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close this bookLa dynamique des échanges agricoles dans l'espace Tchad, Nord Cameroun, Nord Nigéria, Club du Sahel, 1989
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View the documentI - Les supports des échanges agricoles
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View the documentIII - Les échanges commerciaux
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III - Les échanges commerciaux

Les produits échangés entre ces trois pays sont nombreux. Les denrées dont le commerce revêt une importance significative sont: les produits de l'élevage, le poisson et le natron exportés par le Tchad; les produits industriels, l'équipement et le carburant venant du Nigeria; le riz et la farine de blé importés, acheminés par Douala ainsi que des produits vivriers locaux.

Les déterminants des échanges se comprennent à plusieurs niveaux. Les complémentarités écologiques jouent ici un rôle important. Mais les modes de développement différenciés des Etats ont aussi contribué à la croissance des relations commerciales et ont fait naître une véritable division du travail dans cette zone. Sur la base de ces complémentarités établies sur une longue période, la dispersion des interventions de politique agricole, commerciale et monétaire des trois Etats constitue à son tour un facteur qui stimule ou modifie les courants d'échanger.

3.1 - Les déterminants des échanges

Le principal déterminant des échanges à l'intérieur de la sous-région est, depuis une trentaine d'années, la différenciation croissante des modes de développement entre le Nigeria et ses voisins.

L'évolution économique du Nigeria, axée sur l'exploitation du pétrole et une industrie de substitution aux importations, a permis la création de marchés de consommation à haut niveau de pouvoir d'achat et de circuits d'approvisionnement dynamiques. Dans la division du travail qui s'est instaurée, le Tchad s'est vu confirmé dans un rôle de fournisseur de produits agricoles, tout en recevant des biens manufacturés de consommation et des biens de production nécessaires à la reconstruction de son économie. Les difficultés de contact, pendant la période coloniale, entre le nord et le sud du Cameroun (plus industrialisé) face au développement avancé du Nord-Nigeria sont à l'origine de l'intégration du Cameroun septentrional à l'espace marchand considéré ici.

L'évolution des échanges est étroitement liée au rapport existant entre la monnaie nigériane et le franc CFA. Ce rapport a connu de fortes fluctuations, représentatives des étapes de l'évolution économique du Nigeria.

Avant l'indépendance des Etats africains, il était largement favorable à la livre sterling (en usage au Nigeria), ce qui se traduisait par une très forte dépendance des marchés camerounais et tchadiens vis-à-vis du Nigeria. Cette situation s'est prolongée jusqu'à la guerre du Biafra (1967-1970) qui obligea le Nigeria à battre sa propre monnaie, le Naira, régie par la règle de la non convertibilité. A ce moment, le rapport Naira/ franc CFA s'inverse au profit de ce dernier. Le blocage économique etraîné par la crise permet alors aux pays francophones limitrophes de devenir les meilleurs pourvoyeurs du Nigeria en en marchandises de toutes sortes. C'est le début du commerce de réexportation, caractérisé par l'exportation frauduleuse vers le Nigeria des produits de luxe importés du marché international.

Le boom pétrolier des années 1973-1982 permet cependant au Naira d'être relativement bien prisé sur le marché parallèle des changes. La parité Naira-CFA durant cette période oscille entre 250 et 350 F CFA pour 1 Naira. Ce taux, élevé et stable, donne une nette impulsion aux échanges, toujours dominés par les produits de luxe, mais auxquels s'ajoutent les produits agricoles locaux. C'est durant cette époque que le Nigeria consomme les 3/4 de la production de riz de la SEMRY et achète la presque totalité du bétail vendu par le Tchad.

Mais l'année 1982 marque le début de la crise monétaire de la Fédération avec la chute des réserves en devises tirées du pétrole. Le taux de change sur le marché parallèle subit une forte dépréciation, et la parité Naira/ F CFA passe de 295 F en 1982 à 180 F en 1984. Le système de réexportation fondé sur les produits de luxe entre en crise et laisse la place à celui basé sur les céréales étrangères, notamment le riz.

La fermeture des frontières terrestres en 1984, suite au changement de signes monétaires décidé unilatéralement par les autorités de Lagos, précipite la chute du rapport Naira/ Franc CFA, qui passe de 180 F à 125 F. La dégradation s'accentuera lorsque le gouvernement nigérien s'engagera en 1986 dans une politique d'ajustement structurel et dévaluera le Naira en instituant un double marché de change.

Actuellement, la décote du Naira se poursuit et les taux du marché noir s'établissent à 25 F CFA pour 1 Naira, ce qui a pour effet de limiter au strict minimum les importations du Nigeria en provenance des pays voisins.

Les exportations tchadiennes de bétail et de peaux ont ainsi subi un ralentissement sensible depuis quelque mois, et les commerçants se réorientent vers le marché européen des peaux ou vers l'importation de produits manufacturés.

3.2 - Echanges et complémentarités régionales: le cas des exportations tchadiennes de bétail, de natron et de poisson fumé

Si les complémentarités écologiques n'expliquent pas à elles seules l'existence des flux, elles sont à la base de plusieurs grands circuits, notamment ceux du commerce traditionnel (bétail, poisson, cola). Depuis les indépendances, l'ouverture du marché nigérien et la politique économique et commerciale des autorités de Lagos ont contribué à l'intensification de certains de ces flux, notamment ceux du poisson et du bétail.

Les produits de l'élevage constituent la principale ressource d'exportation du Tchad vers ses voisins (environ 500.000 bovins et 60 000 peaux par an). Le courant d'échange avec le Nigeria (soit la totalité des exportations de peaux et les trois quarts de celles du bétail) a bénéficié à partir des années 1950 de la croissance du troupeau tchadien et de l'augmentation de la demande en produits animaux dans les villes du sud du Nigeria.

Le commerce d'exportation est soutenu par un réseau marchand très performant, impliqué de longue date dans ces circuits. Il est concentré dans les mains d'une oligarchie qui n'a été remise en question ni par la crise politique ni par le monopole d'Etat instauré avec la création de la SOTERA 6. Il s'agit d'un secteur d'activité relativement spécialisé, dans lequel les intervenants les mieux implantés sont liés au secteur de la production. Les commerçants sont ainsi pour la plupart des Arabes, tout comme les éleveurs. Beaucoup d'entre eux ont été des fils d'éleveurs, puis éleveurs eux-mêmes, avant de saisir l'opportunité de la croissance du marché nigérien et se risquer dans une activité commerciale.

6SOTERA: Société Tchadienne d'Exploitation des Ressources Animales.

Le Lac Tchad, zone de production importante et diversifiée, est le point de départ d'autres courants d'échangés. Certains sont anciens tels que l'exportation du natron 7, d'autres ont été dynamisés par l'expansion de la demande vivrière nigériane: c'est le cas des exportations de poisson fumé et de quelques produits vivriers.

7 natron: carbonate de sodium utilisé surtout pour l'alimentation animale.

La production de natron, concentrée sur les rives tchadiennes du lac (plus de 10.000 tonnes au début des années 1970), est vieille de plusieurs siècles. Elle est exclusivement exportée sur les marchés nigériens, camerounais et centrafricains 8. Le commerce de natron est l'exemple d'un courant d'échange porté par un marché stable et peu affecté dans son organisation par les interventions extérieures comme le partage du lac entre les quatre Etats souverains ou la tentative de contrôle des circuits par l'Etat tchadien au milieu des années 1960.

8 Voir:

- COUTY et DURAN: La commercialisation du natron au Tchad. ORSTOM, Paris, 1966.

- BOUQUET: Insulaires er riverains du Lac Tchad. Université de Bordeaux, 1983.

La demande nigériane a fait évoluer le secteur tchadien de la pêche vers une production de rente à grande échelle et a conduit au développement d'une industrie de transformation du poisson séché adaptée aux normes nigérianes de consommation. Malgré les bouleversements dus à la sécheresse et la disparition d'un certain nombre d'espèces, la production s'est stabilisée autour de 100 000 tonnes à la fin des années 1970 9. C'est l'intervention des commerçants Kanuri et Hausa qui a dynamisé ce secteur d'activité: apport de débouchés commerciaux, approvisionnement en produits de contrepartie du Nigeria, participation à la production, financement de l'achat de matériel et introduction de nouvelles techniques.

9 voir BOUQUET, op cit

3.3 - Echanges régionaux et projets agricoles: le cas des exportations de riz de la SEMRY (Cameroun) et de blé de la SODELAC (Tchad)

Dans les trois pays, l'accent est mis depuis le début des années 1960 sur l'aménagement de larges périmètres en culture irriguée, portant essentiellement sur le riz et le blé. L'augmentation de la demande alimentaire au Nigeria a servi la mise en oeuvre de ces politiques. De même, les moyens financiers importants engagés dans la politique nigériane (fortes subventions aux inputs, mécanisation) ont permis au Tchad et au Cameroun de se ravitailler à peu de frais en facteurs de production.

Jusqu'à ces dernières années, le marché nigérien constituait le principal débouché de la riziculture du nord Cameroun. La SEMRY, créée en 1946, a implanté à partir de 1960 des périmètres irrigués dans l'ensemble de la vallée du Logone, de Yagoua à Kousseri. La société possède actuellement trois pales d'intervention: Yagoua (SEMRY D, Maga (SEMRY Il) et Logone et Chari (SEMRY III). En 1983, la SEMRY fournissait plus de 90 % de la production rizicole nationale 10. La même année, elle écoulait la presque totalité de sa production sur les marchés des pays voisins et le Nigeria en absorbait à lui seul près des 3/4.

10 BDPA. - Organisation de la commercialisation du riz au Cameroun. - Ministère de la Coopération et de l'Industrie. Yaoundé, 1984.

A cette date, des difficultés d'écoulement de la production apparaissent à la suite de la baisse du Naira sur le marché parallèle de change (qui renchérit le prix du riz camerounais) et des restrictions de mouvements de marchandises entre les deux pays. Ces difficultés s'accentuent avec la fermeture des frontières nigérianes entre 1984 et 1985 et la concurrence du riz importé, à bas prix, du marché international. Elles se traduisent par un ralentissement sensible de la production, qui avait connu une croissance de 35% entre 1982 et 1986.

Il n'en demeure pas moins que le trafic en direction du Nigeria est resté substantiel (environ 32.000 t) durant la période 1986-1988 comme en témoigne le dépouillement des registres de ventes de la SEMRY aux commerçants privés t 11.

11 D'autres études ont montré qu'en 1985,1.150 tonnes de riz SEMRY avaient été acheminées au Nigeria par le seul poste frontalier de Fotokol. Voir FODOUOP (K.). - La contrebande entre le Cameroun et le Nigeria. - Cahiers d'Outre-Mer, 41 (161), janvier-mars 1988.

Actuellement, la SEMRY, dont les stocks sont importants, est confrontée à des problèmes commerciaux qui rendent son existence précaire. Elle n'exporte plus que de faibles quantités portant davantage sur le riz paddy utilisé comme semence dans le cadre de la mise en valeur des périmètres rizicoles nigériens.

Le cas du blé dans la région du Lac Tchad est proche de celui du riz au nord Cameroun. Au cours des années 1960, la diffusion de nouvelles variétés et l'aménagement des polders par la SODELAC (société de développement du lac) ont permis une augmentation des surfaces cultivées et des quantités produites (10 000 tonnes en 1970). Contrairement aux objectifs initiaux, l'essentiel de la production a été commercialisée au Nigeria. La SODELAC s'est en effet heurtée au commerce privé qui, des mains de la chefferie coutumière, est passé peu à peu à celles des commerçants Kaouri de Maiduguri qui proposaient un prix deux à trois fois supérieur aux prix officiels 12 et ont animé un commerce clandestin jusqu'à la cessation des activités de la SODELAC.

12 voir BOUQUET, op cit.

Dans les deux cas, les exportations à destination du Nigeria représentent en quelque sorte un détournement des objectifs initiaux des politiques visant l'approvisionnement du marché intérieur. Au Tchad, c'est la puissance des réseaux marchands qui explique la modification des circuits de commercialisation du blé et des autres vivriers de la zone du lac. Dans le cas de la SEMRY, le problème est différent car celle-ci n'a jamais écoulé sa production sur les marchés du sud du pays. Ses coûts de production ne permettaient pas de concurrencer le riz importé du marché mondial 13, alors que jusqu'au milieu des années 1980 ils étaient compatibles avec le haut niveau du pouvoir d'achat au Nigeria. De ce point de vue, la politique nationale est d'autant plus ambigüe que le financement du projet SEMRY a continué alors que les exportations étaient notoires et que des accords étaient passés avec des commerçants nigériens.

13 En 1987, le prix de revient du riz de la SEMRY est estimé à 181 F CFA/ kg en culture manuelle et à 158 F CFA/ kg en double culture. Le prix moyen du riz importé est de 80 F CFA/ kg au port de Douala (prix CAF) et de 180 F CFA/ kg sur les marchés de détail de Yaoundé. Voir: ENGOLA (Oyep J.). - L'approvisionnement en riz du Cameroun ou les limites d'une politique d'autosuffisance alimentaire. in Revue de géographie du Cameroun, vol.VIII, n° 1, 1989, pp 1-19.

Deux facteurs ont favorisé l'écoulement des productions agricoles camerounaises et tchadiennes sur le marché nigérien:

- la difficulté des autorités nigérianes à satisfaire la demande alimentaire du pays sur la base de la production nationale,

- le maintien d'un certain pouvoir d'achat du Naira vis-à-vis du Franc CFA.

Aujourd'hui, celui-ci n'est plus assuré: le Naira est fortement déprécié sur le marché parallèle des changes et le sens et l'intensité des échanges au sein du sous-espace s'en trouvent affectés.

3.4 - Echanges régionaux et disparités des politiques de maîtrise des échanges extérieurs: le cas de la réexportation de riz et de farine de blé à destination du Nigeria

Les politiques commerciales des trois Etats n'ont pas toutes le même poids dans la détermination des flux à l'intérieur du sous-espace régional. Les mesures prises par le Tchad ont peu d'importance pour les pays voisins. Dans ce domaine, ce sont surtout les relations entre les décisions du Cameroun, ouvert sur la mer, et celles du Nigeria, principal débouché de la sous-région, qui orientent les flux au sein du sous-espace.

En ce qui concerne les céréales, le Nigeria a progressivement évolué d'une politique libérale, lors du boom pétrolier, à un système très protectionniste avec l'interdiction totale d'importation de riz en octobre 1985 et de blé en janvier 1987. Ces mesures sont renforcées par la surveillance des frontières et par de lourdes sanctions à l'encontre des contrebandiers (peines de prison à vie). La volonté d'accroître la production vivrière et de tendre vers l'autosuffisance alimentaire a conduit également à interdire l'exportation des produits vivriers.

Le Cameroun applique une politique libérale, limitée depuis 1982 par un système de jumelage obligeant les importateurs à acheter 3 la SEMRY l'équivalent de 20% des quantités importées. Ce dispositif a échoué et a été remplacé en 1988 par un système de péréquation, à l'instar de la Côte d'Ivoire et du Sénégal 14. Les importations de farine de blé sont soumises à l'obtention d'une licence mais leur volume n'est pas limité.

14 Une taxe à l'importation de 20 F CFA a été fixée. Son montant représente la différence entre le prix de revient de la SEMRY (estimé à 145 F CFA) et celui du riz importé, estimé à 125 F CFA le kilo. Ce prélèvement doit contribuer au financement de projets agricoles.

Ces différences de politique entre les deux pays sont à l'origine d'un important commerce de réexportation de riz et de farine de blé importés du marché mondial par le Cameroun et réexportés frauduleusement vers le Nigeria.

Ces flux sont devenus importants avec l'engorgement du port de Lagos à partir de 1978, puis avec les mesures de restriction aux importations alimentaires prises par le Nigeria au cours du second semestre 1982 pour freiner la sortie de devises. Durant cette période, beaucoup d'importateurs nigériens se sont tournés vers les pays limitrophes pour exercer leurs activités. Les ports de Doualà, de Cotonou et de Lomé deviennent ainsi les principaux points de débarquement des céréales étrangères destinées aux populations nigérianes.

Le volume de céréales faisant l'objet de la réexportation est cependant difficile à évaluer, principalement en raison des fausses déclarations qui sont effectuées auprès des douanes camerounaises. Comme on le verra dans le tableau n°1, les différentes sources d'informations, nationales et internationales, divergent considérablement dans leurs estimations des importations de riz du Cameroun 15.

15 De plus, les données concernant le transit fournies par les douanes camerounaises sont inutilisables, car elles enregistrent des flux à destination du Tchad et de la République Centrafricaine qui sont en réalité destinés en majeure partie au Nigeria (voir BDPA, 1984, op. cit.).

Toutefois, si l'on exclut les données des douanes camerounaises (reprises par la FAO) qui apparaissent nettement sous-estimées, il est clair que les quantités de riz débarquées au port de Douala de 1978 à 1986 ont été largement supérieures aux besoins du Cameroun.

Les importations de riz de ce pays ont commencé à augmenter fortement en 1978, soit au début du boom de la demande alimentaire du Nigeria, suite à l'accroissement des revenus du pétrole. De 1977 à 1979, elles sont multipliées par 7 pour atteindre près de 220.000 tonnes.

Elles varient ensuite entre 200.000 et plus de 400.000 tonnes et diminuent à partir de 1987.

Evolution des importations de riz du Cameroun selon différentes sources (en milliers de tonnes)

Années

ONPC

Syndicats Acconiers

CNUCED

USDA

MIN.

MAX.

1982

275.1

272.1

411.3

422.2

272.1

422.2

1983

192.1

292.4

309.9

321.1

192.1

321.1

1984

170.1

166.7

283.5

317.6

166.7

317.6

1985

263.8

256.3

221.7

219.0

219.0

263.8

1986

225.0

231.6

273.0

278.9

225.0

278.9

1987

98.8

120.5

-

-

-

-

1988

133.0

-

-

-

-


Source:
. ONPC: Office National des Ports du Cameroun.
. Syndicat des acconiers: port de Douala.
. CNUCED: données issues des déclarations des pays exportateurs.
. USDA: série "raisonnée" du département américain de l'agriculture.

Dans le tableau n° 2, on a tenté d'estimer les réexportations de riz vers le Nigeria à partir des informations disponibles sur les importations (hypothèse basse et hypothèse haute), l'exportation de paddy de la SEMRY, la consommation nationale et les flux destinés au Tchad et à la République Centrafricaine.

Estimation des réexportations de riz vers le Nigeria


Importations

Production disponible


Total disponible

Consom. natio théor..

Transit Export Tchad+RCA

Réexportation vers le Nigéria


Hyp. basse

Hyp. haute

SEMRY prod paddy

SEMRY dispo

Autre prod riz

TOTAL riz

Hyp. basse

Hyp. haute



Hyp. basse

Hyp. haute


(1)

(2)

(3)

(4)

(5)

(6)

(7)

(8)

(9)

(10)

(11)

(12)

1983

192

321

75

8.3

10.3

18.6

211

340

90

20

101

230

1984

167

318

87

24.0

10.5

34.5

202

353

96

20

86

237

1985

219

264

96

26.5

10.7

37.2

256

301

103

30

123

168

1986

225

279

103

45.3

10.9

56.2

281

335

110

30

141

195

1987

100-120

-

80

35.2

11.1

46.3

146-166

-

118

25

3-23

-

Source:

(1) et (2): voir tableau précédent.

(3): Délégation provinciale de l'agriculture (Maroua) et direction de la SEMRY (Yagoua).

(4): Sur la base des hypothèses suivantes:

- 80 % de la production SEMRY est exportée jusqu'en 1983, 50 % jusqu'en 1985, 20 % ensuite,

- le rendement de la transformation du paddy est de 55%

(5): Sur la base de l'hypothèse suivante: la production SEMRY représente 80 % de la production totale en 1983 (source BDPA).

(6),(7) et (8): calculs à partir des colonnes précédentes.

(9): valeur de départ = 1983 (source BDPA), extrapolée pour les années ultérieures selon une hypothèse de croissance annuelle de 7 %

(10): En 1983, source BDPA (d'après les données portuaires). Pour les années suivantes, estimation à partir des données CNUCED portant sur les exportations à destination du Tchad.

(11) et (12) : calculs à partir des colonnes précédentes.

Riz et farine de blé sont importés par une dizaine de commerçants dont les plus importants sont originaires du nord-Cameroun. Parmi ceux-ci figurent en première place les établissements AMINOU de Maroua qui, à eux seuls, traitent environ 90 % des importations de riz et de farine de blé 16.

16 Selon les Délégations provinciales des prix, poids et mesures de Douala et de Garoua.

Les études ont bien montré que 80 % du riz réexporté vers le Nigeria est d'abord acheminé vers le nord du Cameroun (secteur Garoua-Fotokol) avant de traverser les postes frontaliers de Garoua-Yola, Mora-Banki-Bama et secondairement celui de Fotokol-Gamboru 17.

17 BDPA, 1984, op.cit.

Ces produits de réexportation sont échangés contre d'autres denrées vivrières et surtout contre les produits manufacturés sortis des usines nigérianes. On estime à 187 le nombre de produits manufacturés que le Nigeria fournit contre l'importation des produits agricoles venant du Cameroun 18. En revanche, peu de produits agricoles viennent du Nigeria mis à part les oignons rouges, les oranges, la canne à sucre et surtout les tubercules d'igname. Ces trafics font vivre une population nombreuse estimée à près de 30.000 personnes.

18 FODOUP (K.): op.cit.

Les flux de riz provenant de la SEMRY et ceux de réexportation ne doivent pas occulter les échanges portant sur d'autres produits vivriers, qui ont un caractère beaucoup plus stable. Le nord Cameroun, dont la production vivrière a été stimulée par une politique d'auto-suffisance alimentaire, est un des pôles de production vivrière de rente à destination des marchés du Tchad et du nord Nigeria. Le second pôle vivrier de la sous-région est le pourtour du lac Tchad, qui fournit mais, sorgho et légumineuses à la ville nigériane de Maiduguri.