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close this bookLa production laitière, Maisonneuve et Larose, 1996
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III. L'élevage des veaux

Objectifs

La productivité de chaque vache et du troupeau dans son ensemble dépend de la production de veaux. L'ensemble des veaux qui naissent chaque année assure le renouvellement du troupeau et la sélection des meilleurs sujets comme reproducteurs contribue à l'amélioration génétique. En un sens, on pourrait considérer le lait comme un sous-produit de la production de veaux. Après avoir mis bas, la vache doit recevoir les soins nécessaires pour atteindre un rendement laitier optimum et porter à nouveau, pour soutenir la production d'année en année. Par ailleurs, l'élevage des veaux femelles doit permettre de les amener avec succès à la maturité.

Le cycle reproducteur est le moteur de l'entreprise laitière.

La conduite des veaux commence par le choix du moment de la conception et les soins donnés à la vache gravide. Ces deux éléments sont fonction du système d'élevage. L'état nutritionnel et général de la vache vers la fin de la gestation influence aussi bien le poids du veau à la naissance que ses chances de survie (pp. 68-70). Ce chapitre s'intéresse aux soins prodigués au veau à partir de la mise bas.

Les méthodes d'élevage des veaux

Quel que soit le système, le bon développement des veaux passe par un apport de nourriture satisfaisant tant en qualité qu'en quantité et par les mesures de protection contre les maladies et les agressions extérieures (particulièrement les températures élevées et les fortes pluies). Les trois méthodes d'élevage des veaux (allaitement individuel, allaitement restreint et élevage artificiel) visent à atteindre ces objectifs par des moyens différents, chacun ayant ses avantages et ses inconvénients.

L'allaitement individuel

La meilleure méthode est de laisser ensemble pendant six mois ou davantage la vache et son petit, qui peut dès lors téter librement. C'est le système pratiqué dans les élevages de boucherie, car il permet une bonne croissance du veau. Tout le lait de la vache est réservé au veau, qui produit ainsi beaucoup de viande. Cette méthode n'est évidemment pas applicable pour les veaux des élevages dont la production laitière est destinée à la consommation humaine.

L'allaitement restreint

Dans certaines situations, il peut être plus intéressant de produire du lait que de la viande. On prélève alors une partie ou la totalité de la production laitière de la vache pour la consommation humaine. Le degré de spécialisation de ce genre d'élevage dépend de la demande pour le lait, du climat, du niveau de gestion et des ressources alimentaires de remplacement disponibles pour le veau.

Une méthode couramment utilisée dans l'élevage des veaux de race laitière consiste à les laisser téter uniquement pendant une certaine période de la journée. C'est ce que l'on appelle l'allaitement restreint. Le veau et la vache sont séparés pour la nuit, et la vache est traite le matin. On laisse téter le veau pendant une ou deux minutes pour stimuler l'excrétion du lait et la vache est ensuite traite avant de pouvoir à nouveau allaiter son petit. Pendant la journée, les bêtes sont gardées ensemble, mais dans les élevages extensifs, les veaux sont à nouveau séparés des vaches lorsque celles-ci vont paître. A défaut d'un apport extérieur de nourriture, cette méthode risque de laisser le veau sur sa faim.

Il semble que l'allaitement restreint soit préférable à l'élevage artificiel. Il stimule l'excrétion du lait, favorise la croissance du veau par rapport aux méthodes artificielles et réduit vraisemblablement les risques de mammites. Dans l'ensemble, les performances sont meilleures (tant en ce qui concerne la croissance des veaux que le rendement laitier) avec cette méthode que dans le cas de l'élevage artificiel (tableau III.1). La croissance des veaux qui ont un accès limité à la vache peut être améliorée par l'apport de compléments alimentaires. Les veaux nourris avec un supplément et allaités pendant trente minutes après la traite du matin et après celle du soir grandissent plus rapidement (jusqu'à 0,95 kg/ jour) que ceux nourris avec un supplément et allaités pendant soixante minutes le matin uniquement (0,70 kg/jour) ou nourris artificiellement dès l'âge de cinq jours (0,40 kg/jour).

Tableau III.1
Exemple du rendement laitier global selon que la vache allaite ou non (en ce compris le lait consommé par le veau)

Lactation et lait

Rendement laitier


Sans le veau
(nourri au seau)

Avec le veau
(allaité)

Nombre de vaches étudiées

309

230

Durée de la lactation (jours)

197

262

Lait consommé par le veau (kg)

360

524

Lait disponible pour la vente (kg)

621

1 120

L'élevage artificiel

Dans les systèmes intensifs, le fermier décide parfois de vendre ses veaux mâles, qui seront engraissés pour la boucherie, et de garder les veaux femelles, qui seront élevés à la ferme pour assurer le remplacement du troupeau. D'ordinaire, dans les systèmes les plus intensifs, les veaux sont élevés artificiellement. Pendant les cinq à huit premières semaines (et souvent jusqu'à l'âge de douze semaines), ils sont nourris au seau ou avec un trayon artificiel. On leur donne soit du lait véritable, soit un aliment de substitution. Cette méthode exige des soins attentifs car, si l'on ne respecte pas de bonnes conditions d'hygiène, les veaux sont souvent la proie de maladies.

Les veaux nourris au seau avec du lait ou un substitut reçoivent trois repas par jour pendant la première semaine et de préférence tout au long du premier mois. Le lait, s'il est consommé en trop grandes quantités en une seule fois, ou encore trop chaud ou trop froid, risque d'entraîner des diarrhées. La température idéale est de 35 à 38°C, mais il est néanmoins possible de donner au veau du lait froid, pour autant que sa température reste constante et ne varie pas d'un jour à l'autre. Chez les jeunes veaux, le lait absorbé ne passe pas de l'oesophage dans la panse (rumen) et le bonnet (réticulum): en réponse au stimulus de succion ou à d'autres stimuli comme le nourrissage au seau, une action réflexe provoque un plissement de la paroi de la panse qui forme un canal entre l'oesophage et la caillette (abomasum).

Exemples de systèmes d'élevage des veaux

L'élevage des veaux dans les systèmes pastoraux

Dans toutes les régions sèches du monde, les mêmes méthodes d'élevage des veaux se sont développées dans les systèmes pastoraux afin de ménager dans la journée des moments où la vache peut paître, d'autres où les veaux sont autorisés à téter et d'autres encore où le lait s'accumule en vue de la traite.

L'exemple des pasteurs peuls illustre bien ces méthodes. La nuit, le bétail est gardé à proximité du campement (ruga) et les bêtes adultes sont attachées deux par deux en fonction de leur âge ou de leur taille. Dans certaines régions, les adultes ne sont pas attachés, mais enfermés dans un corral (enclos). Les veaux sont attachés séparément, en ordre d'âge, le long d'une corde tendue entre deux piquets qui les retient par une boucle passée autour de leur cou. La traite a généralement lieu le matin, après avoir laissé les veaux téter un court moment pour stimuler l'excrétion du lait.

Ils sont ensuite attachés à la patte avant de la mère pendant la durée de la traite, puis on les autorise à téter ad libitum jusqu'au moment où l'on mène paître les bêtes (Figures 3.1 et 3.2). Pendant les trois à quatre premières semaines qui suivent la naissance, les très jeunes veaux ne peuvent pas accompagner les vaches sur leurs terres de pâture. Ils restent près du campement. Une fois dans la journée, les femmes et les enfants leur apportent de l'eau. En fin de journée, quand les vaches reviennent, on laisse les veaux téter leur mère avant de les séparer à nouveau pour la nuit. Les veaux plus âgés vont paître avec les vaches, mais on les garde parfois à l'écart du reste du troupeau pour éviter le contact avec les taureaux reproducteurs et les risques de conception prématurée. Les vaches sont traites à la main par les hommes et les jeunes garçons. Ce sont eux qui apprécient la quantité de lait que l'on peut prélever et ce qu'il convient de laisser pour les veaux. Le lait est ensuite confié aux femmes. On continue à traire les vaches jusqu'à ce qu'elles soient presque sèches, mais on cesse parfois plus tôt si la vache est gravide.

Le «ranching» laitier

L'allaitement restreint se pratique aussi dans les ranchs laitiers (cf. p. 38-40) où l'on prélève pour la consommation humaine une partie du lait produit par les vaches que l'on élève également pour la viande. Les veaux sont séparés de leur mère pendant la nuit. Le matin, ils tètent pendant une minute avant la traite, puis ils passent le reste de la journée avec les vaches.

Les petites exploitations

Dans les systèmes sédentaires, l'élevage des veaux s'effectue selon diverses variantes de la méthode de l'allaitement restreint. Les vaches sont soit gardées autour du village, soit mises à la longe à proximité ou encore nourries à l'étable. Les veaux sont généralement laissés avec leur mère pendant la journée et séparés pour la nuit si la vache doit être traite. Une autre possibilité est de mettre les veaux en enclos pendant que les vaches paissent ou de les garder près des habitations pour veiller sur eux.


Figure III.1. - Vache peule traite avec le veau au pied

La production intensive

Dans les systèmes intensifs, le fermier doit choisir:

1. entre élever les veaux à la ferme, les vendre ou les donner à quelqu'un d'autre pour les engraisser;

2. entre les élever naturellement, sous la vache, ou par des méthodes artificielles qui font intervenir des substituts de lait et d'autres aliments sélectionnés.

Les veaux allaités qui paissent également peuvent présenter un rythme de croissance assez élevé, mais si, au moment du sevrage, le passage du régime lacté aux aliments grossiers est trop rapide, on risque d'observer un fort ralentissement de la croissance. Les climats tropicaux permettent de mettre les veaux en pâture dès l'âge de trois mois, alors que le développement de leur panse n'est pas encore assez avancé pour leur permettre de digérer les aliments grossiers. L'idéal serait que les veaux élevés artificiellement soient mis en pâture le plus tard possible (entre six et neuf mois). Mais souvent les fermiers sont contraints, pour des raisons économiques, d'opter pour une méthode d'élevage plus extensive qui comporte une part de pâturage.


Figure III.2. - Veaux peuls restant dans le ruga pendant que les vaches paissent

Les veaux qui ont les meilleures chances de survie sont ceux qui naissent dans le meilleur environnement possible et au moment le plus favorable de l'année.

Les soins à la naissance

Le fermier n'est souvent pas en mesure de décider de la saison du vêlage: cela dépend du moment de la conception qui est déterminée par divers stimuli, notamment d'ordre nutritionnel. Les veaux qui naissent pendant la saison sèche risquent moins de prendre froid que ceux qui naissent pendant la saison des pluies. En cas de refroidissement, leur résistance aux infections est amoindrie et de nombreuses pertes peuvent être attribuées à ces circonstances. Or, c'est au début de la saison des pluies que les probabilités de voir les vaches mettre bas sont les plus fortes car, souvent, la conception se produit à la fin des pluies précédentes, au moment où les vaches qui ont eu pendant plusieurs mois de l'herbe à profusion sont en bonne condition physique.

Préparatifs pour la parturition

Douze à vingt-quatre heures avant le vêlage, la vache devient nerveuse et s'écarte du reste du troupeau. On peut citer parmi les signes précurseurs l'élargissement de la vulve, le gonflement du pis et des trayons et le relâchement des ligaments à la base de la queue. Dans la mesure du possible, lorsque la mise bas est imminente, il convient d'isoler la vache dans un endroit tranquille et protégé.

C'est évidemment difficile dans les élevages pastoraux et il n'est pas rare que des veaux naissent alors que les vaches sont en train de paître. Après le retour des bêtes au campement pour la nuit, la mère est généralement laissée avec son veau et nourrie de fourrage coupé pendant les vingt-quatre heures qui suivent. Dans les systèmes sédentaires, il est plus facile d'isoler les vaches qui vont mettre bas et les systèmes intensifs disposent d'ordinaire d'installations prévues à cet effet. Une case spéciale est parfois aménagée dans l'étable, avec un sol en béton et des murs cimentés qui peuvent facilement être désinfectés avant et après le vêlage. Dans les systèmes communautaires, les vaches passent souvent la nuit dans des kraals rudimentaires, où les conditions d'hygiène sont pour le moins douteuses. Ce genre d'environnement ne convient pas pour la mise bas qui réclame un minimum de précautions.

Il est préférable de laisser la vache mettre bas sans aide extérieure et de n'intervenir que si elle éprouve des difficultés manifestes. Le veau doit normalement se présenter avec les pattes antérieures pointées vers l'avant et entourant le museau (Figures III.3 et III.4). La parturition est parfois difficile (dystocie), surtout chez les génisses et les petites vaches lorsque le veau est gros.

Les soins à la mise bas

A la mise bas, certaines mesures d'hygiène s'imposent: veiller à ne pas laisser les membranes foetales au sol, ôter le mucus qui se trouve sur le mufle et la bouche du veau et, dans la mesure du possible, traiter le nombril avec de la teinture d'iode (ou du sulfate de cuivre, ou de l'eau phéniquée) pour prévenir les risques d'infection locale et favoriser la cicatrisation ombilicale. Dans les douze heures qui suivent le vêlage, l'ensemble des membranes foetales devrait avoir été expulsé. La vache léchera son petit pour le sécher. Le veau devrait avoir commencé à téter dans les deux à trois heures après la naissance. Il faut compter au moins huit tétées par jour au cours des quatre premiers jours.

Le colostrum

Le lait produit par la vache au cours des trois à quatre premiers jours est appelé colostrum. Il contient des anticorps, les immunoglobulines G et M (IgG, IgM) qui proviennent du système immunitaire de la vache. Ces anticorps, qui ne sont pas transmis dans les échanges transplacentaires, confèrent au veau une résistance passive à de nombreuses affections. Le colostrum a une valeur nutritive élevée et ses propriétés laxatives stimulent l'évacuation des premières fèces (méconium). La couleur jaune du colostrum est due à sa haute teneur en carotène (précurseur de la vitamine A), extrait des végétaux. Le colostrum est également une source de vitamines B. D et E. Le moment le plus favorable pour l'absorption des anticorps par l'intestin grêle du veau se situe dans les six à huit premières heures. Par ailleurs, cette absorption est favorisée par la présence de la mère. C'est pourquoi la vache et le veau doivent être laissés ensemble pendant au moins douze heures.


Figure III.3. - Positions du foetus

Si le veau ne reçoit pas de colostrum durant le premier jour, ses chances de survie s'en trouveront fortement réduites, car l'intestin n'absorbe les anticorps que pendant les 12 à 24 heures qui suivent directement la naissance. Il faudrait systématiquement faire avaler au veau jusqu'à 2,5 kg de colostrum au cours des 10 premières heures et la même quantité encore au cours des 6 heures suivantes, même si on le voit téter. On pourra ainsi être sûr qu'il reçoit assez de colostrum pour être protégé contre une infection précoce.


Figure III.4. - Présentation correcte du veau pour la parturition

Dans l'idéal, le veau devrait être laissé en permanence avec sa mère après la naissance, mais ce n'est pas possible si la vache doit être traite. Dans les élevages pastoraux ou extensifs, il arrive que le veau soit laissé seul pendant la journée, tandis que la vache est mise en pâture.

Le nourrissage au seau

Dans les systèmes intensifs, le fermier préfère parfois sevrer le veau (c'est-à-dire l'empêcher de téter) dès la naissance de façon à ce que la vache puisse rejoindre le troupeau laitier. Le veau peut être ensuite nourri au seau avec du lait ou un substitut. Dans ce cas, le mieux est de laisser le veau téter pendant les douze premières heures, puis de le séparer de la vache. S'il reste trop longtemps avec sa mère, il sera moins facile de lui apprendre à boire au seau.

Ce système présente de nombreux inconvénients et les veaux nourris au seau grandissent généralement moins bien que les veaux allaités. Ils sont moins bien alimentés et plus vulnérables aux maladies, principalement à cause de problèmes d'hygiène et de stress. Par exemple, les veau allaités de race Blanche Peule (Bunaji) des centres d'élevage de la région de Kano, au Nigéria, pèsent en moyenne 69,9 kg à l'âge de douze semaines, contre 54,4 kg pour les veaux nourris au seau.

La nutrition des veaux

Selon la taille du veau, ses besoins à la naissance peuvent aller jusqu'à trois kg de lait par jour, mais il est capable de consommer davantage. Chez les veaux qui viennent de naître, la panse n'est pas encore développée et le processus de digestion est comparable à celui des mammifères à estomac simple, comme l'homme ou le porc. Le lait passe par la gouttière oesophagienne sans transiter par la panse. C'est donc avant que la panse ne commence à fonctionner que le lait profite le mieux au veau et c'est pendant cette période que l'on peut espérer atteindre une croissance optimale.

Le lait est l'aliment qui convient le mieux pour les veaux et leur régime devrait être le plus naturel possible.

Il arrive que l'on observe certaines carences minérales chez les veaux qui ont été maintenus trop longtemps au régime lacté. Ceux-ci ont rapidement besoin d'une certaine quantité d'aliments solides qui leur apporteront les vitamines et les éléments minéraux que l'on ne trouve pas dans le lait (comme le magnésium et le fer). Le bilan vitaminique du veau dépend de ses propres réserves, des apports vitaminés qu'il trouve dans le lait et les aliments, de la synthèse des vitamines dans la panse et dans les tissus, du rythme auquel ces vitamines sont utilisées par le veau (qui peut être accéléré par la maladie) et du rythme auquel elles sont absorbées (qui peut ralentir par la maladie).

Le lait entier

Dans les systèmes d'allaitement simple et d'allaitement restreint, le veau qui tète la vache consomme, bien sûr, le lait entier. Dans le nourrissage au seau, le veau peut recevoir du lait de vache tel qu'il est produit par la traite manuelle ou mécanique, mais le nourrissage au lait entier coûte cher et on lui préfère d'autres méthodes. La ration de lait devrait commencer à un niveau équivalent à 8-10% du poids du veau par jour et augmenter graduellement jusqu'à 5 kg par jour ou davantage (tableau III.2).

Les substituts du lait sont élaborés à partir de constituants de moindre valeur, comme les huiles et les protéines végétales. Par leur composition, ils ressemblent au lait de vache, mais leur valeur nutritive n'est jamais tout à fait la même.

Le nourrissage au seau peut entraîner des troubles digestifs si les conditions d'hygiène sont insatisfaisantes. Les seaux et tout l'équipement doivent être bien nettoyés après chaque utilisation. Si les veaux souffrent de diarrhée, il peut être nécessaire de diluer le lait. D'une manière générale, il est toujours souhaitable qu'un lait à haute teneur en graisses soit dilué avant d'être donné au veau.

Si le veau a l'occasion de manger des aliments solides, la fonction de rumination apparaîtra dès l'âge de quatre semaines. L'alimentation solide stimule le développement de la panse. C'est un élément important pour les futures vaches laitières qui devront être en mesure de manger suffisamment pour maintenir leur production de lait. Les rations de départ des veaux, les gruaux et les

Tableau III.2
Quantités de lait entier et de concentré recommandées pour des veaux de race laitière jusqu'à l'âge de 12 semaines

Age (semaines)

Lait entier
(kg/jour)

Concentré
(kg/jour)

1

3,0

-

2

3,5

-

3

4,0

-*

4

4,5

-

5

5,0

0,10

6

5,0

0,20

7

5,0

0,30

8

4,0

0,40

9

3,0

0,50

10

2,0

1,00

11

1,5

1,25

12

0,75

1,50

* A partir de la 3e semaine, les veaux reçoivent du foin et de la farine.

Exemple de veaux au Zimbabwe, pesant de 25 à 30 kg à la naissance, qui reçoivent entre 350 et 400 kg de lait en 12 semaines, pour un gain de poids de 0,5-0,75 kg/jour avec, à l'âge de douze semaines, un poids de 70 à 100 kg. Source: Olivier (1 987). pâtées, devraient avoir une haute valeur protéique (14 à 16% de protéines brutes) et énergétique (8 à 10 MJ/kg MS [mégajoules par kg de matières sèches]) (voir chapitre 6). Au bout de quelques semaines on pourra commencer à donner au veau de petites quantités de fourrage vert et du foin de bonne qualité. A partir d'un mois, on peut ajouter en solution de l'urée (I%) aux gruaux ou aux rations humides, ainsi que des compléments minéraux et des vitamines A. Les veaux devraient avoir accès en permanence à de l'eau pure.

Les rations des veaux peuvent varier selon les ressources disponibles. Une préparation toute simple consiste par exemple à mélanger un 1 kg de maïs cuit dans 10 litres d'eau, que l'on administre à raison de 0,9 kg par jour à l'âge de dix semaines pour atteindre progressivement 4,5 kg par jour à l'âge de quarante semaines.

Le sevrage précoce

Le substitut du lait est généralement assez coûteux comparé aux autres aliments pour les veaux, parce qu'il s'agit d'un produit manufacturé et, souvent, d'importation. Le prix obtenu pour la vente des veaux ne justifie pas toujours des coûts de production élevés. Ces coûts peuvent être réduits en remplaçant le lait par des farines sèches, du foin et de l'eau. Cela restreint aussi les risques de diarrhée associés au nourrissage au seau. Pendant les trois premières semaines, le veau doit nécessairement recevoir une alimentation lactée à raison de 8 à 10% de son poids corporel. Mais par la suite il est possible, si nécessaire, de sevrer le veau. En dehors de circonstances exceptionnelles, notamment l'existence d'un marché avantageux pour le lait, ce procédé n'est pas recommandé (car la croissance du veau en sera sans aucun doute affectée). Le sevrage précoce et le passage à une alimentation sèche exigent des soins attentifs et, si la conduite de l'élevage n'est pas d'un niveau suffisant, les conséquences peuvent prendre une tournure désastreuse, car les veaux seront sous-alimentés et vulnérables aux infections. Pendant les trois premières semaines, on peut donner ad libitum un mélange d'aliments concentrés et de foin haché (10% de la ration). Le vingt-quatrième jour, la consommation de concentrés aura atteint 1 kg à 1,5 kg. Du vingt-cinquième au cent cinquantième jour, il n'est plus nécessaire de donner du lait au veau dont la consommation de concentrés (toujours administrée ad libitum) s'élèvera, selon le poids corporel de l'animal, jusqu'à 4 kg. A partir du cent cinquantième jour, on réduira l'apport d'aliments concentrés à un niveau suffisant pour maintenir une croissance constante. Après le sevrage, les veaux peuvent être réunis dans une unité où ils auront la possibilité de s'alimenter par eux-mêmes. Il conviendra de les traiter contre les cestodes (vers plats) le trentième jour, contre les nématodes (verts ronds) le soixantième jour et de procéder à l'ébourgeopnnage des cornes au fer rouge le trentième jour. Après le cent cinquantième jour, les veaux peuvent être mis en pâture. Il faudra dans ce cas les traiter contre les nématodes au début, au milieu et à la fin de la saison des pluies. A l'âge de cent cinquante jour, les veaux ainsi engraissés devraient gagner 0,75 kg par jour.

Les veaux qui reçoivent une alimentation sèche doivent pouvoir s'abreuver en permanence. La quantité d'eau qu'ils boivent par jour correspond à 10% de leur poids corporel et peut atteindre 20% chez les jeunes veaux.

Les veaux d'herbage

Dans les systèmes pastoraux et dans les élevages de village extensifs, les veaux apprennent très jeunes à manger de l'herbe. Dans les systèmes intensifs, il est possible de mettre des veaux en pâture dès l'âge de deux à trois mois, mais cela présente des inconvénients. Les besoins en matière d'abri sont nettement moindres sous les climats chaud que dans les régions tempérées, si ce n'est qu'il faut procurer de l'ombre aux bêtes. La gestion de l'élevage est donc plus facile en ce qui concerne les installations à prévoir.

Le rythme de croissance des veaux nourris avec de l'herbe est plus lent qu'il ne serait si on laissait les animaux au régime lacté: il faut un certain temps pour que la panse (rumen) s'habitue aux aliments grossiers dont la valeur nutritive est souvent bien inférieure à celle du lait.

Les veaux ont un potentiel de croissance considérable et, de ce fait, des besoins élevés en protéines, qui sont incompatibles avec le genre d'aliments grossiers disponibles en région tropicale pendant la plus grande partie de l'année, même dans les systèmes intensifs. Les risques d'une alimentation déséquilibrées sont cependant moindres chez les veaux. Les variétés tropicales de pâture poussent rapidement et c'est dans le premier stade de leur croissance qu'elles sont le plus agréables à consommer. Très vite, elles deviennent dures et ligneuses en vieillissant et perdent une grande part de leur appétibilité pour l'animal. Lorsque les veaux ne reçoivent plus d'apport lacté et qu'ils doivent manger de l'herbe pour satisfaire leurs besoins nutritifs, leur croissance à tendance à décliner et il faut souvent leur donner des compléments alimentaires pour éviter qu'ils ne perdent du poids. Dans les systèmes pastoraux et les petites exploitations, il est rare qu'ils reçoivent des compléments alimentaires. Dans les systèmes intensifs, si la gestion de l'élevage le permet, il serait préférable d'élever les veaux en étable jusqu'à l'âge de six à neuf mois, car cela permet un apport optimum de lait et d'aliments concentrés. Les veaux des systèmes pastoraux ou des élevages extensifs de village apprennent plus jeunes à manger de l'herbe.

Soins routiniers

Quand il est en bonne santé, le veau est actif, il a le poil lisse et luisant, les yeux brillants, une bonne coordination et ses mouvements ne sont pas saccadés. On peut, au contraire, suspecter un état maladif chez les veaux qui se tiennent tête basse, qui ont le poil rêche et les muqueuses pâles et qui portent des traces de souillures fécales autour de la queue.

C'est juste après la naissance que la mortalité est généralement le plus élevée chez les veaux. Mais avec des soins attentifs, il est possible de limiter les pertes. Les deux problèmes majeurs sont:

1. les diarrhées au cours des trois premières semaines et

2. les troubles respiratoires au cours des trois semaines suivantes.

On ne saurait trop insister sur l'importance du colostrum pour la santé des veaux (cf. p. 71).

Les trois facteurs qui influencent l'état de santé des veaux sont les conditions d'hygiène, de logement et la nourriture. Ils sont sensibles aux refroidissements (causes de pneumonie) et, dans des conditions climatiques extrêmes, ils peuvent souffrir de la chaleur.

Outre la polyarthrite septicémique et la diarrhée (cf. p. 80 et 81), les veaux sont vulnérables aux affections respiratoires comme la pneumonie d'origine bactérienne (Pasteurella spp.) ou virale. Il importe de veiller à une bonne aération des locaux. L'éleveur ne doit pas perdre de vue non plus que le veau est d'un tempérament curieux qui le porte à lécher tous les objets qu'il trouve dans son environnement. Si l'on n'y prend garde, cela peut entraîner un empoisonnement. Tout au long de la saison des pluies et au début de la saison sèche, les veaux doivent être régulièrement traités avec un anthelmintique pour éviter que leur santé ou leur croissance soient affectées par les vers. Si l'on envisage de castrer les veaux ou d'ébourgeonner leurs cornes, il convient de le faire quand ils sont encore jeunes.

On peut citer cinq grands principes préventifs contre les maladies infectieuses:

" Eliminez dans l'environnement du veau tous les agents qui peuvent être à l'origine d'une maladie infectieuse.

" Ne laissez pas le veau au contact d'un environnement infecté.

" Stimulez l'immunité non spécifique du veau en veillant à ce qu'il reçoive assez de colostrum.

" Stimulez l'immunité spécifique du veau en vaccinant la vache pour accroître la proportion d'anticorps maternels dans le colostrum (dans les deux premiers mois qui suivent la naissance, le veau lui-même ne répond pas à la vaccination).

" Evitez le stress, qui est connu pour être un facteur favorisant le développement de la pneumonie, causée par la bactérie Pasteurella omniprésente.

A l'âge de quatre à huit mois, il convient d'inoculer à tous les veaux femelles le vaccin S19 contre la brucellose (avortement contagieux).

Les problèmes de santé les plus répandus chez les veaux

La polyarthrite septicémique

La polyarthrite septicémique est causée par une infection que le veau attrape par le nombril peu de temps après la naissance. Elle peut être évitée en traitant le cordon ombilical avec un antiseptique et en veillant à ce que la parturition se déroule dans de bonnes conditions d'hygiène (cf. p. 71). L'infection s'étend à toute la région ombilicale et provoque une enflure des articulations. Les bactéries communément associées à cette maladie sont: Coryne-bacterium pyogenes, Escherichia coli, Fusiformis necrophorus et Staphylococcus spp.

La diarrhée

La diarrhée est un problème qui peut se poser au cours des trois à six premières semaines lorsque les conditions d'élevage ne sont pas satisfaisantes. Elle se déclare dans les six semaines qui suivent la naissance et s'accompagne d'une déshydratation progressive et d'un affaiblissement qui aboutit à la mort du veau. La bactérie responsable est souvent Escherichia coli (diarrhée blanche) dont la présence dans les intestins du bétail est normale. Parmi les autres organismes à l'origine de diarrhées, citons les salmonelles, les rotavirus, les coronavirus, les coccidias et, de plus en plus en région tropicale, le Cryptosporidium spp. Certains facteurs nutritionnels peuvent prédisposer à la diarrhée, et notamment les aliments grossiers. Chez les veaux âgés de 7 à 10 jours, la bactérie Clostridium perfringens provoque une entérotoxémie.

Les vaches peuvent être vaccinées six semaines puis une nouvelle fois deux semaines avant le vêlage, et ensuite une fois par an. Il convient d'isoler tous les veaux infectés et de leur administrer un traitement liquide, par exemple une solution de glucose (une tasse), de chlorure de sodium (sel) (une cuillerée), de bicarbonate de soude (une cuillerée) et de permanganate de potassium (1/4 de cuillerée) dans deux litres d'eau. On l'administre à raison de 4 litres par 45 kg de poids corporel divisés en 4 doses par 24 heures. Dans les deux à cinq semaines qui précèdent la mise bas, la mère peut être vaccinée contre E. coli, le rotavirus et le coronavirus afin d'augmenter la quantité d'anticorps maternels.

Les vers

Les infestations par les vers que l'on observe le plus fréquemment chez les veaux peuvent être réparties en trois catégories:

1. les vers de l'estomac et de l'intestin (gastro-entérite parasitaire);

2. les cestodes; et

3. la douve du foie.

La gastro-entérite est provoquée par la présence de vers de la famille des Trichostongylidés dans la caillette (par exemple Haemonchus contordus) et dans l'intestin grêle. Les symptômes d'une infection parasitaire sont notamment un mauvais état général, une robe pelée et un gros ventre. Ces signes sont fréquents chez les veaux nés au début de la saison des pluies. Il existe de nombreux anthelmintiques dont certains, à larges spectres, combattent plusieurs sortes de vers. Les veaux doivent être traités régulièrement et particulièrement au début de la saison des pluies.

La pneumonie

La pneumonie est une affection aiguë, très répandu parmi les veaux élevés dans des conditions d'étroite promiscuité. Elle se rencontre rarement dans les systèmes extensifs. La pneumonie est d'origine bactérienne (Corynebacterium pyogenes, Escherichia coli, Actinobacillus actinoids, Fusiformis necrophorus, Pasteurella haemolytica et P. multocida) et virale. La meilleure mesure préventive consiste à ménager des conditions d'hébergement propres, aérées et spacieuses.

Le logement des veaux

Nombreux sont les systèmes de production qui ne prévoient aucune sorte de logement pour les veaux ou les animaux adultes. Il est pourtant souhaitable que les veaux qui viennent de naître disposent au moins d'un simple abri. Il vaut mieux que les veaux grandissent rapidement afin qu'ils soient le plus vite sortis de la période où ils sont particulièrement vulnérables aux maladies et aux troubles de la digestion. Durant les dix premiers jours de la vie du veau, les mécanismes de contrôle de sa température sont encore mal développés, ce qui le rend très vulnérable au stress thermique pendant les heures les plus chaudes de la journée et au refroidissement s'il reste sous la pluie.

Le stress qui accompagne l'exposition à la chaleur et à l'humidité favorise les risques d'infection et ralentit le rythme de croissance. Un simple toit de chaume soutenu par des piquets contribuera à résoudre ces problèmes et à réduire les taux de mortalité.

De la naissance à l'âge de trois mois environ, les veaux élevés artificiellement doivent être logés séparément. Cela les empêche d'essayer de se téter l'un l'autre et d'avaler des poils. De cette façon, on est sûr également que tous reçoivent une ration équitable.

Les bâtiments peuvent être conçus très simplement, mais ils doivent impérativement être nettoyés et désinfectés à fond. Dans les climats chauds et humides, des abris fermés deviennent facilement des foyers d'infections. Les étables doivent être bien sèches. Elles protégeront les veaux contre les températures extrêmes tout en leur ménageant un éclairage et un espace adéquats. Elles doivent être également bien ventilées pour éviter l'accumulation de dioxyde de carbone et d'ammoniaque. En régions tropicales, la question de la ventilation ne devrait guère poser de difficulté. Dans les zones de fortes précipitations, il est également nécessaire de protéger les bâtiments contre les pluies et les vents latéraux. Pour le sol, on préférera les matériaux durs et imperméables qui sont faciles à nettoyer. A cet égard, des caillebotis surélevés garantissent tout à la fois la propreté et une bonne ventilation.

Le logement des veaux offre une protection contre certaines maladies, mais des bâtiments mal conçus peuvent au contraire accroître les risques de maladie. Les locaux mal ventilés, par exemple, augmentent les risques de pneumonie en ce qu'ils favorisent les infections réciproques et la concentration d'agents viraux et bactériens. Les risques d'infection par les vers sont accrus dans les enclos ou les parcs à bestiaux sales.


Figure III.5. - veaux sur un sol de caillebottis, en Malaisie

On peut héberger les veaux dans des logements à claire-voie en bois ou en métal, dans des constructions de briques ou dans des abris fabriqués avec des ballots de paille, qui ont en outre l'avantage de pouvoir être brûlés quand le veau est assez grand. L'intérêt des sols garnis de caillebotis est qu'ils peuvent facilement être lavés au jet d'eau chaque jour et qu'ils contribuent donc à la propreté des lieux, mais pour les tout jeunes veaux, une litière épaisse est sans doute plus confortable et plus chaude. La litière doit être changée tous les 7 à14 jours. Entre-temps, on pourra en rajouter régulièrement de façon à maintenir les veaux propres et au sec.

Vers l'âge de deux à trois mois, les veaux pourront être élevés ensemble. A ce stade, il faut compter un espace minimum de 5,5 m par tête. On veillera de préférence à rassembler les veaux par lots de même taille.

La croissance des veaux

A la naissance, le poids des veaux varie selon la race et le sexe (tableaux III.3 et III.4), mais leur taille et leur conformation dépend également de la taille et de l'état général de la mère. En principe, le poids du veau à la naissance doit correspondre approximativement à 7% du poids de la mère. Idéalement, la cote d'évaluation de l'état de la vache à la conception doit se situer entre 3 et 3,5 et cet état général doit se maintenir tout au long de la gestation.

Le rythme de croissance dépend de la race et du poids à la naissance: il peut atteindre 1 kg par jour, mais il est normalement moindre. La croissance est fonction du poids à la naissance. On peut évaluer la prise de poids quotidienne à 1,5% du poids du corps. Les veaux les plus lourds prennent donc plus de poids par jour que les veaux plus légers (tableau 3.5).

La courbe de croissance diffère d'une race à l'autre selon son bagage génétique, mais elle est surtout influencée par les facteurs environnementaux comme la nutrition et les soins prodigués aux veaux. Une étude menée au Nigéria (tableau 3.4) sur des veaux de race Blanche Peule et Blanche Peule x Frisonne, nourris au seau et élevés soit en étable soit à l'extérieur, illustre bien les différences, en termes de croissance, entre les races et les systèmes d'élevage. Les veaux hybrides prennent davantage de poids que les veaux de race pure Blanche Peule (O,60 kg par jour contre 0,42 kg par jour) et les veaux élevés en étable engraissent plus rapidement que les veaux mis en pâture (0,52 kg par jour contre 0,45 kg par jour).

Tableau III.3
Poids moyen à la naissance pour les veaux de différentes races

Race

Poids à la naissance (kg)

Pays


Femelle

Mâle


Blanche Peule

21,0

22,4

Nigéria

Mpwapwa

27,8

-

Tanzanie

Brahman x Blanche Peule

24,0

-

Nigéria

Frisonne x Blanche Peule

27,5

-

Nigéria

Tableau III.4
Poids de génisses de différentes races à des âges différents

Race

Poids (kg)

Pays


Age (mois)



6

12

18

24

36

48


Blanche Peule

-

-

-

204

-

-

Nigéria

Bunaji - mâle

140

204

258

326

-

-

Nigéria

- femelle

122

188

234

279

-

-


Mpwapwa

-

-

161

-

-

-

Tanzanie

Brahman x Blanche

109

180

216

279

376

401

Nigéria

Peule - femelle








Frisonne x Blanche

124

179

245

303

378

435

Nigéria

Peule








La croissance dépend aussi de la période de l'année (c'est-à-dire de la saison) où le veau est né. Les veaux qui naissent à la fin de la saison des pluies ou au début de la saison sèche ne trouveront plus qu'un herbage sec, mûr et fibreux. Ils engraisseront donc moins vite que les veaux qui auront eu accès à une herbe meilleure pendant la saison des pluies. Ainsi le rythme de croissance peut descendre jusqu'à 200 grammes par jour. Dans ces conditions, les veaux continueront à téter jusqu'à ce qu'ils soient sevrés de force ou jusqu'à ce que leur mère soit tarie. Cela risque de contribuer à retarder la conception et, de ce fait, à rallonger l'intervalle entre deux vêlages, mais c'est inévitable si l'on veut que le veau profite le plus possible du lait de la vache à une époque de l'année où les autres ressources alimentaires sont rares et de piètre qualité. Si les veaux étaient sevrés plus tôt dans les systèmes extensifs, ils souffriraient sans aucun doute de malnutrition.

Tableau III.5
Poids des veaux à l'âge de 91 jours selon leur poids à la naissance et le pourcentage de gain de poids quotidien


Gain de poids (%/jour)

Poids à la naissance(kg)

0,875%/jour

1,5%/jour


Poids à 91 jours (kg)

Gain moyen kg/jour

Poids à 91 jours (kg)

Gain moyen kg/jour

20

44

0,27

78

0,64

25

55

0,33

98

0,80

30

67

0,40

117

0,96

35

78

0,47

137

1,12

40

89

0,54

157

1,28

45

100

0,60

176

1,44

50

111

0,67

196

1,60

Source: Roy (1980).