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close this bookL'eau et la santé dans les quartiers urbains défavorisés, GRET, 1994
close this folderDe nombreuses initiatives à travers le monde
close this folderThème 3: Technologies et savoir-faire appropriés
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Brésil

Réhabilitation du bassin de Guarapiranga

CONTEXTE ET ENJEUX

Le complexe urbano - industriel de São Paulo est le plus important du Brésil (27% de la production industrielle nationale). Il rassemble 16 millions d'habitants. C'est un site préférentiel d'investissement où l'accumulation de capital favorise les changements sociaux et urbains. La région présente cependant les contrastes habituels des mégalopoles du tiers-monde: pauvreté absolue, absence d'infrastructures urbaines, d'assainissement et insuffisance du nombre de logements.

Le réservoir Guarapiranga se trouve à l'extrême sud de cette zone urbaine et fournit 25% de l'eau consommée à São Paulo. Ce réservoir constitue non seulement une source d'approvisionnement en eau indispensable, pour la région, mais aussi un lieu de première importance du point de vue de la préservation de la faune et de la flore.

Malgré une législation environnementale spécifique qui protège le site, la population pauvre s'est installée dans le périmètre immédiat du réservoir et pollue celui-ci par des rejets directs d'eaux usées et des décharges sauvages.

En 1992, la population pauvre installée près du bassin dans un habitat insalubre a été estimée à 577000 habitants. Si rien n'est fait d'ici la fin de la décennie, l'eau du réservoir deviendra définitivement impropre à la consommation humaine.

DESCRIPTION DE L'ACTION

Le programme est divisé en 5 projets: adduction d'eau et assainissement, ramassage et mise en décharge des ordures, réhabilitation urbaine, protection de l'environnement et gestion globale de celui-ci.

Le projet "adduction d'eau et assainissement" comprend des dispositions pour améliorer le drainage, le captage et le transport des eaux usées dans les zones fortement peuplées ainsi que la réalisation de l'ensemble des opérations qui s'y rattachent. Un système de sécurité évitera au bassin de subir des pollutions lors de surcharges éventuelles du dispositif. Enfin, des investissements directs seront réalisés pour améliorer le traitement de l'eau distribuée.

Le volet "ramassage et mise en décharge des ordures" comprend les investissements en matière d'équipement et de fonctionnement de services urbains de nettoyage (ramassage des ordures et nettoyage des rues), une collecte sélective des ordures et le choix d'un lieu de décharge.

La "réhabilitation urbaine" comprend la remise en état des infrastructures, la stabilisation des pentes et la réalisation de travaux de drainage, la réhabilitation des voies d'accès. La "protection de l'environnement" vise le développement d'espaces verts et la restauration des forêts primaires. La création d'un parc doté d'une réglementation spécifique des activités économiques (élevage, pêche, exploitation forestière) accompagnée d'une formation à l'environnement est également prévues.

L'aspect "gestion de l'environnement" se décline en trois axes: études et recherches (protection, contrôle de la qualité de l'eau, etc.); information et formation technique (en particulier d'Ong); gestion intégrée du bassin (contrôle des sources de pollution, administration, suivi technique, etc.).

L'innovation essentielle réside dans la tentative d'urbanisation d'un secteur sensible, sans déplacement de la population, notamment grâce à la mise au point d'un système de financement de l'habitat compatible avec les caractéristiques socio-économiques des bénéficiaires.

HISTORIQUE

Des altérations dans la saveur, l'odeur et même la couleur de l'eau distribuée ont alerté la société civile et le gouvernement. Des groupes de travail ont été formés sous l'égide de représentants de la municipalité de São Paulo, d'agences de l'Etat et d'entreprises responsables de la gestion du bassin.

L'objectif était de proposer une réglementation et d'améliorer la protection du bassin pour réduire la pollution de celui-ci. Ensuite, des solutions ont été proposées: le contrôle intégré du bassin, la restructuration des favelas, l'implantation de cinq parcs naturels font partie des options choisies.

Le projet a été présenté à la Banque mondiale; des organisations non gouvernementales (d'environnement et de développement) ont été contactées pour promouvoir la participation communautaire.

OBJECTIFS

L'objectif principal du programme est d'améliorer et de contrôler la qualité de l'eau du réservoir de Guarapiranga.

Un certain nombre d'objectifs intermédiaires ont été dégagés:

- améliorer les conditions de vie de la population, en particulier la plus pauvre, installée près des rives du bassin;

- promouvoir le développement de mécanismes institutionnels spécifiques garants de la qualité de la ressource et de la protection de son environnement.

RÉSULTATS

Le projet est récent et les résultats seront étroitement dépendants de l'acceptation de celui-ci par les habitants du périmètre sensible et par les organismes gestionnaires du bassin (Etat, collectivités, entreprises).

Il est également trop récent pour que l'on puisse procéder à l'analyse des problèmes rencontrés et en tirer des leçons.

PERSPECTIVES

Cette expérience sera probablement riche d'enseignements pour toute intervention sur l'amélioration de l'environnement dans le contexte sensible des mégalopoles des pays en développement.

Sources

- SABESP, Guarapiranga: é preciso salvar este manancial de 10 metros cúbicos por segundo , in Revista DAE, mars - avril 1992, vol. 52.

- Borba, M.O. et al. (1993), Alternatives for Subsidized Housing: the Guarapiranga example , São Paulo Housing and Urban Development Corporation-CDHU, São Paulo, décembre 1993.

- Governo de São Paulo, SP ECO 92, Programme for environmental sanitation in Metropolitan areas: the Guarapiranga Basin.

Localisation: São Paulo, Paulo
Champs d'action: gestion de la ressource
Maître d'oeuvre: secrétariat des ressources en eau
Partenaires financiers: Banque mondiale, Gouvernement de l'Etat de São Paulo, Compagnies d'Etat municipalité de São Paulo
Partenaires technique: secrétariat des ressources en eau et de l'assainissement, secrétariat de l'Environnement, SABESP (Compagnie d'électricité), CDHU (logement), municipalité de São Paulo, Embú, Embú Guaçu et Itapecirica da Serra
Montant financier: 262.000.000 US$
Durée: 5 ans (démarrage en 1993)

Contact

Maria Lúcia G. BORBA, International Water and Sanitation Centre IRC, PO Box 93190, 2509 AD La Haye (Pays Bas). Tél: (31-070) 33.141.33. Fax: (31-070) 38.140.34.

Burkina Faso

L'imagerie Spot, une aide à l'estimation des besoins en eau clans les quartiers périphériques

CONTEXTE ET ENJEUX

Ouagadougou connaît, depuis quelques années, une forte croissance démographique (420000 habitants supplémentaires d'ici l'an 2000) qui entraîne un développement mal contrôlé des quartiers périphériques. Ceux-ci, déjà très mal approvisionnés en eau, risquent de voir la pénurie s'aggraver. L'extension récente du réseau urbain ne suffit pas dons la mesure où elle ne s'accompagne pas d'une augmentation des capacités de production.

La seule solution, pour combler au moins partiellement le déficit, est d'avoir recours aux eaux souterraines directement utilisables sur place et d'adapter la production et les moyens de distribution d'eau à la demande de la population qui peut l'acheter. L'expérience a en effet montré que pour être viables, les actions engagées devaient dégager un profit. On confiera donc la gestion des installations à une société privée.

DESCRIPTION DE L'ACTION

La démarche impose d'une part de localiser les quartiers périphériques et d'en estimer le nombre d'habitants, d'autre part d'évaluer la demande solvable en eau.

" Localisation des quartiers périphériques

L'image Spot (17/9/92), complétée par l'analyse de photos aériennes de basse altitude, est une méthode nouvelle dont les résultats sont efficaces et peu coûteux. Après correction géométrique de l'image, sur le plan à 1/25000e de la ville, on a délimité trois classes: les surfaces urbaines, la végétation et les surfaces "nues". Dans la classe "surfaces urbaines", on définit un découpage des zones construites, exprimé en pourcentage de la surface urbaine.

Les photos aériennes permettent de compter les habitations dans les zones construites et d'obtenir leur densité à l'hectare. Pour avoir le chiffre de la population des quartiers périphériques, on multiplie le nombre des habitations par celui des habitants par concession fourni lors des enquêtes préalables.

En contrôlant sur le terrain les résultats de la classification établie à partir de l'image spot, on a pu constater que les surfaces construites correspondent parfaitement à l'habitat dense et continu, mais que des surfaces "nues" peuvent englober des secteurs habités. Dans ce cas, l'habitat est lâche, composé de maisons aux petites dimensions, souvent inachevées. Il faut donc majorer les résultats obtenus par la méthode spot au moyen d'un coefficient multiplicateur, forcément subjectif, qui rende compte de la dispersion de l'habitat.

Population

Résultat brut (hectares)

Surfaces nues (hectares)

Coefficient correct. %

Habitat dispersé (hectares)

Nbre habitants supplémentaires

Population totale

409410

3080

14

445

32960

442470

Demande en eau

Population 1992 (habitants)

Consommation optimum(l/hab/j)

Besoin 1992(m 3/j)

Production 1992(m 3/j)

Déficit(m3/j)

442470

44

19510

9670

9480

" Estimation de la demande en eau

Elle a été réalisée à partir d'enquêtes (avril - mai 1992) sur 25 échantillons représentatifs des conditions d'accès à l'eau potable; 996 ménages, soit 7680 habitants, ont été consultés sur les problèmes suivants: consommation, modes d'approvisionnement, amélioration de l'accès à l'eau potable.

Ces enquêtes ont abouti à un bilan - ressources individualisé par quartier. On a ainsi obtenu un zonage de la demande.

HISTORIQUE

L'estimation réalisée est l'un des volets de l'étude de faisabilité d'un projet qui vise à renforcer l'alimentation en eau potable des quartiers périphériques de Ouagadougou. Il a été défini par le ministère de l'Eau avec l'aide du Bureau de recherches géologiques et minières (Brgm), et proposé fin 1989 par l'Office national de l'eau et de l'assainissement (Onea) et la Caisse française de développement (cfd). L'étude a été réalisée en 1992 par une équipe pluridisciplinaire du Brgm, assistée par le Casades pour les enquêtes socio-économiques.

OBJECTIFS

L'objectif final est de combler au moins partiellement le déficit en eau potable des quartiers périphériques de Ouagadougou, en tenant compte de la demande et des moyens de distribution actuels

Deux étapes sont nécessaires: il faut dans un premier temps quantifier et localiser la demande, puis définir, à partir de ces données, un programme des travaux à réaliser.

RÉSULTATS OBTENUS

Ils sont individualisés par quartier pour tenir compte de la répartition spatiale de la population et de la demande solvable. Les bilans globaux s'établissent comme l'indique le tableau en haut de page.

PROBLÈMES RENCONTRÉS

Il a été nécessaire de réorienter le projet quand, entre avril et juin 1992, un programme d'urgence a mis 175 bornes fontaines supplémentaires à la disposition des habitants des quartiers périphériques. Le projet n'en conserve pas moins tout son intérêt car, si le nombre de points de distribution a augmenté, il demeure insuffisant et les ressources mobilisables ont, quant à elles, peu varié.

PERSPECTIVES

La méthodologie développée présente l'avantage d'être directement applicable dans les villes en forte expansion des régions sahéliennes et sub - sahéliennes. On pourra la tester dans d'autres contextes en Afrique, et éventuellement dans d'autres continents.

Localisation: Ouagadougou, Burkina Faso
Champs d'action: Approvisionnement en eau potable des quartiers périphérique
Maître d'oeuvre: DEP du ministère de l'Eau
Partenaire financier: Caisse française de développement
Partenaires technique: BRGM, CASADES, ONEA
Montant financier: 250.000 FF
Durée: 6 Moins

Contact

Claude LEFROU, BRGM, direction service public 45000 Orléans (France). Tél: (33) 38.64.38.13. Fax: (33) 38.64.99.90.

Egypte

Installations appropriées en Haute - Egypte

CONTEXTE ET ENJEUX

Les maladies transmises par l'eau, et parmi elles les diarrhées, sont la première cause de décès chez les enfants de Haute - Egypte. Le programme national de contrôle des maladies diarrhéiques a peu d'impact car l'eau disponible est rarement propre, les comportements humains peu hygiéniques et les systèmes d'assainissement presque partout absents.

Pour tenter de résoudre ce problème, l'organisation non gouvernementale Save the Children a signé un accord-cadre avec le ministère de l'Administration locale, qui a encouragé la signature de protocoles d'accord avec divers gouvernorats.

Save the Children a choisi de travailler dans le district de Qus, puis dans celui de Armant, (gouvernorat de Qena) pour deux raisons: pour situer son action dans le prolongement de celles que les autorités locales avaient engagées et parce que ces districts n'accueillent pas d'autres organisations non gouvernementales internationales.

DESCRIPTION DE L'ACTION

Le programme comporte trois volets principaux: eau, assainissement, éducation sanitaire. Une enquête approfondie, dont les résultats sont régulièrement mis à jour, est réalisée auprès des autorités et des conseils de village. Elle permet de préciser les besoins et de vérifier l'efficacité des actions, la satisfaction des bénéficiaires, etc.

Save the Children a d'abord installé une technologie appropriée à l'Egypte: des filtres à sable qui ne nécessitent que des matériaux locaux et sont très bon marché. Ceux-ci se présentent sous la forme de réservoirs en métal galvanisé de 140 cm de long. Ils alimentent tout au plus quelques habitations. Save The Children apporte les réservoirs et l'assistance technique. Les bénéficiaires fournissent le sable et les graviers, les petits accessoires (robinets) ainsi que la main-d'oeuvre. Des tests réalisés sur huit filtres permettent de contrôler leur efficacité chimique, biologique et physique.

Ensuite, Save the Children a proposé un système de tranchées drainantes qui peut être utilisé par une ou plusieurs maisons. Il s'adapte bien aux conditions rurales parce qu'il n'implique pas la construction d'un système de collecte centralisé. Le partage des tâches entre Save the Children et les bénéficiaires a été le même que pour les filtres.

Enfin, dans les mêmes zones d'action, Save the Children a engagé une campagne de sensibilisation à l'hygiène. Elle a utilisé des documents de l'Unicef, de Caritas et des institutions de santé locales. Elle a fait une large place aux outils visuels. Les enfants ont participé à des séances de dessin. Par la suite, une étude d'impact portant sur 120 foyers a été menée.

OBJECTIFS

Le principal objectif de ce projet est d'améliorer la santé et le bien-être des femmes et des enfants. Save the Children entend donc favoriser l'accès à une eau plus propre, installer un système d'élimination des eaux usées, encourager l'adoption de pratiques plus hygiéniques et contribuer à la réduction de la charge de travail des femmes.

RÉSULTATS OBTENUS

Les villages du district de Qus disposent déjà de 120 filtres et de 120 systèmes de tranchées drainantes.

L'étude d'impact indique que tous les filtres sont utilisés. Les femmes affirment que le robinet permet d'économiser l'eau et reconnaissent la meilleure qualité de l'eau grâce à la couleur plus claire du thé (le système filtre le fer et le manganèse).

Le système présente d'autres avantages: le filtre fait office de réservoir est plus hygiénique que les récipients traditionnels les corvées d'eau sont moins nombreuses, les femmes et fillettes peuvent donc se consacrer à d'autres activités.

La construction de tranchées et de fosses septiques a entraîné celle de toilettes. Les femmes se réjouissent de cette nouvelle intimité et l'on constate un changement des comportements en matière d'hygiène. Globalement, l'environnement devient plus sain. Pour preuve les tests sur les filtres indiquent une baisse significative de la turbidité de l'eau.

Enfin, les villageoises ont pris l'initiative d'organiser des réunions d'information et d'y inviter les équipes de Save the Children pour traiter des aspects techniques. Les enfants ont été sensibilisés lors de séances dans les écoles publiques et religieuses. L'une d'entre elles a même organisé des sessions pour ses cadets.

PROBLÈMES RENCONTRÉS

Le projet s'est surtout heurté à des problèmes de comportements. Ainsi, les familles qui possèdent une pompe à eau ont manifesté peu d'intérêt parce qu'elles pensent disposer d'une eau plus propre que les autres. Pour des raisons de prestige, quelques habitants ont voulu faire construire leur système de tranchées par de la main d'oeuvre rémunérée. Ils ont ainsi augmenté le coût de leur propre contribution au projet, se plaignant en même temps qu'il soit trop élevé! Certains ont finalement fait marche arrière. Enfin, un tiers des familles refusent de croire que les fosses septiques n'ont besoin d'être vidées qu'une fois tous les cinq ans. Par conséquent, elles craignent toujours d'utiliser la fosse pour toutes les eaux sales.

Les filtres n'ont pas réduit autant que prévu la teneur de l'eau en fer et en manganèse. Ceci pourrait s'expliquer par le fait qu'ils ont un couvercle.

PERSPECTIVES

Save the Children va préparer un plan détaillé de mise en oeuvre, en coordination avec les bénéficiaires du projet et les responsables des autorités locales.

L'action prend fin à Qus et commence dans le district d'Armant. Pendant la période transitoire, les habitants d'Armant iront visiter Qus pour observer le fonctionnement des installations.

Il est envisagé d'étendre l'action à un district du gouvernorat de Sohag.

Source

SAVE THE CHILDREN, bureau égyptien, premier rapport d'activité trimestriel.

Localisation: District de Qus, gouvernorat de Quena, Haute - Egypte
Champs d'action: eau et assainissement, éducation sanitaire
Maître d'oeuvre: Save the Children, services du gouvernorat de Quena
Partenaires financiers: Save the Children
Montant financier: $US 2.000.000
Durée: octobre 92 - septembre 93

Contact

Dr Shareef GHONEIM, PO box 448, Tanta (Egypte). Fax: (20-2) 355.63.43.

Ethiopie

Aménagement et développement local urbain à Addis Abeba

CONTEXTE

Le kébélé 29, près du Mercato, est le plus pauvre et le plus densément peuplé d'Addis Abeba (6000 personnes pour 865 maisons). Les logements en chikka (torchis) sont anciens et en mauvais état: 30% nécessitent une réhabilitation immédiate. Pour 70% des habitants, les revenus ne dépassent pas 277 FF par mois. Les femmes vivent de travaux ménagers, les hommes d'un travail journalier. D'autres revenus substantiels proviennent de la vente de bois de chauffage et de tala (bière locale). Le manque de services urbains de base (eau, ordures ménagères, drainage et assainissement) est patent.

DESCRIPTION DE L'ACTION

La zone concernée couvre 10 hectares. L'Oxfam a procédé à une enquête générale sur le kébélé. Sur la base d'une connaissance plus profonde de la réalité sociale, cette enquête a permis de déterminer des priorités, comme la construction de sanitaires et de cuisines communautaires. La densité urbaine ne permettant pas de réaliser des équipements individuels, il est prévu une cuisine communautaire pour trois familles.

Tout un ensemble d'actions a été défini: l'amélioration de l'alimentation en eau et des routes de desserte, la construction de murs de protection contre les inondations, l'assistance aux pauvres, l'assainissement, un projet de génération de revenus, des actions dans le domaine de la santé, l'aménagement de jardins d'enfants et l'amélioration du centre de réunion.

HISTORIQUE

Dans le cadre d'un projet de la

Banque mondiale, la municipalité d'Addis Abeba a retenu les kébélés situés autour du Mercato comme zones prioritaires d'aménagement. L'Oxfam a choisi le kébélé 29. En 1986, une convention a été signée entre la municipalité et le kébélé. Le projet a pu démarrer en 1987.

OBJECTIFS

Le projet vise trois objectifs principaux:

- la construction d'infrastructures et la réhabilitation des logements dégradés;
- la génération de revenus avec la création d'un système de prêts;
- la santé et le développement communautaires.

RÉSULTATS OBTENUS

En une année, 33 sanitaires collectifs ont été construits touchant 33% de la population du kébélé. L'Oxfam a remis à la municipalité un camion pour vidanger les fosses, disponible gratuitement pour les habitants.

L'installation de 60 cuisines communautaires pour 34% de la population a été accompagnée d'une action visant à économiser le bois.

Pour remédier au problème de la boue apportée par le Mercato, un mur de protection de 530 m de long a été monté et les déversoirs sont protégés par des grilles. Le système de drainage fermé constitue un gain d'espace dans les ruelles étroites. Il est facile d'entretien, plus hygiénique. En fonction de leurs revenus, les riverains ont opté pour un raccordement individuel ou groupé. Les rues ont été pavées et profilées pour l'écoulement des eaux pluviales. Les habitants ont fourni la main-d'oeuvre. Quelques maisons dégradées appartenant au kébélé ont été reconstruites, les 238 propriétés privées restant à la charge des propriétaires.

Un centre social et de réunion a été installé (avec douches, sanitaires, cafétéria). L'équilibre financier est assuré grâce à l'organisation de séances vidéo. La salle est toujours comble (l'entrée est à 0,25 FF la séance).

PROBLÈMES RENCONTRÉS

Afin de démarrer les travaux, il était nécessaire de renforcer l'organisation de la population qui au début, refusait de s'investir. Malgré les avantages du système fermé, la mairie s'obstine à réaliser des drainages ouverts. La municipalité s'était engagée à réaliser la voirie et le drainage, l'Oxfam assurant 50% du coût des matériaux. En réalité, l'Oxfam a dû payer la totalité car la municipalité n'a finalement pu que fournir des directives pour les voies et procurer la main-d'oeuvre.

LEÇONS À TIRER DE L'EXPÉRIENCE

Les techniques de pointe ne génèrant pas ou peu de travail, il a fallu partir des activités existantes, comme la fabrication des éléments de base pour la production du tala. L'octroi de prêts, le plus souvent individuels, en permettant aux bénéficiaires de constituer un petit capital de base, a contribué à renforcer ces activités. Ce fonctionnement n'est pas très éloigné des systèmes traditionnels d'épargne: l'ekube et l'idir. Ici, il se rapproche plus de l'ekube: un capital versé par la population l'épargne- redistribué sous forme de prêts pour un projet personnel de développement communautaire. Pour l'obtention de ces prêts, un roulement régulier est assuré. Sous la forte pression sociale, ils ont une garantie de remboursement presque totale. L'idir n'est utilisé que pour les funérailles ou les mariages. Pratiquement tous les habitants font partie d'un idir: les cotisations varient selon les revenus de chacun.

Une part importante du projet est consacrée à la production de revenus (4 millions de francs par an). Le système prévoit 3 types de prêts adaptés à l'ampleur du projet et aux capacités de remboursement.

L'Oxfam contacte les bénéficiaires et tente de connaître l'usage du prêt: 160 prêts ont été attribués, 56 sont en cours. Elle vérifie que les sommes sont bien affectées au projet. Le rôle de l'Oxfam dans ce travail est limité car 3 personnes, résidentes du quartier, supervisent les prêts et veillent aux remboursements. Pour plus d'efficacité, les structures et conditions de prêts doivent correspondre aux conditions économiques et sociales et s'intégrer dans les habitudes culturelles. Le problème de l'appropriation sociale se pose donc différemment pour chaque type de société.

PERSPECTIVES

Cette expérience sur le kébélé 29 devrait servir d'exemple pour d'autres quartiers d'Addis Abeba. La part des travaux pris en charge par la municipalité devra s'affirmer pour pérenniser le système mis en place, en dehors de toute intervention extérieure.

Source

OXFAM, PO Box n° 2338. Addis Abeba (Ethiopie).

Localisation: kébélé 29, Addis Abeba, Ethiopie
Champs d'action: aménagement urbain
Maître d'oeuvre: Oxfam
Partenaire technique: Capiu
Partenaires financiers: Oxfam, municipalité, Banque mondiale
Financements: 5 millions de FF par an
Durée: 5 ans

Contact

Isabelle DE BOISMENU, GRET Habitat, 213 rue La Fayette 75010 Paris (France). Tél: (33-1) 40.05.61.61. Fax: (33-1) 40.05.61.10.

Haïti

Adduction d'eau potable à Thomonde

CONTEXTE ET ENJEUX

Situé à 100 km au nord-est d'Haïti, Thomonde compte 3000 habitants.

La réalisation du système d'adduction d'eau potable à Thomonde a été le résultat d'un long processus de maturation qui a permis une forte participation de la population. Celle-ci a notamment fourni la main-d'oeuvre et les matériaux pour la construction d'une voie d'accès de 7 km et participe aujourd'hui à la gestion du programme au sein de comités d'eau potable.

Le Service national de l'eau potable (Snep), organisme d'Etat, avait, avant la mise en oeuvre du projet, fait quelques prospectives infructueuses dans la commune. Il en est de même pour les postes communautaires d'eau potable (Pochep), projet dépendant du ministère de la Santé publique. Ainsi, aucun organisme d'Etat n'a été impliqué dans la conception et la réalisation du système.

DESCRIPTION DE L'ACTION

Les partenaires principaux sont: la Caritas paroissiale de Thomonde; le Service oecuménique d'entraide (SOE - Haïti), animateur d'un programme de santé communautaire à Thomonde; le comité Protos - Haïti, organisme impliqué dans plusieurs projets d'adduction d'eau potable, notamment sur le plateau central, zone comprenant Thomonde. Suite au tarissement des sources les plus proches du village de Thomonde, le problème de l'eau s'est aggravé. Il a donc fallu se tourner vers le captage d'une source située à 8 km. Pour renforcer l'approvisionnement, cinq autres petites sources ont été annexées au système.

L'adduction s'est faite par gravitation, les sources captées étant situées à une altitude de 400 à 580 mètres et le centre de Thomonde à environ 280 mètres.

L'action comprend quatre volets: l'identification de sources accessoires; l'aménagement d'une voie d'accès; la construction du système (collecteur, bassins de sédimentation, ligne d'adduction...); le reboisement de l'environnement immédiat des sources captées.

HISTORIQUE

La population de Thomonde a été sensibilisée au problème de l'eau potable dès le début du projet de santé communautaire qu'anime le Service oecuménique d'entraide depuis la fin de l'année 1977. La constitution de groupements communautaires, sous l'impulsion de l'église catholique ou de jeunes animateurs proches de l'équipe du centre de santé, a alors favorisé le développement d'actions concrètes. Après une lente maturation, les travaux ont débuté au début de l'année 1989 et le système a pu être inauguré à la fin du mois de septembre 1991.

OBJECTIFS

L'objectif principal de ce projet était de fournir à la population de Thomonde et de certains quartiers alentours, de l'eau potable en quantité suffisante.

Un objectif connexe était de rendre possible, à terme, la prise en charge de la gestion de l'eau par la population. A cet effet, des comités devaient être créés quartier et des personnes devaient être formées à la maintenance du système.

RÉSULTATS OBTENUS

Le système a été construit et son réseau de distribution comprend trois fontaines desservant les localités traversées par la conduite d'amenée, douze fontaines réparties dans le village de Thomonde et une prise directe pour le centre de santé.

Plus de deux ans après, le système continue à fonctionner de manière satisfaisante. Les deux jeunes formés à l'entretien du système s'acquittent bien de leur tâche.

En termes de santé publique, il convient de signaler que certaines maladies diarrhéiques, comme la typhoïde étaient déjà moins fréquentes a Thomonde qu'en d'autres villes du plateau central avant même l'exécution du projet. Ceci résultait des nombreuses activités d'éducation pour la santé et de la promotion de la chloration a domicile de l'eau de boisson au moyen d'eau de Javel
menée par l'équipe du centre de santé ainsi que par son réseau d'agents de santé et d'accoucheurs traditionnels. Il est encore trop tôt pour évaluer précisément l'impact de l'opération sur les maladies transmises par l'eau. Il est cependant évident que ce projet a apporté un net soulagement aux femmes et aux enfants, chargés, à longueur de journée, du transport de l'eau.

PROBLÈMES RENCONTRES

L'action s'est heurtée à trois types de difficultés. La collaboration avec les institutions de l'Etat pour le maintien du système s'est avérée problématique. De plus, en cette période de crise et de déstructuration des organisations populaires, réunir les comités de gestion n'a pas toujours été facile. Enfin, la cotisation fixée, si minime soit - elle, n'a pas été aisée à percevoir.

LEÇONS A TIRER DE L'EXPÉRIENCE

Trois leçons peuvent être tirées de cette action. Une prise de conscience, même très lente, est nécessaire pour s'assurer d'une vraie participation communautaire. Par ailleurs, l'adduction d'eau par gravitation semble le système le plus fiable, le plus adapté à de nombreuses localités d'un pays extrêmement montagneux. Enfin, la participation communautaire, pour se manifester, nécessite une atmosphère générale de respect de la liberté d'expression, de réunion et d'association.

Localisation: Thomonde, Haïti
Champs d'action: Réalisation d'un système d'adduction d'eau
Maître d'oeuvre: Caritas, paroisse de Thomonde, Service oecuménique d'entraide, Comité Protos - Haïti
Partenaires financiers: gouvernement belge, Protos
Montant financier: 320.000 $US
Durée: 2 ans

Contact

Dr Daniel HENRYS, OPS/OMS, 295 avenue John Brown, Bourdon, Port au Prince (Haïti). Tél: (509)45.86.66. Fax: (509)45.17.32.

Honduras

Programme d'adduction d'eau dans la périphérie de Tegucigalpa

CONTEXTE ET ENJEUX

La capitale du Honduras, Tegucigalpa, est située dans une région de collines. La ville compte 800000 habitants. Le taux de croissance annuel de la population atteint 5,2% et les bidonvilles se développent. Dans ces bidonvilles, vit aujourd'hui près de 60% de la population. Les services sont défaillants et les équipements de base font défaut. Les conditions sanitaires sont en conséquence très mauvaises: 40% de la population n'a pas accès au réseau d'adduction et s'approvisionne auprès de camions-citernes gérés par des entrepreneurs privés; 80% des familles consacrent plus de 10% de leur revenu mensuel à l'achat de l'eau. Au total, des sommes considérables (2,7 millions US$ en 1993) sont mobilisées. Il n'y a aucun contrôle de la qualité de l'eau fournie dans des conditions d'hygiène très aléatoires.

DESCRIPTION DE L'ACTION

Le service classique offert par la Compagnie nationale de l'eau et de l'assainissement (Sanaa) ne correspond pas aux besoins et aux revenus des populations des quartiers périurbains de Tegucigalpa. Trois alternatives au système conventionnel ont été conçues par le Bureau spécial des quartiers marginaux (Uebm) en lien avec la Sanaa: vente directe d'eau aux communautés depuis le réseau Sanaa au moyen de macro - compteurs; forage de puits équipés de pompes électriques approvisionnant un réservoir collectif; transport par camions-citernes des centres de distribution de la Sanaa jusqu'aux réservoirs collectifs.

En 1989, l'Uebm et la Sanaa ont préparé un document de politique générale identifiant les tâches et les responsabilités dévolues à la communauté et aux autorités publiques. La participation communautaire est ainsi définie: participation à la construction (apport de main-d'oeuvre et de matériaux); contribution aux coûts d'investissement et de maintenance; participation à la gestion du système au sein d'un conseil d'administration. Les financements sont mobilisés par l'Unicef, l'Uebm et la Sanaa. Ils couvrent: les activités relatives au développement institutionnel, la réalisation de systèmes d'approvisionnement, le suivi technique et financier. Le recouvrement (total ou partiel) des coûts de chaque projet alimente un fonds de roulement utilisé pour de nouveaux investissements.

HISTORIQUE

En 1987, le gouvernement du Honduras, avec l'aide de l'Unicef, crée l'Uebm. Cette nouvelle institution est chargée d'aider les secteurs périurbains de Tegucigalpa non encore desservis par le réseau central d'adduction de la Sanaa.

Au départ, l'Uebm doit faire face à de nombreux problèmes: budget insuffisant, démarche trop expérimentale, manque de réglementations claires en matière d'adduction d'eau dans le secteur périurbain. Des comités de gestion de l'eau sont mis en place, un fonds de roulement est constitué. Début 1991, l'Uebm acquiert son autonomie. L'institution est désormais en mesure de formuler et gérer un plan d'actions. Elle élabore une stratégie sur la participation de la communauté, point clé du programme.

En 1992, le Centre international de l'eau et de l'assainissement (IRC) est sollicité pour appuyer une évaluation participative du programme, tirer les leçons de l'expérience, analyser les résultats obtenus et la réplicabilité des projets.

OBJECTIFS

Le programme avait un double objectif: diminuer l'incidence de la mauvaise qualité de l'eau et de l'assainissement sur les maladies frappant la population périurbaine de Tegucigalpa; fournir les équipements de base nécessaires à l'approvisionnement en eau potable de ces populations. Cela passait par la participation communautaire et la recherche de solutions intégrées, l'installation de systèmes d'approvisionnement alternatifs, la fourniture régulière d'une eau de meilleure qualité à moindre coût.

RÉSULTATS

En 1993, 37000 foyers étaient approvisionnés régulièrement en eau. Les communautés bénéficiaires ont souligné ce qui leur paraissait primordial:

- un gain de temps certain et une plus grande quantité d'eau, à meilleur prix,

- une diminution du nombre des maladies de la peau et de l'appareil digestif ainsi qu'une meilleure hygiène;

- un accès à l'eau amélioré et plus équitable de façon à ce que les relations de voisinage soient meilleures et l'approvisionnement plus régulier;

- une amélioration de l'hygiène personnelle et une diminution des risques d'agression des femmes et des enfants liés aux déplacements pour l'approvisionnement.

PROBLÈMES RENCONTRÉS

Un manque de formation spécifique du personnel de l'Uebm et des membres de la communauté formant les comités de gestion a été constaté.

La participation communautaire s'est limitée à la contribution financière des bénéficiaires, à l'apport de main-d'oeuvre et à la fourniture de matériaux. Elle n'a pas véritablement été élargie à la gestion générale du système et à la prise de décisions sur le programme.

Enfin, la gestion du fonds de roulement a posé des difficultés à la Sanaa peu habituée, comme beaucoup d'organismes publics, à ce type de dispositif; la population a démontré quant à elle, sa solvabilité de ce point de vue.

LEÇONS A TIRER DE L'EXPÉRIENCE

Si l'on veut atteindre les plus pauvres, des approches non conventionnelles sont nécessaires au développement de systèmes d'approvisionnement en eau des secteurs périurbains. Il doit s'agir d'approches spécifiques, les solutions adaptées au monde urbain ou au monde rural ne pouvant être appliquées.

PERSPECTIVES

Ce type d'intervention peut être reproduit dans d'autres pays d'Amérique centrale ou d'autres secteurs périurbains de grandes villes du tiers-monde. Le "modèle de Tegucigalpa" est aujourd'hui comparé au "modèle de Mezquital" (Guatemala).

Source

Sanitation to Development - The case of the Baldia soakpit pilot project, IRC, La Haye, 1992.

Localisation: Tegucigalpa, Honduras
Champs d'action: adduction d'eau en périphérie urbaine
Maître d'oeuvre: Compagnie nationale des eaux et de l'assainissement (SANAA), UEBM (Bureau spécial des quartiers marginaux)
Partenaires techniques et financiers: UNICEF, SANAA, UEBM, communautés concernées
Montant financier: environ 670.000 US$ en 1993
Durée: en cours depuis 1987

Contact

Norah ESPEJO, Research Officer, Consultant IRC, PO Box 93190, 2509 AD La Haye (Pays Bas). Tél: (31-070) 33.141.33. Fax: (31-070) 38.140.34.

Mexique

Une station d'épuration dans un lotissement populaire de Mexico

CONTEXTE

Les nouvelles constructions situées à la périphérie de Mexico se trouvent, pour la plupart, sur des terrains en pente dépourvus de systèmes d'évacuation des eaux usées. Il existe quelques égouts à ciel ouvert qui, à la saison des pluies, débordent et engendrent des pollutions diverses. C'est le cas notamment du site El Capulín de San Rafael Chamapa à Naucalpan.

DESCRIPTION DE L'ACTION

Dans le cadre d'un programme d'assainissement, l'installation d'une station alternative d'épuration des eaux usées et des eaux vannes est en cours. L'expérience concerne 163 logements populaires réalisés en 1993, grâce à un prêt du Fonds national d'habitation populaire (Fonhapo), par un groupe d'habitants organisés (Ucisv Libertad) appartenant au mouvement urbain populaire (Uprez). La station devrait subvenir aux besoins d'environ 1000 habitants, sa construction se fera avec le soutien technique de la Fondation Ecodéveloppement Xochicalli A.C. (Fexac).

Il s'agit d'une station d'épuration permettant à la fois le traitement des eaux usées et des eaux vannes par un processus de décomposition anaérobie qui comprend une série de trois digesteurs. C'est par un système de filtres biophysiques que l'on obtient des eaux aptes à l'irrigation d'une serre pour la culture vivrière.

La fourniture en eau potable a aussi fait l'objet de divers aménagements. La situation géographique du terrain rendant impossible le captage des eaux de ruissellement à proximité des logements, des citernes individuelles ont été installées afin de recueillir les eaux pluviales des toitures et d'apporter ainsi un complément à l'eau fournie par le réseau municipal qui n'assure pas un approvisionnement suffisant et régulier.

HISTORIQUE

Le programme de logement a été réalisé avec l'appui technique du Centre du logement et d'études urbaines (Cenvi) et la participation d'une entreprise de construction. Dès le départ, il a été envisagé de connecter les systèmes de drainage primaire et secondaire à la station de traitement. La Fexac travaille sur le traitement des eaux depuis les années 60; elle est une des premières à s'être occupée de ce problème. La construction de la station, qui sera mise en service fin 94, constitue la dernière étape du programme.

OBJECTIFS

L'objectif est de réaliser un système d'assainissement durable et à faible coût permettant de réutiliser localement les eaux usées.

En outre, grâce à la cooptation de l'eau pluviale, il s'agit d'augmenter l'alimentation en eau potable et de compléter ainsi l'approvisionnement par le réseau municipal, très irrégulier.

RÉSULTATS OBTENUS

Pour la réalisation de la station, un processus social s'est déclenché, impliquant la formation des bénéficiaires des logements. Dirigée par la Fexac, la formation, qui intégrait une initiation à la gestion et à l'utilisation des ressources locales, était essentiellement orientée vers les techniques de construction en ferrociment.

PROBLÈMES RENCONTRÉS

Les normes mexicaines actuelles en matière d'assainissement ne sont pas adaptées à un tel dispositif alternatif (aussi bien du point de vue technique que social). L'approbation du système est en effet soumise à trois instances (nationale, départementale et municipale) qui se renvoient mutuellement la responsabilité des décisions. Cet obstacle oblige les habitants à effectuer de nombreuses démarches pour obtenir un agrément officiel.

LEÇONS À TIRER DE L'EXPÉRIENCE

Cette expérience montre qu'une action innovante en matière d'assainissement peut être menée par un groupe d'habitants organisés. Mais c'est au prix d'importants efforts de gestion. L'obtention de crédits et la réalisation de logements ont permis aux habitants de s'organiser (3 commissions ont été créées) afin d'affronter les nombreux obstacles posés par des administrations ou des entreprises de construction.

PERSPECTIVES

Les normes évoluent plus lentement que les technologies et freinent souvent le progrès. L'organisation sociale des habitants moteur de toute action - doit être renforcée puisqu'elle constitue un facteur déterminant pour une meilleure gestion urbaine. Le système technique utilisé ici a déjà fait ses preuves dans d'autres opérations de la Fexac, mais c'est la première fois qu'il est géré et exécuté directement par une organisation d'habitants. Ce mode de traitement des eaux peut être considéré comme une ouverture favorable au développement de l'agriculture urbaine.

Sources

- Identification et moyens de diffusion de l'innovation technologique à coût modéré. FONHAPO, GRET, SUS' SA, Paris, 1986.

- Conjuntos ecológicos autosuficientes . Jesús Quiroz, dans Vivienda latinoamericana, tecnología y participación social en la construcción de vivienda popular, CYTED-D, Proyecto XIV. 1, Santiago de Chile, 1990.

Localisation: Mexico, San Raphaël, Chamapa
Champs d'action: Construction d'une station d'épuration
Maître d'oeuvre: UCISV Libertad
Partenaires financiers: FONHAPO
Partenaires techniques: Fondation écodéveloppement Xochicalli A.C. (FEXAC) - Centre du logement et d'études urbaines (CENVI)
Durée: 1982 à 1991

Contact

Jesús QUIROZ, PROE, apartado postal 22.433, Mexico DF (Mexique). Tél: (52-5) 652.72.00.

Pérou

Eau , assainissement et réforme institutionnelle

CONTEXTE ET ENJEUX

D'après des estimations de Senapa, l'entreprise publique qui était responsable des réseaux d'eau et d'égouts du Pérou au début du projet, en 1984, plus de la moitié de la population, en particulier dans les grandes villes, n'était pas desservie par les réseaux. Hormis les problèmes d'infrastructure, les défaillances dans l'administration, l'exploitation et la maintenance des installations étaient considérées comme particulièrement graves.

DESCRIPTION DE L'ACTION

Le programme de l'Agence allemande de coopération technique (Gtz) a commencé par une action d'urgence dans les villes de Trujillo, Ica et Pisco. Il fallait réhabiliter et moderniser les puits existants, ainsi que les systèmes de distribution et de stockage de l'eau. Les égouts n'étaient concernés que dans une moindre mesure. Il fallait trouver des solutions peu coûteuses (bornes-fontaines, unités sanitaires publiques et privées). L'éventail des actions s'est alors élargi. Pour diminuer les risques sanitaires, les activités d'assainissement et d'éducation ont été accélérées. Le programme s'est aussi orienté vers un renforcement et une réorganisation des institutions, une redéfinition et une redistribution des responsabilités.

Le soutien de la Gtz a pris diverses formes. Du matériel a été fourni pour la réhabilitation des infrastructures, des programmes d'action ont été mis en oeuvre avec la participation des communautés, des campagnes de conscientisation et d'information relatives à la santé et à l'hygiène ont été organisées. La Gtz a aussi créé et alimenté un fonds de roulement pour la construction d'installations par les populations; formé des techniciens, des équipes administratives et des cadres; conduit des études sociologiques, techniques, hydrogéologiques et des études de tarifs.

La Gtz a dirigé le projet en association avec les partenaires locaux. Elle a mis à disposition des experts en ingénierie institutionnelle qui ont contribué à la création de la Compagnie des eaux et des égouts de Ica (Emapica), à la réorganisation de l'entreprise du service à Trujillo (Sedapat), à la création de la Compagnie des eaux et des égouts de Pisco et ses environs (Emusa). La planification, l'analyse, l'évaluation et la mise en oeuvre des actions ont bénéficié de l'appui de consultants internationaux spécialisés. Des experts allemands ont été engagés pour quelques missions de courte durée. L'emploi de personnel péruvien à tous les niveaux a favorisé le transfert des connaissances.

HISTORIQUE

Senapa est à l'origine du projet démarré en novembre 1987 en partenariat avec la Gtz. Elle en a été le principal partenaire jusqu'en 1992. A cette date, le secteur de l'eau a été réorganisé: Senapa a été dissoute et la Snss a vu le jour. Cette société est uniquement responsable de la planification et du suivi du secteur. La Snss et les entreprises municipales, désormais indépendantes, sont devenues les nouveaux partenaires de la Gtz. Le projet devrait s'achever en juin 1995.

OBJECTIFS

L'objectif était l'amélioration de l'approvisionnement en eau potable et de la situation sanitaire des villes de Trujillo, Ica et Pisco. Cela représentait une population - cible de 650000 personnes.

Suite à l'étude de faisabilité de 1984, l'approvisionnement en eau était considéré comme une priorité d'action. L'assainissement ne devait être abordé qu'ensuite et graduellement. Les résultats espérés étaient: un approvisionnement minimum, de meilleures performances économiques des fournisseurs d'eau, un meilleur approvisionnement et assainissement des quartiers populaires, la constitution d'un service public durable.

RÉSULTATS OBTENUS

Près de 60% des puits existants ont été réparés et améliorés ainsi que des citernes, des conduites et certains égouts. Des bornes-fontaines et des latrines ont été construites pour plus de 8000 habitants des quartiers défavorisés. Les connaissances sur l'hygiène et la santé se sont répandues. La Gtz a formé 800 personnes. L'efficacité opérationnelle, administrative et financière des sociétés publiques s'est améliorée.

PROBLÈMES RENCONTRES

Jusqu'alors le système centralisé de prise de décision était inapproprié (tarifs socialement injustes, mal calculés...). De plus, le personnel des compagnies des eaux était sous-payé, sa motivation faible et son expérience insuffisante. Il dépendait (y compris les techniciens) des responsables politiques en place et changeait fréquemment après les élections. Enfin, les réglementations relatives à l'utilisation et à la protection des ressources en eau étaient rarement respectées. Ce sont cependant la précarité et souvent l'illégalité du statut d'occupation des sols qui ont constitué les principaux obstacles au projet.

LEÇONS À TIRER

On retiendra avant tout qu'un cadre; politique et légal approprié, la transparence des responsabilités, la concurrence entre les institutions et le contrôle du public sont des conditions indispensables pour que l'on puisse disposer de services d'eau et d'assainissement efficaces.

Il apparaît aussi que, pour répondre aux besoins fondamentaux des populations des villes, approvisionnement en eau et assainissement sont indissociables. Les actions d'éducation sanitaire sont également importantes. Les mesures d'urgence nécessitent des stratégies à plus long terme définies dès le départ pour obtenir des résultats dans la durée. Enfin, un renforcement des institutions peut demander une modification des structures (décentralisation, approche commerciale, privatisation).

PERSPECTIVES

En phase finale, il s'agit aujourd'hui de soutenir les entreprises publiques au plan organisationnel afin qu'elles assument leurs nouvelles responsabilités. L'amélioration de leurs performances financières constitue un objectif crucial. Il ne peut être atteint que par le passage à une approche commerciale. La révision des tarifs, la réduction des effectifs et la modification des structures administratives sont des problèmes - clés.

Localisation: Trujillo, Ica, Pisco (Pérou)
Champs d'action: eau et assainissement
Maître d'oeuvre: GTZ, SENAPA et filiales
Partenaire financier: GTZ
Montant financier: 13,4 millions DM
Durée: 8 ans

Contact

Dr ERBEL, Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ), Postfach 5180, 65726 Eschborn (Allemagne). Tél: (496196) 79.12.65. Fax: (49-6196) 79.61.05.

Pologne

Elimination et traitement des eaux usées à Wilcowice

CONTEXTE ET ENJEUX

En Pologne les ressources en eau par habitant sont parmi les plus faibles du continent Européen. La plupart des réseaux d'approvisionnement datent du début du siècle. Dans une proportion de 40%, les eaux usées s'écoulent dans la nature sans traitement préalable.

Ces problèmes se posent avec le plus d'acuité dans les zones défavorisées: régions rurales, banlieues et petites villes. Ainsi, trois millions de logements ne sont pas raccordés à un réseau d'approvisionnement en eau. On compte en revanche 770000 puits. Par ailleurs, dans ces zones, l'installation d'un nouveau réseau d'approvisionnement en eau est rarement accompagnée de celle d'un réseau d'égouts. Depuis peu, les autorités polonaises prennent conscience de la gravité de ces problèmes. Elles commencent à essayer de leur trouver des solutions.

Complètement novateur pour la Pologne, le projet de Wilcowice porte sur l'installation d'un réseau d'égouts et d'une usine de traitement des eaux usées. Proche de la ville de Bielsko-Biala, dont elle est une banlieue - dortoir très pauvre, Wilcowice compte 13000 personnes réparties sur trois quartiers.

DESCRIPTION DE L'ACTION

Maître d'ouvrage et principal bailleur, la ville de Wilcowice a confié la réalisation et la coordination des travaux au Bureau Municipal des Projets (Bmp) de la ville de Katowice.

Près de 4000 m 3 d'eaux usées doivent être traités chaque jour. Le Bmp propose pour le pays un projet à caractère novateur: l'usine sera dotée d'un réacteur à trois zones comprenant une zone anaérobie, une zone d'anoxie et une zone aérobie. Un processus intégré d'élimination du carbone, du nitrogène et du phosphore est prévu. Autre innovation dans le contexte polonais, les tuyaux du réseau des égouts seront en PVC. Le projet n'en est qu'à la phase d'étude.

La construction de la station de traitement des eaux devrait s'effectuer en trois temps, au rythme des avancées dans la mise en place du réseau d'égouts.

OBJECTIFS

L'action vise à doter la totalité de Wilcowice d'un réseau d'égouts et d'un système de traitement des eaux. Un objectif connexe est de protéger les sources d'eau potable (les eaux de surface de la Vistule) en améliorant l'élimination des eaux usées dans la zone de drainage.

RÉSULTATS OBTENUS

Un plan préliminaire a été achevé en 1993. Le plan technique définitif devrait être terminé en 1994, à la suite de quoi les travaux pourront débuter.

PROBLÈMES RENCONTRÉS

La réalisation du projet dépend des capacités financières de Wilcowice. Or l'on sait d'ores et déjà que celles-ci sont insuffisantes. Il faudra chercher des moyens complémentaires à mobiliser.

Par ailleurs, l'installation des égouts sur des terrains privés pourrait poser des problèmes juridiques. Enfin, il est possible que la méthode choisie pour l'élimination des composés biogéniques pose problème.

PERSPECTIVES

Ce projet est totalement novateur pour la Pologne. Son efficacité demande donc à être confirmée. Si sa réalisation et son fonctionnement ne posent pas de problème majeur, il pourra être envisagé de le reproduire dans des zones similaires, telles que le Parc naturel de Zywiec.

Notons enfin qu'il s'inscrit dans un débat d'actualité en Pologne: faire de la mise en place des réseaux d'eau et d'égouts une obligation légale des municipalités.

Localisation: Wilkowice, Pologne
Champs d'action: construction d'une usine de traitement des eaux
Maître d'oeuvre: Bureau municipal des projets de Katowice
Partenaire financier: ville de Wilkowice
Montant financier: en phase d'étude
Durée: en phase d'étude

Contact

Aleksandra OGRODNIK, Regional Water Management Office, Katowice (Pologne). Tél: (48-32) 508.843. Fax: (48-32) 599.642.