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close this bookL'urbanisation en Afrique de l'ouest : mécanismes et logiques, Club du Sahel, 1993
close this folder1. Croissance urbaine, urbanisation et croissance économique
close this folder1.2 L'évolution historique de l'urbanisation
View the document1.2.1 Une longue phase d'urbanisation rapide
View the document1.2.2 Le ralentissement de la croissance
View the document1.2.3 Comparaisons internationales

1.2.1 Une longue phase d'urbanisation rapide

L'Afrique de l'Ouest a connu les villes de tous temps. Certaines d'entre elles ont très tôt compté des populations importantes et joué un rôle beaucoup plus large que régional. La colonisation européenne s'est accompagnée d'une intense création urbaine, tant pour les besoins de l'administration du territoire que pour l'exploitation des ressources locales. Des ports ont été créés, à raison d'un ou deux par territoire colonial, souvent associés au chef-lieu administratif. La construction des chemins de fer, très avancée au début du XXième siècle, a été l'occasion de créer des chapelets de centres urbains, notamment au Nigeria mais également dans presque tous les pays. Enfin, le quadrillage administratif a fourni une troisième base d'urbanisation; la plus importante en nombre de centres créés.

Vers 1930, on comptait dans la Région 10 villes de plus de 50.000 habitants ou proches de ce chiffre, dont Ibadan (387.000 hab.), Lagos (120.000), Ogbomosho, Iwo, Edde, Kano (60.000), Oshogbo (plus de 50.000), Ilorin (47.000), Dakar (près de 100.000), Kaolack, Accra, Koumassi, Freetown...

En revanche, des centres tels que Abidjan, Bamako, Porto-Novo, Douala, ne comptaient guère que 25.000 habitants environ, Ouagadougou, 16.000.

Mais c'est entre 1950 et 1975 que la Région a connu une première phase d'urbanisation intense, sous le double effet d'une forte émigration rurale et d'une croissance naturelle soutenue (2,7 % l'an). En 1960, le nombre des centres de plus de 5.000 hab. atteignait 600 et la population urbaine totalisait près de 13 millions d'habitants, soit un niveau d'urbanisation moyen de 13 %, variant de 10 % au Niger à 29 % au Sénégal, pays le plus urbanisé à cette date.

La dynamique s'est accéléré entre 1960 et 1970 et la croissance urbaine à dépassé 7 % l'an. En 1980, on dénombrait quelque 2300 centres de plus de 5000 habitants et une population urbaine totale de 50 millions, dont 30 au Nigeria, soient des niveaux d'urbanisation de 34 % et 42 % respectivement.

Parcours migratoire vers Abidjan

Lieu de naissance

Étape intermédiaire

Hommes

Femmes



Effect

Pourc.

Effect.

Pourc.

Né à Abidjan

Divers lieux

10 940

2,5

9 882

2,5

Villes intérieures

Sans étape

53 783

12,1

54 850

13,8

Villes intérieures

Villes intérieures

68 077

15,4

82 639

20,8

Villes intérieures

Milieu rural

4 704

1,1

5 270

1,3

Villages

Sans étape

50 322

11,4

42 269

10,6

Villages

Autres zones-rurales

36 752

8,3

50 458

12,7

Villages

Villes intérieures 22192

5,0

16 388

4,1


Étranger

Sans étape

54 339

12,3

34 617

8,7

Étranger

Étapes dans le pays d'origine

122 046

27,6

91 764

23,0

Étranger

Milieu rural ivoirien

2 242

0,5

1 070

0,3

Étranger

Villes intérieures ivoiriennes

16 678

3,8

8 941

2,2

TOTAL


442 075

100

398 148

100

Source: A partir de l'EPR 78-79.

A l'exception de la Mauritanie qui a crée sa capitale, les Etats nouvellement indépendants, ont utilisé les structures urbaines laissées par les colonisateurs. Pendant cette période faste de l'urbanisation, la création urbaine a surtout porté sur l'érection de nombreux centres administratifs, dans un mouvement de déconcentration progressive et de quelques cités portuaires, minières ou industrielles.