contrôlée sur un écran cathodique semblable à celui d'une télévision. Toute erreur peut être supprimée sans difficulté en supprimant ou intercalant des caractères. Des instructions spéciales, qui apparaissent à l'écran mais ne sont pas imprimées, permettent d'obtenir la mise en page voulue, des caractères gras, l'arrêt de l'impression pour changer les caractères de l'unité imprimante, etc. La machine dispose les caractères sur la ligne de façon qu'ils soient proportionnellement espacés (composition) et alignés sur la marge droite (justification). Une sortie sur papier du texte en mémoire peut être demandée à tout moment. Le texte peut rester indéfiniment en mémoire sur la disquette magnétique.

Ce dossier "Le Point sur..." a été composé de cette façon. Le prix d'une telle composition effectuée par un artisan s'établit en France à mi-chemin entre celui d'une frappe dactylo traditionnelle et celui d'une photo composition.

Il existe aujourd'hui de nombreux systèmes de traitement de texte. Ceux proposés par le, grands fabricants de machines à écrire sont les plus confortables et les plus simples à utiliser, mais aussi les plus coûteux. L'association d'un micro-ordinateur et d'une imprimante de qualité est une solution moins coûteuse, mais aussi moins facile d'emploi.

Dans les deux cas, ces matériels ne sont par" ou pas encore, adaptés aux conditions africaines (poussières, coupures de courant) et doivent être utilisés en environnement protégé (pièces hors poussières, onduleur pour régulariser l'alimentation électrique ou ordinateur fonctionnant sur batteries rechargeables).

2.5 - La reliure

On a souligné dans la première partie l'importance d'une reliure adaptée à l'ouvrage, au lecteur et à ses conditions de lecture. Ajoutons ici que la reliure n'est pas une opération mineure au regard des frais qu'elle occasionne, en matériel et fourniture, mais surtout en travail. C'est une opération qui est toujours longue et qui a intérêt à être rationalisée autant que possible.

L'ASSEMBLAGE

Le problème de l'assemblage se pose en duplication au stencil ou en offset "de bureau". Au fur et à mesure que le tirage d'une page est terminé, on retire le paquet de feuilles pour le ranger sur des étagères ou sur une table au milieu de la pièce. Les paquets de feuille s'alignent donc peu à peu sur la table ou sur les étagères. S'il y en a beaucoup, il est préférable de faire l'assemblage à plusieurs, en tournant autour de la table. C'est en effet un travail monotone et fastidieux, qui requiert néanmoins une certaine attention (pour écarter les feuilles restées vierges, mal imprimées, etc.).

Si une opération d'assemblage intervient souvent et/ou si on manque de place, on peut faire confectionner par un menuisier de petites étagères spéciales qui permettent d'assembler une dizaine de feuilles à la fois.

Il existe aussi des machines à assembler, manuelles ou semi-manuelles, mais dont le coût ne se justifie généralement pas en Afrique.

TAQUER

Après avoir assemblé, mais avant de relier, il faut "taquer" les paquets de feuilles, c'est-à-dire les tasser sur leur tranche pour qu'aucune feuille ne dépasse plus. On peut évidemment le faire à la main, mais il existe des machines (taqueuses) qui rendent cette opération plus rapide. Elles sont constituées d'un plateau incliné à 45° sur une de ses pointes, et dont les deux côtés les plus bas sont garnis de bords de 10 cm de haut environ qui retiennent les feuilles. Une fois chargé de feuilles, le plateau est actionné par un vibreur électrique: les feuilles secouées viennent se ranger sur les bords du plateau.

Ce genre de machine coûte cher et suppose évidemment de disposer de l'électricité. Si c'est le cas, il peut être intéressant de la faire construire par un artisan.

LA RELIURE

Il est commode de distinguer l'agrafage, les reliures manuelles ou mécaniques à base de baguettes plastiques, l'encollage et la couture.

L'agrafage à bord franc est le plus facilement accessible puisqu'il ne demande qu'une agrafeuse un peu forte. Il est cependant limité à une quarantaine de feuilles et ne donne qu'un résultat qui a toujours un caractère artisanal. La position des agrafes empêche l'ouverture complète du document, ce qui rend obligatoire de larges marges et gêne de toute façon le lecteur. L'agrafage sur la pliure du document est plus satisfaisant, mais il suppose soit une agrafeuse à long manche, soit une machine à agrafer qui utilise du fil de fer en rouleau. Très rapides, ces machines à agrafer sont également coûteuses. On parle alors d'une "piqûre à cheval", car le document est maintenu "à cheval" sur un support pendant l'agrafage. De plus il faut massicoter les bords après l'agrafage sur la pliure, car les pages du milieu dépassent plus que celles du début ou de la fin. L'agrafage sur la pliure permet une consultation aisée du document, qui s'ouvre facilement. Il est par contre impossible d'imprimer le dos, et le document archivé sur une étagère ne sera donc pas facilement reconnaissable (Fig. 38-39).


Fig. 38: Agrafage en bord franc.


Fig. 39: Piqûre à cheval.,

Plusieurs procédés de reliure utilisent des baguettes en plastique. Nous n'en signalerons ici que deux: la baguette-gouttière à pose manuelle, et la baguette-spirale à pose mécanique.

La baguette-gouttière est très simple à poser: il suffit de choisir la bonne taille de baguette en fonction de l'épaisseur du document (de 10 a 200 pages environ) et de glisser la baguette au dos du paquet. Une fois la baguette en place, les feuilles sont très bien maintenues, bien qu'il suffise de tirer vivement la baguette pour l'ôter. Il est donc très simple de rajouter ou d'ôter des feuilles.

L'aspect du document est très correct, surtout si on double la couverture par une feuille de plastique transparent, et l'opération est très rapide. Le principal inconvénient de cette méthode tient au fait que le document s'ouvre mal et qu'il est donc peu lisible à moins d'avoir prévu une marge de plusieurs centimètres.


Fig. 40: La baguette-gouttière.

La baguette-spirale est glissée dans des perforations faites dans le paquet de feuilles. Cela suppose d'utiliser une machine manuelle simple. Celle-ci permet d'une part de perforer les feuilles par paquets de dix environ, et par ailleurs, une fois toutes les feuilles perforées, d'ouvrir la baguette spirale et de la glisser dans les perforations. L'opération est un peu longue si le document est épais. Mais la reliure est assez solide et l'ouverture du document est parfaite.


Fig. 41: La baguette-spirale.

Le principal inconvénient de ces systèmes à baguette plastique est leur coût (plusieurs francs français par exemplaire), qui les rend inapplicables pour une diffusion massive.

L'encollage permet de réaliser un "dos carré collé". Le bord franc des feuilles est: enduit de colle après qu'on ait donné quelques coups de scie dans la tranche du paquet de feuilles: cela creuse des sillons où la colle pénètre. Le dos de l'ouvrage est recouvert de gaze ou directement par la couverture. Ce procédé donne nettement l'aspect d'un livre au document. Il permet d'en mentionner le titre sur le dos et facilite donc son repérage sur une étagère. Par contre l'ouvrage ne s'ouvre pas parfaitement. De plus la qualité des dos carrés collés est très irrégulière: certains ouvrages sont réduits à l'état de feuilles volantes après deux lectures, alors que d'autres ont une durée de vie satisfaisante. Il faut en tout cas éviter ce mode de reliure pour des ouvrages très manipulés, comme les; manuels techniques, et demander à l'imprimeur des échantillons de ses réalisations pour en tester la qualité.


Fig. 42: Le dos carré-collé.

Dans la technique de la "couture", les cahiers obtenus par pliage de la feuille imprimée sont cousus sur leur dernière pliure. Les différents cahiers sont ensuite cousus et/ou collés ensemble. Cette technique est de loin la meilleure: le document s'ouvre parfaitement bien, le dos carré peut être imprimé, la solidité et la durabilité sont très satisfaisantes. Elle est aussi la plus coûteuse.


Fig. 43: La couture.

LE MASSICOTAGE

Le massicotage consiste à recouper les trois côtés d'un document. Il est absolument nécessaire dans le cas d'un document fait de feuilles pliées, qu'elles soient agrafées ou cousues. En effet les feuilles du milieu du document (ou du cahier) dépassent plus que les autres.

Il peut être utile même dans le cas d'un document non plié, si le format des feuilles de papier n'est pas parfaitement régulier ou si le taquage n'a pas été fait parfaitement.

Il existe une multitude de modèles de massicot. Dans les cas qui nous intéressent, il faut rechercher un modèle manuel suffisamment robuste et puissant. Il est parfois possible de trouver des massicots d'occasion, qui rendent le même service que des neufs une fois la lame aiguisée.