
| Findings No. 58 - L'Afrique Subsaharienne : Evaluation des capacités technologiques de la productivité des entreprises, La Banque Mondiale |
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(traduit de l'anglais)
Findings Présente les résultats opérationnels des analyses économiques et sectorielles réalisées par la Banque mondiale et les gouvernements membres dans la Région Afrique. Findings est une publication périodique du Centre pour la gestion de l'information, de la technologie et la connaissance ( Knowledge, Information and Technology Center - KNIT ).
Contrairement aux attentes, l'offre du secteur industriel en Afrique Sub-Saharienne (SSA) a réagi très lentement vis-à-vis des programmes d'ajustement structurel. Cette réalité ; est une cause de préoccupations aussi bien pour les gouvernements Africains que pour la communauté du développement en général (communauté des bailleurs de fonds), en même temps qu'elle incite à examiner les facteurs qui sont à la base des taux de croissance inadéquats. En plus des questions telle que les incertitudes politiques et les contraintes financières, une source importante de préoccupations dans ce contexte est le problème de capacité technologique. Pour que les entreprises réagissent efficacement aux changements des incitations et se développent dans le temps, les entrepreneurs et les travailleurs doivent avoir les capacités technologiques requises - les aptitudes et les informations nécessaires pour installer et faire fonctionner la machinerie moderne, ainsi que les aptitudes d'apprentissage à développer ces qualités en cas de besoin.
Les capacités technologiques sont au centre de nouvelles théories de la croissance économique qui mettent l'accent sur la technologie et le capital humain, des éléments considérés comme moteur de la croissance. L'évolution récente de ces théories indique que la croissance économique à long terme, comme cela a été le cas très récemment en Asie de l'Est, reflète des augmentations soutenues de la progression de la productivité des firmes grâce à l'accumulation continue des capacités technologiques. De ce point de vue, un environnement libéral et des politiques appropriées pour accroître les capacités technologiques, constituent les deux piliers nécessaires pour réaliser des augmentations de la productivité et de la croissance économique. L'un sans l'autre serait probablement moins efficace.
L'étude intitulée, "Technological Capabilities and Learning in African Enterprises", présente l'une des premières tentatives systématiques pour évaluer les capacités technologiques et la productivité des entreprises en Afrique Sub-Saharienne. En dépit de leur grande importance, on ne connaît pas grand chose sur ces questions dans le secteur manufacturier en Afrique Sub-Saharienne. L'étude utilise des données préliminaires provenant de deux enquêtes sur des industries manufacturières dans chacun des trois pays considérés comme représentatifs : le Ghana, le Kenya et le Zimbabwe, pays qui sont tous actuellement en cours de grandes réformes structurelles. Pris dans l'ensemble, ces pays font apparaître la diversité des revenus par tête, et des modèles de développement industriel en Afrique. Cette étude fait une bonne analyse des capacités technologiques et de la productivité manufacturière dans ces pays, en mettant l'accent sur un certain nombre de questions relatives aux modèles et les facteurs déterminants de la productivité dans l'industrie manufacturière, les niveaux de dotations des capacités technologiques, la nature particulière des efforts technologiques en cours de réalisation dans les industries, et les contraintes auxquelles elles font face pour améliorer ces efforts.
L'objectif de cette recherche est d'améliorer la connaissance des problèmes technologiques que connaissent les entreprises Africaines, grandes et petites, et d'aider la Banque mondiale et d'autres agences de développement à élaborer des programmes d'assistance plus efficaces pour accélérer la réponse de l'offre aux réformes de politique.
Les capacités technologiques couvrent un large éventail d'efforts techniques réalisés par les firmes. Pour une meilleure analyse et une bonne utilisation des capacités technologiques, celles-ci sont classées en trois groupes fonctionnels : les capacités en investissement, les capacités de production et les mécanismes d'apprentissage. Le premier groupe se rapporte aux aptitudes et aux informations nécessaires pour identifier des projets faisables, localiser et acquérir des technologies appropriées, esquisser et faire fonctionner l'usine, gérer la construction, la commission et le démarrage. Les capacités de production sont définies comme des aptitudes et des connaissances nécessaires à une opération conséquente et pour l'amélioration de l'usine. Enfin, les mécanismes de formation disponibles pour les firmes déterminent jusqu'à quel niveau elles peuvent accroître leurs ressources de production et leurs capacités d'investissement avec du temps. Ensemble, les trois types de capacités déterminent comment les firmes organisent et gèrent efficacement leurs activités, par exemple la productivité totale de leurs facteurs.
L'analyse de la productivité dans l'industrie manufacturière au Ghana, au Kenya et au Zimbabwe conduit à un certain nombre de découvertes importantes. Elle montre d'abord qu'il existe dans le secteur manufacturier Africain des relations structurelles semblables à celles qu'on observe dans d'autres pays en développement. En deuxième lieu, il y a une hétérogénéité dans l'efficacité technique des firmes à travers ces trois pays d'Afrique Sub-Saharienne avec des firmes les plus efficaces sur le plan technique se situant à la moyenne au Zimbabwe, et celles de moindre efficacité au Ghana. En troisième lieu, les exemples de divergence de productivité entre les firmes de toutes les tailles indiquent que ni les petites firmes, ni les très grandes ne sont les plus efficaces. Les firmes moyennes ont tendance à être les plus efficaces de l'échantillon. Enfin, les comparaisons montrent que la moyenne de la productivité totale des facteurs des firmes Africaines se situent à des niveaux très bas par rapport à la moyenne internationale.
L'analyse des causes d'inefficacité des firmes ayant fait l'objet de l'enquête a produit d'importantes découvertes. En particulier, ces analyses montrent que tous les mécanismes de formation que les firmes peuvent utiliser pour changer leurs dotations en capacité de production et d'investissement, ont un grand impact dans la relance de la productivité. La formation par action, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la firme, a le plus grand impact sur la productivité. Notamment, une augmentation de 1% du nombre de travailleurs formés augmente potentiellement la valeur ajoutée des firmes enquêtées à un taux aussi important que 60%. De même, des réseaux d'information créés par des entreprises appartenant à des étrangers augmentent la valeur ajoutée de 30%, un impact comparable aux gains de productivité rendus possibles par le transfert de technologie grâce aux contrats d'assistance technique ou aux accords de licence. Ce qui est intéressant est que les résultats de l'analyse montre que l'accès au financement du fonds de roulement est un autre facteur important pour l'efficacité d'une entreprise. Dans l'ensemble, pour l'échantillon des entreprises considérées, l'accès à un tel financement a augmenté la productivité de 37%. En même temps, le fait d'avoir accès à des prêts bancaires à long terme a un effet négligeable sur la productivité des firmes. Cette analyse a des implications sur les politiques de crédit visées qui, le plus souvent, mettent un accent particulier sur les prêts bancaires pour financer l'acquisition des capitaux.
Une image similaire ressort quand on considère seulement de très petites entreprises et des micro-entreprises. Encore, la formation des employés est l'élément le plus important à contribuer à la valeur ajoutée par des entreprises pendant que l'accès au financement du fonds de roulement fait accroître la productivité aux environs de 40%. En plus, les compétences de l'entrepreneur et l'âge de la firme contribuent au capital humain dans une entreprise, et sont aussi associées de façon positive à une grande productivité. Les résultats montrent aussi que même au sein de très petites entreprises, celles qui sont dans le secteur structuré (au sens d'être inscrit au registre de commerce) connaissent des niveaux remarquablement élevés d'efficacité que les petites entreprises qui parti du secteur non structuré.
Etant donné l'importance des capacités technologiques, et particulièrement celles des mécanismes de formation, dans la détermination de la productivité de l'industrie manufacturière, les études de cas sont utilisées pour fournir des détails supplémentaires sur la nature des efforts technologiques entrepris par les entreprises dans les trois pays. Un avantage important des études de cas est qu'elles montrent des détails qualitatifs très importants (par exemple, les usines présentent - elles ou non un bon schéma) sur les capacités de production et d'investissement qui par ailleurs ne peuvent pas être entièrement saisies une enquête à grande échelle utilisée pour l'échantillon complet des entreprises. Cette image instantanée et détaillée de dotation des capacités de l'entreprise révèle des niveaux des capacités d'investissement et de production qui sont considérablement très bas en moyenne par rapport aux normes internationales.
Les études de cas par pays présentent aussi un aperçu détaillé des mécanismes de formation disponibles aux entreprises dans les trois pays. Les mécanismes de formation constituent la catégorie la plus importante des capacités technologiques parce qu'elles permettent aux entreprises d'accroître leurs dotations des deux autres types de capacité. On distingue deux types de mécanismes de formation : les mécanismes privés et les mécanismes collectifs. Les mécanismes de formation privés peuvent être internes à l'entreprise, comme dans les cas de formation interne et la recherche-développement, ou externes, impliquant les relations avec les acheteurs et les fournisseurs, les interactions avec d'autres entreprises à travers des contrats de sous-traitance, les réseaux industriels, et l'engagement des consultants locaux ou étrangers. Les mécanismes collectifs, par contre, consistent des services d'appui technique fournis par des ONG, des associations d'affaires, le gouvernement ou des bailleurs de fonds.
La plupart des entreprises fonctionnent dans un environnement d'information pauvre:
" il y a très peu de relations verticales et horizontales entre les entreprises, parce que les grandes entreprises ont tendance à développer des relations intégrées verticalement, et en plus, le système de contrat de sous-traitance étant très peu développé;" les investissements directs étrangers sont limités, réduisant l'habilité "d'apprendre par l'expérience" et la capacité de comparer les opérations de l'entreprise contre les entreprises compétitives dans la même affaire au niveau international;
" les opportunités de formation et les services de consultation spécialisés sont faibles ou inexistants localement, et très coûteux lorsqu'ils existent;
" et, les services d'information sur les questions techniques et des affaires sont insuffisantes.
En plus, à l'exception des compagnies multinationales et d'un petit nombre de grands exportateurs, la plupart des entreprises sont aussi techniquement isolées du reste du monde. Par conséquent, la connexion avec les sources privées internationales de formation, tels les acheteurs et fournisseurs étrangers sont faibles sinon inexistants.
Dans tous les trois pays, les services d'appui collectifs pour aider et faciliter la formation technique de l'entreprise sont pauvrement dispensés, lorsqu'ils en existent. Les associations d'affaires sont également faibles et fournissent très peu de services, ou pas du tout. Les ONG et les agences internationales de développement fournissent quelques services utiles, mais la couverture est limitée et les services d'appui visent seulement peu de domaines, comme celui des finances.
Avec des sources de formation externes disponibles aussi pauvres, les entreprises Africaines sont obligées de recourir presque exclusivement aux efforts de formation internes pour créer leurs propres capacités techniques. Par lui-même, ce fait n'est pas particulièrement problématique. Les efforts internes ont été identifiés comme la source de capacités techniques la plus importante parmi les petits exportateurs en Asie et en Amérique Latine. Le problème en Afrique est que les efforts techniques internes des entreprises, à l'exception de peu de grandes multinationales, semble être moins que ce qui est nécessaire, limitées et sporadiques plutôt que continues. Par exemple, les efforts internes dans le domaine de la recherche-développement sont tous deux insuffisants en quantité et en qualité en termes internationaux. Similairement, la formation interne des employés est très fréquente dans les entreprises, avec des types d'incidence remarquablement identiques de ceux rencontrés dans d'autres pays, mais avec des niveaux qui sont très bas par rapport aux moyennes internationales. Par conséquent, sans la disponibilité de canaux de formation externes adéquats pour accroître le flux de nouvelles connaissances, les activités de formation internes ne peuvent pas aller très loin en ce qui concerne l'amélioration des aptitudes au delà des niveaux internationaux comparables.
L'étude identifie les politiques à quatre niveaux qui peuvent relancer la productivité dans l'industrie manufacturière :
" les politiques qui affectent indirectement l'efficacité en modifiant le fonctionnement de l'économie national ;
" les politiques qui affectent directement l'efficacité d'une industrie entière ;
" les politiques qui influencent l'efficacité et la capacité technique d'une entreprise particulière ; et;
" les politiques dont le principal impact est au niveau d'efficacité de la tâche des travailleurs individuels.
Les politiques nationales sous la forme de politiques macro-économiques, le développement du système financier, de l'infrastructure et la performance de l'éducation nationale ont des effets importants sur l'efficacité de toutes les entreprises. Il est dès lors important de mettre l'accent sur la nécessité d'un ajustement structurel continu des économies Africaines en termes de réformes macro-économiques et de suppression de grandes distorsions, les structures de prix et des incitations.
Les principaux objectifs des politiques intégrales dans le secteur de l'industrie en Afrique Sub-Saharienne devraient être conçues pour réduire la divergence en efficacité entre les firmes observée dans des industries données, et pour élever la productivité moyenne de meilleures entreprises locales à un niveau très proche à celui de la pratique optimale internationale. Jusqu'à un certain point, la pression d'une lourde concurrence accélère la pression compétitive induite par des réformes politiques suscite les entreprises de pousser vers la pratique optimale. Il y a cependant quelques problèmes qui doivent être réduits avec l'application sur-le-champ, au niveau de l'industrie, des politiques abordées dans l'étude. Par exemple, le sous-investissement dans la formation dans entreprise, devrait être abrogée par des efforts de coopération sur une base élargie, à cause des problèmes telle la mobilité des travailleurs.
Les politiques au niveau des entreprises sont peut-être l'élément le plus important de n'importe quelle politique technologique, étant donné que les entreprises sont les acteurs les plus importants dans l'accumulation des capacités technologiques à travers la création et la mise en place et le fonctionnement des systèmes spécifiques de production. L'objectif central d'une politique technologique au niveau de l'entreprise devrait consister à encourager et soutenir le processus de formation dans les entreprises existantes et à relancer les incitations pour des innovations et des imitations.
La source principale de la formation technique en entreprise dans tous les pays se trouve à travers les réseaux privés - soit intérieurement à partir des efforts techniques au sein des entreprises elles-mêmes, soit extérieurement à partir des interactions d'affaires avec d'autres entreprises de la même branche industrielle, à partir de l'engagement de consultants et d'autres experts techniques, et ainsi de suite. Accentuer les niveaux de ces mécanismes privés de formation est un objectif de politique important. Les mesures de politiques couvrent ici un large éventail de problèmes, mais devraient comprendre :
" La réduction des problèmes et des coûts supportés par les entreprises dans l'engagement du personnel expatrié expérimenté ;
" Rendre l'environnement meilleur pour l'investissement direct étranger dans les industries-clé à forte intensité de travail et promouvoir des relations verticales et horizontales avec des compagnies locales ; et
" Trouver des voies pour réduire les coûts de transactions des contrats de sous-traitance.Une dépendance exclusive sur les mécanismes de formation privés pourrait réduire la participation des petites entreprises, qui dans beaucoup de pays appartiennent à des Africains Noirs, dans les domaines de processus d'amélioration technique. Ainsi, les décideurs politiques devraient aussi porter l'attention sur les mécanismes collectifs de formation. Il s'agit ici comme élements-clé des programmes fournis par les ONG, les associations d'affaires, les donateurs et les gouvernements, tels que :
"Des dispositions pour une formation spécifique à l'industrie;
" La facilitation de l'utilisation des consultants techniques, peut-être sur une base de partage de coûts.
" Rendre disponible les informations techniques ; et
" Promouvoir le partage d'informations parmi les entreprises.
Les services les plus hautement désirés, selon les enquêtes sur les entreprises, étaient les cours techniques spécialisés et l'assistance technique pour l'amélioration de la productivité.
L'efficacité à la tâche des travailleurs Africains est généralement faible par rapport aux standards internationaux. L'objectif des politiques au niveau de la tâche pour améliorer ces insuffisances devrait consister à relever la qualité des dirigeants d'entreprises et de fournir aux travailleurs une formation plus systématique. L'apprentissage par l'action devrait aussi jouer un rôle important dans l'augmentation de l'efficacité à la tâche pendant que les réformes de politique permettent de promouvoir une production d'exportation croissante.
Biggs, Kedia, Srivastava. 1995. Technological Capabilities and
Learning in African Enterprises . Rapport technique no. 288. Pour toute
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Mbuyi, AFTP1, Banque mondiale, Washington, D.C. 20433. Tel: 202-473-9574