Cover Image
close this bookLe cotonnier en Afrique tropicale, Maisonneuve et Larose, 1986
close this folderIV. Le cotonnier dans le système d'exploitation
View the document(introduction)
View the document4.1. - Diversification nécessaire des cultures
View the document4.2. - Combinaison des cultures entre elles

4.1. - Diversification nécessaire des cultures

Une certaine diversification des cultures se justifie pour limiter les risques dus au climat et à d'autres causes, offrant ainsi une plus grande sécurité et une régularisation des ressources alimentaires et des revenus. Elle permet aussi un étalement des travaux pour une meilleure répartition des tâches au cours de l'année agricole.

Il est très délicat pour le cultivateur, même s'il est parfaitement conscient des graves conséquences des retards dans l'exécution des travaux, d'adapter ses ressources en main-d'œuvre et ses équipements à la surface de son exploitation, ou de faire l'adaptation inverse. Il lui est très délicat aussi d'estimer la surface relative de chacune des cultures à planter, afin qu'elles bénéficient toutes de conditions favorables; enfin il sait que ses calculs sont perpétuellement à revoir en fonction des imprévus de toute nature (manque ou excès de pluies, enherbement ou parasitisme dépassant les prévisions, approvisionnements retardés, etc.). Mais la connaissance approximative, pour chacune des plantes cultivées, des temps de travaux et de leur répartition au cours de la saison agricole, l'aidera à faire ses prévisions et à prendre ses décisions.

Le tableau 3 rassemble ces données pour ce qui est du cotonnier. L'utilisation de ce tableau doit évidemment donner lieu à des ajustements, en fonction par exemple de la latitude (le cycle de développement est plus rapide en zone soudano-sahélienne qu'en zone soudano-guinéenne) ou encore des conditions particulières des exploitations, telles que la possibilité ou non de labours de fin de cycle, l'utilisation ou non d'herbicides... On le verra dans le chapitre 5 consacré aux techniques culturales.

Dans le cas d'exploitations non mécanisées, les besoins en main-d'œuvre sont les plus importants à l'époque de la préparation des sols et des semis, et dans certains cas aussi aigus à l'époque des sarclages. C'est en fonction de ces travaux de début de saison que se déterminent l'importance relative de la surface en cotonnier et sa date de semis par rapport aux autres plantes: celle-ci se situera normalement après celles des plantes vivrières à long cycle ou à exigences particulières, et avant celles des cultures de fin de saison ou à cycle court. Sous certains climats où les paysans ont l'habitude d'étaler les dates de semis du maïs par exemple, pour répartir les risques de mauvaise répartition des pluies, le semis du cotonnier se situera naturellement entre les premières et les dernières mises en place de la céréale.

Tableau 3. - Répartition approximative des temps de travaux pour la culture du cotonnier.

Nature des travaux

Epoque en jours par rapport à la date de semis

Travail Pour 1 hectare



journées

heures



main-doeuvre

attelage

petit tracteur

Houage manuel


20



ou labour à traction bovine

- 10 à - 2

ou 8

+ 4


ou labour en petite motorisation


ou 2


+ 8

Billonnage ou façon superficielle

- 3 à - 1




Manuel


10



ou à traction bovine


ou 2

+ 2


ou en petite motorisation


ou 1


+ 2

Semis : manuel

0

10



ou attelé (1 rang)


ou 3

+ 1,5


ou motorisé (2 rangs)


ou 1


+ 2 112

Resseinis des manquants

10




Epandage de l'engrais





à la préparation du sol

- 3 à - 1

(enfouissement par travail du sol)

ou au 1 ´ sarclage

ou 15

(enfouissement par binage ou sarclage)

Sarclages (*) avec ou sans

15 + 35 + 60

(très variable suivant l'enherbement)

buttage (en 2 ou 3 passages)

ou 15 + 50




(sans binage mécanique)


20 à 80



(avec binage attelé au préalable)


ou 6 à 20

+ 2


(avec binage motorisé au préalable)


ou 8 à 30


+ 2 1/2

Démariage

15 à 20

6



Applications d'insecticides (3 à 6 passages)



(PAR APPLICATION)

au pulvérisateur classique à deux rangs


2

(y compris transport d'eau)

ou en ultra bas volume (« ULV »)


ou 0,5



Epandage de l'azote complémentaire

40 à 60

2



et enfouissement


(enfouissement par binage ou buttage)



Récolte manuelle

de 140 à

(très variable suivant le rendement,



et transport

200

compter de 15 à 40 kg par journée)



(2 à 3 passages)


25 à 100

+ ...

+...






Destruction des vieux cotonniers

200 à


14


(cas ou on ne les laboure pas sur pied)



ou 1

+ 3

(*) Sans utilisation d'herbicides.

Lorsque les exploitations se sont sensiblement agrandies en surface, en se mécanisant pour la préparation des sols et les binages, et qu'elles utilisent des herbicides, la concurrence pour la main-d'œuvre entre les différentes cultures s'exerce alors très fortement à l'époque des récoltes: celles-ci demeurent dans la plupart des cas trop coûteuses ou impossibles à mécaniser dans les petites et moyennes exploitations. Dans ces conditions l'importance relative de la surface en cotonnier doit être déterminée en fonction des disponibilités en main-d'œuvre à cette saison, compte tenu de l'enchaînement avec les récoltes des autres cultures.