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close this bookL'eau et la santé dans les quartiers urbains défavorisés, GRET, 1994
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close this folderThème 3: Technologies et savoir-faire appropriés
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Ethiopie

Aménagement et développement local urbain à Addis Abeba

CONTEXTE

Le kébélé 29, près du Mercato, est le plus pauvre et le plus densément peuplé d'Addis Abeba (6000 personnes pour 865 maisons). Les logements en chikka (torchis) sont anciens et en mauvais état: 30% nécessitent une réhabilitation immédiate. Pour 70% des habitants, les revenus ne dépassent pas 277 FF par mois. Les femmes vivent de travaux ménagers, les hommes d'un travail journalier. D'autres revenus substantiels proviennent de la vente de bois de chauffage et de tala (bière locale). Le manque de services urbains de base (eau, ordures ménagères, drainage et assainissement) est patent.

DESCRIPTION DE L'ACTION

La zone concernée couvre 10 hectares. L'Oxfam a procédé à une enquête générale sur le kébélé. Sur la base d'une connaissance plus profonde de la réalité sociale, cette enquête a permis de déterminer des priorités, comme la construction de sanitaires et de cuisines communautaires. La densité urbaine ne permettant pas de réaliser des équipements individuels, il est prévu une cuisine communautaire pour trois familles.

Tout un ensemble d'actions a été défini: l'amélioration de l'alimentation en eau et des routes de desserte, la construction de murs de protection contre les inondations, l'assistance aux pauvres, l'assainissement, un projet de génération de revenus, des actions dans le domaine de la santé, l'aménagement de jardins d'enfants et l'amélioration du centre de réunion.

HISTORIQUE

Dans le cadre d'un projet de la

Banque mondiale, la municipalité d'Addis Abeba a retenu les kébélés situés autour du Mercato comme zones prioritaires d'aménagement. L'Oxfam a choisi le kébélé 29. En 1986, une convention a été signée entre la municipalité et le kébélé. Le projet a pu démarrer en 1987.

OBJECTIFS

Le projet vise trois objectifs principaux:

- la construction d'infrastructures et la réhabilitation des logements dégradés;
- la génération de revenus avec la création d'un système de prêts;
- la santé et le développement communautaires.

RÉSULTATS OBTENUS

En une année, 33 sanitaires collectifs ont été construits touchant 33% de la population du kébélé. L'Oxfam a remis à la municipalité un camion pour vidanger les fosses, disponible gratuitement pour les habitants.

L'installation de 60 cuisines communautaires pour 34% de la population a été accompagnée d'une action visant à économiser le bois.

Pour remédier au problème de la boue apportée par le Mercato, un mur de protection de 530 m de long a été monté et les déversoirs sont protégés par des grilles. Le système de drainage fermé constitue un gain d'espace dans les ruelles étroites. Il est facile d'entretien, plus hygiénique. En fonction de leurs revenus, les riverains ont opté pour un raccordement individuel ou groupé. Les rues ont été pavées et profilées pour l'écoulement des eaux pluviales. Les habitants ont fourni la main-d'oeuvre. Quelques maisons dégradées appartenant au kébélé ont été reconstruites, les 238 propriétés privées restant à la charge des propriétaires.

Un centre social et de réunion a été installé (avec douches, sanitaires, cafétéria). L'équilibre financier est assuré grâce à l'organisation de séances vidéo. La salle est toujours comble (l'entrée est à 0,25 FF la séance).

PROBLÈMES RENCONTRÉS

Afin de démarrer les travaux, il était nécessaire de renforcer l'organisation de la population qui au début, refusait de s'investir. Malgré les avantages du système fermé, la mairie s'obstine à réaliser des drainages ouverts. La municipalité s'était engagée à réaliser la voirie et le drainage, l'Oxfam assurant 50% du coût des matériaux. En réalité, l'Oxfam a dû payer la totalité car la municipalité n'a finalement pu que fournir des directives pour les voies et procurer la main-d'oeuvre.

LEÇONS À TIRER DE L'EXPÉRIENCE

Les techniques de pointe ne génèrant pas ou peu de travail, il a fallu partir des activités existantes, comme la fabrication des éléments de base pour la production du tala. L'octroi de prêts, le plus souvent individuels, en permettant aux bénéficiaires de constituer un petit capital de base, a contribué à renforcer ces activités. Ce fonctionnement n'est pas très éloigné des systèmes traditionnels d'épargne: l'ekube et l'idir. Ici, il se rapproche plus de l'ekube: un capital versé par la population l'épargne- redistribué sous forme de prêts pour un projet personnel de développement communautaire. Pour l'obtention de ces prêts, un roulement régulier est assuré. Sous la forte pression sociale, ils ont une garantie de remboursement presque totale. L'idir n'est utilisé que pour les funérailles ou les mariages. Pratiquement tous les habitants font partie d'un idir: les cotisations varient selon les revenus de chacun.

Une part importante du projet est consacrée à la production de revenus (4 millions de francs par an). Le système prévoit 3 types de prêts adaptés à l'ampleur du projet et aux capacités de remboursement.

L'Oxfam contacte les bénéficiaires et tente de connaître l'usage du prêt: 160 prêts ont été attribués, 56 sont en cours. Elle vérifie que les sommes sont bien affectées au projet. Le rôle de l'Oxfam dans ce travail est limité car 3 personnes, résidentes du quartier, supervisent les prêts et veillent aux remboursements. Pour plus d'efficacité, les structures et conditions de prêts doivent correspondre aux conditions économiques et sociales et s'intégrer dans les habitudes culturelles. Le problème de l'appropriation sociale se pose donc différemment pour chaque type de société.

PERSPECTIVES

Cette expérience sur le kébélé 29 devrait servir d'exemple pour d'autres quartiers d'Addis Abeba. La part des travaux pris en charge par la municipalité devra s'affirmer pour pérenniser le système mis en place, en dehors de toute intervention extérieure.

Source

OXFAM, PO Box n° 2338. Addis Abeba (Ethiopie).

Localisation: kébélé 29, Addis Abeba, Ethiopie
Champs d'action: aménagement urbain
Maître d'oeuvre: Oxfam
Partenaire technique: Capiu
Partenaires financiers: Oxfam, municipalité, Banque mondiale
Financements: 5 millions de FF par an
Durée: 5 ans

Contact

Isabelle DE BOISMENU, GRET Habitat, 213 rue La Fayette 75010 Paris (France). Tél: (33-1) 40.05.61.61. Fax: (33-1) 40.05.61.10.