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close this bookDéveloppement urbain participatif au Bénin. Une étude pour agir, GRET, 1997
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La recherche-action JVE: Une expériences en trois étapes

La phase d'identification

La phase d'identification de cette recherche-action s'est déroulée en deux temps. Deux missions au Bénin, effectuées en novembre 1993 et en mai 1994, ont permis de définir, en concertation avec les partenaires pressentis, ses orientations et ses objectifs. La mise au point du dispositif opérationnel et du cadre contractuel et financier a suivi.

D'abord, il s'est agi d'inventorier et synthétiser les lignes de force de la politique urbaine au Bénin et, parallèlement, de repérer les collaborateurs locaux qui participeraient à l'animation et au suivi du projet. Puis de valider nos orientations auprès de nos partenaires. Un ensemble de projets susceptibles d'entrer dans le cadre de la démarche ont ainsi été recensés, ce qui nous a permis de préciser:

- le champ d'intervention. Dans le triptyque Jeunes/Ville/Emploi, nous avons privilégié le thème du développement local urbain, sans l'opposer ni à la création d'emplois, ni à l'insertion sociale des jeunes. Les actions d'amélioration du cadre de vie, lorsqu'elles sont menées par des associations de jeunes, ont une forte capacité socialisatrice, y compris quand elles passent par des formes non classiques de travail;

- les principes d'intervention, c'est-à-dire les quatre hypothèses exploratoires qui seront développées dans le «Manuel de l'opérateur»(cf. deuxième partie).

Quant au dispositif de cette recherche, il devait répondre à la double modalité d'intervention: action de terrain et mise en perspective. Nous avons imaginé un dispositif à deux niveaux fonctionnant en interaction: un échantillon de projets pilotes et une base arrière ressources constituée par une cellule d'animation {cf. page suivante, le Schéma du dispositif institutionnel du projet de recherche action JVE).

L'échantillon de projets pilotes

La constitution de l'échantillon a pris plusieurs mois. Six projets pilotes ont été retenus parmi des projets de développement local urbain. Sur la base d'une grille d'identification, l'un des partenaires de la démarche Jeunes Ville Emploi, le Centre béninois pour la recherche scientifique et technique (CBRST), avait approfondi son information sur un premier groupe de onze projets potentiels. Ensuite, la sélection opérée par la Cellule d'animation s'est faite en fonction du contenu des projets, du type d'organisme opérateur - quand il en existait un -, et selon des crières précis en concordance avec nos quatre principes directeurs.

La Cellule d'animation

La tâche générale de la Cellule d'animation mise en place pour suivre la démarche était d'aider à la prise de conscience collective des résultats obtenus par l'ensemble des partenaires impliqués dans les actions de terrain. Il était donc important qu'elle puisse regrouper les différentes compétences nécessaires à la mise en œuvre d'un projet de développement local urbain. Sans doute aurions-nous pu concentrer ces aptitudes dans un seul organisme, quitte à recourir à la sous-traitance. Il nous a paru plus exigeant et plus intéressant de mener une expérience de collaboration interdisciplinaire «horizontale», en vraie grandeur.


Dispositif institutionnel

Aux quatre organismes composant la Cellule d'animation se sont joints deux représentants du ministère du Plan du Bénin en charge du programme «Dimension sociale du développement» Ce programme a été adapté en juin 1994, à l'issue d'une table ronde sectorielle réunissant les autorités, des partenaires au développement et des Ong. Son originalité réside dans la participation des bénéficiaires directs à l'élaboration et à la mise en œuvre des projets les concernant.

La phase de réalisation

Sur le plan institutionnel, il s'agissait de trouver un montage adapté à la spécificité d'un projet entrant dans le cadre d'une coopération d'Etat à Etat, mais mis en œuvre par des acteurs privés. D'où la mise en place d'un comité de pilotage coprésidé par la Mission de coopération et d'action culturelle (MCAC)) et le ministère du Plan.

Au niveau opérationnel, il a fallu préciser les tâches de la Cellule d'animation et répartir les rôles en son sein. Une responsabilité plus spécifique sur chacun des quatre principes que nous avions retenus a été respectivement attribuée à chacun des quatre membres de la Cellule d'animation.

L'une des questions clé concernait le type de relations entre le dispositif du programme et les responsables de chaque projet pilote. Chacun de ces projets est autonome et dispose de son propre financement. Leurs relations avec la Cellule d'animation sont volontaires. Il n'était donc pas question d'instituer un quelconque rapport de subordination. Les opérateurs de ces projets attendaient de leur implication dans la démarche JVE une plus-value dans leur action de terrain, soit par un apport méthodologique, soit par la mise en relation avec d'autres opérateurs. C'est dans cette optique qu'ils ont accepté la règle du jeu consistant à participer à des réunions de travail collectives et à accepter la visite épisodique de leur projet.

La connaissance de chaque projet s'est progressivement approfondie au cours de leur analyse selon les quatre points de vue qui ont servi à orienté la recherche (cf. Le manuel de l'opérateur, en deuxième partie). Le travail de terrain a servi de base à la réflexion collective et a permis de dégager une vision stratégique des projets pour mieux les orienter. C'est à ce moment que la réunion de plusieurs organismes au sein la Cellule d'animation a commencé à démontrer son efficience.

Des débats nombreux et passionnés ont été l'occasion d'échanger et d'harmoniser notre compréhension et d'aider les groupes de base à mieux analyser leur action. A partir du matériel ainsi accumulé, chacun des organismes de la Cellule d'animation a organisé une demi-journée de réflexion avec les opérateurs des projets: quatre réunions thématiques autour de chacun des axes de réflexion. Elles ont permis de recadrer les objectifs du programme à partir de la réalité concrète de chacun des cas retenus et de commencer à construire les premiers éléments d'une culture professionnelle commune. Chacune de ces réunions a contribué à ouvrir l'horizon des acteurs de terrain pour les engager à utiliser tel ou tel des outils que nous pouvions proposer. Les échanges ont abouti à la création d'un nouveau réseau nécessaire aux opérateurs du développement local, dont l'isolement est souvent criant.

Visites de projets, outils et slogans

Une visite collective a été organisée sur le site de chacun des projets de l'échantillon (à l'exception du site de Parakou, plus éloigné). Ces réunions de travail sur le terrain ont permis des discussions avec d'autres acteurs (associations, autorités) et donné une appréciation plus concrète des difficultés rencontrées.

Au cours de la démarche, les hypothèses de départ ont été interprétées comme des questions plutôt que comme des affirmations. Pour les reformuler et les enrichir, les membres de la Cellule d'animation ont éprouvé le besoin de faire le détour par ce que nous appelions des slogans, sortes d'énoncés illustratifs de ces concepts; ainsi, dire «qu'un individu ne se découpe pas en tranches» est une manière très parlante de mettre en image la globalité; et l'idée selon laquelle «le quartier n'est pas une île»rend bien compte de ce que nous appelons la relation d'échelles.

La diffusion des résultats

Cette méthode de travail a fait partie intégrante de notre recherche-action. Pour appuyer les processus de développement, il est indispensable de faire circuler les informations, de créer des occasions de débat et d'échanges. Cet objectif était contenu dans les attendus de notre démarche. Une grande part des activités et des énergies y ont été consacrées, parfois au détriment apparent de l'appui aux projets. Mais ces temps forts, en fait, font progresser la réflexion. Partager le savoir constitue un facteur majeur d'évolution.

Le séminaire interafricain de Ouagadougou

La démarche JVE-Bénin faisait partie d'un ensemble plus vaste, mais son calendrier s'est trouvé en décalage. Au moment où le programme inter-africain organisait son séminaire de clôturé à Ouagadougou, en février 1996, la démarche béninoise entrait à peine dans sa phase de croisière. Néanmoins, les membres de la Cellule d'animation ont pris une part active à cette rencontre. Notre communication, centrée sur la question des acteurs intermédiaires, fut plus intentionnelle qu'analytique, nos résultats n'étant pas encore suffisamment étayés.

De l'atelier de mi-parcours au séminaire de clôture

Notre atelier de mi-parcours s'est tenu les 4 et 5 juillet 1995 à Cotonou, avec pour objectifs de partager l'expérience acquise dans le cadre du programme JVE au Bénin et de réfléchir à la mise en place d'un dispositif d'échanges plus permanent. Une centaine de participants représentant les acteurs concernés par le développement local urbain au Bénin devaient s'y impliquer. Pour la Cellule d'animation, ils étaient comme un «deuxième cercle» appuyé sur quatre groupes d'acteurs: des représentants des habitants, ceux des collectivités locales, ceux de l'Etat et ceux des acteurs intermédiaires (Ong et animateurs).

A ces participants s'étaient joints quelques personnes de comités JVE d'autres pays d'Afrique et du bureau JVE-Paris, ainsi que des représentants de bailleurs de fonds intéressés par l'appui au développement local.

Une très large place a été faite aux échanges d'expériences: pas d'exposés «théoriques» à ce stade. Les travaux des trois ateliers organisés autour de l'expérience concrète des projets pilotes ont dominé ce rendez-vous. La séance plénière terminale a permis de dégager les questions clés et d'envisager un prolongement de la démarche sous la forme d'un réseau JVE au Bénin (cf. annexe 1, Proposition d'un réseau JVE/Bénin). Le compte rendu et la synthèse de ces travaux ont été réalisés par le Ceda¹.

¹JVE Bénin, «Vers un développement urbain participatif». Cotonou, Ceda/Gret, juillet 1995.

Quant au Séminaire de clôture, lors duquel cet ouvrage doit être rendu public, nous l'avons préparé dans l'espoir qu'il donne toute leur place aux véritables acteurs de terrain qui ont fait la force de cette démarche, c'est-à-dire aux divers associations et groupes de quartiers, et qu'à cette occasion puisse s'exprimer dans toute sa vitalité la nouvelle culture des jeunes urbains.

Déroulement des activités de la Cellule d'animation

Janvier

février

mars

avril

mai

juin

juillet

août

septembre

octobre

novembre

décembre

1993












1994







Travail d'appui aux projets pilotes

Recherche de financement

Réflexion sur le choix des méthodes d'intermédiation



1995


Choix définitif de l'échantillon



Etude des projets selon les hypothèses

Réunions de synthèse


Réunions thématiques

1996

Préparation du séminaire de Ouagadougou

Suivi des projets


Préparation du séminaire mi-parcours

Séminaire de mi-parcours

Visites des projets

Capitalisation

1997

Suite








Préparation du séminaire de clôture

Séminaire de clôture



La recherche-action Jeunes Ville Emploi Bénin