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close this bookFindings No. 73 - La pauvreté en Afrique subsaharienne : problèmes et recommandations, La Banque Mondiale
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Identification des lacunes

Le programme de prêt de la Banque mondiale

L'étude a analysé le programme de prêt des exercices 92 à 97 de la Banque pour voir s'il confirmait que la réduction de la pauvreté est l'objectif prioritaire de la Banque, comme l'affirme l'institution. Les projets ont été classés en trois catégories selon leurs objectifs : stimuler la croissance, offrir des services diversifiés et fournir des services étroitement ciblés à l'intention des pauvres. Cela a permis d'analyser dans quelle mesure les évaluations de la pauvreté et autres analyses économiques, les stratégies d'aide aux pays et les programmes d'activité constituent effectivement un bon point de départ à la conception des programmes de prêt de la Banque; de déterminer s'il fallait recentrer le programme de prêt de la Banque dans le domaine de la réduction de la pauvreté; et d'identifier les mesures les plus efficaces de lutte contre la pauvreté.

Critères de classement des projets de la Banque

Un projet favorisant la croissance est un projet orienté vers la mise en place de mesures et d'un environnement matériel de nature à stimuler la croissance de l'économie, un projet qui permet, à terme, de créer des emplois pour toutes les catégories de la collectivité, y compris les pauvres.

Un projet de services diversifiés en faveur des pauvres fournit des services ou d'autres prestations similaires à l'ensemble de la communauté, y compris pour les pauvres.

Un projet de services étroitement ciblés sur les pauvres est axé sur les pauvres et les personnes en situation précaire.

Sur le total des prêts accordés par la Banque aux pays africains au cours des exercices 92 à 97, près de 58 % visent (ou viseront) à créer des conditions favorables à la croissance au moyen de réformes et d'investissements à grande échelle. En moyenne, 24 % consistent (ou consisteront) à offrir des services diversifiés et 18 % des services étroitement ciblés. Cette répartition des programmes de prêt de la Banque montre que la croissance globale est une fin en soi. Il est assurément essentiel d'accélérer la croissance - à condition qu'elle soit génératrice d'emplois pour les pauvres - si l'on veut réduire la pauvreté en Afrique subsaharienne. Mais le souci exclusif de la croissance, en particulier si ses effets ne sont pas largement répartis, peut amener à négliger le développement des ressources humaines - l'un des facteurs qui entretiennent la croissance à long terme. Cependant, la véritable question n'est pas celle de la répartition des prêts entre ces trois catégories mais celle de savoir dans quelle mesure les pauvres bénéficient des prêts de chaque catégorie.

Il faudrait que des liens solides et logiques entre les évaluations de la pauvreté, la stratégie d'aide aux pays (SAP) et le programme de prêt soient au coeur du programme opérationnel de lutte contre la pauvreté de la Banque. L'étude a analysé l'influence des stratégies d'aide aux pays et des évaluations de la pauvreté sur les programmes de prêts pour chaque pays d'Afrique subsaharienne. Il en ressort que :

La réduction de la pauvreté est rarement le thème ou la motivation centrale des programmes d'activités ou des stratégies d'aide aux pays; cependant, on accorde une attention accrue à la pauvreté depuis quelques mois.

Même lorsque le cycle opérationnel commence, comme il convient, par une évaluation de la pauvreté, on a souvent perdu la pauvreté de vue au moment où le programme de prêt est mis en œuvre.

Les stratégies d'aide aux pays ne sont généralement pas assez spécifiques pour que le programme de prêt s'attaque réellement aux causes et conséquences de la pauvreté.

Le programme de prêt change souvent et, pour les trois quarts environ des projets, on ne peut obtenir ne fut-ce qu'une description sommaire moins d'un an avant l'évaluation.