
| Les cultures maraîchères, Maisonneuve et Larose, 1994 |
| II. Le climat et ses conséquences |
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Les climats régnant entre les latitudes européennes et équatoriales sont qualifiés de tempérés, subtropicaux et tropicaux. Une constatation à peu près semblable est faite en passant de la région côtière à celle des montagnes.
De part et d'autre de l'équateur et sur une largeur de 10 à 12° de latitude, on observe le climat dit équatorial, caractérisé par une chaleur et une humidité élevées et continues; absence de saison sèche mais deux saisons des pluies.
Au Nord et au Sud de cette zone règne le climat tropical proprement dit caractérisé par deux saisons sèches et deux saisons de pluies. Plus on se rapproche des tropiques, plus se restreint la durée des pluies; au tropique même, il n'y a qu'une courte saison des pluies et une longue saison sèche. Enfin, du 23° jusqu'à 35° de latitude nord ou sud apparaissent les climats dits désertiques (subtropicaux).
Lors de la révolution de la terre autour du soleil, celle-ci effectue une oscillation apparente annuelle, laquelle entraîne le système climatique; le centre de la zone pluvieuse, chaude et humide, coupe l'équateur deux fois l'an aux équinoxes et atteint les tropiques Nord et Sud une fois l'an aux solstices.
En régions tempérées, les variations de températures au cours de l'année sont très prononcées et importantes; elles constituent le facteur essentiel différenciant les saisons (été-hiver).
En zones climatiques tropicales, les variations saisonnières sont déterminées, non par la température qui conserve une grande uniformité et reste élevée toute l'année, mais par le régime des pluies, là où ne joue pas la correction apportée par l'altitude. La température moyenne annuelle de l'air des plaines équatoriales varie de + 24° C à + 26° C, celles des savanes et de la zone sahélienne de + 27 à + 30° C.
En zone équatoriale, la chaleur et l'humidité sont remarquablement élevées et les pluies sont abondantes: 1500 à 3 000 mm, et plus, par an.
Le passage du climat équatorial au climat désertique a lieu par transitions successives avec une diminution progressive des pluies. Ceci est d'ailleurs fidèlement répercuté par la végétation qui varie depuis l'exubérance de la forêt équatoriale jusqu'à la pauvreté végétale des déserts en passant par la savane boisée, puis buissonnante et enfin herbacée (Sénégal/Dakar: 600 mm/an en 37 jours-Cameroun/Douala: 4 000 mm/an en 175 jours).
Il existe un climat dénommé «guinéen» caractérisé par des pluies très abondantes liées au régime particulier des moussons (aire du golfe de Guinée: Lagos-Douala).
Un autre type de climat équatorial existe dans les régions de hauts plateaux (3° latitude Nord et 5° Sud). En effet l'accroissement de l'altitude provoque une diminution de la température de 1°C par 180 m soit 7°C à 1 200 m. La température y est donc relativement modérée, les nuits fraîches, les pluies peu nombreuses, mais bien réparties dans l'année (Kenya-Rwanda).
L'insolation est nettement plus forte en saison sèche qu'en saison des pluies; l'intensité lumineuse est très élevée même sans insolation directe; par contre, le nombre d'heures de lumière diurne est à peu près constant à l'Equateur (12 heures); il augmente graduellement en direction des tropiques suivant les saisons (13 h 30 au Tropique du Cancer, 16 heures en juin au centre de la France).
On constate que la vitesse d'assimilation des plantes n'est pas en relation directe avec l'augmentation de la lumière et de la chaleur, mais qu'il y a pour chaque plante un maximum. La pleine activité est atteinte avec 30 % de lumière solaire; au-delà de 50 %, la croissance n'augmentera qu'en de très faibles proportions; la photosynthèse peut même accuser un rendement déficitaire quand chaleur et lumière sont excessives.
Ceci nous amène à l'interaction évidente entre ces trois éléments: la température, l'insolation et la pluviosité, indispensables à la photosynthèse, donc à la vie de la plante. C'est la loi de l'interdépendance des facteurs de croissance qui ne sont pas interchangeables.
C'est ainsi que le photopériodisme, alternance des périodes lumineuses et obscures, détermine l'aire de répartition des différentes plantes cultivées. Certaines espèces se développent mieux en jours longs et d'autres en jours courts, car le photopériodisme agit sur l'induction florale (mise à fleur), sur la fructification et sur la formation des tubercules.
Les plantes de jours courts sont par exemple: le maïs, l'igname, le pois cajan, les oignons africains qui bulbent en jours courts, la patate douce.
Les plantes de jours longs sont entr'autres: l'oignon d'Europe, l'aubergine, le Gombo, la pastèque, l'amarante. Il s'agit principalement, on le constate, de produits de pays tempérés.
Il existe pourtant des plantes indifférentes: niébé (vigna), haricot commun, etc. Les stations d'essai et de sélection s'efforcent de trouver des cultivars adaptés à des écologies différentes, ceci afin d'éviter les échecs.
En régions tropicales, les légumes originaires des tropiques se cultivent sans difficulté pendant la saison chaude tandis que ceux provenant des pays tempérés se développent avec succès pendant la période la plus fraîche (saison sèche) confirmant le dicton: en saison sèche, tout pousse.
Dans les régions montagneuses, une élévation de plusieurs centaines de mètres entraîne un changement remarquable de la température: c'est ainsi que les légumes originaires des pays tempérés croissent sans difficultés, même à l'Equateur dans les régions d'altitude du Kenya, de l'Ouganda, du Rwanda.
Ceci nous amène à la notion de thermopériodisme. Comme nous l'avons vu, en zone tropicale, les différences de température diurne et nocturne sont peu importantes, plus particulièrement en saison des pluies. On distingue au niveau végétatif trois stades:
a. la germination qui exige un minimum et un maximum: arachide, de + 13 à + 40° C - manioc, de + 18 à + 40° C;
b. la végétation, en croissance et en fructification: + 20 à + 25° C car au-delà, la photosynthèse diminue. Au-dessus, de + 45 à + 50° C, c'est la siccité par évaporation excessive et la perte du végétal.
On considère qu'il faut 200 à 300 litres d'eau pour produire 1 kg de matière sèche, d'où l'importance du régime hydrique. Le manque d'eau occasionne une respiration plus importante (cercle vicieux) et une photosynthèse réduite. C'est en Guinée et au Libéria que l'on observe plus de 4 000 mm de pluies par an mal réparties et au Niger (Agadès) moins de 200 ainsi que respectivement les températures les plus et les moins élevées. En culture maraîchère plus particulièrement, le choix du terrain a une grande importance: la rétention d'eau par capillarité et gravité dépend de la perméabilité du sol car l'évaporation (perte) augmente lorsque la tension de vapeur est faible et la température élevée (saison sèche). L'irrigation est, dans presque tous les pays, indispensable.
En savanes, étant donnée la pauvreté végétale, l'absence d'ombrage, comme corollaire la pauvreté du sol, des pluies très faibles et parfois totalement absentes. De plus, l'érosion éolienne se manifeste particulièrement en saison sèche. Dans ces régions, les façons culturales seront spécifiques. C'est ainsi que, lors de la mise en culture, on maintiendra le plus possible la végétation arbustive et herbacée. Les cultures sarclées n'y sont pas favorables, et il sera préférable d'établir des bilions disposés en travers des vents dominants et de prévoir des lignes d'arbres coupe-vent. Le travail du sol sera superficiel (quelques centimètres). L'assolement y sera également différent suivant les régions et leur aridité. On n'utilisera que des plantes à cycle végétatif court: 3 à 4 mois.
L'amélioration du sol se pratique par verte, légumineuses ou graminées telles que: mucuna, crotalaria, vigna; dolichos, pennisetum, setaria ou par compost et jachère de 2 à 3 ans.
En ce qui concerne les cultures maraîchères, la seule solution consiste à avoir recours à l'irrigation si l'on dispose d'une réserve suffisante d'eau.
Le régime thermique de ces régions dépend essentiellement de l'altitude et dans une certaine mesure de la latitude. Au pied des montagnes et jusqu'à 1 500 m, les températures moyennes varient de 30 à 20° C; à 2 000 m elles sont de l'ordre de 20 à 14° C et en haute montagne, de 2 à 3 000 m, de 14 à 7° C, avec des risques de gelées la nuit.
Les régions pentues exercent une influence particulière sur le régime des pluies en localisant l'air humide, provoquant ainsi des pluies abondantes.
L'exposition a une grande importance pour l'insolation, la répartition de la chaleur et de l'humidité. Cette insolation diminue d'un quart dans les pentes de 2 à 5° nord et de près de la moitié dans les pentes de 6° et plus, en comparaison du versant sud.
L'humidité relative ou degré hygrométrique est le rapport de la pression de vapeur d'eau dans l'air à la pression de vapeur saturante, c'est-à-dire à la pression maximale de vapeur d'eau à la température considérée.
Cette humidité relative de l'air est étroitement lice à la pluviosité et à la température. C'est ainsi qu'en zone nord de l'équateur, on observe en août (pluviosité maximum):
70 à 90 % d'humidité relative en zone forestière humide
50 à
90 % d'humidité relative en zone tropicale
30 à 90 % d'humidité relative en
zone aride
20 à 80 % d'humidité relative en zone très aride.
Au point de vue météorologique, la vapeur d'eau contenue dans l'air a une grande importance car:
1) l'air humide s'échauffe plus vite que l'air sec, ayant un pouvoir absorbant plus grand que ce dernier pour les radiations I.R.
2) de grandes variations de température sont produites par la formation et la condensation de la vapeur d'eau.
3) à égalité de température, plus l'air est sec et plus le dessèchemènt du sol est rapide; plus active aussi est la transpiration des plantes.
4) par sa condensation, elle provoque les nuages, brouillards, pluies et rosées.
Cette humidité relative est plus importante aux premières heures du jour et la plus faible vers 15 h.
L'atmosphère en zone équatoriale, si elle est très humide pour l'homme, est au contraire assez sèche pour la végétation.
Les seuls vrais inconvénients de l'humidité relative élevée sont:
- le développement des maladies cryptogamiques,
- la pollinisation, plus difficile.
Celle-ci est généralement un peu plus élevée que la température de la couche d'air susjacente.
En région de basse altitude et humide, on observe:
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à 10 cm de profondeur |
à 50 cm de profondeur |
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Sol nu |
maximum 40°C |
27°C |
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Sol couvert |
maximum 25°C |
25°C |
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Sol en forêt |
maximum 23°C |
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La température du sol décroît avec l'augmentation de la nébulosité, avec l'efficacité de la plante de couverture et avec la profondeur.
La plante de couverture est l'agent modérateur le mieux adapté et le plus efficace.
On a observé par journées de forte radiation globale des températures supérieures à 50° C.
La température relativement élevée de l'air et du sol, jointe à l'ambiance humide, favorise le développement des végétaux supérieurs, mais provoque également la pullulation de micro-organismes. La température optimale favorable à l'activité bactérienne est celle d'environ 30° C. On ne saurait donc trop insister sur la nécessité de la couverture du sol (morte ou vivante) dont le rôle est:
1) la protection contre les brusques variations de température du sol et des radiations lumineuses bactéricides;
2) d'éviter le dessèchement du sol par excès d'évaporation directe;
3) d'enrayer l'action mécanique des pluies, le tassement du sol et de freiner le ruissellement (érosion);
4) de favoriser la formation de l'humus.