6.1 Nécessité d'introduire des améliorations
Chez les bovins locaux de la plupart des pays tropicaux,
l'aptitude génétique pour les productions de lait et de viande est faible. Et si
ces animaux sont le plus souvent bien adaptés aux ressources alimentaires «non
améliorées» disponibles, dès qu'on améliore un génotype, il est également
nécessaire d'en améliorer l'alimentation de base (par ex. avec un complément).
La création de nouvelles races «à double fin» , lait et viande par
sélection des bovins locaux demande trop de temps tandis que l'importation de
races étrangères n'est, le plus souvent, pas souhaitable. Une meilleure solution
consiste à améliorer les animaux locaux en les croisant avec des races à double
fin (surtout frisonnes et simmentales), qui ont un meilleur format corporel et
peuvent donner de meilleurs animaux de trait. Les produits issus de tels
croisements présentent d'excellentes dispositions pour une production mixte. Les
vaches produisent de 1500 à 2000 litres de lait par lactation qui peut être
obtenue avec les ressources alimentaires disponibles sur place. Pour la
production de viande, leur potentiel est comparable à celui de races à viande
spécialisées et certains rapports font état de gains de poids, à partir du
sevrage, de 1,2 kg par jour avec une ration à base de céréales (Preston et
Willis 1974). Des recherches récentes indiquent qu'une telle productivité est
réalisable même avec des aliments purement tropicaux, comme le jus de canne à
sucre (Sanchez et Preston
1980).