Cover Image
close this bookDéveloppement urbain participatif au Bénin. Une étude pour agir, GRET, 1997
View the document(introduction)
View the documentPréface
View the documentRemerciements
View the documentAvant-propos
Open this folder and view contentsIntroduction
Open this folder and view contentsPremière partie: Présentation des six pro jets pilotes
Open this folder and view contentsDeuxième partie: Le manuel de l'opérateur
Open this folder and view contentsTroisième partie: Bilan de la recherche-action
Open this folder and view contentsQuatrième partie: Les feuillets pédagogiques
Open this folder and view contentsAnnexes

Avant-propos

En octobre 1992 s'est tenu à Paris le colloque international sur les jeunes, la ville et l'emploi. Il s'est largement fait l'écho de la situation des grandes villes de l'Afrique sub-saharienne, qui s'urbanise à un rythme accéléré, rythme que les industries et les finances publiques sont très loin de pouvoir soutenir. Dans ces villes, les moins de 20 ans sont les plus nombreux. La dégradation des conditions de vie et surtout le chômage les touchent de plein fouet. Tandis que rien ne vient répondre à leurs attentes, il paraît d'autant plus urgent d'impliquer ces jeunes dans des actions de coopération que leur dynamisme pourrait constituer une bombe à retardement.

Le programme Jeunes Ville Emploi interafricain

Le programme JVE (Jeunes Ville Emploi) a été lancé sur la base de ce colloque. Issu d'une volonté commune de la France et de plusieurs pays de l'Afrique sub-saharienne, il entend développer une nouvelle approche de la coopération dans le domaine de l'intégration de la jeunesse urbaine.

Notre programme de recherche-action

Au Bénin, par exemple, cadre de la recherche que nous présentons, le problème n'était pas tant l'absence d'initiatives que le manque de maturité des savoir-faire et de capitalisation des expériences. Partant de ce constat, la MCAC (Mission de coopération et d'action culturelle) de Cotonou a mandaté le Groupe de recherche et d'échanges technologiques (Gret) pour mettre au point un programme de recherche-action visant, à partir des expériences d'opérateurs locaux, à explorer de nouveaux modes d'intervention et un nouveau partenariat entre pouvoirs publics et société civile. Cette recherche-action devait aboutir à identifier une «boîte à outils JVE», et favoriser l'émergence d'acteurs compétents qui puissent en tirer parti. Cette «boîte» avec son mode de fabrication et ses modes d'emploi, est l'objet de cet ouvrage.

Présentation de l'ouvrage

L'introduction

En préalable au corps même de l'ouvrage, il était important d'expliciter au mieux le terrain et la nature de nos investigations. Ainsi, cette partie introductive se compose de quatre éléments.

1. Le contexte de la démarche est présenté d'un double point de vue: celui de la réalité urbaine globale à laquelle nous sommes confrontés dans les quartiers où nous intervenons, et celui de la méthode de recherche-action impliquée par notre visée opérationnelle. Car il est indispensable que les opérateurs sachent pour un temps quitter l'arène de l'action pour mieux y revenir.

2. Une explication plus précise sur ce qu'est la recherche-action, comment elle a été comprise ou pratiquée par d'autres avant nous, en quoi ce changement de perspective modifie complètement le regard que l'on porte sur une action et a fortiori les résultats que l'on peut en attendre.

3. Munis de cette clé de lecture, nous pouvons entrer dans la description concrète de la démarche «JVE» telle qu'elle fut menée au Bénin - faite d'allers et retours entre la bibliothèque, le bureau et la salle de réunions, sans oublier bien sûr les rues du quartier -, et montrer comment les modalités de travail adoptées sont indispensables au développement de la compréhension, et donc à l'action.

4. Nous ne pouvions clore cette introduction sans présenter les organisations intermédiaires, à qui est plus particulièrement destiné cet ouvrage. Leur rôle est essentiel, bien que souvent occulté: qui sont-elles, quel est leur rôle, comment les appuyer, de quelles formations doivent-elles bénéficier? Telles sont les questions auxquelles nous tentons de répondre dans cette quatrième section.

Première partie: la présentation des six projets pilotes

Beaucoup d'actions sont initiées dans les villes au Bénin. Parmi ce foisonnement d'initiatives, pour lier la recherche à des expériences concrètes, nous avons retenu six projets situés sur un territoire local bien identifié. Ces projets se déroulent dans des quartiers de Cotonou et de Parakou; ils tentent, chacun à leur manière, de faire face aux multiples problèmes auxquels les citadins sont confrontés (absence ou déficience d'équipements de base, insécurité foncière, inondations, mais aussi précarité des revenus et chômage).

Chacun de ces projets a une identité propre et un financement autonome. Il n'en reste pas moins que la rencontre entre leurs protagonistes et la Cellule d'animation JVE a modifié ou complété leur dispositif. Dans la plupart des cas, cela a permis de les doter de moyens supplémentaires en animation. Par ailleurs, les membres de la Cellule d'animation ont apporté un appui aux opérateurs de ces projets et suscité des échanges avec eux, de telle sorte que ces interventions n'ont pas constitué de simples terrains d'observation mais ont également été les laboratoires où a progressivement mûri une réflexion commune.

Tout au long de l'ouvrage, nous faisons constamment référence à ces six projets, dont l'analyse risquerait d'apparaître trop théorique et désincarnée si elle n'était pas comprise comme leur prolongement. Pour faciliter la lecture sans toutefois gommer la diversité de leurs approches, nous les avons présentés selon un plan commun.

1. L'histoire du projet: c'est-à-dire la succession d'étapes qui ont conduit à sa réalisation. La plupart des projets résultent en effet d'un lent processus préalable.

2. Les objectifs visés renvoient à l'appréhension du contexte et aux problèmes spécifiques sur lesquels les protagonistes du projet ont voulu mettre l'accent et se donnent la mission d'intervenir.

3. Les activités menées: à travers la présentation des réalisations concrètes, le lecteur comprendra mieux la méthodologie et l'approche de l'opérateur.

4. Les partenaires locaux (ou acteurs du projet) dans la mesure où les projets ont tous l'ambition d'être participatifs, il est important de présenter le:; partenaires qui ont porté le projet et que, pour cette raison, nous préférons appeler des acteurs plutôt que des bénéficiaires.

5. Les perspectives d'évolution, c'est-à-dire comment l'intervention s'ouvre sur l'avenir, en montrant ce qu'il reste à faire mais aussi l'enjeu de ces étapes ultérieures à l'issu du chemin déjà parcouru.

Deuxième partie: le manuel de l'opérateur

Cette partie est la plus importante: il s'agit d'apporter à ceux que nous appelons les «intermédiaires», des savoir-faire et des méthodes qui leur font défaut en matière de développement local urbain.

Le but de ce manuel n'est pas de fournir un catalogue de solutions exhaustif, mais de structurer les démarches d'appui au développement local et d'éclairer les opérateurs de terrain dans le choix des outils qui sont à leur disposition. Certains de ces outils existaient déjà, mais la plupart d'entre eux avaient été pensés pour le milieu rural et devaient être adaptés au milieu urbain.

La description de ces outils repose sur les quatre principes, ou axes de travail, qui ont orienté notre démarche:

" L'appropriation: c'est-à-dire la pleine participation des populations concernées. Ce n'est en effet qu'en s'appuyant sur les dynamiques locales existantes qu'une action de quartier pourra aboutir à un réel développement local.

" La globalité, qui signifie qu'on ne peut exclure a priori certains domaines d'intervention. Il faut au contraire tendre vers l'intégration de l'ensemble des dimensions économiques, sociales et culturelles qui traversent les communautés concernées.

" La relation d'échelles: si chaque site est spécifique, il n'est cependant pas possible d'appréhender un quartier hors de tout contexte. Il faut au contraire veiller à articuler les actions à celles menées en amont et en aval. Cela est d'autant plus important en ville que les densités fortes induisent une imbrication des problèmes, notamment au plan des infrastructures.

" La concertation/négociation avec les institutions locales car, dès lors que les habitants organisés prennent en charge une partie des fonctions dévolues jusqu'alors aux pouvoir publics, des cadres de discussion et de concertation doivent être mis en place pour accompagner ce partage des rôles.

En proposant ce système d'analyse et de compréhension, il s'agit de limiter le risque d'une utilisation restrictive des outils selon des recettes stéréotypées, d'inciter le lecteur à une réoppropriation inventive qui le conduira, nous l'espérons, à devenir le collaborateur d'un futur manuel ouvert à d'autres expériences.

Troisième partie: le bilan de la recherche-action

Il ne s'agit pas dans cette partie de conclure, mais d'examiner la validité de la démarche. Nous avons pour cela mené une analyse rétroactive de chacun des six projets de l'échantillon, à la lumière des quatre orientations définies en deuxième partie.

La vision renouvelée qui en est issue apporte des éléments précis sur chacun des projets: leurs forces mais aussi les manques qui mériteraient d'être comblés. Cette grille de lecture démontre sa capacité à servir de révélateur pour aborder les projets de quartier. En ce sens, elle peut aider les opérateurs, bien souvent démunis face au défi lancé, à se doter d'une vision stratégique de leurs actions. Pour guider avec pertinence les acteurs locaux, nous avons la conviction que cette étape est pour eux un passage obligé.

A l'issu de notre parcours, nous avons également procédé à une autoévaluation dont nous donnons, à la fin de cette partie, quelques éléments.

Il est évident que cette démarche n'est pas exempte de défauts. Mais ce cheminement inédit pour chacun des participants a été marquant au point que les actions qu'ils entreprendront dans le domaine du développement local urbain en seront, nous le croyons, profondément modifiées.

Quatrième partie: les feuillets pédagogiques

La difficulté de l'appui aux projets et la situation toujours inédite dans laquelle se trouve tout intermédiaire est porteuse d'une certaine angoisse. La possibilité d'avoir à sa disposition des méthodes et des outils est donc une demande forte à laquelle nous avons voulu répondre.

Les feuillets pédagogiques rassemblent un certain nombre de méthodes ou d'itinéraires progressivement mis au point par des opérateurs de projets. Certains de ces outils ont d'ailleurs déjà acquis une certaine notoriété. Cela ne doit cependant jamais faire oublier que ces méthodes, quels qu'en soient la richesse et l'intérêt, ne peuvent exonérer l'opérateur de projet d'une réflexion et d'une initiative personnelle pour les choisir à bon escient dans un processus créatif où l'adaptation à la situation prîme sur l'observance d'un cheminement prédéterminé.