
| Gestion de terroir : le concept et son développement, PNUD /UNSO, 1994 |
| I. le concept et son environnement |
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Cette approche a été développée durant les 5 à 8 dernières années et représente le plus récent consensus concernant les politiques de développement rural au Sahel. Les principales composantes des projets de Gestion de Terroirs répondent explicitement aux insuffisances des stratégies de développement passées et s'appuient sur certains des résultats les plus prometteurs de cette dernière décennie. L'analyse des stratégies passées révèle (Painter, 1991)
" Un manque de clarté concernant les droits d'usage des terres et des autres ressources naturelles (eau, arbres, parcours). Durant les trois décennies suivant les indépendances, une confusion et une contradiction grandissantes se sont installées entre les régimes fonciers coutumiers et les systèmes modernes adoptés par les états. Ce manque de clarté s'est doublé d'une évidente incapacité des administrations à gérer les ressources, à en contrôler l'usage et à planifier efficacement l'utilisation des terres. Confronté à un vaste territoire avec de faibles densités de population et des moyens de communication défectueux, cette carence n'est certes pas surprenante quand elle se combine, qui plus est, au peu de personnel qualifié." La faible performance des grands projets sectoriels et des projets de développement rural intégré financés par de nombreux bailleurs de fonds dans les années 70 et 80. Ces projets plurisectoriels, habituellement conçus et organisés sans la participation des populations locales, comprenaient une liste d'actions à entreprendre et se souciaient peu de les relier au sein d'un ensemble cohérent plus vaste. Orientés vers l'augmentation des rendements des cultures, ils tenaient peu compte du souhait des populations de réduire leur vulnérabilité au risque en diversifiant les sources de revenus.
" Des administrations écartelées. Une pression importante a été exercée sur les gouvernements sahéliens à travers les programmes d'ajustement structurel pour qu'ils se désengagent de certains domaines d'activités, et adoptent progressivement des modèles administratifs décentralisés. La décentralisation implique à la fois la délégation de pouvoirs de l'administration centrale à l'administration locale ainsi que le transfert de certaines responsabilités détenues par l'Etat à des structures non gouvemementales: comités villageois, ONGs ou secteur privé. La pression des bailleurs de fonds s'est également accompagnée d'appels pour le multipartisme et la démocratie, et une bonne "gouvernance".
" Des tendances néfastes en matière de gestion des ressources naturelles. Une attention accrue a été portée sur l'influence possible de l'augmentation de la pression démographique, des besoins croissants en ressources, de l'anarchie des systèmes de gestion et des conflits grandissants entre différents groupes, sur la baisse de la pluviosité et la dégradation des ressources naturelles
Les programmes de Gestion de Terroirs visent à aborder les points ci-dessus en clarifiant les règles d'appartenance et d'appropriation des terres, en redéfinissant les responsabilités et les droits des communautés locales de gérer leurs propres ressources, et en dressant de façon participative des diagnostics portant sur les différents problèmes économiques, institutionnels, sociaux et liés à l'environnement. Ce diagnostic est ensuite suivi de l'établissement d'un plan, agréé conjointement par l'agence extérieure et la population locale, et définissant ce qui doit être fait, par qui, comment, et sur quelle échelle de temps.